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Lettre d'information n°26, octobre 2006
 
 
 
 
 
Actualité chargée dans l'univers des cinémas francophones. Alors que le FIFF vient de consacrer la belle énergie du cinéma libanais en primant Falafel de Michel Kammoun, de nombreux festivals sont dans les starting blocks pour célébrer encore et toujours les cinémas francophones dans leur diversité: qu'ils soient méditerranéens, africains, québécois, belges, suisses, les cinémas francophones poursuivent leur défence acharnée de la diversité culturelle. Espérons que nos salles sauront refléter cette diversité.

Dans la rubrique "Evénement", vous pourrez retrouver un compte-rendu de la rencontre professionnelle organisée lors du dernier FIFF: "Les auteurs et les producteurs face au financement des films".

A découvrir également, une description circonstanciée du paysage cinématographique haïtien dans la "Pays à la une".

Rappelons enfin que le BLCEF a décidé, avec le soutien de ses partenaires, de rééditer le premier "Trait d'union: Guide à l'usage des coproducteurs francophones", qui sera téléchargeable sur le site à partir du 3 octobre, en espérant que nous pourrons en tirer une version papier, pourquoi pas pour le prochain Fespaco. En effet, la première édition papier étant épuisée, et certains mécanismes ayant évolué, il nous a semblé qu'il était temps de réactualiser ce guide sur les aides publiques à la production cinématographique destinées aux productions et coproductions francophones. le document est désormais téléchargeable dans notre page "Publications".

LES INFOS PAR CATEGORIES


A LA UNE
    Le gouvernement du Québec veut éviter la crise dans le milieu du cinéma québécois: crédits supplémentaires de 10M$CAN
    Décès de Didier Ouénangaré
    CNC : 505,5 M€ pour le soutien 2007
    Disparition de Michel Mavros


ECHOS-PHONIE
    Soutien pour les coproductions internationales en Pologne
    Jacques Toubon réélu Président d'Eurimages
    10 films par an, objectif 2008 en Slovaquie
    "Les cinémas du Maghreb", appel à contributions
    Création d'une cinémathèque égyptienne
    www.cinergie.be lance la troisième édition de son Concours de Jeunes Critiques


COMMISSIONS DE SELECTION
    World Cinema Fund, Berlin: session octobre 2006
    12 projets en lice pour le Balkan Fund
    4 nouvelles coproductions d'ARTE France Cinéma
    Eurimages soutient 14 coproductions européennes
    Bourse d'aide au développement du Festival de Cinéma Méditerranéen de Montpelliere: projets sélectionnés


RENCONTRES PROFESSIONNELLES
    Rencontres CNC - SACD
    Festival du Cinéma Méditerranéen de Montpellier: rencontres
    Rencontres cinématographiques de Dijon: programme
    Inscriptions ouvertes au Berlinale Coproduction Market
    Digimart: Rencontres internationales de la distribution numérique
    Forum de coproduction avec l’Europe centrale et orientale


VU DANS LA PRESSE
    Entretien avec Joachim Lafosse, sur www.cineuropa.org
    « Justice pour l’Afrique », entretien avec Abderrahmane Sissako, Les Inrockuptibles
    "Namur 2006 : au-delà de la chronique" par Olivier Barlet pour www.africultures.com
    Un cinéma belge "transgenres", par Alain Lorfèvre pour La Libre Belgique
    Entretien avec Rabah Ameur-Zameïche sur www.cineuropa.org
    Entretien avec Yao Norbert Etranny sur www.africine.org
    "La nouvelle vague dans le cinéma marocain" par Noureddine Mhakkak pour www.africine.org
    "Nos cinéastes sont-ils heureux?", enquête sur le cinéma belge sur www.cinergie.be


INFOS FESTIVALS
    Au programme en novembre...
    10e festival international des scénaristes, 4e rencontre européenne de l’écriture pour l’image: appel à candidatures
    Journées Cinématographiques de Carthage: programme complet
    Festival International du Film Francophone de Namur: Palmarès
    Festival des Cinémas d'Afrique du pays d'Apt: programme
    Festival International des Cinémas d'Asie de Vesoul: appel à candidatures
    28ème Cinemed, Festival du Cinéma Méditerranéen de Montpellier: programme
    Festival du Nouveau Cinéma et des Nouveaux Médias: programme
    Cinemafrica, Festival de cinémas africains de Stockholm: programme
    London Film Festival
    11es Rencontres du cinéma francophone en Beaujolais: programme
    Cinemarabe: programme
    Festival International du Film de Gand: programme
    Festival du Film de Cork: programme
    Festival de Films sur les Droits de la Personne de Montréal: appel à candidatures
    Festival International du Film d'Aubagne: appel à candidatures
    Regards sur Haïti à Bruxelles: programme
    Festival International du Film de Fribourg/Appel à participation



LES INFOS PAR REGIONS


FRANCOPHONIE
    "Namur 2006 : au-delà de la chronique" par Olivier Barlet pour www.africultures.com


AFRIQUE
    Création d'une cinémathèque égyptienne
    "La nouvelle vague dans le cinéma marocain" par Noureddine Mhakkak pour www.africine.org
    Journées Cinématographiques de Carthage: programme complet


AMERIQUES
    Le gouvernement du Québec veut éviter la crise dans le milieu du cinéma québécois: crédits supplémentaires de 10M$CAN
    Digimart: Rencontres internationales de la distribution numérique
    Festival du Nouveau Cinéma et des Nouveaux Médias: programme
    Festival de Films sur les Droits de la Personne de Montréal: appel à candidatures


ASIE
    Festival International des Cinémas d'Asie de Vesoul: appel à candidatures


EUROPE
    CNC : 505,5 M€ pour le soutien 2007
    Disparition de Michel Mavros
    Jacques Toubon réélu Président d'Eurimages
    10 films par an, objectif 2008 en Slovaquie
    www.cinergie.be lance la troisième édition de son Concours de Jeunes Critiques
    World Cinema Fund, Berlin: session octobre 2006
    4 nouvelles coproductions d'ARTE France Cinéma
    Eurimages soutient 14 coproductions européennes
    Entretien avec Joachim Lafosse, sur www.cineuropa.org
    Bourse d'aide au développement du Festival de Cinéma Méditerranéen de Montpelliere: projets sélectionnés
    Rencontres CNC - SACD
    Festival du Cinéma Méditerranéen de Montpellier: rencontres
    Rencontres cinématographiques de Dijon: programme
    Inscriptions ouvertes au Berlinale Coproduction Market
    Forum de coproduction avec l’Europe centrale et orientale
    Un cinéma belge "transgenres", par Alain Lorfèvre pour La Libre Belgique
    "Nos cinéastes sont-ils heureux?", enquête sur le cinéma belge sur www.cinergie.be
    10e festival international des scénaristes, 4e rencontre européenne de l’écriture pour l’image: appel à candidatures
    Festival International du Film Francophone de Namur: Palmarès
    Festival des Cinémas d'Afrique du pays d'Apt: programme
    28ème Cinemed, Festival du Cinéma Méditerranéen de Montpellier: programme
    11es Rencontres du cinéma francophone en Beaujolais: programme
    Cinemarabe: programme
    Festival International du Film de Gand: programme
    Festival International du Film d'Aubagne: appel à candidatures
    Regards sur Haïti à Bruxelles: programme
    Festival International du Film de Fribourg/Appel à participation


PAYS A LA UNE

    LE CINÉMA EN HAÏTI
 


EVENEMENT

    LES AUTEURS ET LES PRODUCTEURS FACE AU FINANCEMENT DES FILMS: FIFF, 3 OCTOBRE 2006
 






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 Categories  
A la une   
  • > Le gouvernement du Québec veut éviter la crise dans le milieu du cinéma québécois: crédits supplémentaires de 10M$CAN

La ministre de la Culture et des Communications et ministre responsable de la région de Montréal, Mme Line Beauchamp, a annoncé aujourd'hui que le gouvernement du Québec ajoute des crédits additionnels non récurrents de 10 M$ au budget de la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC) qui pourra ainsi financer un plus grand nombre de longs métrages. Cette aide exceptionnelle permettra d'éviter une crise dans le milieu du cinéma québécois.

Cette injection d'argent devrait garantir la réalisation de cinq à six longs métrages additionnels. Elle assurera donc le maintien du volume de production au même niveau que celui des années précédentes, qui oscille entre quinze et vingt. Le public québécois pourra ainsi continuer à avoir accès à un cinéma diversifié et de qualité. La SODEC rendra bientôt publics les critères d'attribution de cette aide d'urgence.

L'investissement de 10 M$ dans cette industrie générera des retombées de plus de 32 M$ dans l'économie québécoise. Il assurera la création de 500 à 600 nouveaux contrats de travail, ce qui représente une masse salariale d'environ 15 M$. De plus, le tournage de six nouveaux films pourrait se traduire par des dépenses totales de production de 27,4 M$ et des dépenses de mise en marché de 4,8 M$. En comptabilisant les retombées liées à leur distribution en salle, entre autres, l'impact économique est encore plus considérable.

« Il est impératif, au-delà de l'aide de 10 M$ annoncée aujourd'hui, de trouver rapidement des solutions structurantes qui nous permettront de résoudre le problème de sous-financement de notre cinéma. Si nous n'agissons pas maintenant, nous pourrions avoir à faire face à une diminution du nombre de longs métrages produits au Québec. Je convie tous les principaux acteurs de l'industrie cinématographique à se joindre à nous pour imaginer de nouveaux modèles d'affaires qui, tout en s'appuyant largement sur l'investissement public, feront davantage appel au secteur privé », a indiqué la ministre.

Mme Line Beauchamp a également invité le gouvernement fédéral à participer à cette réflexion et à mettre en place des moyens efficaces pour assurer un financement adéquat à un plus grand nombre de films québécois.

www.sodec.gouv.qc.ca


• > Décès de Didier Ouénangaré

Didier Ouénangaré nous a quitté le 30 septembre dernier à Bangui, des suites d'une maladie.

Né en République centrafricaine, il avait étudié en Côte d'Ivoire puis en France. Réalisateur de nombreux documentaires et courts métrages, Le Silence de la Forêt, co-réalisé avec Bassek Ba Kobhio et sélectionné à la Quinzaine des réalisateurs à Cannes en 2003 était son premier long métrage.

L'équipe de www.cinemasfrancophones.org adresse ses plus sincères condoléances à sa famille.

Que la terre lui soit légère...


• > CNC : 505,5 M€ pour le soutien 2007

Révélé la semaine dernière par le ministre de la Culture Renaud Donnedieu de Vabres, le budget 2007 du Centre National de la Cinématographie (CNC) s’élèvera à 548,2 millions d’euros (10,8 millions de plus qu’en 2005). Ces crédits incluent 505,5 millions d’euros (+2 %) de soutien aux industries cinématographique et audiovisuelle (un montant en progression de 57,6 M€ depuis 2002) qui sont couverts essentiellement par les 121 M€ de la taxe sur le prix des places de cinéma (à peu près 11% du prix du billet - chiffre en hausse de 7 % fondés sur des estimations de fréquentation 2006 des salles à 187 millions d’entrées), par les 349,5 M€ de la taxe sur les diffuseurs télévisuels (assise sur les recettes de la publicité, de la redevance, des abonnements, des SMS et du parrainage) et par les 34,2 M€ de la taxe sur les éditeurs vidéo (2% du prix public des ventes vidéo physiques et via Internet). Par ailleurs, le CNC disposera en 2007 de 42,7 M€ (+1,8 %) de crédits d’intervention et d’investissement au titre des actions menées par le ministère de la culture avec entre autres 24,3 en faveur du patrimoine cinématographique.

Le détail de la répartition 2007 ventile 256,8 M€ pour le programme "industries cinématographiques" (contre 224,5 M€ pour l’audiovisuel) dont 157 M€ iront au soutien automatique (72 millions aux producteurs, 19 aux distributeurs, 58 aux exploitants et 8 aux éditeurs vidéo) et 99,7 millions au soutien sélectif incluant l’avance sur recettes. A noter que le ministre de la culture a également profité de l’occasion pour souligner l’efficacité du crédit d’impôt qui a grandement favorisé depuis sa création en 2004 pour le cinéma (et en 2005 pour la production télévisuelle) à relocaliser les tournages sur le territoire national, soit 72 % des 1390 semaines de tournage estimées pour 2006 du côté du 7ème art français et 92 % des 9500 jours de tournage de la production TV. Satisfecit aussi sur le plan des conventions "1 euro du CNC pour 2 euros de la collectivité" créées en 2004 en faveur de la production cinématographique (puis étendu à l’audiovisuel et aux courts métrages) qui concernent désormais32 collectivités territoriales dont 24 des 26 Régions françaises et qui représentent 67,6 millions d’euros en 2006 avec notamment 23,4 M€ pour les longs métrages cinématographiques et 6 M€ pour la production de court métrage.

www.cnc.fr

Source: www.cineuropa.org


• > Disparition de Michel Mavros

Michel Mavros nous a quitté. Producteur, gérant du Métissacana, un lieu culturel qu'il avait fondé à Dakar avec son épouse Oumou Sy, styliste et costumière sénégalaise de renom international, il s'apprêtait à diriger à Bamako la production du premier opéra africain, L'Opéra du Sahel, co-produit par la fondation hollandaise Prince Claus et la République du Mali sous la direction de son ministre de la culture Cheick Oumar Sissoko.

L'équipe de www.cinemasfrancophones.org adresse ses plus sincères condoléances à sa famille.

Que la terre lui soit légère...




Echos-phonie   
  • > Soutien pour les coproductions internationales en Pologne

L'Institut Polonais du Cinéma (PISF) continue d’encourager les producteurs et réalisateurs étrangers à investir dans le marché cinématographique polonais. Après avoir accordé son soutien à Nightwatching de Peter Greenaway et Heldin de Volker Schlöndorff, le comité d'experts de l'Institut a décidé de cofinancer les prochaines productions de Ken Loach, Petr Zelenka, Jeno Hodi et Oliver Parker.

L'augmentation du nombre des coproductions réalisées avec la Pologne est certainement due, entre autres, à la création du PISF et de son nouveau système de soutien.
Lors de la dernière session de la commission du PISF, tous les projets de coproductions proposés ont reçu des réponses positives. Parmi ces projets, on trouve de grands réalisateurs tels que Ken Loach, avec son nouveau film These Times et Petr Zelenka avec son adaptation des Frères Karamazov de Dostoievski.

A leur cotés, deux autres coproductions de réalisateurs étrangers bénéficient du soutien: The Little White Horse d'Olivier Parker et The Hunchback de Jeno Hodi.

Le projet de Loach, avec environ 137.000 euros de soutien accordé au coproducteur Polonais SPI International Polska, contient des éléments polonais dans le scénario et prévoit l'engagement d’acteurs polonais ainsi que le tournage aux alentours de Katowice, en Haute-Silésie, dans le sud de la Pologne. Le soutien de 250.000 euros au projet de Petr Zelenka se justifie par un tournage entièrement situé en Pologne avec des équipes en partie polonaises pour cette coproduction entre la Pologne (Warsaw Pact Film Production), la République Tchèque (Prvni Verejnopravni) et la Slovaquie (Sisart).

www.pisf.pl

Source: www.cineuropa.org


• > Jacques Toubon réélu Président d'Eurimages

Jacques Toubon, qui vient d'être reconduit pour un troisième mandat comme Président du Fonds Eurimages du Conseil de l'Europe, a remercié les membres délégués du Comité de direction de leur confiance renouvelée. Il les a encouragés à agir dans chacun de leurs pays pour que la diversité culturelle soit préservée et que les droits des créateurs et des acteurs soient pleinement reconnus. Il a, en particulier, demandé aux 32 délégués d'Eurimages d'exercer leur influence auprès de leurs gouvernements et des parlementaires pour que la proposition de révision de la directive " Télévision Sans Frontières " soit soutenue dans leurs pays.

www.coe.int/eurimages


• > 10 films par an, objectif 2008 en Slovaquie

10 films par an, c'est l'objectif du Ministre de la culture
Marek Madaric s'apprête à conquérir un territoire où jusqu'ici aucun Slovaque ne s'était aventuré. Le nouveau ministre de la Culture a fait savoir que le nouvel objectif à atteindre en terme de productions cinématographiques est de réaliser 10 titres par an dès 2008.

Dans d'autres pays d'Europe de la taille de la Slovaquie, ce genre de déclaration ressemble plus à une blague mais en Europe Centrale, ce propos est tout à fait sérieux. Depuis 2000, la moyenne est plutôt de six films par an, avec plus ou moins deux films entièrement produits par des fonds slovaques. En 2006, il n'y a pas eu une seule production slovaque entièrement produite nationalement.

"Il est très important que le gouvernement, les producteurs et les télévisions aient une approche commune si l'on veut remettre le cinéma slovaque sur les rails" expliquait Madaric à la presse. Son ministère est actuellement en train de mettre au point une nouvelle loi concernant les subventions culturelles visant à faciliter les aides à la réalisation, et son but principal est de remettre la télévision publique (SVT) "en selle sur les coproductions."

STV a longtemps été l'un des principaux partenaires du cinéma mais n'est plus vraiment entré en coproduction sur un projet depuis 2003. Madaric, ancien président de la chaîne et dramaturge, aurait persuadé la télévision publique de dégager un peu moins d'un million d'euros pour soutenir quatre films dans les prochains mois. Et plus serait à l'horizon pour l'an prochain.

Les producteurs slovaques y voient un développement encourageant : " L'aide de STV est essentielle car elle nous permet aussi de souscrire aux subventions européennes", explique Patrik Pass, président de l'association des producteurs de l'audiovisuel slovaque (SAPA). “Si nous n'arrivons pas à renouveler tout cela, nous allons rester à la traîne de l'Europe [en terme d'investissements cinématographiques]".

Source: Sakis Kontos pour www.cineuropa.org


• > "Les cinémas du Maghreb", appel à contributions

La revue Wachma, publiée par les Amis du Cinéma de Tétouan, avec le soutien du Centre Cinématographique Marocain, consacre son 3ème numéro au thème : Cinémas du Maghreb.

Le comité de rédaction de ce numéro a le plaisir de lancer un appel à contributions aux chercheurs, universitaires, réalisateurs, écrivains désireux d’éclairer par leurs articles ou par leurs témoignages l’un des aspects du thème retenu.

Ce numéro se veut un bilan et une synthèse des cinématographies maghrébines durant ces cinquante dernières années, une approche à la fois de leurs singularités et de leurs convergences et sensibilités communes.

Sans prétendre à l'exhaustivité, on peut suggérer quelques pistes de réflexion :
-littératures du Maghreb et cinéma
-thèmes récurrents, thèmes tabous dans le cinéma maghrébin
-le cinéma maghrébin au féminin
-cinéma amazighe, cinéma berbère
-Discours critique sur les cinémas du Maghreb
- Droits de l’homme, censure et années de plomb
-fonds d’aide, industrie du cinéma, coproductions
- Le court métrage maghrébin, un genre majeur ?
- le documentaire maghrébin : dire la société

La parution de ce numéro est prévue pour décembre 2006. Une présentation en langue arabe, française ou espagnole du projet avec son titre (une page maximum) accompagnée d'une notice bio-bibliographique doit parvenir pour acceptation à la revue avant le 1er octobre 2006.

La date limite d’envoi pour les articles est prévue pour le 30 novembre 2006. Ces articles doivent être rédigés en conformité avec les normes typographiques qui sont fournies en annexe de cet appel.

Les articles peuvent être rédigés en arabe, en français, en espagnol.

wachma@menara.ma


• > Création d'une cinémathèque égyptienne

va bientôt voir le jour L'idée d'une cinémathèque égyptienne est née sous l'impulsion d'un groupe de cinéastes et de cinéphiles pour qui l'absence de ce genre de structure était injustifiée au vue de la richesse du cinéma égyptien. La cinémathèque devrait voir le jour d'ici à la fin de l'année, sous forme d'association à but non lucratif, organisme privé en grande partie financé par l'Etat (Ministère de la Culture). L'objectif affiché par le coordinateur général du projet, Salah Hassab Al-Nabi est d’ "enrichir et conserver le patrimoine documentaire sur le cinéma, en assurer la diffusion et l'appréhension par des publics divers à travers une pluralité de services, de la médiathèque au site internet". Le bâtiment sera situé dans l'enceinte de l'Opéra du Caire, sur plus de 1.500 m², avec 4 salles de projection et une grande salle de cinéma. Les organisateurs espèrent pouvoir réunir les 24 millions de livres égyptiennes pour la fondation et l'équipement et 5 millions pour garantir les activités.

Source: CMCA www.cmca-med.org


• > www.cinergie.be lance la troisième édition de son Concours de Jeunes Critiques

Surréaliste et répétitive, l’idée selon laquelle le cinéma belge a bonne réputation hors de ses frontières mais demeure simultanément méconnu sur son propre territoire ? Ce constat n’épargne pas le spectateur de demain : celui-ci dédaigne les productions belges d’hier et d’aujourd’hui quand celles-ci sont récompensées dans des festivals internationaux et exigeants. Pour tenter de réconcilier nos boudeurs juvéniles avec la cinématographie nationale, Cinergie leur propose depuis deux ans, à travers un concours, une épreuve particulière, à savoir la critique d’un film imposé, avec à la clé un séjour à Cannes. Après La Femme de Gilles de Frédéric Fonteyne et L’Enfant de Luc et Jean-Pierre Dardenne, le film sélectionné cette année est Ça rend heureux de Joachim Lafosse (sortie Belgique: le 27 septembre 2006).

Pour imaginer un rapprochement entre le jeune public et l’autre cinéma, celui qui évoque le singulier, le rêve, l’artisanal, le questionnement de soi, nous avons initié il y a deux ans le « Prix des jeunes critiques » à travers lequel nous demandions aux 17-23 ans leur appréciation, par écrit, d´un film belge. A quelle fin ? Confronter des spectateurs à des réalisations qui peuvent aussi leur parler en provoquant des interrogations, des émotions et des réactions. L’idée a également séduit ceux qui nous ont rejoint : le Commissariat général aux Relations internationales (CGRI), La Libre Belgique et la Communauté française de Belgique. Pas de concours sans cadeaux : pour susciter les participations tout en espérant provoquer un déclic et un début de cinéphilie, le Prix est doté de livres, de DVD, d’une publication du texte gagnant (sur Cinergie et dans La Libre Belgique) et surtout d’un pass pour séjourner cinq jours à Cannes et à son festival !

En 2004, nous avons choisi La Femme de Gilles pour sa beauté et ses silences mais aussi pour l'attention que porte Frédéric Fonteyne à l’éducation au cinéma. Le concours a recueilli 70 critiques en lice. Vu la nouveauté et la difficulté de l’opération, ce chiffre nous a surpris : il restait donc des jeunes cinéphiles en Belgique !

Le succès de cette édition nous a motivé à la reconduire l’année suivante. Actualité oblige, c’est L’Enfant qui, cette fois, a été retenu. Certes, la Palme d’or a marqué les esprits mais quand on est jeune, il est difficile de ne pas avoir d’opinion face à un film surtout quand dans celui-ci, des « pas très vieux » se déresponsabilisent sur fond d’insouciance et de chômage. Même concept, mêmes prix : cette fois, 150 critiques en herbe ont souhaité s’exprimer à propos du film des Dardenne.

Cette année, le concours s’intéresse pour ses qualités cinéphiliques, existentielles et humoristiques à Ça rend heureux de Joachim Lafosse. Les questionnements d’un artiste face à la création, à sa vie privée et à une société où la seule référence est professionnelle nous semblent suffisamment pertinents pour recueillir les points de vues éclairés du jeune public.

Sortie nationale de Ça rend heureux : le 27 septembre 2006. Clôture du concours : le 30 novembre 2006.

Toutes les infos pratiques sur : http://www.cinergie.be/concours.php




Commissions de selection   
  • > World Cinema Fund, Berlin: session octobre 2006

Lors de sa dernière session de sélection, le World Cinema Fund du Festival de Berlin a choisi de soutenir la production de 5 films du Sud.

Les films sélectionnés sont Süt de Semih Kaplanoglu (Turquie), The Light de Aktan Arym Kubat (Kyrgyzstan), Liverpool de Lisandro Alonso (Argentine) et Silent Light de Carlos Reygadas (Mexique).

Le seul projet francophone soutenu est L’Aquarium de Yousry Nasrallah (Egypte), produit par MISR INTERNATIONAL FILMS. Le film recevra la somme de 100.000€.
Synopsis:
Le Caire aujourd'hui. Sous la forme d'une histoire contemporaine, le réalisateur illustre la vie quotidienne d'une ville, un panorama social de l'Egypte d'aujourd'hui: le rôle des musulmans fondamentalistes, les peurs de la minorité chrétienne, les amours adolescentes, le SIDA, la restauration de l'hymen des jeunes filles, et donc de leur virginité dans les cliniques pratiquant également l'avortement...

http://www.berlinale.de/en/das_festival/ ...


• > 12 projets en lice pour le Balkan Fund

Le Festival de Thessalonique a annoncé les nominés de l'année pour le Fonds Balkans, projets qui seront présentés à l'occasion de la 47ème édition du festival, du 17 au 26 novembre.

Ces douze projets seront défendus par leurs réalisateurs, producteurs ou auteurs devant un jury international de cinq membres. L'atelier de trois jours (18-20 novembre) se concluera par l'allocation de la somme de 10.000 € chacun à quatre de ces projets pour le développement du scénario. Le jury du Fonds Balkans, qui réunit cette année des professionnels européens comme le producteur franco-bosniaque Cedomir Kolar et Peter Carlton, responsable des commandes chez FilmFour, a toujours eu du flair pour repérer les nouveaux talents.

Projets sélectionnés pour le Fonds Balkans 2006 :

- The Boy de Dimitris Athanitis, Grèce
- Cairo de Stergios Niziris, Grèce
- Circus Fantasticus de Janez Burger, Slovénie
- The Deepest Scar de Stefan Mavrodiev, Bulgarie
- Firefly Season de Miroslav Mandic, Bosnie Herzégovine
- Fish Out of Water de Maria Douza, Grèce
- A Heart Shaped Balloon de Catalin Mitulescu, Roumanie
- Here and There de Darko Lungulov, Serbie
- Lara de Blaz Kutin, Slovénie
- Lodos de Didem Erayda, Turquie
- Principles of Life de Radu Jude, Roumanie
- Tilt de Viktor Viktorov Chouchkov, Bulgarie

http://www.filmfestival.gr/balkan_fund/i ...

Source: www.cineuropa.org


• > 4 nouvelles coproductions d'ARTE France Cinéma

Le comité de sélection d'ARTE France Cinéma réuni le 10 octobre 2006 a retenu quatre projets de films :

- la Possibilité d'une île, de Michel Houellebecq (Mandarin Cinéma)
Premier long métrage de l'auteur dont le tournage aura lieu en avril 2007 à Lanzarote.

- Huacho, d'Alejandro Fernandez (Charivari Films).
Le premier film du réalisateur chilien ; une chronique villageoise dont le tournage aura lieu en avril/mai 2007 dans le sud du Chili avec des comédiens non-professionnels.

- Ulzhan, de Volker Schlöndorff (Fly Times Pictures)
Philippe Torreton (Charles), français solitaire, entreprend un long périple à travers les steppes de la Mongolie, à la frontière du Kazakhstan.

- Katyn, d'Andrzej Wajda (Les Films du Losange)
Le réalisateur revient sur un épisode tabou de l'histoire contemporaine de la Pologne : le massacre de Katyn (15 à 20.000 officiers Polonais tués en 1939 durant l'occupation allemande) et la façon dont il a marqué à jamais la conscience collective polonaise. Le tournage commencera dès le 17 octobre 2006.

http://www.artepro.com/statique/RacinePr ...


• > Eurimages soutient 14 coproductions européennes

Lors de sa 102ème réunion, du 8 au 10 octobre à Strasbourg, le Comité de direction du Fonds Eurimages du Conseil de l'Europe a accordé une aide à la coproduction à 14 longs métrages pour un montant total de 4.410.000€.

Les coproductions francophones sélectionnées sont :
- L'Aube du monde, Abbas Fahdel, France/Allemagne
- Back to Africa, Othmar Schmiderer, Documentaire, Autriche/ Allemagne
- Ein Fall für Freunde... wie alles begann, Tony Loeser & Jesper Moller, Animation pour enfants, Allemagne/ France/ Italie
- Jemin - Ili Tesko Je Biti Fin, Srdjan Vuletic, Bosnie-Herzégovine/ Allemagne/ Serbie/ Slovénie/ Royaume-Uni
- Listicky, Mira Fornayova, République Tchèque/ Irlande/ Slovaquie
- Oko, Milos J. Kohout, République tchèque/ Slovaquie
- The Oxford Murders, Alex de la Iglesia, Espagne/ France/ Royaume-Uni
- Post mortem, Andrzej Wajda, Pologne/ France
- Les sapins bleus, Romuald Beugnon, France/ Belgique
- Le Valli della paura, Mihàly Gyoerik, Suisse/ Hongrie/ Italie
- Yumurta, Semih Kaplanoglu, Turquie/ Grèce

www.coe.int/Eurimages


• > Bourse d'aide au développement du Festival de Cinéma Méditerranéen de Montpelliere: projets sélectionnés

La bourse d'aide au développement du Festival de Cinéma Méditerranéen de Montpellier se tiendra les 2 et 3 novembre 2006.

Voici les 16 projets sélectionnés:
- Andalusia de Ahmed Atef, réalisateur et producteur (Egypte)
- Brahim, raconte-Moi ton histoire de Chadi Zeneddine, réalisateur (Liban)
- Le Désert des illusions (France)
- Deux chemins de Serkan Turhan, réalisateur, membre de ADA Film Collectif (Turquie/France)
- Le Fil de Mehdi Ben Attia, réalisateur (Tunisie/France)
- L’Habitat de Hagob Der Ghougassian, réalisateur (Liban)
- Les Inoubliables de Matan Guggenheim, réalisateur (Israël)
- Le Jour où l’Amérique déclencha la guerre de Grégory Valens, réalisateur (France)
- Nejma, fille de harkisde Dominique Cabrera, réalisatrice et productrice (France)
- Les Principes de Marian Velicanu de Radu Jude, réalisateur (Roumanie)
- (Re)voir la guerre, de Levon Minasian, réalisateur et Gorune Aprikian, producteur (France)
- Le Désert des illusions, de Didier Fontan, réalisateur et producteur (France)
- Vayehi Boker, de Tawfik Abu Wael, réalisateur et Sahbi Aloui, producteur (Israël/France)
- Vienne la pluie, de Bahij Hojeij, réalisateur (Liban)
- Les Sauvés, de Srdjan Sarenac, réalisateur (Serbie)
- Terchiche, de Mounir Baaziz, réalisateur (Tunisie)
- Tu es mon cœur, tu es mon âme, de Svetlana Novak, productrice, et Çagla Zencirci, réalisatrice (Turquie/France)

Le jury est composé de: Fabienne Aguado (responsable du Département cinéma du Moulin d’Andé) ; Monique Carcaud-Macaire (maître de conférence en cinéma et audiovisuel, Université Paul-Valéry Montpellier) ; Nadège Hasson (productrice, Dominant 7), Dominique Welinski (Pierre Grise Distribution); Richard Djoudi (producteur, Kinok Films), Alexandre Mallet-Guy (producteur, distributeur, Memento Films).

http://www.cinemed.tm.fr/cgi-bin/new.pl? ...




Rencontres professionnelles   
  • > Rencontres CNC - SACD

Le CNC et la SACD proposent aux auteurs et aux jeunes professionnels de l'audiovisuel, du cinéma et du multimédia un cycle de cinq rencontres sur l'année 2006/2007.
L'objectif de ces rencontres est d'apporter un éclairage sur les dispositifs de soutien aux auteurs dans le processus de création et de production.
A chaque séance et sous l'angle d'une thématique choisie, deux ou trois auteurs présentent leur parcours. Chaque témoignage est accompagné de l'intervention de professionnels : producteurs, responsables de structures ou de fonds d'aide qui ont permis aux auteurs de mener à bien leur projet.
Les Rencontres sont organisées alternativement au CNC ou à la SACD et feront l'objet de comptes-rendus diffusés sur le site internet des deux organismes.

Le passage au premier long métrage, mardi 24/10/06, 14h, CNC

Comment faire son 1er long métrage en sortant d'une école de cinéma, après avoir écrit ou réalisé des courts métrages, en ayant bénéficié d'une aide ou d'un prix ?

Ecrire pour la télévision : les nouvelles écritures pour la fiction ?, lundi 11/12/06, 14h, SACD

Témoignages d'auteurs ayant bénéficié d'une formation au CEEA, du fonds d'aide à l'innovation audiovisuelle ou ayant vécu une expérience professionnelle, et de producteurs de nouvelles séries.
Un état des lieux sur les tendances impulsées par les chaînes sera proposé en fin de séance.

Animation et Télévision : écrire pour quels publics ?, mercredi 07/0207, 14h, CNC

Un jeune auteur, un auteur confirmé, un producteur et un responsable d'une école spécialisée en animation feront part de leurs expériences.

La notion de dramaturgie dans les jeux vidéo : les spécificités de l'écriture, jeudi 05/04/07, 14h, CNC

Intervention d'un auteur sortant d'une école spécialisée et de son directeur qui évoqueront les métiers liés à ce secteur. Un auteur, un producteur et un agent artistique témoigneront de leur parcours personnel.

Les nouveaux formats / les nouveaux supports de diffusion: formats très courts, téléphonie mobile…, mardi 05/06/07, 14h, SACD

Producteurs et auteurs témoigneront des spécificités de ces nouvelles pratiques.

www.cnc.fr
www.sacd.f


• > Festival du Cinéma Méditerranéen de Montpellier: rencontres

A l'occasion de sa 28ème édition, le Festival du Cinéma Méditerranéen de Montpellier organisera plusieurs rencontres, dont sa traditionnelle bourse d'aide au développement, bien sûr, mais aussi:

Jeudi 2 novembre: Colloque Presse et festivals de cinéma

Quels rapports entre les médias et l’ensemble des festivals ? Tous les festivals sont-ils légitimes ? Tous défendent-ils vraiment les causes auxquelles ils se disent voués ? Et en contrepartie la presse doit-elle trier, peut-elle le faire, et selon quels critères ? Pour animer les débats, deux figures de la presse cinéma : Jean-Michel Frodon, directeur des Cahiers du cinéma et Serge Siritzki, rédacteur en chef fondateur de l’hebdomadaire professionnel Ecran total.

Jeudi 2 novembre: Colloque Filmer en région

Cette rencontre s’adresse aux producteurs régionaux et aussi à des producteurs parisiens qui tournent en région et à tous les acteurs de la filière cinéma en région. Présentation de l’association Languedoc-Roussillon Cinéma. Etat des lieux de la production et des tournages en région. Rôle de l’accueil de tournage. Vers une décentralisation des tournages ? Passerelles entre accueil de tournages et politique publique de l’audiovisuel et du cinéma.

Lundi 30 octobre: Journée du scénario

Autour d'une rencontre avec Jean-Claude Carrière et de la projection de deux films dont il est le scénariste :
Liza, de Marco Ferreri, et Cet obscur objet du désir, de Luis Buñuel.

Discussion animée par François Amy-de-la-Bretèque

www.cinemed.tm.f


• > Rencontres cinématographiques de Dijon: programme

Organisées par L'ARP, la Ville de Dijon et la Région Bourgogne, les Rencontres Cinématographiques de L'ARP ont pour finalité l'échange d'informations et la définition d'objectifs communs pour les Auteurs-Réalisateurs-Producteurs de l'ensemble des pays européens.

Cette manifestation, rendez-vous annuel des réalisateurs et professionnels du cinéma européen, est également un lieu de rencontre avec les plus éminents représentants de l'industrie cinématographique américaine.

Les prochaines Rencontres Cinématographiques de Dijon auront lieu du 26 au 29 octobre prochains et seront présidées par Costa Gavras.

Voici le programme:
Vendredi 27 octobre à 14h30
Impératifs économiques et liberté de création

Samedi 28 octobre à 10h00
Le développement de la vidéo à la demande en Europe, point d'ancrage d'un bouleversement des modes de diffusion du cinéma ?

Samedi 28 octobre à 14h30
Quelles règles dans la nouvelle économie du cinéma ?

Dimanche 29 octobre à 10h00
Quoi de neuf du côté de la technologie ?
Définir la haute définition

http://www.larp.fr/rubrique.php3?id_rubr ...


• > Inscriptions ouvertes au Berlinale Coproduction Market

Les candidatures sont ouvertes en vue de l'inscription aux 4ème Berlinale Coproduction Market qui se tiendra à Berlin du 11 au 13 février 2007, parallèlement au marché et au festival international du film de Berlin.

Les sociétés de production en quête de partenaires de coproduction peuvent soumettre leurs projets jusqu'au 2 novembre 2006. Les projets éligibles doivent avoir un budget compris entre 2 millions et 10 millions € dont au moins 30% du financement doit être en place.

Les producteurs des projets sélectionnés auront l'opportunité de rencontrer individuellement des coproducteurs potentiels, des fonds publics et privés, des distributeurs et des agents de vente. L'an dernier, plus de 1000 entretiens individuels de ce type ont eu lieu à la Chambre des Représentant, un immeuble situé en face du marché du film.

Tous les détails sur le site de la Berlinale
www.berlinale.de/en/filmmarkt/co- ...

Source: www.cfwb.be/mediadesk


• > Digimart: Rencontres internationales de la distribution numérique

Digimart annonce les Rencontres internationales de la distribution numérique qui auront lieu au complexe Ex-Centris de Montréal du 16 au 18 octobre. Lors de cette seconde édition, pas moins de 33 innovateurs venus d’Asie, d’Europe, d’Amérique latine, du Canada et des États-Unis partageront leurs réflexions et leurs expériences de la frontière numérique.

Daniel Langlois, président et fondateur de Digimart indique que « les Rencontres internationales de la distribution numérique de Digimart se pencheront sur les défis et les opportunités créés par l’économie numérique d’aujourd’hui rendue de plus en plus interactive, sociale et profitable tout en concernant une diversité de médias. Je suis heureux qu’un groupe aussi prestigieux de penseurs et d’experts du numérique se joignent à nous lors de ce sommet et je suis fier que John Perry Barlow ait accepté de prononcer le discours d’ouverture. John Perry Barlow, l’ancien parolier du groupe Grateful Dead, est cofondateur de la Electronic Frontier Foundation et membre du Berkman Center for Internet and Society de la Harvard Law School. Sa déclaration du cyberespace et son article sur l’avenir du droit d’auteur, The Economy of Ideas, constituent des textes fondateurs de l’ère numérique. »

« Le riche programme de cette année couvre tous les sujets brûlants de l’heure relativement aux pratiques d’affaires actuelles de la distribution numérique, notamment la question complexe du droit d’auteur. En rassemblant un éventail de pionniers du monde entier, Digimart propose un état des lieux sur les modèles d’affaires et les stratégies en pleine évolution. Digimart ayant la mission d’inspirer et d’éclairer, j’espère que les participants trouveront, grâce cette édition, les outils dont ils ont besoin pour se lancer dans les voies prometteuses de la distribution numérique », a déclaré Sheila de La Varende, directrice exécutive de Digimart.

Le programme complet des conférences des Rencontres internationales de la distribution numérique de Digimart, ainsi que des notes biographiques sur les conférenciers invités, sont disponibles en ligne à l’adresse www.digimart.org

L’inscription aux Rencontres internationales de la distribution numérique de Digimart est ouverte à tous les représentants de l’industrie des médias et du cinéma désirant accéder au marché numérique par le biais de stratégies de distribution innovantes.

Digimart est un organisme sans but lucratif établi à Montréal, fondé en 2005 et présidé par Daniel Langlois, et dirigé par Sheila de La Varende. À l'occasion d'un forum annuel destiné aux professionnels des industries du cinéma et des médias du monde entier, Digimart se penche sur tous les aspects de la commercialisation numérique de contenus visuels. Digimart offre aux professionnels un accès privilégié aux plus grands spécialistes, l'occasion de comprendre les perspectives associées à la diffusion, la distribution et la vente de produits audiovisuels tirant profit des nouvelles technologies et une tribune unique pour discuter de l'émergence de nouveaux modèles économiques.

www.digimart.org


• > Forum de coproduction avec l’Europe centrale et orientale

Dans le cadre du Festival de Gand, le MEDIA Desk Vlaanderen organise ce 18 octobre une rencontre de coproduction centrée sur les pays d’Europe centrale et orientale.

Grâce à la coopération des MEDIA Desks, des ambassades et des instituts du film de Pologne, de Hongrie et de Tchéquie, les professionnels intéressés pourront bénéficier d’un panorama de l’industrie de ces nouveaux pays membres de l’UE ainsi que des opportunités qui y sont offertes en matière de coproduction.

Pour participer, envoyez un mail à greet@mediadesk-vlaanderen.be, comportant vos noms et adresses ainsi que le nombre de personnes souhaitées. Copie à mediadesk.Belgique@cfwb.be

Source: www.cfwb.be/mediadesk




Vu dans la presse   
  • > Entretien avec Joachim Lafosse, sur www.cineuropa.org

Alors que Nue Propriété, sélectionné en compétition officielle lors du dernier Festival de Venise, a suscité l'enthousiasme de la presse il y a quelques jours, Ca rend heureux, deuxième film de l'année du jeune réalisateur belge Joachim Lafosse (Prix du public au Festival du Film Européen de Bruxelles et sélectionné en compétition officielle au Festival de Locarno), sort la semaine prochaine en Belgique. Jean-Michel Vlaeminckx l'a rencontré pour Cineuropa et Cinergie.

"De Joachim Lafosse, on vous en parle depuis Tribu, son premier film. Plus longuement de Folie Privée qui fut l’un de nos coup de cœur, et lors de la fabrication de Ça rend heureux. Le film fini, nous sommes aperçus qu'il louchait du coté de la comédie plutôt que la tragédie. On a beaucoup ri et on est ravi.

Cinergie: Il y a un désir de faire ce film, un plaisir à partager une aventure commune qui se transmet au spectateur.

Joachim Lafosse : Tous les gens qui sont dans le film sont des gens dont j’avais envie de faire une photo. Pour pouvoir le regarder dans vingt ans et pouvoir se dire on a fait ce film ensemble. Il y a Eric Van Zuylen, Catherine Salée, Kris Cuppens avec qui j’ai fait Folie Privée... Parmi tous les gens qui ont participé au film, il existait un rapport au travail et au plaisir que j’ai trouvé stimulant et agréable.

Il y a une mise en abyme d’un réalisateur qui est joué par un comédien qui lui-même est censé diriger des acteurs, d’où les malentendus et, dans la répétition, de la veine comique du film.

J’espère que cela passe dans le film, on a beaucoup rit en travaillant. Je ne me suis jamais autant amusé sur un plateau. Et dans le film, il y a tout le temps du tiers, toujours quelqu’un pour rire de quelqu’un d’autre. Le rire arrive lorsqu’on se découvre étranger à soi-même. Tout à coup, je dis une énormité devant tout le monde et on se met à rire. L’un des moteurs de l’écriture et de la réalisation du film est aussi du au fait que le tournage de Folie Privée m’a un peu traumatisé. Sachant que Nue-Propriété allait se tourner, ayant peur de répéter ce que j’avais vécu sur Folie Privée, j’ai voulu dédramatiser ce qu’était un plateau. Parce que c’est un endroit dangereux où il existe de rapports de force. Le pouvoir existe de manière terrible. On est peu de choses lorsqu’on est cinéaste, c’est cela aussi que je voulais dire avec le film. Notamment lorsqu'à la fin Fabrizio dit "Sans vous, il n’y aurait pas de films." C’est un art de fou, le cinéma ! Une somme d’artistes qui décident de faire un film et quand quinze personnes décident de faire des choses ensemble, il y a vite des désaccords.

Cinergie: Mais finalement n'est-ce pas aussi un film sur un cinéaste qui fait un film mais sur des gens en situation précaire qui essaient d’entreprendre quelque chose en commun?

Joachim Lafosse: Oui, là, on touche au au cœur du film. C'est ce qu’on voulait montrer depuis le début – c’est un peu la chance des artistes –, qu'il faut en passer par le chômage qui est un très bon employeur. Mais ce passage amène à se demander : "Qu’est-ce que cela signifie être chômeur ?" Je voyais autour de moi, dans les files de pointage, des gens qui souffrent de n’être que des chômeurs. Or cela n’existe pas. On n’est pas qu’un chômeur. Le cœur du film c’est cela : montrer autre chose que ce qu’on dit de nous. Un cinéaste au chômage peut devenir quelqu’un qui tourne malgré tout, un type qui a perdu son boulot chez Volkswagen peut finir par devenir autre chose que cela, une fille qui n’est pas comédienne peut devenir une actrice.

Cinergie: Le film interroge aussi la relation masculin-féminin ?

Joachim Lafosse: Tout à fait. Ce n’est pas ce que j’ai fait le plus consciemment, je m’en suis rendu compte à la fin du montage. On peut se demander s’il a raison d’aimer cette femme comme une icône. Et si cela peut l’amener à la cinématographie cela ne peut pas le mener à l’amour. Une femme c’est autre chose qu’une image et Fabrizio ne l’a pas encore compris...

Cinergie: Stylistiquement tu utilises deux registres : l’un est contemplatif et l’autre utilise une gestuelle plus hystérique qui n’est pas sans évoquer Faces de John Cassavetes.

Joachim Lafosse: C’est une de mes références. C’est un rêve que de travailler dans les conditions d'un groupe humain vivant un film comme l'a fait Cassavetes. Souvent je pensais à lui. Il y a une telle jubilation dans cette approche du cinéma. On y va, on ne réfléchit pas. Des histoires sur Ça rend heureux on peut en raconter pendant des heures. On s’est retrouvés avec des scènes où l'on devait avoir une flopée de figurants pour la séquence de boites de nuit. On n’en avait pas assez. Pour nous dépanner, on nous a envoyés des gens qui ne ressemblaient pas du tout aux gens branchés qui fréquentent ces boites. On a donc du simuler une grande foule quand on était vingt dans la salle. Quand tu dois finir la scène à la fin de la journée tu ne réfléchis plus tu y vas. Tout à coup il y a quelque chose qui prend. Le cinéma c’est l’art de la contrainte et cela aide... la contrainte. C’est troublant parce que je viens de tourner Nue Propriété, un film en pellicule avec des acteurs connus et de l’argent mais pour rien au monde je ne pourrai oublier Ça rend heureux. Et, j’ai envie aussi de rester de ce coté-là du cinéma. On a longtemps cherché le titre et puis, je me suis rendu compte que c’était un film qui m’avait rendu heureux, qui m’avait décoincé qui m’a fait comprendre que le désir était complexe mais vivable. Qu’on pouvait cesser de vouloir contrôler les choses. Il y a des ruptures inévitables mais il faut vivre.

http://www.cineuropa.org/ffocusinterview ...

A lire également, l'entretien avec Fabrizio Rongione, l'acteur principal du film: http://www.cineuropa.org/ffocusinterview ...


• > « Justice pour l’Afrique », entretien avec Abderrahmane Sissako, Les Inrockuptibles

Sylvain Bourmeau a rencontré Abderrahmane Sissako à l’occasion de la sortie en France de Bamako.

Le cinéaste malien Abderrahmane Sissako ne changera malheureusement pas la face de l’Afrique avec son nouveau film. Mais ce Bamako très politique et formellement audacieux dit une chose : les africains ne sont pas dupes des rapports Nord-Sud.

Rendre justice. Voilà l’acte indissoluble et politique qu’accomplit Bamako, huitième film d’Abderrahmane Sissako (La Vie sur terre, 1998, En attendant le bonheur, 2002). Littéralement et métaphoriquement. Le cinéaste, né en 1961 en Mauritanie et ayant grandi au Mali avant d’aller étudier à la prestigieuse et néanmoins soviétique VGIK de Moscou, a réalisé qu’il n’avait plus vraiment le choix : comme artiste africain, il devait trouver le moyen de se frotter aux réalités politiques de son continent, résoudre l’équation serrée qui permettrait de mettre en images, c’est-à-dire en forme, toutes ces questions, et en particulier celle du rôle destructeur des institutions internationales comme la Banque Mondiale et le Fonds monétaire international.
Mise en scène d’un grand procès fictif dans la cour traditionnelle d’une maison du quartier de Hamdallaye, celle de son père, Bamako invente un dispositif direct et subtil pour restituer, à travers différentes rhétoriques, une parole polyphonique et très politique. On devine et l’on aperçoit, au-delà des murs de la cour, une ville de pauvreté et de téléphones portables, saturées de musique et de parole vivante – parfois rêveuses et déprimées, toujours conscientes. Fixée sur la pellicule de Sissako, cette conscience de l’Afrique sur elle-même est désormais aussi inoubliable que le sourire et les larmes de Melé, sublime Aïssa Maïga, comme une Shu Qi d’Afrique.

Comment vous est venue cette idé&e à la fois simple et forte d’un film qui rendrait justice ?

Abderrahmane Sissako : Lorsqu’on est un jeune africain qui a eu la chance d’aller à l’école et de grandir dans une famille où la politique se discute au quotidien, on prend assez vite conscience de certaines choses. J’ai commencé par faire des films sur l’exil dans lesquels je racontais l’émigré que j’étais, parti apprendre le cinéma en Union soviétique puis en faire en France. Mais l’idée de rendre justice, je crois qu’elle a toujours été là comme axe cinématographique possible. Même si je savais à quel point il est difficile de poser ces questions avec un film, à un moment j’ai réalisé que j’occupais une position particulière : je fais partie des quelques rares Africains en mesure de faire des films. Dans certains pays, on produit un film tous les dix, quinze, vingt ans. J’ai ressenti comme une sorte de responsabilité. Je me suis dit : « Tu ne peux pas continuer à ruminer en toi, à parler de l’Afrique dans la cour de ta maison avec des amis. Tu es un artiste, il faut inclure tout ça dans ton acte. »

Questions difficiles à poser avec un film dites-vous, alors comment avez-vous trouvé la solution, c’est-à-dire ce dispositif très direct du procès ?

A.S. : Depuis longtemps je me demandais comment ces institutions assez récentes comme la Banque mondiale ou le FMI pouvaient décider librement du destin de centaines de millions de gens qui sont dotés d’un passé différent, de cultures différents. Un jour, alors que je discutais de tout cela avec Aminata Dramane Traoré (écrivaine et ancienne ministre de la culture du Mali – ndlr), elle m’a dit : « Il faut qu’il y ait un procès, avant d’ajouter immédiatement, mais je sais que c’est impossible ». Je crois bien que le jour même, peut-être le lendemain, je me suis dit qu’une chose impossible, c’était à un artiste de l’inventer. J’ai alors eu l’idée d’organiser ce procès dans la cour de mon père à Bamako.

Mettre la Cour dans la cour…

A.S. : La Cour, c’était d’ailleurs mon titre de travail. C’est dans cette cour que j’ai grandi, que j’i discuté toutes ces années, en toute liberté. Je sentais que je pouvais y installer quelque chose. Il fallait faire franchir la porte de la cour à des avocats, des magistrats, et à tous ces témoins, victimes de l’ajustement structurel cher à la Banque mondiale. Je voulais d’abord une audience composée de gens dotés d’une capacité d’écoute. Je me suis adressé aux associations, aux « déflatés » du chemin de fer, et aux « compressés » de la fonction publique. J’ai fait une sorte de casting, je les ai tous rencontrés, leur ai donné la parole et j’ai décidé qui d’entre eux seraient les témoins.

L’une des choses très malienne qui transparaît dans votre film, c’est la porosité très grande entre le public et le privé. Là, l’échange se fait constamment entre la cour et le reste du monde, et surtout les maisons l’entourent.

A.S. : C’est vrai que c’est typique de la culture malienne, et c’est cette perméabilité qui a permis par exemple au juge de quitter ses fonctions de magistrat – il est président d’un tribunal de Bamako – pour devenir le juge du film. Quand je lui ai parlé du projet, du tournage dans la cour de mon père, il m’a souri et m’a dit : Rien ne m’empêche de le faire, et en tous cas pas la loi ». Il est quand même président du syndicat des magistrats. Et les témoins, c’est pareil. Ils sont venus les huit jours du tournage, assister la plupart du temps en silence, et chaque fois, avant de commencer, ils entraient dans la chambre de la maison pour aller saluer les parents.

A côté du procès, vous avez choisi de vous intéresser aussi à ce qui aurait pu rester hors champ, cette vie quotidienne qui occupe en fait une place centrale dans le film et renvoie à des réalités tragiques ou magnifiques du Mali, l’immigration, la maladie, le chômage mais aussi la musique omniprésente.

A.S. : Deux choses m’ont constamment accompagné, et elles ont la même importance : le procès et le film. A aucun moment, pendant le procès, je n’oubliais le film. Mon souci est de communiquer. Et de la parole politique, comme de celle d’un avocat, on peut se lasser vite. Il fallait donc être capable de sortir du huis clos. De laisser passer une femme avec un enfant, de filmer du linge qu’on met à sécher. Le personnage de Melé, la chanteuse, traverse ainsi le procès sans jamais y prendre part. Je voulais montrer une Afrique libre, pas dupe, qui sait être attentive parfois à un procès comme celui-là, sans toutefois penser que cela pourra résoudre ses problèmes. Il peut y avoir de la lassitude, mais jamais d’indifférence. Il y a toujours une oreille qui traîne, comme celles de ceux qui, à l’extérieur, écoutent le procès sur de vieux haut-parleurs, et parfois les débranchent.

Vous avez choisi de placer une audience dans la cour, mais j’imagine que la question du public du film vous taraudait pendant le tournage. S’adresse-t-il autant aux Africains qu’aux non-Africains, sachant qu’il y a très peu de salles de cinéma sur le continent ?

A.S. : S’il y avait des salles en Afrique, des distributeurs, Bamako pourrait, je crois, être un film assez populaire. Parce que lorsqu’on arrache une parole qu’on a tellement envie de sortir de soi et qu’on voit d’autres le faire, on s’associe à ces personnages – les Camerounais se verront dans ces personnages, les Ivoiriens aussi. De là à ce que le film change quoi que ce soit… Quand j’ai commencé à travailler sur ce projet, un vieux juriste qui fut mon conseiller m’a dit : « Ne pense pas que ce film va changer les choses, mais il est important que tu le fasses, car au moins ils sauront que nous savons. » Ils, c’est les hommes politiques africains, une élite qui est loin de tout ça et qui s’érige en donneuse de solutions face aux problèmes que vivent les populations.

Comment avez-vous perçu le débat récent en France à propos du film Indigène ? Que vous inspire l’idée qu’un film puisse faire bouger des choses politiquement ?

A.S. : Je n’ai pas vu le film. Mais le fait qu’il ait permis de résoudre ce problème m’a rendu triste, en réalité. Cela montre combien la politique est profondément hypocrite. On ne peut quand même pas attendre un film pour résoudre le destin de gens qui ont donné leur vie, ou qui ont été méprisés dans leur quotidien tout ce temps. Comment un homme qui réfléchit, un homme instruit, qui s’intéresse, soi-disant, à un continent, à l’histoire de son pays, peut-il avoir été interpellé seulement parce qu’il y a eu un film ?

www.lesinrocks.com


• > "Namur 2006 : au-delà de la chronique" par Olivier Barlet pour www.africultures.com

Le Festival international du film francophone de Namur qui a tenu sa 21ème édition du 29 septembre au 6 octobre 2006 est le plus gros festival de cinéma en terre wallonne. Alors qu'on a tendance en France à considérer que la francophonie c'est les autres, Namur tend plutôt vers une équation inverse : les films réalisés par des Africains y sont devenus rares tandis que France et Belgique se taillent la part du lion.



Des longs qui transcendent la chronique

Outre le souci de répondre aux attentes du public voire des autorités de financement, on pourrait penser que cela s'inscrit dans la vive concurrence que se livrent en Belgique les communautés linguistiques, mais on observe que non loin de là, en terre flamande, le Afrika Film Festival de Louvain construit une large programmation sur des films d'Afrique. Et cela en dépit de la relative baisse de productions marquantes de ces dernières années.
Certes, fort de sa consécration cannoise, Indigènes faisait l'ouverture du FIFF. Le réalisateur Rachid Bouchareb était accompagné de Samy Naceri mais aussi de Jamel Debouzze sur qui se ruent immanquablement public et médias. "Nos grands-parents ont fait la guerre, nos parents ont aidé à reconstruire et nous, on est là pour la raconter" dira-t-il simplement sans chercher à jouer les vedettes. Pourtant l'ambiance était au triomphe : il est clair que la très forte médiatisation du film a joué dans la décision du gouvernement français d'aligner les pensions. Le gouvernement belge, lui aussi en période électorale, ne pouvait plus se dérober non plus, et cette double annonce redonnait confiance en l'impact d'un cinéma d'auteur menacé par l'audiovisuel et le dvd.
Parmi les douze films de la compétition, l'excellent Bled Number One de Rabah Ameur-Zaïmèche représentait l'Algérie et WWW : What a Wonderful World de Faouzi Bensaïdi apportait une non moins dérangeante et passionnante vision d'un Casablanca à l'extrême opposé du regard décoratif. L'Afrique noire n'était présente qu'à travers un film lui aussi inattendu et fascinant, Rêves de poussières de Laurent Salgues, un Français marié à une Burkinabè. Autre film pleinement réussi et qui d'ailleurs remporte le Bayard d'or, Falafel, premier long métrage du Libanais Michel Kammoun, dresse en suivant le jeune Toufic dans la nuit de Beyrouth un portrait à la fois poétique et réaliste d'un Liban où la violence est encore derrière chaque porte de voiture.
Fort de l'énorme succès de son documentaire Mais im Budeshuus : le génie helvétique, le Suisse Jean-Stéphane Bron aborde sur un mode semi-documentaire son premier long métrage de fiction, Mon frère se marie où le frère est un Vietnamien adopté à l'époque par une famille unie qui se désagrégera ensuite sans en prévenir la mère vietnamienne à qui elle continue d'écrire de rassurantes cartes postales. Sa venue pour le mariage de son fils pousse les Depierraz à jouer pour ne pas la choquer une bien fragile comédie du bonheur. Absolument hilarant dans certaines scènes, le film perd en force lorsqu'il peine à dépasser la nostalgie du temps perdu, mais reste captivant dans sa tentative.
Dans Congorama du Québécois Philippe Falardeau, Olivier Gourmet incarne un inventeur belge raté marié à une Congolaise réfugiée dont il a un enfant, lequel n'a d'ailleurs rien de métis dans le film, ce qui est parfaitement anachronique puisque cet enfant jouera un rôle révélateur dans le scénario-puzzle en s'inscrivant par un signe physique dans le lien génétique qui en fait la problématique (le film est basé sur le fait que Gourmet apprend que son père véritable était Québécois). En connotant l'histoire privée d'une référence historique à l'appropriation du Congo par le roi des Belges, se trame une usurpation que le titre de l'invention et du film, Congorama, met en avant. Mais ce titre apparaît finalement lui-même comme une usurpation, la multiplication des niveaux ayant tendance à brouiller les cartes.
Seul film du panorama longs métrages qui puisse se rattacher à l'Afrique, Bénarès de Barlen Pyamootoo (Ile Maurice) est une douce et attachante méditation sur l'ici et l'ailleurs où deux jeunes conduisent deux prostituées vers leur village. Tourné en créole mauricien avec des acteurs locaux, le film vaut proprement le détour.

Des courts entre chronique et imaginaire

La Pelote de laine (14'), de notre collaboratrice algérienne Fatma Zohra Zamoum, est la chronique intimiste de l'arrivée de Fatiha qui vient en 1974 en France rejoindre son mari Mohamed avec son fils (c'est l'année de la loi autorisant le regroupement familial). Estimant qu'ils n'ont rien à faire dehors, l'homme les enferme dans leur appartement. La pelote de laine sera le lien avec la voisine du dessous avec qui elle échange des cadeaux et qui l'aidera à retrouver sa liberté. Ce court métrage faisant penser à Inch'Allah dimanche de Yamina Benguigui qui s'attachait lui aussi à une femme enfermée, privilégiant de même une mise en scène et une lumière travaillées. Film sensible et percutant qui, dans la veine réaliste, met en scène des gens ordinaires dans leur cadre quotidien, il délivre, sans enjoliver par le romanesque, un message clair d'émancipation.
Deweneti (15'), de Dyana Gaye (Sénégal), suit les pas d'Ousmane, un enfant mendiant dans les rues de Dakar, qui a des arguments d'enfer pour obtenir ce qu'il veut, même auprès du père noël. Ousmane est mignon et malin, le film est maîtrisé et rythmé, et nous ballade dans la ville. Un enfant, du social, du tourisme, un zeste de poésie simple et une bonne dose de positivité : le film a tout pour plaire. On peut imaginer par milliers ce genre de produits généreux et sympathiques basés sur un réalisme où la critique sociale s'efface au profit d'une sorte de politiquement correct correspondant à ce qu'on a envie de voir.
Entre les deux films se jouent les enjeux et les dangers de la chronique réaliste, genre très prisé dans les cinématographies africaines. Au-delà du message éducatif ou préventif, ils tournent autour du fait de savoir si et en quoi le film dérange et fait avancer ou ne fait qu'enfoncer des portes ouvertes.
A cet égard, les deux courts métrages marocains présentés hors compétition, en dépit d'une certaine pesanteur de mise en scène, créent un bienfaisant mal à l'aise. Le Bateau en papier (8') de Jamal Louissi évoque de façon crue le rêve impossible des brûleurs tandis que Week-end (6') de Rachid Hamman ose le burlesque pour illustrer la difficile insertion d'un urbain à la campagne.

Documentaires : derrière la séduction du sujet

C'est à Rwanda, les collines parlent de Bernard Bellefroid que le jury a attribué son prix. Le film est effectivement taillé au scalpel, bien construit et efficace. Nous avions quant à nous exprimé nos réticences quant à la contradiction du message qu'il délivre dans notre compte rendu de Lussas 2006 : alors qu'il cherche à documenter la libération de la parole dans les gacaca, tribunaux populaires initiés au Rwanda pour arriver à juger sans trop tarder les trop nombreux génocidaires, il n'en montre qu'une parole mensongère et manipulée – ce qui ne va pas sans décrédibiliser aux yeux des spectateurs la démarche des gacaca. Que ce type de problèmes se pose est indéniable mais comment s'inscrit ce regard partiel dans l'effort de justice du pays ?
Il y avait dans la sélection namuroise une série de documentaires posant effectivement problème à différents niveaux dans les thématiques qui nous intéressent, l'interculturel et l'Afrique. La Classe de Madame Lise de la Québécoise Sylvie Groulx en est un bel exemple. Dans cette classe de première année d'école primaire d'un quartier d'immigrants à Montréal, les enfants sont à croquer : tous adorables, venant du monde entier, ils enchantent et séduisent tant et si bien que les spectateurs sortent ravis. Un parallèle serait à faire avec Etre et avoir de Nicolas Philibert (2002). Dans l'un et l'autre film, et certainement de façon mieux posée dans Etre et avoir, l'évolution de l'espace mental de l'enfance et des sociabilités en puissance sur le temps d'une année passée en compagnie de la classe révèlent des négociations entre liberté et contraintes qui ne peuvent que résonner en chacun d'entre nous. Mais dans les deux films aussi, la relation pédagogique maître-élève est d'un passéisme hallucinant, faisant communier les spectateurs dans une sorte de nostalgie d'un cocon perdu qui n'a sans doute jamais existé et que les tensions sociales et raciales font chaque jour exploser. L'institutrice de La Classe de Madame Lise révèle en fin de film à quel point son rapport aux enfants relève d'un sentiment maternel et ainsi combien chaque enfant est en fait enfermé dans un modèle où il lui est demandé de plaire. Par voie de conséquence, le film ne montre jamais une quelconque sollicitation de l'enfant pour amener à la classe quelque chose qui soit de sa propre culture : il lui est demandé, grâce à des outils pédagogiques riches et très au point, de s'assimiler entièrement à la culture d'accueil. On a du mal à imaginer une telle négation de la culture d'origine mais le film ne montre aucune référence, si ce n'est la question de départ de savoir quelle langue est parlée à la maison mais qui ne débouchera sur aucune pratique. On est loin du Kes de Ken Loach où l'enfant était invité à présenter son épervier à la classe. Rien de ce qui fait la vie des enfants à l'extérieur et surtout pas leur richesse culturelle ne pénètre dans l'enceinte de l'école. Ils n'ont plus qu'à entrer dans le moule. Bravo pour l'intégration à la québécoise !
Cela, le film ne le pointe pas, et c'est bien le problème de sa glorification d'une approche pédagogique moralisante et destructrice sous couvert de bons sentiments. C'est en effet souvent dans leurs impasses que les films posent problème. Marchands de miracles, premier documentaire du Belge Gilles Remiche table sur l'aspect immanquablement spectaculaire des églises du réveil en RDC. C'est hallucinant et accablant. Oui, il est important de dénoncer l'arnaque à grande échelle de ces "pasteurs, "prophètes" ou "apôtres" qui "guérissent" même en demandant d'appliquer les mains sur les écrans de télévision et arrivent à extorquer de leurs ouailles des sommes considérables en leur promettant le centuple tout en faisant fructifier cet argent dans de juteux trafics. Le film suit leurs pas, recueille leurs propos tragi-comiques et mégalomanes. C'est spectaculaire, mais pour un public occidental puisque sur place, ces hommes et ces propos ne choquent qu'une minorité. En somme, c'est un "sujet" pour télé en quête de sensation où Kinshasa apparaîtra comme une nouvelle Cour des miracles. Car des fidèles qui les suivent, nous ne saurons que bien peu. Leur "naïveté désespérée" (synopsis du film) est supposée parler d'elle-même. Et pourtant, n'est-ce pas ces "naïfs" le "sujet" : comment un peuple peut se faire avoir, ce qu'avait exploré Thierry Michel dans son remarquable Mobutu, roi du Zaïre à propos de la dictature ? Quelle subtile complicité se joue entre un peuple et ceux qui l'exploitent ? Cela aurait sans doute demandé une durée et une proximité qu'un jeune documentariste débarquant en terre d'Afrique en 2003 a du mal à assumer (Gille Remiche a depuis été assistant de Ngangura Mweze sur Les Habits neufs du gouverneur et réalisé Les Mangeuses d'âme pour la RTBF). Au lieu de conforter les clichés sur le Continent (comment oser reprendre aujourd'hui le mot naïveté pour désigner les Africains, ce mot qui signifie dans le Robert : 1) une candeur ingénue ; 2) une irréflexion faite d’ignorance et d’inexpérience ?), le film aurait dès lors permis de problématiser cette addiction terrible aux rituels de guérison-miracle, aux transes à vertu cathartique, aux rédemptions monnayées et aux délivrances édictées de tous les obstacles. Et ainsi le pourquoi du succès de ces populaires entrepreneurs. Il l'effleure en suivant l'acharnement d'une sidéenne qui veut croire à sa guérison mais là encore, sa supposée "naïveté" est davantage le propos du film que de tenter de saisir ses motivations profondes. Elles n'apparaissent dès lors que sociologiques : le refuge dans le sacré pour restaurer un espoir face à la dureté des conditions de vie. Cela reste une explication trop superficielle quand on sait l'importance de la religion comme expression de résistance dans toute l'Histoire africaine, avant et après les Indépendances (cf. les écrits de Georges Ballandier) . La piste ouverte par la réflexion du "pasteur" Denis Lessie lorsqu'il dit que "sans nous, ce serait la guerre" est une voie vite délaissée. Les rapports avec le monde politique qui voit dans l'affiliation à ces églises un bon moyen de courtiser les électeurs ne sont de même que frôlés dans le film.
Voici donc trois films qui séduisent au premier abord : le premier par la rigueur de sa construction, le second par le charme des enfants, le troisième par le spectaculaire. Un recul est nécessaire. Comme le dit Denis Gheerbrant, un film est une question, non une réponse. Et il appartient au regard critique que nous essayons tous d'aiguiser pour nous-mêmes de questionner à notre tour comment il la formule et, ce faisant, ce qu'il défend.

La parole seule

Trois autres documentaires affichaient un parti pris qui personnellement me suffit : s'attacher à la seule parole. Beaucoup considèrent comme insuffisant voire réducteur de ne pas lui voir accolée la vie des gens dont on est à l'écoute, cette singularité ouvrant à l'universel lorsqu'elle est emblématique. Le film quitte le domaine de la représentation cinématographique (l'évocation par la métaphore en images) pour frôler le reportage ou l'interview. C'est vrai que c'est souvent frustrant, mais lorsque la mise en scène sert le choix opéré, la parole prend son essor, plus libre d'évoquer ce que l'illustration par la pratique risque de figer dans le singulier. La parole seule suppose un espace et une mise en espace de réflexion et d'intimité. La Française Elizabeth Leuvrey, née à Alger, a été frappée par le huis clos du paquebot-ferry L'Ile de beauté qui relie Marseille à Alger. Ce lieu de l'entre-deux qui matérialise la dualité culturelle que vivent les travailleurs immigrés lui a fait envisager ces passagers comme personnages d'un film. La Traversée n'aurait cependant pu voir le jour sans une intermédiaire parlant l'arabe. En multipliant les allers-retours, Elizabeth Leuvrey a pu capter ces paroles que l'on confie à une caméra dans ce temps en suspension entre "la France qui donne à manger et l'Algérie qui fait grandir". Vécus, soucis, réflexions s'entremêlent par la grâce d'un montage en écho au puzzle d'impressions en plans fixes métonymiques qui ouvrent le film. Le programme est bien sûr de rendre un visage et des sensations à ces migrants que l'on enferme dans les idées reçues. "On est partout chez nous", mais ces confidences disent le contraire, parlent d'un exil des deux côtés, ces gens qui traversent étant eux-mêmes traversés par deux cultures, deux modes de vie. Dans ce paquebot où le seul horizon est la mer et qui vibre en permanence des machines, c'est un espace mental qui se livre à travers la seule parole.
La parole seule, c'est aussi le dispositif minimaliste de La Vie autrement de Loredana Bianconi, réalisé à l'occasion du 40ème anniversaire de l'immigration marocaine en Belgique. Quatre femmes d'origine marocaine se livrent chez elles à la caméra, notamment sur ce qu'elles ont dû dépasser pour s'affirmer artistes : la famille, la culture, l'exposition de soi face à un public. Comme pour La Traversée, mettre en scène la parole seule demande une progression narrative : une mise en chapitres de petits bouts où l'on charcute les propos pour regrouper ceux qui touchent aux mêmes thèmes. Ce montage de quatre interviews frontaux de femmes qui consacrent leur vie à la création (écriture, peinture, théâtre, danse) est trop succinct pour ne pas faire sourdre l'envie de les connaître dans leur pratique artistique. Cela n'enlève rien à l'intérêt de ce qu'elles disent sur la difficulté de la rupture avec le projet parental, la coupure d'avec une mère "dévoratrice", la nécessaire invention de soi, l'apaisement relatif de la création ("Quand je peins, on dirait que je fais de l'escrime") et bien sûr la délicate négociation culturelle entre son origine et le pays où l'on vit.
Pour capter un autre regard, la parole seule privilégie ceux qui n'ont pas droit à la parole : les femmes et les enfants. C'est ainsi que le Belge Olivier Malvoisin documente dans Rue de la paix l'occupation par une centaine de sans-papiers de l'église Saint-Boniface, rue de la paix à Bruxelles en ne s'intéressant qu'aux enfants. Une autre façon de parler politique, sans discours mais avec la conscience crue du vécu. Une violence virtuelle se manifeste, qui n'aurait sans doute pas émergé, comme celle de Noël, le gamin noir. Tourné avec les moyens du bord et sans éclairage dans des lieux sombres, mais s'attachant à quelques gamins sans trop chercher à butiner, Rue de la paix remet les pendules à l'heure. Sa programmation dans les séances scolaires du festival pouvait déclencher de vitales prises de conscience.
Le même Olivier Malvoisin, qui ne porte pas bien son nom, a également réalisé en RDC en période électorale Mamans Congo: des candidates à la députation nationale. Au constat de départ d'une absence d'éclairage public, le taximan répond qu'il n'y a sans doute pas d'ampoule. Ce ne serait pas grand-chose à faire marcher, mais "qui va faire ça ?" C'est bien la question posée par ce travelling circulaire sur le rond-point de la Victoire, le centre névralgique de Kinshasa. Ainsi introduite, la parole seule peut s'installer, mais ici encore comme en séparant les pages d'un livre : le montage de bouts de paroles et de plans de coupe est forcément superficiel. Plus on charcute, plus c'est la vie qui s'en va. Et pourtant, ces femmes ont tant à dire et cela reste intéressant : le code de la famille de Mobutu qui s'appuie sur la coutume et où la femme mariée n'a aucun droit, l'article 14 de la nouvelle Constitution qui instaure le principe de la parité, l'agressivité ambiante liée à la guerre, les viols et les enfants du viol, l'impunité des atrocités, la fatigue, la mobilisation pour la reconstruction… La parole recueillie part en tous sens et le documentariste doit retrouver un fil pour en faire un film. Faute d'avoir trouvé sa passionaria qui donnerait au film sa tension, il butine par nécessité, cherche à équilibrer les exemples, à moduler les tendances, sans doute parce que son plan de départ n'était pas de partir d'une personne mais d'une idée, sa conception de la parole seule.

Documentaires d'intervention

"On réécrit l'Histoire" : ces mots de Mourad Boucif lors du débat qui a suivi la présentation de La Couleur du sacrifice résument bien l'ambiguïté de son film. Le retour sur l'Histoire qu'opèrent actuellement les médias et le cinéma au point d'obtenir enfin l'égalité des pensions pour les combattants d'Afrique passe par un intense travail historique. Indigènes est basé sur une recherche de plusieurs années, notamment auprès des tirailleurs encore survivants. La Couleur du sacrifice va leur rendre visite en début de film, eux qui étaient obligés de vivre en France pour toucher leur pension. Pour lutter contre ce scandale, il s'agit de restaurer une mémoire, une connaissance. Les images d'archives sont organisées en chapitres ouverts par des encarts, suivant la chronologie de la guerre. Très instructif, pédagogique, le film condense informations et interviews (Maurice Rives, Charles Onana, Pascal Blanchard, Olivia Marsaud). Un encart étonne : "La France promet l'indépendance aux Etats qui s'engagent", la France n'ayant jamais voulu l'octroyer, même dans les années 50. Film engagé sans financement public et entièrement bénévole, La Couleur du sacrifice cherche à démontrer. C'est là son énergie et sa limite, mais la qualité des archives et témoignages réunis en fait une importante œuvre de mémoire alors même que les derniers témoins disparaissent peu à peu. Il va jusqu'aux révoltes des banlieues de 2005, établissant une continuité entre la violence faite aux jeunes et celle qu'ont vécu leurs parents et grands-parents. Ne se reconnaissant pas dans l'Histoire, les jeunes ne développent pas d'estime de soi et leur violence s'en prend à eux-mêmes, à leurs propres équipements.
Réalisé par l'atelier collectif Zorobabel, Transit alterne témoignages de réfugiés ou de personnes concernées avec des animations souvent ironiques, le tout en une addition de 18 séquences bien différenciées. Les animations sont très inventives et permettent de dépasser la froideur d'un discours informatif. Globalement, elles tendent vers un renversement de la vision induite par les pratiques étatiques : "La manière dont on les traite rejaillit sur la manière dont les gens les voient, l'image qu'on a d'eux". Entre agit-prop et humour parodique, Transit table sur le sourire pour ouvrir les esprits, avec une belle efficacité.
Binta et la grande idée de l'Espagnol Javier Fesser cherche à sensibiliser les pères pour qu'ils envoient leurs filles à l'école. Binta, elle, y va, contrairement à sa cousine Soda dont le père ne veut rien savoir. Le film mêle astucieusement une pièce de théâtre sur le sujet jouée par les enfants du village, l'école de Binta où se vit la communauté et la grande idée de son père pour ouvrir l'Afrique au progrès. Tout le monde est très beau et l'image très soignée tandis que le scénario sent le conte de fées : au-delà du réel, la volonté pédagogique structure toute la pensée du film. Est ainsi par de grands sentiments qu'on fait bouger les choses ?

http://www.africultures.com/index.asp?me ...


• > Un cinéma belge "transgenres", par Alain Lorfèvre pour La Libre Belgique

Alain Lorfèvre a rencontré Olivier Masset-Depasse qui présentait Cages en compétition au Festival du Film de Rome.

Il y a une chose dont le cinéma belge peut se réjouir : c'est de rester présent dans tous les grands festivals. Mieux : cette année 2006 aura vu de nouveaux noms prendre le chemin des premières internationales : après Martine Doyen et son Komma à Cannes, Joachim Lafosse et Nue propriété à Venise, c'est au tour d'Olivier Masset-Depasse d'arriver au tout nouveau festival de Rome avec Cages, son premier long métrage, projeté en compétition ce 17 octobre. "Un festival à neuf millions d'euros qui décide de miser sa compétition sur des premiers ou des deuxièmes films c'est quand même remarquable", constate, enthousiaste, ce D'Artagnan relooké par Tarantino. Prix du public au dernier festival de Namur - bon présage - Cages a été aussi très apprécié au festival de Toronto, fin septembre, au point que trois agents se disputent déjà ce jeune talent qu'on avait repéré chez nous avec les courts métrages Chambre froide et Dans l'ombre.

Action psychologique

S'il passe un peu du côté de la lumière dans Cages, dont les extérieurs, somptueux, ont été tournés sur la Côte d'Opale du côté du Cap Blanc-Nez pour suivre la lutte désespérée d'Eve (Anne Coesens), victime d'un bégaiement psychogène suite à un accident, pour sauver son couple avec Damien (Sagamore Stévenin). À partir de ce drame, Olivier Masset-Depasse livre un "film d'action psychologique" comme il le définit lui-même, parvenant à nous rendre tangibles les tréfonds de l'âme de ses protagonistes, personnages entiers et passionnés, comme lui.

"Chaque film est un questionnement sur moi-même, une maturation. Adolescent, je me ressentais comme un être hypersensible tombé dans la jungle. J'ai fait des trucs extrêmes sur un plan personnel mais j'ai fini par transformer l'excès en quelque chose de constructif. C'est pour ça que j'utilise souvent le handicap physique comme métaphore de l'âme des personnages." Si les thèmes sont similaires, le style varie, brasse les genres. "J'aime aller dans des registres différents. Un peu comme Kubrick, toute prétention mise à part. Mon prochain film sera de nouveau un mélange de genres, un polar sentimental. J'adore les films de genre, les séries B. En ce sens je suis proche de Fabrice du Welz (ndlr : Calvaire). Nous partageons cette idée que les films B vont plus loin que les autres. Ils osent plus, ils sont plus riches."

Lui aussi : le début de Cages, fulgurant, ne lâche pas Eve, le personnage d'Anne Coesens, son actrice fétiche. "C'est mon vrai alter ego féminin. On a développé pas mal de choses en commun. Il y a une complicité rare entre nous, comme avec mon chef opérateur, Tommaso Fiorilli. Anne, c'est quelqu'un que j'ai envie de filmer." Plus loin, le jeune réalisateur s'autorise avec le soutien inconditionnel de son producteur, un panoramique à l'hélicoptère. Puis nous enferme avec son couple dans un café qu'on croirait sorti d'un épisode de Twin Peaks de David Leach. Filme encore les corps avec une sensualité sans égale dans le cinéma belge.

Influences "plic-ploc"

"Mes influences sont un peu plic-ploc. Côté esthétique, j'ai été marqué au début par l'expressionnisme allemand : Lang, Murnau, puis Bergman pour la profondeur des personnages. Pour la sensorialité, je citerai Wong Kar-Wai ou David Lynch. Et j'aime bien le baroque d'un Kusturica ou d'un Gilliam. Mais je ne peux pas non plus nier l'influence de la BD. C'est de là que je viens. Il y a aussi des influences picturales, comme Bacon, Ensor, Bosch. Bacon, c'est un vrai sensoriel. C'est mon obsession."

Malgré quelques petites failles d'écriture, Cages éblouit précisément par sa maîtrise, sa technique au service d'une vision très personnelle. Le fruit d'un travail d'équipe au sein d'une famille construite au fil des courts-métrages. "Avec mon producteur Jacques-Henri Bronckart, on a une unité de pensée et d'âme sur la façon de faire un film. Il me pousse dans des extrêmes, dans mes lubies. Ma phrase, c'est : "va là où tu as peur". S'il sent que je dois aller plus loin, il me pousse dans cette direction. J'ai la chance d'être entouré de personnes avec qui je travaille depuis dix ans maintenant. Le processus devient naturel entre nous. Ce sont des amis mais que je considère d'abord tous, individuellement, comme des génies. Sans eux, le film serait faible. Je suis peut-être le metteur en scène, mais ce sont eux qui transforment l'essai." On saura samedi si le jury romain, présidé par Ettore Scola, sera séduit.

http://www.lalibre.be/article.phtml?id=5 ...


• > Entretien avec Rabah Ameur-Zameïche sur www.cineuropa.org

Anne Feuillère a rencontré Rabah Ameur-Zameïche pour www.cineuropa.org.

D'abord à Cannes dans la section "Un Certain Regard", Bled Number One de Rabah Ameur-Zaïmeche était au Festival de Namur. Entre contemplation, pudeur et vibrations, le réalisateur français nous entraîne dans une double histoire d'amour : celle de Louisa et Kamel, deux personnages en marge, et celle qui l'habite pour son pays d'origine, l'Algérie.

Cineuropa : Comment considérez-vous vos deux films ensemble?
Rabah Ameur-Zaïmeche : Comme un diptyque. Dans Wesh Wesh, Qu'est ce qui se passe?, nous voulions évoquer le désarroi de la diaspora algérienne en France dans les quartiers populaire à travers le regard de ce personnage qui redécouvre sa cité, son quartier et les siens. Bled Number One raconte son retour à ses racines. C'est le même personnage, avec le même regard, lucide. Regard qui est aussi celui du spectateur

On a le sentiment d'une grande liberté dans le scénario. Comment l'avez-vous écrit?
De manière très rigoureuse mais en essayant de conserver ces espaces de libertés... On l'a utilisé davantage comme une espèce de charpente, d'ossature. Et puis il s'agissait surtout de filmer la terre algérienne, une terre éminemment civilisée puisque l'humanité y a circulé depuis l'aube des temps avec toutes ses cultures, mais une terre prédatrice et sauvage, une terre africaine, d'une immense beauté. Nous voulions évoquer l'Algérie d'y a dix milles ans comme celle d'aujourd'hui sans nous arrêter à l'actualité. C'était mon ambition, rejoindre l'antiquité. En même temps, je fais très attention à ce que je peux dire sur l'Algérie parce que c'est un pays qu'à vrai dire je connais très mal et que je ne veux pas juger. Il y a un avenir et un potentiel immense parce qu'il y a un peuple et une jeunesse qui ne demandent qu'à aller de l'avant. Et des femmes éblouissantes, belles, remarquables, qu'on voit partout. Paysannes, analphabètes ou folles, elles portent l'étendard de la liberté comme n'importe quelle féministe!

On assiste à l'émergence du social, à son fondement même dans ce que vous saisissez de la mise en place des groupes, de leurs lois...
Oui, une communauté peut s'autogérer, s'organiser, sans le besoin de l'état, de la police. C'est en même temps effrayant car dès qu'un électron libre veut s'en affranchir, tout dysfonctionne. La violence, ou la folie, peut advenir. La liberté est une quête strictement personnelle, c'est même sans doute un terme antisocial. Je crois que c'est le thème principal du film.

Vous filmez en longs plans séquences, comme un documentariste.
Parfois, on est même aux confins du cinéma ethnographique. Et puis d'un seul coup, ça explose vers un autre cinéma auquel on ne s'attendait pas. Mais c'est aussi dans l'action que tout prend sens. Peut être est-ce aussi pour cela que j'aime le cinéma, parce qu'il y a un "action!", que d'un seul coup on est inscrit dans une dynamique et l'on ne peut plus reculer. Et à ce moment là, on réussit peut être à avoir une autre perception, une autre sensation. Mais pour cela il faut être ouvert, à l'écoute, attentif. Regarder prend beaucoup de temps.

Kamel est un personnage de l'entre deux, comme ce Little Vagabond de William Blake, que vous citez. N'y a-t-il pas dans cette errance, cette dérive, comme une utopie de l'homme moderne?
C'est exactement ce qu'on dessine. J'aime ce terme d'utopie.Nous ne sommes pas à plaindre parce que nous sommes entre deux cultures. Quand on est issu d'une double culture, l'utopie est de croire qu'on peut réaliser ce rêve d'une grande famille. Le film interroge ces notions d'humanité, d'appartenance, de territorialité, de flux migratoire, ce qui fait l'essentiel de notre époque.

Est-ce que ce film a été difficile à monter?
Non, pas du tout. D'abord parce qu'il y avait Wesh wesh derrière nous, qui nous a beaucoup aidé. Et ensuite parce que nous avons été soutenu par le CNC grâce à l'Avance sur recettes. Et puis Les Films du Losange nous ont rejoint et Margaret Ménégoz nous a complètement soutenu.

Vous écrivez, produisez, réalisez. C'est un choix?
Oui, totalement, il faut savoir rester autonome et intègre. Je veux faire mon cinéma, voilà tout.

http://www.cineuropa.org/interview.aspx? ...


• > Entretien avec Yao Norbert Etranny sur www.africine.org

Fatou Kiné Sène a rencontré Yao Norbert ETTRANNY, Directeur central du Centre National des Arts et de la Culture de Côte d'Ivoire et Promoteur de Clap Ivoire. Celui-ci s'exprime notamment sur la situation de l'audiovisuel dans son pays et en Afrique en général. Extraits:

Les feuilletons ivoiriens ont fini de faire le tour de l'Afrique. Ces films ne constituent-ils pas une certaine industrie du cinéma ivoirien ?

C'est justement l'arbre qui cache la forêt. Les acteurs et réalisatrices de ces films que je connais personnellement car étant des amis, sont des gens qui se débrouillent tout seul. Malheureusement, ils sont seuls derrière tout ce monde qui veut réussir dans le métier. Ils n'ont fait aucune école de cinéma, mais ils croient et s'investissent dans ce métier. Le drame de l'Afrique, est qu'il n'existe pas beaucoup de personnes qui croient en ce qu'elles font. Ces personnes qui font les séries télévisées, sont des jeunes filles analphabètes pour la plupart et qui ont réussi ce pari. Et en plus, vous ne savez même pas les difficultés qu'elles rencontrent dans leur propre pays pour se faire programmer. Elles ont du succès à l'extérieur, mais pas chez soi. Peut-être qu'en ajoutant tous ces ingrédients, on parlera d'industrie de cinéma en Afrique.

Que faut-il faire pour que le cinéma africain retrouve son lustre d'antan ?

Si j'avais la réponse à votre question, peut-être que le cinéma africain ne serait pas là aujourd'hui. Nous avons discuté cette année de la réglementation en matière d'audiovisuelle dans les différents pays de l'Uemoa. Parce que lorsqu'on discute avec les professionnels du secteur, ils soulèvent divers problèmes : financement de la production, désorganisation de la profession, mais rarement les gens ont posé le problème de la réglementation. Cela paraît primordial, parce qu'on peut engloutir des milliards dans le cinéma, mais si la réglementation n'est pas mise en place, c'est comme si l'on jetait de l'argent par la fenêtre. Cet argent va atterrir dans le désordre, dans la pagaille, et nous n'aurons pas l'impact souhaité. C'est pourquoi procéder autrement, c'est mettre la charrue avant les bœufs. Il faut asseoir une réglementation même si nous n'avons pas encore une véritable industrie cinématographie. Une fois que les choses seront clairement mises en place, cela peut attirer les investisseurs. Car un homme d'affaires avisé ne mettra pas son argent dans un cadre non réglementé.

Vous voulez-vous dire que le salut du cinéma africain réside dans l'harmonisation de la réglementation ?

C'est une des pistes du salut. Nous ne pouvons pas dire qu'il y a une seule voie du salut. Il faut harmoniser parce que prétendre lutter isolément, aucun pays ne peut s'en sortir en matière de culture d'une façon générale et en particulier pour le cinéma. Car, nous n'avons pas les marchés qu'il faut, et même si nous les avons, nous devons nous étendre aux marchés des pays voisins. Nous avons la chance d'être au sein d'une communauté économique qui existe, il faut en profiter. Il faut fédérer les efforts pour créer une synergie et, à travers celle-ci, bénéficier d'une économie d'échelle.

Ne faudrait-il pas combattre ensemble la piraterie qui empêche cette industrie de décoller ?

C'est un préalable. Et la façon dont ce phénomène de la piraterie est traité dans nos Etats, atteste de ce que la culture n'est pas une priorité pour nos autorités. Quand les Etats veulent lutter contre la drogue, ils créent une police de lutte contre la drogue, mais dans aucun Etat, des dispositions spéciales ne sont prises pour lutter contre la piraterie. C'est des sociétés d'auteurs qui s'activent pour cela, alors que ce n'est pas leur travail. C'est un problème qui est là, nous essayons d'y faire face parce qu'il existe. C'est parce que nous croyons à la culture que nous devons défendre les intérêts des créateurs. Il y a un manque de volonté politique de la part des dirigeants africains. Dès que l'on parle de culture, tout le monde est frileux ou totalement absent.

Dans certains pays comme le Sénégal, il existe des Festivals de cinéma comme le Festival des films de quartiers, le Festival Images et vie, etc. Pourquoi ne pas fédérer ces différentes manifestations pour atteindre vos objectifs ?

Ce serait une très bonne chose. Mais même si nous ne fédérons pas, que nous ayons des contacts. De manière que nous fassions, ne serait-ce qu'une programmation rationnelle. Nous pouvons aussi échanger des informations. C'est tout cela la synergie, créer un réseau d'informations au sein de l'Uemoa. C'est tout cela qui nous manque.

Propos recueillis par Fatou Kiné Sène

http://www.africine.org/?menu=art&no=483 ...


• > "La nouvelle vague dans le cinéma marocain" par Noureddine Mhakkak pour www.africine.org

La nouvelle vague cinématographique a pu réaliser (grâce au court métrage) une percée bien remarquable dans le cinéma marocain. Ainsi le court métrage a déclaré son existence. Il est né fort, car les réalisateurs qui ont fait des courts métrages ont déjà bien maîtrisé la technique cinématographique comme ils ont possédé une vision du monde très moderne.
Une vision qui reflète le réel et qui veut, en même temps, le changer. Cela est dû au fait que tous ces réalisateurs ont vécu à l'Occident ou qu'ils y ont fait des études. Ils ont une idée sur la culture artistique occidentale, mais ils sont restés fidèles à leur culture marocaine avec toute sa richesse dans les coutumes et les représentations réelles et imaginaires du monde. De cela est née la poétique du court métrage marocain. Cette poétique qui est tout à fait différente de la poétique du long métrage marocain, car elle s'est construite sur le jeu de l'ironie d'une part et sur l'interprétation théâtrale d'autre part. On peut montrer les bases de cette poétique à partir des courts métrages marocains, bien connus au public, comme État de siège, Né sans skis aux pieds, The paper boy, L'horizon perdu, Le café de la plage, Quand le soleil fait tomber les moineaux, Trajets et Cimetière de miséricorde. Dans ces courts métrages on trouve que l'ironie s'est créée à partir des situations différentes, car elle se construit dans le film État de siège lorsque le héros de ce film veut à tout prix allumer sa cigarette. Mais il n'a pas trouvé quelqu'un qui lui donne du feu. Ce feu existe pourtant chez la femme en tant que corps chaleureux et chez le fou en tant que personnage qui défi la loi de la raison. L'ironie se trouve entre le réel et l'imaginaire, entre le vrai et le faux. Même chose dans le film Né sans skis aux pieds car l'ironie s'est créée à partir du conique de la vie quotidienne d'un jeune homme qui veut changer, qui veut créer un autre mode de vie. Il veut être une personne de bien, un vrai être humain qui croit à la tolérance et au dialogue, mais il n'arrive pas à réaliser son rêve. Il a pu changer ses habits mais sa vraie personnalité reste la même. Il a tout fait pour être heureux mais sa journée se termine mal pour lui. Il trouve son corps jeté par les videurs d'un bar sans qu'il connaisse la raison. Ainsi il termine sa journée seul comme il l'a commencé...
Pour le film L'horizon perdu on trouve que l'ironie née à partir de sa fin au moment où le héros croit qu'il a enfin trouvé une solution pour son chômage en partant en Europe comme voyageur clandestin il ne trouve que la mort devant lui. Ainsi on remarque que le jeu de l'ironie dans ces films se base sur la catastrophe. Tous les fins de ces films sont tragiques car la mort y existe partout à travers la souffrance, la solitude et la haine, on peut constater ce résultat à travers le film Trajets à qui la traduction a attribué un autre titre à savoir Fil de pluie qui est pour nous plus poétique et symbolique que le premier. Le jeu de l'ironie dans ce film se compose du conflit qui existe entre la vision du monde du père qui veut obliger sa fille de suivre ses études universitaires en respectant les coutumes traditionnelles et en vivant loin de l'influence de la culture occidentale, et entre la vision de cette fille, elle même qui préfère vivre sa vie : aimer et être aimée. Ainsi le conflit augmente entre le père et sa fille. Le père décide enfin de mettre fin à ce problème grave selon lui, en préférant que sa fille reste à la maison au lieu de continuer ses études, et la fille préfère mourir lorsqu'elle sait que son amant a décidé de la quitter sans qu'elle sache que son père a déjà pris la route pour la ramener à la maison, tandis que la mère est tiraillée par les deux. Pour le film Quand le soleil fait tomber les moineaux, on remarque que l'ironie s'est construite à partir de la mort d'un soldat au moment où sa femme lui a écrit une lettre en lui demandant de lui envoyer sa photo. Même remarque pour le film Cimetière de miséricorde dont l'ironie est basée sur la souffrance d'un vendeur d'eau qui n'a pas trouvé ses anciens clients. Ses clients qui préfèrent faire appel à la modernité. À l'opposé de tous ces films, on trouve que l'ironie dans les films Le café de la plage et The paper boy se base sur des gestes et des changements des positions qui mènent à une fin heureuse de l'histoire du film. La fin du premier film vient pour complimenter l'amitié et la fin du deuxième vient pour faire l'éloge de la solidarité et pour complimenter la volonté des enfants qui possèdent une grande envie pour construire leur vie à tout prix. On peut conclure selon ces films que le jeu de l'ironie a fait bouger le parcours narratif du film en appuyant sur les conflits qui existent entre les personnages de son histoire, comme il a fait créer un suspense qui attire l'attention du récepteur.

Noureddine Mhakkak

http://www.africine.org/?menu=art&no=484 ...


• > "Nos cinéastes sont-ils heureux?", enquête sur le cinéma belge sur www.cinergie.be

Olivier Lecomte a rencontré 6 cinéastes belges qui comptent pour les interroger sur la façon dont ils ressentent leur métier aujourd'hui en Belgique. Extraits:

"Dans les festivals étrangers, nos cinéastes francophones ont la cote. On vante l’originalité et l’audace de leurs films. Mais le public belge reste frileux devant leur côté inclassable. Et le marché appelle de plus en plus au formatage. Alors, heureux, nos cinéastes ?

Ils tournent à tout prix. Avec ou sans budget. Avec ou sans vedettes. A la fois sprinters et coureurs de fond, ils savent travailler dans l’urgence ou garder l’élan pendant les longues années nécessaires au montage financier de leurs films. Ils ont un point commun : prôner un cinéma personnel où se bousculent les genres, la réalité et la fiction. Ils s’interrogent aussi sur leur métier, ses joies et ses peines, et sur l’avenir du cinéma, comme en témoigne la publication du Manifeste du cinéaste de Frédéric Sojcher aux éditions du Rocher qui questionne les enjeux actuels de cette profession si particulière et, quoi qu’on en dise, mal connue. Nous avons rassemblé, autour de l’auteur du Manifeste et de Vincent Lannoo, l’actuel président de l’ARRF, les auteurs de plusieurs films belges actuellement en salles ou attendus dans les prochains mois : Alain Berliner, Joachim Lafosse, Guillaume Malandrin, Pierre-Paul Renders. Quels obstacles rencontrent-ils dans leur parcours du combattant ? Comment résistent-ils à la tyrannie du prime time ? Leur passion à concrétiser leurs rêves sera-t-elle contagieuse ?

- « La clé de la réussite pour un cinéaste, sa qualité première, c’est son opiniâtreté, son endurance… » affirme Sojcher…

Alain Berliner : Il faut un psychisme en béton armé ! Quand on débute, on ne se rend pas compte que la vie d’un cinéaste est faite autant de vides que de pleins. Au bout du compte, les films qui voient le jour ne représentent que le sommet de l’iceberg. Un cinéaste doit avoir plusieurs casseroles sur le feu et profiter de chaque période de transition pour faire avancer tel ou tel projet.

Frédéric Sojcher : Un cinéaste doit être capable de mettre la bonne énergie au bon moment. On peut avoir un projet qui dort dans un tiroir mais, si une opportunité se présente, on le réveille en fanfare.

(...)

- Comment vivez-vous l’étape du tournage ?

Guillaume Malandrin : On se bat pendant cinq ans pour arriver sur un tournage. Donc, c’est forcément le plaisir, malgré les angoisses, les doutes, la pression du temps et les frustrations : on rêve d’un plan magnifique mais c’est impossible parce que le soleil se couche et qu’on doit changer le décor le lendemain demain. Mais parfois, on a du bol. Pour Ca m’est égal si demain n’arrive pas, on peut penser que le plan où le père et le fils marchent sur la crête de la colline alors que le bouillard se lève peu à peu dans la vallée a nécessité de longues heures de patience. En fait, on l’a bouclé en vingt minutes. On avait fait les repérages et le jour j, les conditions météorologiques se sont révélées idéales. Sur un tournage, on attrape beaucoup de choses au vol. Pour Où est la main de l’homme sans tête, le scénario a été réécrit plusieurs fois, mais je ne veux pas que le tournage soit une simple photocopie. Il faut recréer l’aventure du récit sur le plateau.

Joachim Lafosse : Un tournage peut aussi être un cauchemar… agréable. C’est sur le long terme que ça prend son sens, pour l’incroyable aventure collective que cela représente. Rassembler autant d’énergies humaines, tous ces désirs qui s’opposent. En principe, ça ne peut pas marcher. C’est un truc de dingue. Et pourtant les gens sont prêts à recommencer à chaque fois cette utopie. Parce que faire un film Ca rend heureux.

Pierre-Paul Renders : Mon carburant, c’est le pacte de confiance qu’on essaie d’établir sur un tournage. Cela dit, le réalisateur n’aura jamais la même insouciance que l’équipe. C’est « son » film, il en a la responsabilité totale. Le réalisateur est comme un hôte après une soirée réussie : il est content mais exténué parce qu’il a veillé à ce que tout le monde ait à boire et à manger en suffisance.

- Cela change-t-il la donne de faire appel à une vedette comme Isabelle Huppert (Nue propriété) ou Cécile De France (Où est la main de l’homme sans tête) ?

Guillaume Malandrin : Pour Où est la main…, j’avais choisi Cécile De France à la fin de l’écriture du scénario. Elle venait de finir L’auberge espagnole. Après, sa carrière a décollé, elle est devenue de plus en plus bankable, tout en restant à fond partante pour mon film. Mais ça n’a pas changé grand-chose pour le financement. Le budget est resté modeste : 1,2 millions. Une vedette ne suffit pas nécessairement pour rendre le film plus attractif aux yeux des financiers. Nous avons reçu le soutien de la RTBF mais on a aussi démarché auprès des télévisions françaises, sans résultat. Elles n’étaient pas intéressées, malgré la présence de Cécile. Quand elle fait des comédies, les chaînes sont partantes mais quand il s’agit d’un drame psychanalytique, ça les laisse de glace.

Joachim Lafosse : Le choix d’Isabelle Huppert pour Nue propriété, je n’avais même pas osé l’exprimer. Au départ, le film a été financé sans elle. J’avais deux films derrière moi et le scénario de Nue propriété a été écrit avant ces films qui, en gros, coûtaient 100.000 euros. Ca faisait plus de six ans que j’essayais de monter Nue propriété. On n’avait que l’aide de la Communauté française et de la RTBF, soit 420.000 euros. J’ai dit au producteur : on fait avec, on y va. A six semaines du tournage, Huppert entre en jeu et accepte de travailler largement en-dessous de son salaire habituel. En trois semaines, on a plus que doublé le budget. Tout d’un coup, on a eu Canal+, Cinécinéma, Wallimage, plus le tax shelter… C’est dans le rapport à la star, qu’on se rend compte qu’il existe un marché. Tout change. Mais le scénario, lui, n’a pas changé !


- Comment parvenez-vous à faire concorder vos choix artistiques avec le budget dont vous disposez ?

Alain Berliner : Il faut savoir préserver l’essentiel, ne pas compromettre l’intégrité artistique du film. Couper dans les dépenses est possible pour certains types de films, pas pour d’autres. Parfois, le compromis de production ne se voit pas, on trouve une idée brillante qui permet de faire des économies. Le premier devis de J’aurais voulu être un danseur était 50% plus cher que le budget final. J’ai revu mes ambitions à la baisse mais en gardant à l’esprit qu’on ne peut pas descendre en dessous d’un certain budget quand on fait une comédie musicale, avec des chorégraphies, etc. J’ai cherché à trouver un équilibre entre les exigences du genre et l’argent dont je disposais. Je parle d’une famille où les hommes veulent devenir danseurs. On y voit des scènes très quotidiennes d’entraînement mais d’autres où les personnages se rêvent danseurs. Pour ces envolées dans l’imaginaire, le style est nettement plus « hollywoodien », donc plus cher.

(...)

- Parlons boutique : l’introduction du tax shelter a-t-elle permis d’accélérer le montage financier des films ?

Alain Berliner : L’intérêt du tax shelter est de se baser uniquement sur des arguments économiques. La question du contenu du film n’intervient pas. On ne subit donc aucune pression. Pour J’aurais voulu…, le tax shelter s’est avéré une aide appréciable, vu le coût relativement élevé du film : 5,5 millions. Comme on a bénéficié du tax shelter belge, anglais et luxembourgeois, cela représente un casse-tête chinois pour mon producteur ! Mais l’effet positif est là, indéniablement.

- Quelles pressions subissez-vous de la part des coproducteurs télé ? Est-il vrai, comme l’affirme Le Manifeste, que la télé « ne roule que pour elle-même » ?

Pierre-Paul Renders : Je suis d’accord et j’ajouterai : en plus, elle roule mal. La télé ne se rend pas compte qu’il y a un vrai potentiel avec le caractère atypique de nos films. Et puis, il y a certains blocages. Je sais que la RTBF avait tiqué devant le titre Une liaison pornographique de Frédéric Fonteyne. Ils voulaient le changer en Une liaison p…

Frédéric Sojcher : La logique télévisuelle n’est pas la même que la logique cinématographique. Parfois les deux logiques peuvent se rencontrer. Mais il existe aussi des films qui sont indiffusables et infinançables par une chaîne généraliste, alors qu’ils peuvent connaître une belle carrière en salles. La télé reste le domaine du consensuel, surtout en prime time. Certains films, par contre, veulent perturber le spectateur, le bousculer, lui faire partager une expérience-limite… De manière plus globale, la télé devrait mieux assurer la défense de notre cinéma. Dans la plupart des pays du monde, des films nationaux passent à une heure de grande écoute sur la première chaîne. Côté francophone, quand on propose aux responsables télé de mettre une fois par mois un film belge en prime time, on vous prend pour un extraterrestre. Il faut aussi faire la distinction entre la critique et le journalisme. Un critique doit rester totalement libre de son jugement. Mais pour les chaînes de télé publiques, il y a un devoir de journalisme. Puisque le cinéma belge existe, il faut le relayer dans des émissions informatives. Les flamands font ça naturellement, y compris dans des émissions de divertissement où, en prime time, des acteurs et des réalisateurs sont invités. Quand leurs films sortent en salles, le public, qui a déjà fait connaissance avec eux, a sa curiosité aiguisée.

Joachim Lafosse : Le danger est alors que les gens ne vont plus voir les films pour eux-mêmes mais pour le côté vaguement people des cinéastes. On pactise alors avec ce qu’on dénonce.

Vincent Lannoo : L’ARRF, en partenariat avec la Fédération des auteurs, négocie constamment avec la RTBF pour augmenter la part allouée à la création. L’enveloppe représente un peu moins de 1% du budget alors que chez France 2 ou France 3, c’est 19%. On voudrait dans un premier temps arriver à 2,5 %, puis à 7%. Ca fait deux ans qu’on se bat là-dessus. Si on n’aboutit pas, on pourra dire qu’on a une télé commerciale d’état… qui doit alors être financée par le privé !

Alain Berliner : Par rapport à l’époque de Ma vie en rose, les négociations avec les chaînes de télé se sont durcies. Dans les années 90, on discutait uniquement, chez Canal + ou TF1, avec les gens chargés de la coproduction ou du préachat. Après, ils faisaient part de leur décision à la programmation. Aujourd’hui, cette dernière a beaucoup plus son mot à dire. Vu la part grandissante prise par les télés dans le financement des films, un réalisateur de cinéma doit penser d’emblée à faire aussi une œuvre de télévision bonne pour le prime time. Pour les comédies, les polars, etc., ça ne pose pas problème. Pour les films singuliers, c’est une autre paire de manches ! Ils ne rentrent pas à priori dans la case choisie par les programmateurs. Aujourd’hui, on a le choix entre faire du film d’auteur pur et dur à très petit budget ou du cinéma grand public avec des stars. Si on tombe entre les deux, ça devient compliqué. D’autant plus que le nombre de films proposés aux chaînes est en constante augmentation. Elles peuvent faire leur marché tranquillement parmi la manne de projets qui leur sont soumis. Elles ont le choix et elles vous le disent très clairement. J’en ai eu la preuve avec J’aurais voulu être un danseur qui est à la fois un drame et une comédie musicale. En France, il y a eu des réticences du côté des programmateurs télé. Le film semblait hors-cadre, hors-case. Je pensais que le mélange apportait une richesse et cela s’est révélé être plutôt un handicap.

(...)

- Le « no budget film », qui s’est généralisé ces dernières années (Folie Privée, Ordinary Man, Parabola…), est-il une réponse viable face aux carences du système traditionnel de production ?

Vincent Lannoo : J’ai lancé la « vague » du no budget film avec Strass. Je ne défend pas ce genre de cinéma précaire mais, à certains moments, on ne peut plus rester inactif, il faut « filmer à tout prix ». Des copains cinéastes parlaient de faire des films sans argent. Je me suis : OK, j’y vais ! Mais on ne savait pas si on parviendrait au bout du tunnel, si le film allait réellement prendre forme. Par contre, pour Ordinary Man, c’était beaucoup plus prémédité. Je me suis lancé avec une vraie conception de ce que pouvait représenter un tournage sans argent. Disons-le tout net : je me suis planté dans mes attentes. Il y avait moins l’envie d’apprendre, plus l’envie de faire un coup.

- La reconnaissance festivalière est-elle devenue indispensable pour un cinéaste belge ?

Frédéric Sojcher : La plupart des cinéastes belges ont été découverts ou ont pu rebondir grâce aux festivals étrangers. C’est hallucinant de voir le nombre de réalisateurs de la communauté française sélectionnés dans des festivals renommés : Montréal, Angers, Venise, Cannes…. Cette situation est assez unique au monde, vu l’exiguïté de notre pays et le petit nombre de films tournés annuellement. Le risque est qu’on attende systématiquement d’un nouveau film d’être retenu dans un festival, ce qui est impossible. Mais l’intérêt des festivals l’emportent largement sur le côté pervers de cet effet-vitrine. Notre cinéma a besoin de ce lieu de contre-pouvoir – la critique indépendante en est un autre – où ne règne pas la loi du marché.


Joachim Lafosse : Un festival permet aussi à un auteur de garder le contrôle de son film. Pour Nue propriété, le fait d’avoir une star comme Isabelle Huppert au générique, fait qu’une multitude de gens veulent protéger leur investisement et donner leur avis. J’ai vécu un conflit sur le montage mais j’ai présenté « ma » version du film aux selectionneurs de Venise et leur soutien m’a donné du poids. Après, je n’ai plus eu d’ennui.

Alain Berliner : On constate quand même aujourd’hui, dans les festivals prestigieux, une radicalisation de la sélection vers un cinéma d’auteur pur et dur. Le réalisateur se retrouve alors face à un paradoxe : on lui demande de faire des entrées en salles, par rapport à la visibilité en télé, au tax shelter, à Wallimage qui veut du retour sur recettes, etc. Ce qui est parfaitement normal. Mais on veut aussi que le film gagne la Palme d’or, l’oscar du meilleur film étranger… Or cette manière de gagner sur les deux tableaux, ne convient qu’à un certain type de films.

(...)

- Après l’embellie des années 90, le public francophone semble à nouveau bouder les films belges. Comment renouer le contact ?

Pierre-Paul Renders : Il faut faire un vrai travail d’éducation sur le long terme, recréer un public et un circuit de distribution positionné fortement vers le cinéma d’auteur. Pour ma génération, l’initiation au cinéma commençait très tôt, avec le ciné-club du collège. Cela formait le goût. Il existe aujourd’hui des initiatives, par exemple le Prix des lycéens organisé par la Communauté française où on demande aux étudiants d’écrire la critique d’un film. Il faudrait multiplier ce genre de démarche. J’ai été dans une école où les élèves ont découvert cinq films belges récents et ils étaient agréablement surpris. Ce qui vaut pour le cinéma belge, vaut pour l’ensemble des cinémas « différents ».

Joachim Lafosse : Avec le public, c’est un peu comme dans une histoire d’amour : ce n’est jamais acquis. Il faut continuellement l’appeler à plus de curiosité, dire et redire que le rapport au film ne doit pas se limiter à une espèce de pulsion comparable à l’achat d’un paquet de pop-corn. Derrière un film, il y a un désir, du sens qui se crée. En plus, le cinéma, c’est un truc incroyable. Tout le monde paie le même prix pour son ticket. Quand on va au Comme chez soi plutôt qu’au McDo, on voit la différence d’addition. Au cinéma, pour 7 euros, on peut avoir le Comme chez soi. Alors, essayez-le au moins une fois. Au début, ça aura peut-être un drôle de goût… mais qui peut devenir très agréable. Et votre désir va se réveiller ! J’ajouterai que la qualité d’un cinéaste ne découle pas du hasard mais résulte d’un travail de longue haleine. Les frères Dardenne ont été suivi dès leurs débuts par la Communauté française. On leur a permis de s’installer dans la durée. Ils ont fait un premier film qui n’a pas marché, puis un second et enfin La Promesse. Promouvoir la qualité, c’est aussi reconnaître le droit à l’erreur, le droit d’aborder des choses complexes et de ne pas y arriver du premier coup. Avant son premier succès, Jaco Van Dormael a essayé différentes formes de récit dans ses courts métrages. Pour progresser, un peintre doit peindre. Un cinéaste, il faut qu’il tourne.

Frédéric Sojcher : Le fond du débat, c’est de savoir si on se trouve dans une logique culturelle ou économique. La force du cinéma belge francophone, c’est de défendre un cinéma d’auteurs. Certains, comme Jaco Van Dormael, ont obtenu un large succès populaire. D’autres ont fait des films qui n’ont pas rencontré le public mais qui ont été reconnus par les festivals ou par la critique. La marque de fabrique de notre cinéma, c’est d’être porté par des singularités. Aucun film ne rentre dans un moule : c’est notre force, sur le plan artistique, et notre faiblesse, d’un point de vue économique. Le risque serait de vouloir aller vers une industrialisation du cinéma, vers une logique de marché. Cette logique serait d’autant plus absurde, qu’elle est vouée à l’échec : le marché belge est trop exigu. Et si on vise au-delà, on entre dans le système des coproductions, avec des acteurs et financiers étrangers, au risque de perdre son identité. On a aujourd’hui en Belgique un équilibre entre l’aide primordiale de la Communauté française et des aides dont la logique est strictement économique, comme le tax shelter ou les fonds régionaux de type Wallimage. Il faut maintenir, mieux, consolider cet équilibre. Si on supprimait demain l’aide de la Communauté et de la RTBF, on irait droit à la catastrophe.

- Que répondriez-vous à ceux qui prétendent que le cinéma est un luxe qui coûte cher ?

Frédéric Sojcher : Qu’ils ont tout faux ! Ce n’est pas un luxe pour un pays d’avoir son cinéma. Parce que l’homme, de tous temps, a éprouvé le besoin de raconter des histoires. Parce qu’un pays vit par son imaginaire. Et le cinéma est l’ambassadeur privilégié de cet imaginaire car c’est un art populaire. Il est dramatique de voir que certains pays n’ont pas de cinématographie. Une communauté qui ne se projette pas dans ses fictions est vouée à disparaître. Il faut dépasser le débat corporatiste, le petit monde du strass et des paillettes. L’enjeu est beaucoup plus fondamental.

Propos recueillis par Olivier Lecomte.

Intégralité de l'entretien: http://www.cinergie.be/article.php?actio ...




Infos festivals   
  • > Au programme en novembre...

Du 18 octobre au 02 novembre
London Film Festival (Grande-Bretagne)
www.lff.org.uk

Du 27 octobre au 5 novembre
Festival International du Cinéma Méditerranéen de Montpellier (France)
www.cinemed.tm.fr

Du 28 octobre au 2 novembre
Festival du Cinéma International en Abitibi-Temiscamingue, Rouyn-Noranda (Canada)
www.festivalcinema.ca

Du 31 octobre au 5 novembre
Tout Ecran, Festival International du Film et de la Télévision, Genève (Suisse)
www.cinema-tout-ecran.ch

Du 30 octobre au 8 novembre
Mostra de Cinema Africa, Barcelone (Espagne)
www.inicia.es/de/MostraBCN/

Du 1er au 8 novembre
Festiavl du Film Francophone de Tübingen (Allemagne)
www.filmtage-tuebingen.de

Du 2 au 12 novembre
Cinemania, Festival des Cinémas Francophones, Montréal (Canada)
www.cinemaniafilmfestival.ca

Du 3 au 4 novembre
Silence Saturn!, Festival de Court Métrage, Rixensart (Belgique)
www.asblolivia.com

Du 3 au 26 novembre
Festival of European Films on Wheels (Turquie)
www.europeanfilmfestival.com

Du 3 au 29 novembre
Osaka European Film Festival (Japon)
www.oeff.jp

Du 4 au 12 novembre
Lumières d'Afrique, Besançon (France)
www.lumieresdafrique.com

Du 7 au 12 novembre
Festival des Cinémas d'Afrique du Pays d'Apt (France)
www.africapt-festival.fr

Du 7 au 12 novembre
Festival International du Film Indépendant de Bruxelles (Belgique)
www.centremultimedia.org

Du 8 au 12 novembre
Festival International du Court Métrage de Winterthur (Suisse)
www.kurzfilmtage.ch

Du 9 au 18 novembre
Festival du Film Européen de Virton (Belgique)

Du 9 au 19 novembre
Rencontres International du Film Documentaire de Montréal (Canada)
www.ridm.qc.ca

Du 9 au 15 novembre
Africa at the Pictures, Liverpool (Grande-Bretagne)
www.africaatthepictures.co.uk

Du 10 au 18 novembre
Festival du Film de Turin (Italie)
www.torinofilmfest.org

Du 10 au 19 novembre
Festival International du Film d'Amiens (France)
www.filmfestamiens.org

Du 11 au 18 novembre
Journées Cinématographiques de Carthage (Tunisie)
www.jccarthage.org

Du 11 au 19 novembre
Festival Européen du Film Court de Brest (France)
www.filmcourt.fr

Du 13 au 19 novembre
Filmer à tout prix, Bruxelles (Belgique)
www.fatp.be

Du 14 au 18 octobre
Festival du Film d'Europe de l'Est de Cottbus (Allemagne)
www.filmfestivalcottbus.de

Du 14 au 21 novembre
Cape Town Film Festival (Afrique du Sud)
www.sithengi.co.za

Du 15 au 19 novembre
Media 10/10, Festival du Court Métrage de la Communauté Française (Belgique)
www.media10-10.be

Du 16 au 25 novembre
Mannheim International Film Festival (Allemagne)
www.mannheim-filmfestival.com

Du 16 au 26 novembre
Festival International du Film de Stockholm (Suède)
www.filmfestivalen.se

Du 17 au 26 novembre
Festival International du Film de Thessalonique (Grèce)
www.filmfestival.gr

Du 18 au 25 novembre
Castellinaria, Bellinzona (Suisse)
www.castellinaria.ch

Du 21 au 28 novembre
Festival des 3 Continents, Nantes (France)
www.3continents.com

Du 23 novembre au 2 octobre
Festival du Cinéma Méditerranéen de Bruxelles (Belgique)
www.cinemamed.be

Du 23 novembre au 3 décembre
International Doc Festival, Amsterdam (Pays-Bas)
www.idfa.nl

Du 24 novembre au 10 décembre
African Diaspora Film Festival, New York (Etats-Unis)
www.nyadff.org

Du 25 novembre au 3 décembre
Camerimage, Lodz (Pologne)
www.camerimage.pl

Du 25 novembre au 3 décembre
Festival du Film de Jakmel (Haïti)
www.festivalfilmjakmel.com

Du 27 novembre au 1er décembre
Festival Tous Courts, Aix-en-Provence (France)
www.aix-film-festival.com

Du 28 novembre au 8 décembre
Festival du Film du Caire (Egypte)
www.cairofilmfest.org


• > 10e festival international des scénaristes, 4e rencontre européenne de l’écriture pour l’image: appel à candidatures

Le 10e festival international des scénaristes et les 4e rencontre européenne de l’écriture pour l’image auront lieu
à Bourges du 28 mars au 1 avril 2007

Auteurs et Scénaristes européens et francophones.
Vous cherchez un petit coin de lumière. Le regard d’un producteur, d’un scénariste ou d’un auteur/réalisateur confirmé sur votre projet de scénario. Le Forum européen des auteurs de fiction et le Forum européen des auteurs de documentaire sont là pour vous.

Votre plume frémit ! Vous cherchez à vous confronter à votre imaginaire ! Le marathon du court-métrage vous donne 48 heures pour écrire un scénario d’une dizaine de pages avec l’aide de professionnels. Attention prêt, inscrivez-vous !

Dates limites de dépôt des dossiers:
Forum de fiction et marathon - le 15 novembre 2006
Forum de documentaire - le 1 décembre 2006

Bulletin d’inscription à retirer sur le site Internet.
www.scenarioaulongcourt.com


• > Journées Cinématographiques de Carthage: programme complet

Les Journées Cinématographiques de Carthage se tiendront du 11 au 18 novembre 2006. Les films tunisiens sélectionnés seront bientôt annoncés, voici déjà les productions francophones internationales.

Compétition longs métrages:
- Bled number one, Rabeh Ameur Zaïmeche, Algérie
- Barakat, Djamila Sahraoui, Algérie
- Awqat Faragh, Mohamed Mustapha, Egypte
- L'Ombre de Liberty, Imunga Ivanga, Gabon
- Dunia, Jocelyne Saab, Liban
- Le dernier Homme, Ghassen Salhab, Liban
- Tarfaya (Bab el Bhar), Daoud Aoulad-Syad, Maroc
- Bamako, Abderrahmane Sissako, Mauritanie
- Daratt, saison sèche, Mahamat Saleh Haroun, Tchad
- Making off, Nouri Bouzid, Tunisie
- Tendresse du loup, Jilani Saadi, Tunisie
- Bab Aziz, Nacer Khemir, Tunisie

Compétition courts métrages
- La pelote de laine, Fatma Zohra Zamoum, Algérie
- Rencontre en ligne, Adama Roamba, Burkina Faso
- Be Kunko, Cheikh Fantamady Camara, Guinée
- Le train, Brahim Fritam, Maroc
- Deweneti, Dyana Gaye, Sénégal
- Mme Bahja, Walid taya, Tunisie
- Nesma wa rih, Lassad Dkhil, Tunisie
- Ordure (Le Dépôt), Lotfi Achour, Tunisie
- Le rendez-vous, Sarra Abidi, Tunisie

Compétition vidéo longs métrages
- Joseph Kizerbo (identités pour l’Afrique), Dani Kouyate, Burkina Faso
- Les saignantes, J.P Bekolo, Cameroun
- Ces filles là !, Tahani Rached, Egypte
- The place I call home, Tamer Ezzat, Egypte
- Bul déconne, Massaer N’dieng & Marc Picavez, Sénégal
- J'ai vu des étoiles, Hichem ben Ammar, Tunisie
- Margaret Garner, Mustapha Hasnaoui, Tunisie

Compétition vidéo courts métrages
- Rencontre en ligne, Adama Roamba, Burkina Faso
- Six girls, Shérif al-Bendary, Egypte
- Songe en rêve, Nadine Otsobogo, Gabon
- Visages pendus aux murs, Waeel Deeb, Liban
- Le portable, Noureddine Tilsaghani, Maroc
- Deweneti, Dyana Gaye, Sénégal
- Fer et verre, Ousmane William Mbaye, Sénégal
- Ruse par ruse, Mongi Sancho, Tunisie
- Sacrées bouteilles, Fitouri Belhiba, Tunisie

Panorama longs métrages
- Douar des femmes, Mohamed Chouikh, Algérie
- Indigènes, Rachid Bouchareb, Algérie
- Le malentendu colonial, J.M. Teno, Cameroun
- Les Saignantes, Jean-Pierre Bekolo, Cameroun
- Le jeu de l’amour, Mohamed Ali, Egypte
- Malek wa ketaba, Kaméla Abou Zikri, Egypte
- Un matin bonne heure, Gahité Fofana, Guinée
- Arêtes du cœur, Hichem Ayouch, Maroc
- Bin el-Widien, Khaled Barsaoui, Tunisie
- Elle et lui, Elyess Baccar, Tunisie
- Fleur d'oubli, Selma Baccar, Tunisie
- Junun, Fadhel Jaibi, Tunisie
- Les Naufragés de carthage, Abdelkader Belhédi, Tunisie
- La Télé arrive, Moncef Dhouib, Tunisie
- VHS-Kahloucha, Néjib Belkadhi, Tunisie

Panorama courts métrages
- Quelques miettes pour les oiseaux, Nassim Amaouche, Algérie
- Rise and Shine, Shérif al-Bandary, Egypte
- Ayda, Aziz Salmy, Maroc
- R'DA, Mohamed Ahed Bensouda, Maroc
- Une place au soleil, Rachid Boutounès, Maroc
- Après l'orage…le beau temps, Afef Ben Mahmoud, Tunisie
- Le Bonheur, Med Ben Béchir, Tunisie
- Comme les autres, Mohamed Ben Atia, Tunisie
- Contretemps, Amine Chiboub, Tunisie
- Conversations, Med Kais Zayed, Tunisie
- Il faut que je leur dise, Amel Smaoui, Tunisie
- Illusion, Mzedih Belaid, Tunisie
- Je vous ai à l'œil, Ibrahim Letaief, Tunisie
- Kouttab, Med Ikbal Chakcham, Tunisie
- Le lit, Hammadi Arafa, Tunisie
- Moi, ma sœur et la chose, Kawthar ben Hnia, Tunisie
- La moisson magique, Anis Lassoued, Tunisie
- Perversions, Wissam Tlili, Tunisie
- Qui a tué le Prince charmant, Farès Naanaa, Tunisie
- Sabah al-Khir, Walid Mattar & Leila Bouzid, Tunisie
- T'sawer, Néjib belkadhi, Tunisie
- Train-train, Taoufik Behi, Tunisie
- Zapping, Jalel Bessaed, Tunisie

Plus d'infos sur: www.jccarthage.org


• > Festival International du Film Francophone de Namur: Palmarès

Le Festival International du Film Francophone de Namur s'est achevé le 6 octobre dernier, consacrant le film libanais Falafel de Michel Kammoun.

Voici l'intégralité du palmarès:

Jury officiel fiction

- Bayard d’Or du Meilleur Film: Falafel de Michel Kammoun (Liban)
- Prix Spécial du Jury: Le papier sera bleu (Hartia va fi albastra) de Radu Muntean (Roumanie)
- Bayard d’Or de la Meilleure Comédienne: Mélanie Laurent pour le film Je vais bien, ne t’en fais pas de Philippe Lioret (France)
- Bayard d’Or du Meilleur Comédien: Cyril Troley pour le film Mon frère se marie de Jean-Stéphane Bron (Suisse/ France)
- Bayard d’Or de Meilleur Scénario: Jean-Stéphane Bron & Karin Sudan pour le film Mon frère se marie de Jean-Stéphane Bron (Suisse/ France)
- Bayard d’Or de la Meilleure Composition Musicale: Toufic Farroukh pour la musique du film Falafel de Michel Kammoun (Liban)
- Bayard d’Or du Meilleur Court métrage: De sortie de Thomas Salvador (France)

Jury Officiel – Documentaire

- Bayard d’Or du Meilleur Documentaire: Rwanda, les collines parlent de Bernard Bellefroid (Belgique)

Jury Emile Cantillon

- Bayard d’Or de la Meilleure Première Oeuvre: Un jour d’été de Franck Guérin (France)
Une mention a été décernée au film L’étoile du soldat de Christophe de Ponfilly (France)

Le Prix du Jury Junior

- Prix du Jury Junior: Cages d’Olivier Masset-Depasse (Belgique/ France)

- Prix du Public de la Ville de Namur: Cages d’Olivier Masset-Depasse (Belgique/ France)

- Prix Ciné & FX: Rêves de poussière de Laurent Salgues (France/ Québec/ Burkina Faso)

- Prix de la Meilleure Photographie: Crystel Fournier pour le film Rêves de poussière de Laurent Salgues (France/ Québec/ Burkina Faso)

Compétition Court Métrage de la Communauté française de Belgique

- Prix du Meilleur Court métrage de la Communauté française de Belgique: En fanfare de Véronique Jadin (Belgique)
- Prix du Court métrage – Studio l’Equipe: Michigan d’Olivier Burlet (Belgique)
- Prix du Court Métrage – LTI: Révolution de Xavier Diskeuve (Belgique)
- Prix de la Meilleure Photographie pour un court métrage: Raphaël Jamar pour le film Ange de Nikolas List (Belgique)

PLus d'infos sur le site du festival: www.fiff.be


• > Festival des Cinémas d'Afrique du pays d'Apt: programme

Le Festival des Cinémas d'Afrique du pays d'Apt se tiendra du 7 au 12 novembre 2006.

Voici les films présentés:
- Bamako, Abderrahmane Sissako (Mali)
- Lâche-moi, j’ai 51 frères et soeurs, Dumisani Emmanuel Phakathi (Afrique du Sud)
- Aimé Césaire, le masque des mots, Sarah Maldoror (Guadeloupe)
- Nosaltres, Moussa Touré (Sénégal)
- Octobre, Abderrahmane Sissako (Mauritanie)
- La Vie sur terre, Abderrahmane Sissako (Mauritanie/ Mali/ France)
- En attendant le bonheur (Heremakono), Abderrahmane Sissako (Mauritanie)
- Rostov-Luanda, Abderrahmane Sissako (Mauritanie)
- La symphonie marocaine, Kamal Kamal (Maroc)
- Sotigui Kouyaté, un griot moderne, Mahamat-Saleh Haroun (Tchad)
- Moolaadé, Ousmane Sembène (Sénégal)
- Daratt, Mahamat Saleh Haroun (Tchad)
- Lettre à Senghor, Samba Félix Ndiaye (Sénégal)
- Dunia, Jocelyne Saab (Egypte/ Liban)
- Sometimes in April, Raoul Peck (Haïti)
- Keïta, l’héritage du griot, Dani Kouyaté (Burkina-Faso)
- Bab’Aziz (Le prince qui contemplait son âme), Nacer Khémir (Tunisie)

http://www.africapt-festival.fr/


• > Festival International des Cinémas d'Asie de Vesoul: appel à candidatures

Appel à candidatures pour la 13ème édition du Festival International des Cinémas d'Asie de Vesoul
La 13ème édition du Festival International des Cinémas d'Asie de Vesoul aura lieu du 13 au 20 février 2007.

Le Festival a pour but de faire découvrir le cinéma asiatique et à travers lui les cultures du proche à l’extrême orient.Les films désirant être sélectionnés doivent avoir été réalisés par un asiatique, et/ou produits dans un pays du continent asiatique.

Peuvent concourir des films de fiction longs métrages ou documentaires.

Les réalisateurs ou producteurs peuvent inscrire leur film jusqu'au 30 novembre 2006.

Le règlement ainsi que le bulletin d'inscription sont sur le site officiel du festival :

www.cinemas-asie.com


• > 28ème Cinemed, Festival du Cinéma Méditerranéen de Montpellier: programme

Cinemed revient pour la 28ème sur la production cinématographique annuelle des pays de la Méditerranée.

Au programme cette année, parmi les productions francophones:

Longs métrages compétition
- La Route des pastèques, Branko Schmidt (Croatie, 2006)
- Poste frontière, Rajko Grlic (Croatie/ Bosnie-Herzégovine/ Macédoine, 2006)
- Sempre vivu !, Robin Renucci (France, 2006)
- Le Dernier homme, Ghassan Salhab (France/ Liban, 2006)
- Les Arêtes du cœur (Tiza Oul), Hicham Ayouch (Maroc, 2006)
- Le Papier sera bleu, Radu Muntean (Roumanie, 2006)

Longs métrages panorama
- Singes en hiver, Milena Andonova (Bulgarie/ Allemagne, 2006)
- Les Yeux volés, Radoslav Spassov (Bulgarie/ Turquie, 2005)
- Ce qu'Iva a filmé le 21 octobre 2003, Tomislav Radic (Croatie, 2005)
- Le Mammouth Pobalski, Jacques Mitsch (France, 2005)
- Les Sirènes de l'Egée, Nikos Perakis (Grèce, 2005)
- Le Cœur du monstre, Renos Haralambidis (Grèce, 2005)
- Marilena de la P7, Cristian Nemescu (Roumanie, 2006)
- Tertium Non Datur, Lucian Pintilie (Roumanie, 2006)

Courts métrages compétition
- TIR, Radoy Nikolov (Bulgarie, 2005)
- Quelle bonne journée !, Sherif Elbendary (Egypte, 2006)
- Les Volets, Lyèce Boukhitine (France, 2005)
- La Traversée, Maëva Poli (France, 2006)
- Dans le rang, Cyprien Vial (France, 2006)
- A plus..., Fouad Alaywan (Liban/ Suisse, 2006)
- Le Défunt, Rachid El Ouali (Maroc, 2006)
- Heavy metal drummer, Toby MacDonald, Luke Morris (Maroc/ Royaume-Uni, 2005)
- La Lampe au chapeau, Radu Jude (Roumanie, 2006)
- Perversions, Wissem Tlili (Tunisie, 2006)

Courts métrages panorama
- Les Baies d'Alger, Hassen Ferhani (Algérie/ France, 2006)
- Taxirat, Jani Bojadzi (Bulgarie/ République de Macédoine, 2005)
- Maison de chair, Rami Abdul Jabbar (Egypte, 2005)
- Ligne verte, Laurent Mareschal (France, 2005)
- Bonne nuit Malik, Bruno Danan (France, 2006)
- L'Etoile de mer, Caroline Deruas (France, 2006)
- A l'ombre du voile, Arnaud Demuynck (France/ Belgique, 2006)
- Conte de quartier, Florence Miailhe (France/ Canada, 2006)
- Moi, ma sœur et la "chose", Kaouther Ben H'nia (Tunisie/ France, 2006)

Documentaires compétition
- Deux sœurs, Jasna Krajinovic (Belgique, 2005)
- Ces filles-là, Tahani Rached (Egypte, 2006)
- Voyage en sol majeur, Georgi Lazarevski (France, 2006)

Documentaires panorama
- Pick Up, Lucía Sánchez (France, 2005)
- Slimane Azem, une légende de l'exil, Rachid Mérabet (France, 2005)
- Welcome to Beyrouth, Fouad Elkoury (France, 2005)
- Luntano - Loin, Alessandra Celesia (France, 2006)
- Closing your Eyes, Robin Hunzinger (France, 2006)
- Gens de la Vallée du Jiu, Gheorghe Sfaiter (Roumanie, 2005)
- Les Batailles de Troie, Krassimir Terziev (Suisse/ Allemagne, 2005)

Le festival propose également de nombreuses rencontres professionnelles, ainsi que sa Bourse d'aide au développement.

Plus d'infos: www.cinemed.tm.f


• > Festival du Nouveau Cinéma et des Nouveaux Médias: programme

Le Festival du Nouveau Cinéma et des Nouveaux Médias se tiendra à Montréal du 18 au 28 octobre 2006.

Parmi sa riche programmation, voici les productions francophones sélectionnées:

Sélection internationale: Louve d’Or
- 12 :08 East of Bucarest, Corneliu Porumboiu (Roumanie)
- 13 Tzameti, Gela Babluani (France)
- Avril, Gérald Hustache-Mathieu (France)
- Away from her, Sarah Polley (Canada)
- Daratt, Mahamat-Saleh Haroun (France/ Tchad/ Belgique/Autriche
- Grbavica, Jasmila Zbanic (Autriche/ Bosnie/ Allemagne/ Croatie)
- Rechercher Victor Pellerin, Sophie Deraspe (Québec/ Canada)
- Sept ans, Jean-Pascal Hattu (France)

Panorama international
- Les Amitiés maléfiques, Emmanuel Bourdieu (France)
- Angry Monk : Reflection on Tibet, Luc Schaedler (Suisse)
- Bosta, Philippe Aractingi (Liban)
- Comme des voleurs, Lionel Baier (Suisse)
- Dans la peau de Jacques Chirac, Karl Zéro, Michel Royer (France)
- L’Enfant d’une autre, Virginie Wagon (France)
- Notes on Marie Menken, Martina Kudlacek (Autriche)
- On Air, Christophe Joly (France)
- Rwanda : à travers nous, l’humanité…, Marie-France Collard (Belgique)
- Technocalyps, Frank Theys (Belgique)
- La Tourneuse de pages, Denis Dercourt (France)

A noter également, un Focus Canada/ Quebec, une compétition courts métrages, des rétrospectives...

Plus d'infos sur www.nouveaucinema.ca


• > Cinemafrica, Festival de cinémas africains de Stockholm: programme

Le festival Cinemafrica se tiendra du 18 au 25 octobre prochain. Voici les films francophones sélectionnés:

- Africains Poids Moyens, Daniel Cattier, Belique/ Congo
- All about Darfour, Tahgreed Elsanhouri, Soudan
- Arlit, Deuxième Paris, Idrissou Mora Kpaï, Bénin/ France
- Conakry Kas, Mathia Diawara, Guinée
- La Nuit de la vérité, Fanta Regina Nacro, Burkina Faso
- L'Appel des Arènes, Cheikh Ndiaye, Sénégal
- Le Grand Voyage, Ismaël Ferroukhi, Maroc
- Mahaleo, Raymond Rajaonarivelo et César Paes, Madagascar
- Le Sifflet, As Thiam, Sénégal
- Ouaga Saga, Dani Kouyaté, Burkina Faso
- Ousmane, Dyana Gaye, Sénégal
- Safi, la petite mère, Raso Ganemtoré, Burkina Faso

www.cinemafrica.se


• > London Film Festival

Le London Film Festival se tiendra du 18 octobre au 2 novembre 2006. Sa large programmation permettra notamment de découvrir des films comme 12:08 à l'Est de Bucarest de Cornliu Porumboiu (Roumanie), Daratt de Mahamat Saleh Haroun (Tchad/ France/ Belgique), What a Wonderful World de Faouzi Bensaïdi (Maroc/ France), Bamako d'Abderrahmane Sissako (Mali/ France) ou L'Immeuble Yacoubian de Marwan Hamed (Egypte).

Par ailleurs, le festival propose deux sections permettant de visionner des films francophones: "French Revolutions" et "Cinema Europa".

Plus d'infos sur le site: www.lff.org.uk


• > 11es Rencontres du cinéma francophone en Beaujolais: programme

Les 11es Rencontres du cinéma francophone en Beaujolais se tiendrton du 14 au 22 octobre 2006. Voici les films programmés:

- La Raison du plus faible, Lucas Belvaux, Belgique
- Bamako, Abderrahmane Sissako, Mali
- Meurtrières Patrick Grandperret, France
- Dans Paris, Christophe Honoré, France
- L'Homme de sa vie, Zabou Breitman, France
- Komma, Martine Doyen, Belgique
- Barakat!, Djamila Saharaoui, Algérie
- La Couleur des mots, Philippe Blasband, Belgique
- Je m'appelle Elisabeth, Jean-Pierre Améris, France
- La Californie, Jacques Fieschi, France
- Coeurs, Alain Resnais, France
- Azur zt Asmar, Michel Ocelot, France
- C.R.A.Z.Y., Jean-Marc Vallée, Canada

Plus d'infos sur www.cinespikfrench.com


• > Cinemarabe: programme

Cinemarabe, le Festival du Film arabe de Fameck, se tiendra du 11 au 22 octobre 2006.

Voici les productions francophones proposées:
- Le Cerf Volant, Randa Chahal Sabbag, Liban
- A Perfect Day, Joana Hadjitomas et Khalil Joreige, Liban
- Halim, Chérif Arafa, Egypte
- Bab Aziz, Nacer Khemir, TunisieZemmouri, France/ Algérie
- Dunia, Jocelyne Saab, Liban
- Indigènes, Rachid Bouchareb, France/ Algérie
- L'Immmeuble Yacoubian, Marwan Hamed, Egypte
- La Trahison, Philippe Faucon, France/ Algérie
- La Symphonie Marocaine, Kamal Kamal, Maroc
- Azur et Asmar, Michel Ocelot, France
- Barakat!, Djamila Sahraoui, Maroc
- Bin El'Widyene, Khaled W. Barsaoui, Tunisie
- El Manara, Belkacem Hadjadj, Algérie
- Massaker, Monika Borgmann, Liban
- Le Pain Nu, Racgid Benhadj, Algérie/ France/ Italie
- Quo Vadis?, Samir Abdallah, Egypte
- Juanité de Tanger, Farida Benlyazid, Maroc
- Casablanca, Casablanca, Farida Benlyazid, Maroc
- Zaïna, cavalière de l'Atlas, Bourlem Guerdjou, Maroc
- Douar de femmes, Mohamed Chouikh, Algérie
- Marock, Laila Marrakchi, Maroc
- Ici et là, Mohamed Ismaïl, Maroc
- Toi Waguih, Namir Abdel Messeeh, Egypte/ France
- Bled Number One, Rabah Ameur-Zaïmeche, Algérie

www.cinemarabe.org


• > Festival International du Film de Gand: programme

Le Festival International du Film de Gand se tiendra du 11 au 21 octobre 2006. Voici quelques productions francophones sélectionnées:

Compétition officielle
- Le Parfum, Tom Tykwer, France/ Espagne/ Allemagne
- Heaven’s Doors, Swel Noury & Imad Noury, Maroc
- Slumming, Michael Glawogger, Autriche/ Suisse
- Transylvania, Tony Gatlif, France

Cinémas du monde
- Grounding, Michael Steiner & Peter-Christian Fueter, Suisse

L'intégralité de la sélection sur le site: www.filmfestival.be


• > Festival du Film de Cork: programme

Le festival du film de Cork s'est tenu du 8 au 15 octobre derniers.

Parmi sa programmation, on note les productions francophones suivantes:
World Cinema Programme
- Bride of Silence, Doan Minh Phuong & Doan Thanh Nghia, Vietnam
- Un matin de bonne heure, Gahité Fofana, Guinée/ France
- Grbavica, Jasmila Zbanic, Bosnie-Herzégovine
- The Hamster Cage, Larry Kent, Canada
- J'ai vu tuer Ben Barka, Serge Le Péron, France/ Maroc
- Lila Dit ça, Ziad Doueiri, France

Documentaires
- Chats Perchés, Chris Marker, France
- Closing Your Eyes, Robin Hunzinger, France
- Marele Jaf Comunist, Alexandre Solomon, Roumanie
- Into Great Silence, Philip Grönig, France/ Suisse/ Allemagne
- Lick Salt, Ryan Feldman, Canada
- Mocmoc, Johannes Hedinger, Suisse
- Raised to Be Heroes, Jack Silberman, Canada
- Rwanda, à travers nous l'humanité, Marie-France Collard, France
- Sex Slaves, Ric Esther Bienstock, Canada
- Sisters in Law, Kim Longinotto, Florence Ayisi, Cameroun
- They Chose China, Shuito Wang, Canada/ France
- Tsepong, Patrick Reed, Canada

Courts métrages internationaux
- Conte De Quartier, Florence Miailhe, Canada
- Abendmahl, Johannes Hammel, Autriche
- Un Pont Sur La Drina, Xavier Lukomski, Belgique
- Ich Bin Ich, Kathrin Resetarits, Autriche
- Eut-Elle Été Criminelle..., Jean-Gabriel Périot, France
- Santos Palace, Hélène Cattet, Bruno Forzani, Belgique
- L’Évangile Du Cochon Créole, Michelange Quay, France/ Haïti
- Wolkenbruch, Simon Eltz, Suisse
- Le Temps De Cerises, Jean-Julien Chervier, France
- Du Soleil En Hiver, Samuel Collardey, France
- L’Ecluse, Olivier Ciechelski, France
- Les Volets, Lyèce Boukhitine, France
- Skepsi Tis Imeras, Yiannis Gaitanidis, Grèce
- Chambre 616, Frédéric Pelle, France

www.corkfilmfest.org


• > Festival de Films sur les Droits de la Personne de Montréal: appel à candidatures

S’inscrivant dans la continuité des programmes cinématographiques présentés depuis 7 ans dans le cadre de la Semaine d’actions contre le racisme, la deuxième édition du Festival de Films sur les Droits de la Personne de Montréal (FFDPM) aura lieu du 22 au 25 mars 2007.

Le festival vous invite à soumettre vos courts et longs métrages d’animation, de fiction ou documentaire abordant des thèmes touchant aux droits de la personne comme l’exclusion, le racisme, l’esclavage, l’intolérance, la
violence, l’éducation, l’environnement, la pauvreté, les droits civils, les droits de la femme ou de l’enfant…

La date limite d’inscription des films pour l’édition 2007 est fixée au 20 novembre 2006.

www.ffdpm.com


• > Festival International du Film d'Aubagne: appel à candidatures

Le Festival International du Film d'Aubagne (26-31 Mars 2007) soutient la jeune création cinématographique et la création musicale pour l'image.

Le festival organise 2 compétitions:
- Longs métrages : les premières et deuxièmes oeuvres de tout genre cinématographique (fiction, documentaire, experimental, animation), comportant impérativement une musique originale, sont acceptées.

- Courts métrages : sont acceptées les premières, secondes ou troisièmes œuvres de moins de 30 minutes. Tous les genres
cinématographiques sont représentés (fiction, documentaire,
experimental, animation) dès lors que les films présentent une musique originale ou un traitement particulier de la bande sonore.

Date limite pour inscrire un court métrage : 30 Octobre 2006.
Date limite pour inscrire un long métrage : 15 Novembre 2006.

www.cineaubagne.com


• > Regards sur Haïti à Bruxelles: programme

Regards sur Haïti se déroulera du 26 au 29 octobre 2006 à Bruxelles.

Première république Noire et la seule au monde à avoir acquis son indépendance suite à une révolte des esclaves, Haïti est aussi le seul pays francophone indépendant d'Amérique Latine. « Regards sur Haïti » propose une découverte de ce pays, emblématique de la rencontre historique et culturelle entre l’Afrique, l’Europe, les Caraïbes et l’Amérique, au travers de ses productions cinématographiques.

Malgré des moyens bien en deçà de ceux dont disposent les réalisateurs européens ou américains, le cinéma haïtien se montre de plus en plus dynamique. Durant la période allant du mois d’avril à juin 2006, au moins trois films conçus et réalisés par des Haïtiens ont eu du succès dans des Festivals internationaux dont le "Brooklyn International Film Festival". Le Festival International du Film Haïtien de Montréal organisé en septembre 2006 met également à l'honneur la production cinématographique de ce pays trop souvent perçu à travers une image de « pauvreté », de « médiocrité » et de « dépendance ».

C'est particulièrement à travers les films-documentaires que la production cinématographique haïtienne démontre sa pertinence. Ces documentaires constituent des miroirs, des témoignages, des chapitres d’une vie quotidienne, culturelle, sociale, économique et politique.

Etalé sur quatre jours, le programme permettra la découverte d'une production originale autour d'une culture riche mais encore méconnue. Outre la projection de films et de documentaires qui aborderont des thématiques aussi variées que les arts et la littérature, le vaudou, l'histoire, la santé, les droits de l'homme, etc, des rencontres, des expositions, et des concerts sont prévus.

Plus d'infos: http://perso.infonie.be/easy/rsh%20pr ...


• > Festival International du Film de Fribourg/Appel à participation

Vous êtes cinéaste africain. Cet appel à participation peut vous intéresser. Vous avez jusqu'au 15 novembre pour envoyer votre candidature.

Le Festival international de films de Fribourg se donne pour objectif de promouvoir des films de qualité comme contribution à la diversité cinématographique et culturelle en Suisse et en Europe. Dans cette perspective, le Festival sélectionne essentiellement des films d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine. Pour encourager la distribution des films sélectionnée, les distributeurs, exploitants de salles et critiques sont invités au Festival.

Sections :

La sélection officielle comprend une compétition ouverte aux longs métrages de fiction et documentaires. Le Festival organise des sections hors compétition, panoramas et rétrospectives pour des films inédits ou peu diffusés en Suisse (fiction et documentaire ou animation, qu’il s’agisse de courts, moyens ou longs métrages). Le Festival propose également une programmation à l’intention des établissements scolaires et universitaires et publie un catalogue détaillé. Il organise des débats avec les cinéastes, à l’intention du public, de la presse et des professionnels présents.
Conditions de participation :

Afin d’être éligible pour la sélection, les films doivent être soumis jusqu’au 15 novembre 2006.

www.fiff.ch




 Regions  
Francophonie   
  • > "Namur 2006 : au-delà de la chronique" par Olivier Barlet pour www.africultures.com

Le Festival international du film francophone de Namur qui a tenu sa 21ème édition du 29 septembre au 6 octobre 2006 est le plus gros festival de cinéma en terre wallonne. Alors qu'on a tendance en France à considérer que la francophonie c'est les autres, Namur tend plutôt vers une équation inverse : les films réalisés par des Africains y sont devenus rares tandis que France et Belgique se taillent la part du lion.



Des longs qui transcendent la chronique

Outre le souci de répondre aux attentes du public voire des autorités de financement, on pourrait penser que cela s'inscrit dans la vive concurrence que se livrent en Belgique les communautés linguistiques, mais on observe que non loin de là, en terre flamande, le Afrika Film Festival de Louvain construit une large programmation sur des films d'Afrique. Et cela en dépit de la relative baisse de productions marquantes de ces dernières années.
Certes, fort de sa consécration cannoise, Indigènes faisait l'ouverture du FIFF. Le réalisateur Rachid Bouchareb était accompagné de Samy Naceri mais aussi de Jamel Debouzze sur qui se ruent immanquablement public et médias. "Nos grands-parents ont fait la guerre, nos parents ont aidé à reconstruire et nous, on est là pour la raconter" dira-t-il simplement sans chercher à jouer les vedettes. Pourtant l'ambiance était au triomphe : il est clair que la très forte médiatisation du film a joué dans la décision du gouvernement français d'aligner les pensions. Le gouvernement belge, lui aussi en période électorale, ne pouvait plus se dérober non plus, et cette double annonce redonnait confiance en l'impact d'un cinéma d'auteur menacé par l'audiovisuel et le dvd.
Parmi les douze films de la compétition, l'excellent Bled Number One de Rabah Ameur-Zaïmèche représentait l'Algérie et WWW : What a Wonderful World de Faouzi Bensaïdi apportait une non moins dérangeante et passionnante vision d'un Casablanca à l'extrême opposé du regard décoratif. L'Afrique noire n'était présente qu'à travers un film lui aussi inattendu et fascinant, Rêves de poussières de Laurent Salgues, un Français marié à une Burkinabè. Autre film pleinement réussi et qui d'ailleurs remporte le Bayard d'or, Falafel, premier long métrage du Libanais Michel Kammoun, dresse en suivant le jeune Toufic dans la nuit de Beyrouth un portrait à la fois poétique et réaliste d'un Liban où la violence est encore derrière chaque porte de voiture.
Fort de l'énorme succès de son documentaire Mais im Budeshuus : le génie helvétique, le Suisse Jean-Stéphane Bron aborde sur un mode semi-documentaire son premier long métrage de fiction, Mon frère se marie où le frère est un Vietnamien adopté à l'époque par une famille unie qui se désagrégera ensuite sans en prévenir la mère vietnamienne à qui elle continue d'écrire de rassurantes cartes postales. Sa venue pour le mariage de son fils pousse les Depierraz à jouer pour ne pas la choquer une bien fragile comédie du bonheur. Absolument hilarant dans certaines scènes, le film perd en force lorsqu'il peine à dépasser la nostalgie du temps perdu, mais reste captivant dans sa tentative.
Dans Congorama du Québécois Philippe Falardeau, Olivier Gourmet incarne un inventeur belge raté marié à une Congolaise réfugiée dont il a un enfant, lequel n'a d'ailleurs rien de métis dans le film, ce qui est parfaitement anachronique puisque cet enfant jouera un rôle révélateur dans le scénario-puzzle en s'inscrivant par un signe physique dans le lien génétique qui en fait la problématique (le film est basé sur le fait que Gourmet apprend que son père véritable était Québécois). En connotant l'histoire privée d'une référence historique à l'appropriation du Congo par le roi des Belges, se trame une usurpation que le titre de l'invention et du film, Congorama, met en avant. Mais ce titre apparaît finalement lui-même comme une usurpation, la multiplication des niveaux ayant tendance à brouiller les cartes.
Seul film du panorama longs métrages qui puisse se rattacher à l'Afrique, Bénarès de Barlen Pyamootoo (Ile Maurice) est une douce et attachante méditation sur l'ici et l'ailleurs où deux jeunes conduisent deux prostituées vers leur village. Tourné en créole mauricien avec des acteurs locaux, le film vaut proprement le détour.

Des courts entre chronique et imaginaire

La Pelote de laine (14'), de notre collaboratrice algérienne Fatma Zohra Zamoum, est la chronique intimiste de l'arrivée de Fatiha qui vient en 1974 en France rejoindre son mari Mohamed avec son fils (c'est l'année de la loi autorisant le regroupement familial). Estimant qu'ils n'ont rien à faire dehors, l'homme les enferme dans leur appartement. La pelote de laine sera le lien avec la voisine du dessous avec qui elle échange des cadeaux et qui l'aidera à retrouver sa liberté. Ce court métrage faisant penser à Inch'Allah dimanche de Yamina Benguigui qui s'attachait lui aussi à une femme enfermée, privilégiant de même une mise en scène et une lumière travaillées. Film sensible et percutant qui, dans la veine réaliste, met en scène des gens ordinaires dans leur cadre quotidien, il délivre, sans enjoliver par le romanesque, un message clair d'émancipation.
Deweneti (15'), de Dyana Gaye (Sénégal), suit les pas d'Ousmane, un enfant mendiant dans les rues de Dakar, qui a des arguments d'enfer pour obtenir ce qu'il veut, même auprès du père noël. Ousmane est mignon et malin, le film est maîtrisé et rythmé, et nous ballade dans la ville. Un enfant, du social, du tourisme, un zeste de poésie simple et une bonne dose de positivité : le film a tout pour plaire. On peut imaginer par milliers ce genre de produits généreux et sympathiques basés sur un réalisme où la critique sociale s'efface au profit d'une sorte de politiquement correct correspondant à ce qu'on a envie de voir.
Entre les deux films se jouent les enjeux et les dangers de la chronique réaliste, genre très prisé dans les cinématographies africaines. Au-delà du message éducatif ou préventif, ils tournent autour du fait de savoir si et en quoi le film dérange et fait avancer ou ne fait qu'enfoncer des portes ouvertes.
A cet égard, les deux courts métrages marocains présentés hors compétition, en dépit d'une certaine pesanteur de mise en scène, créent un bienfaisant mal à l'aise. Le Bateau en papier (8') de Jamal Louissi évoque de façon crue le rêve impossible des brûleurs tandis que Week-end (6') de Rachid Hamman ose le burlesque pour illustrer la difficile insertion d'un urbain à la campagne.

Documentaires : derrière la séduction du sujet

C'est à Rwanda, les collines parlent de Bernard Bellefroid que le jury a attribué son prix. Le film est effectivement taillé au scalpel, bien construit et efficace. Nous avions quant à nous exprimé nos réticences quant à la contradiction du message qu'il délivre dans notre compte rendu de Lussas 2006 : alors qu'il cherche à documenter la libération de la parole dans les gacaca, tribunaux populaires initiés au Rwanda pour arriver à juger sans trop tarder les trop nombreux génocidaires, il n'en montre qu'une parole mensongère et manipulée – ce qui ne va pas sans décrédibiliser aux yeux des spectateurs la démarche des gacaca. Que ce type de problèmes se pose est indéniable mais comment s'inscrit ce regard partiel dans l'effort de justice du pays ?
Il y avait dans la sélection namuroise une série de documentaires posant effectivement problème à différents niveaux dans les thématiques qui nous intéressent, l'interculturel et l'Afrique. La Classe de Madame Lise de la Québécoise Sylvie Groulx en est un bel exemple. Dans cette classe de première année d'école primaire d'un quartier d'immigrants à Montréal, les enfants sont à croquer : tous adorables, venant du monde entier, ils enchantent et séduisent tant et si bien que les spectateurs sortent ravis. Un parallèle serait à faire avec Etre et avoir de Nicolas Philibert (2002). Dans l'un et l'autre film, et certainement de façon mieux posée dans Etre et avoir, l'évolution de l'espace mental de l'enfance et des sociabilités en puissance sur le temps d'une année passée en compagnie de la classe révèlent des négociations entre liberté et contraintes qui ne peuvent que résonner en chacun d'entre nous. Mais dans les deux films aussi, la relation pédagogique maître-élève est d'un passéisme hallucinant, faisant communier les spectateurs dans une sorte de nostalgie d'un cocon perdu qui n'a sans doute jamais existé et que les tensions sociales et raciales font chaque jour exploser. L'institutrice de La Classe de Madame Lise révèle en fin de film à quel point son rapport aux enfants relève d'un sentiment maternel et ainsi combien chaque enfant est en fait enfermé dans un modèle où il lui est demandé de plaire. Par voie de conséquence, le film ne montre jamais une quelconque sollicitation de l'enfant pour amener à la classe quelque chose qui soit de sa propre culture : il lui est demandé, grâce à des outils pédagogiques riches et très au point, de s'assimiler entièrement à la culture d'accueil. On a du mal à imaginer une telle négation de la culture d'origine mais le film ne montre aucune référence, si ce n'est la question de départ de savoir quelle langue est parlée à la maison mais qui ne débouchera sur aucune pratique. On est loin du Kes de Ken Loach où l'enfant était invité à présenter son épervier à la classe. Rien de ce qui fait la vie des enfants à l'extérieur et surtout pas leur richesse culturelle ne pénètre dans l'enceinte de l'école. Ils n'ont plus qu'à entrer dans le moule. Bravo pour l'intégration à la québécoise !
Cela, le film ne le pointe pas, et c'est bien le problème de sa glorification d'une approche pédagogique moralisante et destructrice sous couvert de bons sentiments. C'est en effet souvent dans leurs impasses que les films posent problème. Marchands de miracles, premier documentaire du Belge Gilles Remiche table sur l'aspect immanquablement spectaculaire des églises du réveil en RDC. C'est hallucinant et accablant. Oui, il est important de dénoncer l'arnaque à grande échelle de ces "pasteurs, "prophètes" ou "apôtres" qui "guérissent" même en demandant d'appliquer les mains sur les écrans de télévision et arrivent à extorquer de leurs ouailles des sommes considérables en leur promettant le centuple tout en faisant fructifier cet argent dans de juteux trafics. Le film suit leurs pas, recueille leurs propos tragi-comiques et mégalomanes. C'est spectaculaire, mais pour un public occidental puisque sur place, ces hommes et ces propos ne choquent qu'une minorité. En somme, c'est un "sujet" pour télé en quête de sensation où Kinshasa apparaîtra comme une nouvelle Cour des miracles. Car des fidèles qui les suivent, nous ne saurons que bien peu. Leur "naïveté désespérée" (synopsis du film) est supposée parler d'elle-même. Et pourtant, n'est-ce pas ces "naïfs" le "sujet" : comment un peuple peut se faire avoir, ce qu'avait exploré Thierry Michel dans son remarquable Mobutu, roi du Zaïre à propos de la dictature ? Quelle subtile complicité se joue entre un peuple et ceux qui l'exploitent ? Cela aurait sans doute demandé une durée et une proximité qu'un jeune documentariste débarquant en terre d'Afrique en 2003 a du mal à assumer (Gille Remiche a depuis été assistant de Ngangura Mweze sur Les Habits neufs du gouverneur et réalisé Les Mangeuses d'âme pour la RTBF). Au lieu de conforter les clichés sur le Continent (comment oser reprendre aujourd'hui le mot naïveté pour désigner les Africains, ce mot qui signifie dans le Robert : 1) une candeur ingénue ; 2) une irréflexion faite d’ignorance et d’inexpérience ?), le film aurait dès lors permis de problématiser cette addiction terrible aux rituels de guérison-miracle, aux transes à vertu cathartique, aux rédemptions monnayées et aux délivrances édictées de tous les obstacles. Et ainsi le pourquoi du succès de ces populaires entrepreneurs. Il l'effleure en suivant l'acharnement d'une sidéenne qui veut croire à sa guérison mais là encore, sa supposée "naïveté" est davantage le propos du film que de tenter de saisir ses motivations profondes. Elles n'apparaissent dès lors que sociologiques : le refuge dans le sacré pour restaurer un espoir face à la dureté des conditions de vie. Cela reste une explication trop superficielle quand on sait l'importance de la religion comme expression de résistance dans toute l'Histoire africaine, avant et après les Indépendances (cf. les écrits de Georges Ballandier) . La piste ouverte par la réflexion du "pasteur" Denis Lessie lorsqu'il dit que "sans nous, ce serait la guerre" est une voie vite délaissée. Les rapports avec le monde politique qui voit dans l'affiliation à ces églises un bon moyen de courtiser les électeurs ne sont de même que frôlés dans le film.
Voici donc trois films qui séduisent au premier abord : le premier par la rigueur de sa construction, le second par le charme des enfants, le troisième par le spectaculaire. Un recul est nécessaire. Comme le dit Denis Gheerbrant, un film est une question, non une réponse. Et il appartient au regard critique que nous essayons tous d'aiguiser pour nous-mêmes de questionner à notre tour comment il la formule et, ce faisant, ce qu'il défend.

La parole seule

Trois autres documentaires affichaient un parti pris qui personnellement me suffit : s'attacher à la seule parole. Beaucoup considèrent comme insuffisant voire réducteur de ne pas lui voir accolée la vie des gens dont on est à l'écoute, cette singularité ouvrant à l'universel lorsqu'elle est emblématique. Le film quitte le domaine de la représentation cinématographique (l'évocation par la métaphore en images) pour frôler le reportage ou l'interview. C'est vrai que c'est souvent frustrant, mais lorsque la mise en scène sert le choix opéré, la parole prend son essor, plus libre d'évoquer ce que l'illustration par la pratique risque de figer dans le singulier. La parole seule suppose un espace et une mise en espace de réflexion et d'intimité. La Française Elizabeth Leuvrey, née à Alger, a été frappée par le huis clos du paquebot-ferry L'Ile de beauté qui relie Marseille à Alger. Ce lieu de l'entre-deux qui matérialise la dualité culturelle que vivent les travailleurs immigrés lui a fait envisager ces passagers comme personnages d'un film. La Traversée n'aurait cependant pu voir le jour sans une intermédiaire parlant l'arabe. En multipliant les allers-retours, Elizabeth Leuvrey a pu capter ces paroles que l'on confie à une caméra dans ce temps en suspension entre "la France qui donne à manger et l'Algérie qui fait grandir". Vécus, soucis, réflexions s'entremêlent par la grâce d'un montage en écho au puzzle d'impressions en plans fixes métonymiques qui ouvrent le film. Le programme est bien sûr de rendre un visage et des sensations à ces migrants que l'on enferme dans les idées reçues. "On est partout chez nous", mais ces confidences disent le contraire, parlent d'un exil des deux côtés, ces gens qui traversent étant eux-mêmes traversés par deux cultures, deux modes de vie. Dans ce paquebot où le seul horizon est la mer et qui vibre en permanence des machines, c'est un espace mental qui se livre à travers la seule parole.
La parole seule, c'est aussi le dispositif minimaliste de La Vie autrement de Loredana Bianconi, réalisé à l'occasion du 40ème anniversaire de l'immigration marocaine en Belgique. Quatre femmes d'origine marocaine se livrent chez elles à la caméra, notamment sur ce qu'elles ont dû dépasser pour s'affirmer artistes : la famille, la culture, l'exposition de soi face à un public. Comme pour La Traversée, mettre en scène la parole seule demande une progression narrative : une mise en chapitres de petits bouts où l'on charcute les propos pour regrouper ceux qui touchent aux mêmes thèmes. Ce montage de quatre interviews frontaux de femmes qui consacrent leur vie à la création (écriture, peinture, théâtre, danse) est trop succinct pour ne pas faire sourdre l'envie de les connaître dans leur pratique artistique. Cela n'enlève rien à l'intérêt de ce qu'elles disent sur la difficulté de la rupture avec le projet parental, la coupure d'avec une mère "dévoratrice", la nécessaire invention de soi, l'apaisement relatif de la création ("Quand je peins, on dirait que je fais de l'escrime") et bien sûr la délicate négociation culturelle entre son origine et le pays où l'on vit.
Pour capter un autre regard, la parole seule privilégie ceux qui n'ont pas droit à la parole : les femmes et les enfants. C'est ainsi que le Belge Olivier Malvoisin documente dans Rue de la paix l'occupation par une centaine de sans-papiers de l'église Saint-Boniface, rue de la paix à Bruxelles en ne s'intéressant qu'aux enfants. Une autre façon de parler politique, sans discours mais avec la conscience crue du vécu. Une violence virtuelle se manifeste, qui n'aurait sans doute pas émergé, comme celle de Noël, le gamin noir. Tourné avec les moyens du bord et sans éclairage dans des lieux sombres, mais s'attachant à quelques gamins sans trop chercher à butiner, Rue de la paix remet les pendules à l'heure. Sa programmation dans les séances scolaires du festival pouvait déclencher de vitales prises de conscience.
Le même Olivier Malvoisin, qui ne porte pas bien son nom, a également réalisé en RDC en période électorale Mamans Congo: des candidates à la députation nationale. Au constat de départ d'une absence d'éclairage public, le taximan répond qu'il n'y a sans doute pas d'ampoule. Ce ne serait pas grand-chose à faire marcher, mais "qui va faire ça ?" C'est bien la question posée par ce travelling circulaire sur le rond-point de la Victoire, le centre névralgique de Kinshasa. Ainsi introduite, la parole seule peut s'installer, mais ici encore comme en séparant les pages d'un livre : le montage de bouts de paroles et de plans de coupe est forcément superficiel. Plus on charcute, plus c'est la vie qui s'en va. Et pourtant, ces femmes ont tant à dire et cela reste intéressant : le code de la famille de Mobutu qui s'appuie sur la coutume et où la femme mariée n'a aucun droit, l'article 14 de la nouvelle Constitution qui instaure le principe de la parité, l'agressivité ambiante liée à la guerre, les viols et les enfants du viol, l'impunité des atrocités, la fatigue, la mobilisation pour la reconstruction… La parole recueillie part en tous sens et le documentariste doit retrouver un fil pour en faire un film. Faute d'avoir trouvé sa passionaria qui donnerait au film sa tension, il butine par nécessité, cherche à équilibrer les exemples, à moduler les tendances, sans doute parce que son plan de départ n'était pas de partir d'une personne mais d'une idée, sa conception de la parole seule.

Documentaires d'intervention

"On réécrit l'Histoire" : ces mots de Mourad Boucif lors du débat qui a suivi la présentation de La Couleur du sacrifice résument bien l'ambiguïté de son film. Le retour sur l'Histoire qu'opèrent actuellement les médias et le cinéma au point d'obtenir enfin l'égalité des pensions pour les combattants d'Afrique passe par un intense travail historique. Indigènes est basé sur une recherche de plusieurs années, notamment auprès des tirailleurs encore survivants. La Couleur du sacrifice va leur rendre visite en début de film, eux qui étaient obligés de vivre en France pour toucher leur pension. Pour lutter contre ce scandale, il s'agit de restaurer une mémoire, une connaissance. Les images d'archives sont organisées en chapitres ouverts par des encarts, suivant la chronologie de la guerre. Très instructif, pédagogique, le film condense informations et interviews (Maurice Rives, Charles Onana, Pascal Blanchard, Olivia Marsaud). Un encart étonne : "La France promet l'indépendance aux Etats qui s'engagent", la France n'ayant jamais voulu l'octroyer, même dans les années 50. Film engagé sans financement public et entièrement bénévole, La Couleur du sacrifice cherche à démontrer. C'est là son énergie et sa limite, mais la qualité des archives et témoignages réunis en fait une importante œuvre de mémoire alors même que les derniers témoins disparaissent peu à peu. Il va jusqu'aux révoltes des banlieues de 2005, établissant une continuité entre la violence faite aux jeunes et celle qu'ont vécu leurs parents et grands-parents. Ne se reconnaissant pas dans l'Histoire, les jeunes ne développent pas d'estime de soi et leur violence s'en prend à eux-mêmes, à leurs propres équipements.
Réalisé par l'atelier collectif Zorobabel, Transit alterne témoignages de réfugiés ou de personnes concernées avec des animations souvent ironiques, le tout en une addition de 18 séquences bien différenciées. Les animations sont très inventives et permettent de dépasser la froideur d'un discours informatif. Globalement, elles tendent vers un renversement de la vision induite par les pratiques étatiques : "La manière dont on les traite rejaillit sur la manière dont les gens les voient, l'image qu'on a d'eux". Entre agit-prop et humour parodique, Transit table sur le sourire pour ouvrir les esprits, avec une belle efficacité.
Binta et la grande idée de l'Espagnol Javier Fesser cherche à sensibiliser les pères pour qu'ils envoient leurs filles à l'école. Binta, elle, y va, contrairement à sa cousine Soda dont le père ne veut rien savoir. Le film mêle astucieusement une pièce de théâtre sur le sujet jouée par les enfants du village, l'école de Binta où se vit la communauté et la grande idée de son père pour ouvrir l'Afrique au progrès. Tout le monde est très beau et l'image très soignée tandis que le scénario sent le conte de fées : au-delà du réel, la volonté pédagogique structure toute la pensée du film. Est ainsi par de grands sentiments qu'on fait bouger les choses ?

http://www.africultures.com/index.asp?me ...




Afrique   
  • > Création d'une cinémathèque égyptienne

va bientôt voir le jour L'idée d'une cinémathèque égyptienne est née sous l'impulsion d'un groupe de cinéastes et de cinéphiles pour qui l'absence de ce genre de structure était injustifiée au vue de la richesse du cinéma égyptien. La cinémathèque devrait voir le jour d'ici à la fin de l'année, sous forme d'association à but non lucratif, organisme privé en grande partie financé par l'Etat (Ministère de la Culture). L'objectif affiché par le coordinateur général du projet, Salah Hassab Al-Nabi est d’ "enrichir et conserver le patrimoine documentaire sur le cinéma, en assurer la diffusion et l'appréhension par des publics divers à travers une pluralité de services, de la médiathèque au site internet". Le bâtiment sera situé dans l'enceinte de l'Opéra du Caire, sur plus de 1.500 m², avec 4 salles de projection et une grande salle de cinéma. Les organisateurs espèrent pouvoir réunir les 24 millions de livres égyptiennes pour la fondation et l'équipement et 5 millions pour garantir les activités.

Source: CMCA www.cmca-med.org


• > "La nouvelle vague dans le cinéma marocain" par Noureddine Mhakkak pour www.africine.org

La nouvelle vague cinématographique a pu réaliser (grâce au court métrage) une percée bien remarquable dans le cinéma marocain. Ainsi le court métrage a déclaré son existence. Il est né fort, car les réalisateurs qui ont fait des courts métrages ont déjà bien maîtrisé la technique cinématographique comme ils ont possédé une vision du monde très moderne.
Une vision qui reflète le réel et qui veut, en même temps, le changer. Cela est dû au fait que tous ces réalisateurs ont vécu à l'Occident ou qu'ils y ont fait des études. Ils ont une idée sur la culture artistique occidentale, mais ils sont restés fidèles à leur culture marocaine avec toute sa richesse dans les coutumes et les représentations réelles et imaginaires du monde. De cela est née la poétique du court métrage marocain. Cette poétique qui est tout à fait différente de la poétique du long métrage marocain, car elle s'est construite sur le jeu de l'ironie d'une part et sur l'interprétation théâtrale d'autre part. On peut montrer les bases de cette poétique à partir des courts métrages marocains, bien connus au public, comme État de siège, Né sans skis aux pieds, The paper boy, L'horizon perdu, Le café de la plage, Quand le soleil fait tomber les moineaux, Trajets et Cimetière de miséricorde. Dans ces courts métrages on trouve que l'ironie s'est créée à partir des situations différentes, car elle se construit dans le film État de siège lorsque le héros de ce film veut à tout prix allumer sa cigarette. Mais il n'a pas trouvé quelqu'un qui lui donne du feu. Ce feu existe pourtant chez la femme en tant que corps chaleureux et chez le fou en tant que personnage qui défi la loi de la raison. L'ironie se trouve entre le réel et l'imaginaire, entre le vrai et le faux. Même chose dans le film Né sans skis aux pieds car l'ironie s'est créée à partir du conique de la vie quotidienne d'un jeune homme qui veut changer, qui veut créer un autre mode de vie. Il veut être une personne de bien, un vrai être humain qui croit à la tolérance et au dialogue, mais il n'arrive pas à réaliser son rêve. Il a pu changer ses habits mais sa vraie personnalité reste la même. Il a tout fait pour être heureux mais sa journée se termine mal pour lui. Il trouve son corps jeté par les videurs d'un bar sans qu'il connaisse la raison. Ainsi il termine sa journée seul comme il l'a commencé...
Pour le film L'horizon perdu on trouve que l'ironie née à partir de sa fin au moment où le héros croit qu'il a enfin trouvé une solution pour son chômage en partant en Europe comme voyageur clandestin il ne trouve que la mort devant lui. Ainsi on remarque que le jeu de l'ironie dans ces films se base sur la catastrophe. Tous les fins de ces films sont tragiques car la mort y existe partout à travers la souffrance, la solitude et la haine, on peut constater ce résultat à travers le film Trajets à qui la traduction a attribué un autre titre à savoir Fil de pluie qui est pour nous plus poétique et symbolique que le premier. Le jeu de l'ironie dans ce film se compose du conflit qui existe entre la vision du monde du père qui veut obliger sa fille de suivre ses études universitaires en respectant les coutumes traditionnelles et en vivant loin de l'influence de la culture occidentale, et entre la vision de cette fille, elle même qui préfère vivre sa vie : aimer et être aimée. Ainsi le conflit augmente entre le père et sa fille. Le père décide enfin de mettre fin à ce problème grave selon lui, en préférant que sa fille reste à la maison au lieu de continuer ses études, et la fille préfère mourir lorsqu'elle sait que son amant a décidé de la quitter sans qu'elle sache que son père a déjà pris la route pour la ramener à la maison, tandis que la mère est tiraillée par les deux. Pour le film Quand le soleil fait tomber les moineaux, on remarque que l'ironie s'est construite à partir de la mort d'un soldat au moment où sa femme lui a écrit une lettre en lui demandant de lui envoyer sa photo. Même remarque pour le film Cimetière de miséricorde dont l'ironie est basée sur la souffrance d'un vendeur d'eau qui n'a pas trouvé ses anciens clients. Ses clients qui préfèrent faire appel à la modernité. À l'opposé de tous ces films, on trouve que l'ironie dans les films Le café de la plage et The paper boy se base sur des gestes et des changements des positions qui mènent à une fin heureuse de l'histoire du film. La fin du premier film vient pour complimenter l'amitié et la fin du deuxième vient pour faire l'éloge de la solidarité et pour complimenter la volonté des enfants qui possèdent une grande envie pour construire leur vie à tout prix. On peut conclure selon ces films que le jeu de l'ironie a fait bouger le parcours narratif du film en appuyant sur les conflits qui existent entre les personnages de son histoire, comme il a fait créer un suspense qui attire l'attention du récepteur.

Noureddine Mhakkak

http://www.africine.org/?menu=art&no=484 ...


• > Journées Cinématographiques de Carthage: programme complet

Les Journées Cinématographiques de Carthage se tiendront du 11 au 18 novembre 2006. Les films tunisiens sélectionnés seront bientôt annoncés, voici déjà les productions francophones internationales.

Compétition longs métrages:
- Bled number one, Rabeh Ameur Zaïmeche, Algérie
- Barakat, Djamila Sahraoui, Algérie
- Awqat Faragh, Mohamed Mustapha, Egypte
- L'Ombre de Liberty, Imunga Ivanga, Gabon
- Dunia, Jocelyne Saab, Liban
- Le dernier Homme, Ghassen Salhab, Liban
- Tarfaya (Bab el Bhar), Daoud Aoulad-Syad, Maroc
- Bamako, Abderrahmane Sissako, Mauritanie
- Daratt, saison sèche, Mahamat Saleh Haroun, Tchad
- Making off, Nouri Bouzid, Tunisie
- Tendresse du loup, Jilani Saadi, Tunisie
- Bab Aziz, Nacer Khemir, Tunisie

Compétition courts métrages
- La pelote de laine, Fatma Zohra Zamoum, Algérie
- Rencontre en ligne, Adama Roamba, Burkina Faso
- Be Kunko, Cheikh Fantamady Camara, Guinée
- Le train, Brahim Fritam, Maroc
- Deweneti, Dyana Gaye, Sénégal
- Mme Bahja, Walid taya, Tunisie
- Nesma wa rih, Lassad Dkhil, Tunisie
- Ordure (Le Dépôt), Lotfi Achour, Tunisie
- Le rendez-vous, Sarra Abidi, Tunisie

Compétition vidéo longs métrages
- Joseph Kizerbo (identités pour l’Afrique), Dani Kouyate, Burkina Faso
- Les saignantes, J.P Bekolo, Cameroun
- Ces filles là !, Tahani Rached, Egypte
- The place I call home, Tamer Ezzat, Egypte
- Bul déconne, Massaer N’dieng & Marc Picavez, Sénégal
- J'ai vu des étoiles, Hichem ben Ammar, Tunisie
- Margaret Garner, Mustapha Hasnaoui, Tunisie

Compétition vidéo courts métrages
- Rencontre en ligne, Adama Roamba, Burkina Faso
- Six girls, Shérif al-Bendary, Egypte
- Songe en rêve, Nadine Otsobogo, Gabon
- Visages pendus aux murs, Waeel Deeb, Liban
- Le portable, Noureddine Tilsaghani, Maroc
- Deweneti, Dyana Gaye, Sénégal
- Fer et verre, Ousmane William Mbaye, Sénégal
- Ruse par ruse, Mongi Sancho, Tunisie
- Sacrées bouteilles, Fitouri Belhiba, Tunisie

Panorama longs métrages
- Douar des femmes, Mohamed Chouikh, Algérie
- Indigènes, Rachid Bouchareb, Algérie
- Le malentendu colonial, J.M. Teno, Cameroun
- Les Saignantes, Jean-Pierre Bekolo, Cameroun
- Le jeu de l’amour, Mohamed Ali, Egypte
- Malek wa ketaba, Kaméla Abou Zikri, Egypte
- Un matin bonne heure, Gahité Fofana, Guinée
- Arêtes du cœur, Hichem Ayouch, Maroc
- Bin el-Widien, Khaled Barsaoui, Tunisie
- Elle et lui, Elyess Baccar, Tunisie
- Fleur d'oubli, Selma Baccar, Tunisie
- Junun, Fadhel Jaibi, Tunisie
- Les Naufragés de carthage, Abdelkader Belhédi, Tunisie
- La Télé arrive, Moncef Dhouib, Tunisie
- VHS-Kahloucha, Néjib Belkadhi, Tunisie

Panorama courts métrages
- Quelques miettes pour les oiseaux, Nassim Amaouche, Algérie
- Rise and Shine, Shérif al-Bandary, Egypte
- Ayda, Aziz Salmy, Maroc
- R'DA, Mohamed Ahed Bensouda, Maroc
- Une place au soleil, Rachid Boutounès, Maroc
- Après l'orage…le beau temps, Afef Ben Mahmoud, Tunisie
- Le Bonheur, Med Ben Béchir, Tunisie
- Comme les autres, Mohamed Ben Atia, Tunisie
- Contretemps, Amine Chiboub, Tunisie
- Conversations, Med Kais Zayed, Tunisie
- Il faut que je leur dise, Amel Smaoui, Tunisie
- Illusion, Mzedih Belaid, Tunisie
- Je vous ai à l'œil, Ibrahim Letaief, Tunisie
- Kouttab, Med Ikbal Chakcham, Tunisie
- Le lit, Hammadi Arafa, Tunisie
- Moi, ma sœur et la chose, Kawthar ben Hnia, Tunisie
- La moisson magique, Anis Lassoued, Tunisie
- Perversions, Wissam Tlili, Tunisie
- Qui a tué le Prince charmant, Farès Naanaa, Tunisie
- Sabah al-Khir, Walid Mattar & Leila Bouzid, Tunisie
- T'sawer, Néjib belkadhi, Tunisie
- Train-train, Taoufik Behi, Tunisie
- Zapping, Jalel Bessaed, Tunisie

Plus d'infos sur: www.jccarthage.org




Ameriques   
  • > Le gouvernement du Québec veut éviter la crise dans le milieu du cinéma québécois: crédits supplémentaires de 10M$CAN

La ministre de la Culture et des Communications et ministre responsable de la région de Montréal, Mme Line Beauchamp, a annoncé aujourd'hui que le gouvernement du Québec ajoute des crédits additionnels non récurrents de 10 M$ au budget de la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC) qui pourra ainsi financer un plus grand nombre de longs métrages. Cette aide exceptionnelle permettra d'éviter une crise dans le milieu du cinéma québécois.

Cette injection d'argent devrait garantir la réalisation de cinq à six longs métrages additionnels. Elle assurera donc le maintien du volume de production au même niveau que celui des années précédentes, qui oscille entre quinze et vingt. Le public québécois pourra ainsi continuer à avoir accès à un cinéma diversifié et de qualité. La SODEC rendra bientôt publics les critères d'attribution de cette aide d'urgence.

L'investissement de 10 M$ dans cette industrie générera des retombées de plus de 32 M$ dans l'économie québécoise. Il assurera la création de 500 à 600 nouveaux contrats de travail, ce qui représente une masse salariale d'environ 15 M$. De plus, le tournage de six nouveaux films pourrait se traduire par des dépenses totales de production de 27,4 M$ et des dépenses de mise en marché de 4,8 M$. En comptabilisant les retombées liées à leur distribution en salle, entre autres, l'impact économique est encore plus considérable.

« Il est impératif, au-delà de l'aide de 10 M$ annoncée aujourd'hui, de trouver rapidement des solutions structurantes qui nous permettront de résoudre le problème de sous-financement de notre cinéma. Si nous n'agissons pas maintenant, nous pourrions avoir à faire face à une diminution du nombre de longs métrages produits au Québec. Je convie tous les principaux acteurs de l'industrie cinématographique à se joindre à nous pour imaginer de nouveaux modèles d'affaires qui, tout en s'appuyant largement sur l'investissement public, feront davantage appel au secteur privé », a indiqué la ministre.

Mme Line Beauchamp a également invité le gouvernement fédéral à participer à cette réflexion et à mettre en place des moyens efficaces pour assurer un financement adéquat à un plus grand nombre de films québécois.

www.sodec.gouv.qc.ca


• > Digimart: Rencontres internationales de la distribution numérique

Digimart annonce les Rencontres internationales de la distribution numérique qui auront lieu au complexe Ex-Centris de Montréal du 16 au 18 octobre. Lors de cette seconde édition, pas moins de 33 innovateurs venus d’Asie, d’Europe, d’Amérique latine, du Canada et des États-Unis partageront leurs réflexions et leurs expériences de la frontière numérique.

Daniel Langlois, président et fondateur de Digimart indique que « les Rencontres internationales de la distribution numérique de Digimart se pencheront sur les défis et les opportunités créés par l’économie numérique d’aujourd’hui rendue de plus en plus interactive, sociale et profitable tout en concernant une diversité de médias. Je suis heureux qu’un groupe aussi prestigieux de penseurs et d’experts du numérique se joignent à nous lors de ce sommet et je suis fier que John Perry Barlow ait accepté de prononcer le discours d’ouverture. John Perry Barlow, l’ancien parolier du groupe Grateful Dead, est cofondateur de la Electronic Frontier Foundation et membre du Berkman Center for Internet and Society de la Harvard Law School. Sa déclaration du cyberespace et son article sur l’avenir du droit d’auteur, The Economy of Ideas, constituent des textes fondateurs de l’ère numérique. »

« Le riche programme de cette année couvre tous les sujets brûlants de l’heure relativement aux pratiques d’affaires actuelles de la distribution numérique, notamment la question complexe du droit d’auteur. En rassemblant un éventail de pionniers du monde entier, Digimart propose un état des lieux sur les modèles d’affaires et les stratégies en pleine évolution. Digimart ayant la mission d’inspirer et d’éclairer, j’espère que les participants trouveront, grâce cette édition, les outils dont ils ont besoin pour se lancer dans les voies prometteuses de la distribution numérique », a déclaré Sheila de La Varende, directrice exécutive de Digimart.

Le programme complet des conférences des Rencontres internationales de la distribution numérique de Digimart, ainsi que des notes biographiques sur les conférenciers invités, sont disponibles en ligne à l’adresse www.digimart.org

L’inscription aux Rencontres internationales de la distribution numérique de Digimart est ouverte à tous les représentants de l’industrie des médias et du cinéma désirant accéder au marché numérique par le biais de stratégies de distribution innovantes.

Digimart est un organisme sans but lucratif établi à Montréal, fondé en 2005 et présidé par Daniel Langlois, et dirigé par Sheila de La Varende. À l'occasion d'un forum annuel destiné aux professionnels des industries du cinéma et des médias du monde entier, Digimart se penche sur tous les aspects de la commercialisation numérique de contenus visuels. Digimart offre aux professionnels un accès privilégié aux plus grands spécialistes, l'occasion de comprendre les perspectives associées à la diffusion, la distribution et la vente de produits audiovisuels tirant profit des nouvelles technologies et une tribune unique pour discuter de l'émergence de nouveaux modèles économiques.

www.digimart.org


• > Festival du Nouveau Cinéma et des Nouveaux Médias: programme

Le Festival du Nouveau Cinéma et des Nouveaux Médias se tiendra à Montréal du 18 au 28 octobre 2006.

Parmi sa riche programmation, voici les productions francophones sélectionnées:

Sélection internationale: Louve d’Or
- 12 :08 East of Bucarest, Corneliu Porumboiu (Roumanie)
- 13 Tzameti, Gela Babluani (France)
- Avril, Gérald Hustache-Mathieu (France)
- Away from her, Sarah Polley (Canada)
- Daratt, Mahamat-Saleh Haroun (France/ Tchad/ Belgique/Autriche
- Grbavica, Jasmila Zbanic (Autriche/ Bosnie/ Allemagne/ Croatie)
- Rechercher Victor Pellerin, Sophie Deraspe (Québec/ Canada)
- Sept ans, Jean-Pascal Hattu (France)

Panorama international
- Les Amitiés maléfiques, Emmanuel Bourdieu (France)
- Angry Monk : Reflection on Tibet, Luc Schaedler (Suisse)
- Bosta, Philippe Aractingi (Liban)
- Comme des voleurs, Lionel Baier (Suisse)
- Dans la peau de Jacques Chirac, Karl Zéro, Michel Royer (France)
- L’Enfant d’une autre, Virginie Wagon (France)
- Notes on Marie Menken, Martina Kudlacek (Autriche)
- On Air, Christophe Joly (France)
- Rwanda : à travers nous, l’humanité…, Marie-France Collard (Belgique)
- Technocalyps, Frank Theys (Belgique)
- La Tourneuse de pages, Denis Dercourt (France)

A noter également, un Focus Canada/ Quebec, une compétition courts métrages, des rétrospectives...

Plus d'infos sur www.nouveaucinema.ca


• > Festival de Films sur les Droits de la Personne de Montréal: appel à candidatures

S’inscrivant dans la continuité des programmes cinématographiques présentés depuis 7 ans dans le cadre de la Semaine d’actions contre le racisme, la deuxième édition du Festival de Films sur les Droits de la Personne de Montréal (FFDPM) aura lieu du 22 au 25 mars 2007.

Le festival vous invite à soumettre vos courts et longs métrages d’animation, de fiction ou documentaire abordant des thèmes touchant aux droits de la personne comme l’exclusion, le racisme, l’esclavage, l’intolérance, la
violence, l’éducation, l’environnement, la pauvreté, les droits civils, les droits de la femme ou de l’enfant…

La date limite d’inscription des films pour l’édition 2007 est fixée au 20 novembre 2006.

www.ffdpm.com




Asie   
  • > Festival International des Cinémas d'Asie de Vesoul: appel à candidatures

Appel à candidatures pour la 13ème édition du Festival International des Cinémas d'Asie de Vesoul
La 13ème édition du Festival International des Cinémas d'Asie de Vesoul aura lieu du 13 au 20 février 2007.

Le Festival a pour but de faire découvrir le cinéma asiatique et à travers lui les cultures du proche à l’extrême orient.Les films désirant être sélectionnés doivent avoir été réalisés par un asiatique, et/ou produits dans un pays du continent asiatique.

Peuvent concourir des films de fiction longs métrages ou documentaires.

Les réalisateurs ou producteurs peuvent inscrire leur film jusqu'au 30 novembre 2006.

Le règlement ainsi que le bulletin d'inscription sont sur le site officiel du festival :

www.cinemas-asie.com




Europe   
  • > CNC : 505,5 M€ pour le soutien 2007

Révélé la semaine dernière par le ministre de la Culture Renaud Donnedieu de Vabres, le budget 2007 du Centre National de la Cinématographie (CNC) s’élèvera à 548,2 millions d’euros (10,8 millions de plus qu’en 2005). Ces crédits incluent 505,5 millions d’euros (+2 %) de soutien aux industries cinématographique et audiovisuelle (un montant en progression de 57,6 M€ depuis 2002) qui sont couverts essentiellement par les 121 M€ de la taxe sur le prix des places de cinéma (à peu près 11% du prix du billet - chiffre en hausse de 7 % fondés sur des estimations de fréquentation 2006 des salles à 187 millions d’entrées), par les 349,5 M€ de la taxe sur les diffuseurs télévisuels (assise sur les recettes de la publicité, de la redevance, des abonnements, des SMS et du parrainage) et par les 34,2 M€ de la taxe sur les éditeurs vidéo (2% du prix public des ventes vidéo physiques et via Internet). Par ailleurs, le CNC disposera en 2007 de 42,7 M€ (+1,8 %) de crédits d’intervention et d’investissement au titre des actions menées par le ministère de la culture avec entre autres 24,3 en faveur du patrimoine cinématographique.

Le détail de la répartition 2007 ventile 256,8 M€ pour le programme "industries cinématographiques" (contre 224,5 M€ pour l’audiovisuel) dont 157 M€ iront au soutien automatique (72 millions aux producteurs, 19 aux distributeurs, 58 aux exploitants et 8 aux éditeurs vidéo) et 99,7 millions au soutien sélectif incluant l’avance sur recettes. A noter que le ministre de la culture a également profité de l’occasion pour souligner l’efficacité du crédit d’impôt qui a grandement favorisé depuis sa création en 2004 pour le cinéma (et en 2005 pour la production télévisuelle) à relocaliser les tournages sur le territoire national, soit 72 % des 1390 semaines de tournage estimées pour 2006 du côté du 7ème art français et 92 % des 9500 jours de tournage de la production TV. Satisfecit aussi sur le plan des conventions "1 euro du CNC pour 2 euros de la collectivité" créées en 2004 en faveur de la production cinématographique (puis étendu à l’audiovisuel et aux courts métrages) qui concernent désormais32 collectivités territoriales dont 24 des 26 Régions françaises et qui représentent 67,6 millions d’euros en 2006 avec notamment 23,4 M€ pour les longs métrages cinématographiques et 6 M€ pour la production de court métrage.

www.cnc.fr

Source: www.cineuropa.org


• > Disparition de Michel Mavros

Michel Mavros nous a quitté. Producteur, gérant du Métissacana, un lieu culturel qu'il avait fondé à Dakar avec son épouse Oumou Sy, styliste et costumière sénégalaise de renom international, il s'apprêtait à diriger à Bamako la production du premier opéra africain, L'Opéra du Sahel, co-produit par la fondation hollandaise Prince Claus et la République du Mali sous la direction de son ministre de la culture Cheick Oumar Sissoko.

L'équipe de www.cinemasfrancophones.org adresse ses plus sincères condoléances à sa famille.

Que la terre lui soit légère...


• > Jacques Toubon réélu Président d'Eurimages

Jacques Toubon, qui vient d'être reconduit pour un troisième mandat comme Président du Fonds Eurimages du Conseil de l'Europe, a remercié les membres délégués du Comité de direction de leur confiance renouvelée. Il les a encouragés à agir dans chacun de leurs pays pour que la diversité culturelle soit préservée et que les droits des créateurs et des acteurs soient pleinement reconnus. Il a, en particulier, demandé aux 32 délégués d'Eurimages d'exercer leur influence auprès de leurs gouvernements et des parlementaires pour que la proposition de révision de la directive " Télévision Sans Frontières " soit soutenue dans leurs pays.

www.coe.int/eurimages


• > 10 films par an, objectif 2008 en Slovaquie

10 films par an, c'est l'objectif du Ministre de la culture
Marek Madaric s'apprête à conquérir un territoire où jusqu'ici aucun Slovaque ne s'était aventuré. Le nouveau ministre de la Culture a fait savoir que le nouvel objectif à atteindre en terme de productions cinématographiques est de réaliser 10 titres par an dès 2008.

Dans d'autres pays d'Europe de la taille de la Slovaquie, ce genre de déclaration ressemble plus à une blague mais en Europe Centrale, ce propos est tout à fait sérieux. Depuis 2000, la moyenne est plutôt de six films par an, avec plus ou moins deux films entièrement produits par des fonds slovaques. En 2006, il n'y a pas eu une seule production slovaque entièrement produite nationalement.

"Il est très important que le gouvernement, les producteurs et les télévisions aient une approche commune si l'on veut remettre le cinéma slovaque sur les rails" expliquait Madaric à la presse. Son ministère est actuellement en train de mettre au point une nouvelle loi concernant les subventions culturelles visant à faciliter les aides à la réalisation, et son but principal est de remettre la télévision publique (SVT) "en selle sur les coproductions."

STV a longtemps été l'un des principaux partenaires du cinéma mais n'est plus vraiment entré en coproduction sur un projet depuis 2003. Madaric, ancien président de la chaîne et dramaturge, aurait persuadé la télévision publique de dégager un peu moins d'un million d'euros pour soutenir quatre films dans les prochains mois. Et plus serait à l'horizon pour l'an prochain.

Les producteurs slovaques y voient un développement encourageant : " L'aide de STV est essentielle car elle nous permet aussi de souscrire aux subventions européennes", explique Patrik Pass, président de l'association des producteurs de l'audiovisuel slovaque (SAPA). “Si nous n'arrivons pas à renouveler tout cela, nous allons rester à la traîne de l'Europe [en terme d'investissements cinématographiques]".

Source: Sakis Kontos pour www.cineuropa.org


• > www.cinergie.be lance la troisième édition de son Concours de Jeunes Critiques

Surréaliste et répétitive, l’idée selon laquelle le cinéma belge a bonne réputation hors de ses frontières mais demeure simultanément méconnu sur son propre territoire ? Ce constat n’épargne pas le spectateur de demain : celui-ci dédaigne les productions belges d’hier et d’aujourd’hui quand celles-ci sont récompensées dans des festivals internationaux et exigeants. Pour tenter de réconcilier nos boudeurs juvéniles avec la cinématographie nationale, Cinergie leur propose depuis deux ans, à travers un concours, une épreuve particulière, à savoir la critique d’un film imposé, avec à la clé un séjour à Cannes. Après La Femme de Gilles de Frédéric Fonteyne et L’Enfant de Luc et Jean-Pierre Dardenne, le film sélectionné cette année est Ça rend heureux de Joachim Lafosse (sortie Belgique: le 27 septembre 2006).

Pour imaginer un rapprochement entre le jeune public et l’autre cinéma, celui qui évoque le singulier, le rêve, l’artisanal, le questionnement de soi, nous avons initié il y a deux ans le « Prix des jeunes critiques » à travers lequel nous demandions aux 17-23 ans leur appréciation, par écrit, d´un film belge. A quelle fin ? Confronter des spectateurs à des réalisations qui peuvent aussi leur parler en provoquant des interrogations, des émotions et des réactions. L’idée a également séduit ceux qui nous ont rejoint : le Commissariat général aux Relations internationales (CGRI), La Libre Belgique et la Communauté française de Belgique. Pas de concours sans cadeaux : pour susciter les participations tout en espérant provoquer un déclic et un début de cinéphilie, le Prix est doté de livres, de DVD, d’une publication du texte gagnant (sur Cinergie et dans La Libre Belgique) et surtout d’un pass pour séjourner cinq jours à Cannes et à son festival !

En 2004, nous avons choisi La Femme de Gilles pour sa beauté et ses silences mais aussi pour l'attention que porte Frédéric Fonteyne à l’éducation au cinéma. Le concours a recueilli 70 critiques en lice. Vu la nouveauté et la difficulté de l’opération, ce chiffre nous a surpris : il restait donc des jeunes cinéphiles en Belgique !

Le succès de cette édition nous a motivé à la reconduire l’année suivante. Actualité oblige, c’est L’Enfant qui, cette fois, a été retenu. Certes, la Palme d’or a marqué les esprits mais quand on est jeune, il est difficile de ne pas avoir d’opinion face à un film surtout quand dans celui-ci, des « pas très vieux » se déresponsabilisent sur fond d’insouciance et de chômage. Même concept, mêmes prix : cette fois, 150 critiques en herbe ont souhaité s’exprimer à propos du film des Dardenne.

Cette année, le concours s’intéresse pour ses qualités cinéphiliques, existentielles et humoristiques à Ça rend heureux de Joachim Lafosse. Les questionnements d’un artiste face à la création, à sa vie privée et à une société où la seule référence est professionnelle nous semblent suffisamment pertinents pour recueillir les points de vues éclairés du jeune public.

Sortie nationale de Ça rend heureux : le 27 septembre 2006. Clôture du concours : le 30 novembre 2006.

Toutes les infos pratiques sur : http://www.cinergie.be/concours.php


• > World Cinema Fund, Berlin: session octobre 2006

Lors de sa dernière session de sélection, le World Cinema Fund du Festival de Berlin a choisi de soutenir la production de 5 films du Sud.

Les films sélectionnés sont Süt de Semih Kaplanoglu (Turquie), The Light de Aktan Arym Kubat (Kyrgyzstan), Liverpool de Lisandro Alonso (Argentine) et Silent Light de Carlos Reygadas (Mexique).

Le seul projet francophone soutenu est L’Aquarium de Yousry Nasrallah (Egypte), produit par MISR INTERNATIONAL FILMS. Le film recevra la somme de 100.000€.
Synopsis:
Le Caire aujourd'hui. Sous la forme d'une histoire contemporaine, le réalisateur illustre la vie quotidienne d'une ville, un panorama social de l'Egypte d'aujourd'hui: le rôle des musulmans fondamentalistes, les peurs de la minorité chrétienne, les amours adolescentes, le SIDA, la restauration de l'hymen des jeunes filles, et donc de leur virginité dans les cliniques pratiquant également l'avortement...

http://www.berlinale.de/en/das_festival/ ...


• > 4 nouvelles coproductions d'ARTE France Cinéma

Le comité de sélection d'ARTE France Cinéma réuni le 10 octobre 2006 a retenu quatre projets de films :

- la Possibilité d'une île, de Michel Houellebecq (Mandarin Cinéma)
Premier long métrage de l'auteur dont le tournage aura lieu en avril 2007 à Lanzarote.

- Huacho, d'Alejandro Fernandez (Charivari Films).
Le premier film du réalisateur chilien ; une chronique villageoise dont le tournage aura lieu en avril/mai 2007 dans le sud du Chili avec des comédiens non-professionnels.

- Ulzhan, de Volker Schlöndorff (Fly Times Pictures)
Philippe Torreton (Charles), français solitaire, entreprend un long périple à travers les steppes de la Mongolie, à la frontière du Kazakhstan.

- Katyn, d'Andrzej Wajda (Les Films du Losange)
Le réalisateur revient sur un épisode tabou de l'histoire contemporaine de la Pologne : le massacre de Katyn (15 à 20.000 officiers Polonais tués en 1939 durant l'occupation allemande) et la façon dont il a marqué à jamais la conscience collective polonaise. Le tournage commencera dès le 17 octobre 2006.

http://www.artepro.com/statique/RacinePr ...


• > Eurimages soutient 14 coproductions européennes

Lors de sa 102ème réunion, du 8 au 10 octobre à Strasbourg, le Comité de direction du Fonds Eurimages du Conseil de l'Europe a accordé une aide à la coproduction à 14 longs métrages pour un montant total de 4.410.000€.

Les coproductions francophones sélectionnées sont :
- L'Aube du monde, Abbas Fahdel, France/Allemagne
- Back to Africa, Othmar Schmiderer, Documentaire, Autriche/ Allemagne
- Ein Fall für Freunde... wie alles begann, Tony Loeser & Jesper Moller, Animation pour enfants, Allemagne/ France/ Italie
- Jemin - Ili Tesko Je Biti Fin, Srdjan Vuletic, Bosnie-Herzégovine/ Allemagne/ Serbie/ Slovénie/ Royaume-Uni
- Listicky, Mira Fornayova, République Tchèque/ Irlande/ Slovaquie
- Oko, Milos J. Kohout, République tchèque/ Slovaquie
- The Oxford Murders, Alex de la Iglesia, Espagne/ France/ Royaume-Uni
- Post mortem, Andrzej Wajda, Pologne/ France
- Les sapins bleus, Romuald Beugnon, France/ Belgique
- Le Valli della paura, Mihàly Gyoerik, Suisse/ Hongrie/ Italie
- Yumurta, Semih Kaplanoglu, Turquie/ Grèce

www.coe.int/Eurimages


• > Entretien avec Joachim Lafosse, sur www.cineuropa.org

Alors que Nue Propriété, sélectionné en compétition officielle lors du dernier Festival de Venise, a suscité l'enthousiasme de la presse il y a quelques jours, Ca rend heureux, deuxième film de l'année du jeune réalisateur belge Joachim Lafosse (Prix du public au Festival du Film Européen de Bruxelles et sélectionné en compétition officielle au Festival de Locarno), sort la semaine prochaine en Belgique. Jean-Michel Vlaeminckx l'a rencontré pour Cineuropa et Cinergie.

"De Joachim Lafosse, on vous en parle depuis Tribu, son premier film. Plus longuement de Folie Privée qui fut l’un de nos coup de cœur, et lors de la fabrication de Ça rend heureux. Le film fini, nous sommes aperçus qu'il louchait du coté de la comédie plutôt que la tragédie. On a beaucoup ri et on est ravi.

Cinergie: Il y a un désir de faire ce film, un plaisir à partager une aventure commune qui se transmet au spectateur.

Joachim Lafosse : Tous les gens qui sont dans le film sont des gens dont j’avais envie de faire une photo. Pour pouvoir le regarder dans vingt ans et pouvoir se dire on a fait ce film ensemble. Il y a Eric Van Zuylen, Catherine Salée, Kris Cuppens avec qui j’ai fait Folie Privée... Parmi tous les gens qui ont participé au film, il existait un rapport au travail et au plaisir que j’ai trouvé stimulant et agréable.

Il y a une mise en abyme d’un réalisateur qui est joué par un comédien qui lui-même est censé diriger des acteurs, d’où les malentendus et, dans la répétition, de la veine comique du film.

J’espère que cela passe dans le film, on a beaucoup rit en travaillant. Je ne me suis jamais autant amusé sur un plateau. Et dans le film, il y a tout le temps du tiers, toujours quelqu’un pour rire de quelqu’un d’autre. Le rire arrive lorsqu’on se découvre étranger à soi-même. Tout à coup, je dis une énormité devant tout le monde et on se met à rire. L’un des moteurs de l’écriture et de la réalisation du film est aussi du au fait que le tournage de Folie Privée m’a un peu traumatisé. Sachant que Nue-Propriété allait se tourner, ayant peur de répéter ce que j’avais vécu sur Folie Privée, j’ai voulu dédramatiser ce qu’était un plateau. Parce que c’est un endroit dangereux où il existe de rapports de force. Le pouvoir existe de manière terrible. On est peu de choses lorsqu’on est cinéaste, c’est cela aussi que je voulais dire avec le film. Notamment lorsqu'à la fin Fabrizio dit "Sans vous, il n’y aurait pas de films." C’est un art de fou, le cinéma ! Une somme d’artistes qui décident de faire un film et quand quinze personnes décident de faire des choses ensemble, il y a vite des désaccords.

Cinergie: Mais finalement n'est-ce pas aussi un film sur un cinéaste qui fait un film mais sur des gens en situation précaire qui essaient d’entreprendre quelque chose en commun?

Joachim Lafosse: Oui, là, on touche au au cœur du film. C'est ce qu’on voulait montrer depuis le début – c’est un peu la chance des artistes –, qu'il faut en passer par le chômage qui est un très bon employeur. Mais ce passage amène à se demander : "Qu’est-ce que cela signifie être chômeur ?" Je voyais autour de moi, dans les files de pointage, des gens qui souffrent de n’être que des chômeurs. Or cela n’existe pas. On n’est pas qu’un chômeur. Le cœur du film c’est cela : montrer autre chose que ce qu’on dit de nous. Un cinéaste au chômage peut devenir quelqu’un qui tourne malgré tout, un type qui a perdu son boulot chez Volkswagen peut finir par devenir autre chose que cela, une fille qui n’est pas comédienne peut devenir une actrice.

Cinergie: Le film interroge aussi la relation masculin-féminin ?

Joachim Lafosse: Tout à fait. Ce n’est pas ce que j’ai fait le plus consciemment, je m’en suis rendu compte à la fin du montage. On peut se demander s’il a raison d’aimer cette femme comme une icône. Et si cela peut l’amener à la cinématographie cela ne peut pas le mener à l’amour. Une femme c’est autre chose qu’une image et Fabrizio ne l’a pas encore compris...

Cinergie: Stylistiquement tu utilises deux registres : l’un est contemplatif et l’autre utilise une gestuelle plus hystérique qui n’est pas sans évoquer Faces de John Cassavetes.

Joachim Lafosse: C’est une de mes références. C’est un rêve que de travailler dans les conditions d'un groupe humain vivant un film comme l'a fait Cassavetes. Souvent je pensais à lui. Il y a une telle jubilation dans cette approche du cinéma. On y va, on ne réfléchit pas. Des histoires sur Ça rend heureux on peut en raconter pendant des heures. On s’est retrouvés avec des scènes où l'on devait avoir une flopée de figurants pour la séquence de boites de nuit. On n’en avait pas assez. Pour nous dépanner, on nous a envoyés des gens qui ne ressemblaient pas du tout aux gens branchés qui fréquentent ces boites. On a donc du simuler une grande foule quand on était vingt dans la salle. Quand tu dois finir la scène à la fin de la journée tu ne réfléchis plus tu y vas. Tout à coup il y a quelque chose qui prend. Le cinéma c’est l’art de la contrainte et cela aide... la contrainte. C’est troublant parce que je viens de tourner Nue Propriété, un film en pellicule avec des acteurs connus et de l’argent mais pour rien au monde je ne pourrai oublier Ça rend heureux. Et, j’ai envie aussi de rester de ce coté-là du cinéma. On a longtemps cherché le titre et puis, je me suis rendu compte que c’était un film qui m’avait rendu heureux, qui m’avait décoincé qui m’a fait comprendre que le désir était complexe mais vivable. Qu’on pouvait cesser de vouloir contrôler les choses. Il y a des ruptures inévitables mais il faut vivre.

http://www.cineuropa.org/ffocusinterview ...

A lire également, l'entretien avec Fabrizio Rongione, l'acteur principal du film: http://www.cineuropa.org/ffocusinterview ...


• > Bourse d'aide au développement du Festival de Cinéma Méditerranéen de Montpelliere: projets sélectionnés

La bourse d'aide au développement du Festival de Cinéma Méditerranéen de Montpellier se tiendra les 2 et 3 novembre 2006.

Voici les 16 projets sélectionnés:
- Andalusia de Ahmed Atef, réalisateur et producteur (Egypte)
- Brahim, raconte-Moi ton histoire de Chadi Zeneddine, réalisateur (Liban)
- Le Désert des illusions (France)
- Deux chemins de Serkan Turhan, réalisateur, membre de ADA Film Collectif (Turquie/France)
- Le Fil de Mehdi Ben Attia, réalisateur (Tunisie/France)
- L’Habitat de Hagob Der Ghougassian, réalisateur (Liban)
- Les Inoubliables de Matan Guggenheim, réalisateur (Israël)
- Le Jour où l’Amérique déclencha la guerre de Grégory Valens, réalisateur (France)
- Nejma, fille de harkisde Dominique Cabrera, réalisatrice et productrice (France)
- Les Principes de Marian Velicanu de Radu Jude, réalisateur (Roumanie)
- (Re)voir la guerre, de Levon Minasian, réalisateur et Gorune Aprikian, producteur (France)
- Le Désert des illusions, de Didier Fontan, réalisateur et producteur (France)
- Vayehi Boker, de Tawfik Abu Wael, réalisateur et Sahbi Aloui, producteur (Israël/France)
- Vienne la pluie, de Bahij Hojeij, réalisateur (Liban)
- Les Sauvés, de Srdjan Sarenac, réalisateur (Serbie)
- Terchiche, de Mounir Baaziz, réalisateur (Tunisie)
- Tu es mon cœur, tu es mon âme, de Svetlana Novak, productrice, et Çagla Zencirci, réalisatrice (Turquie/France)

Le jury est composé de: Fabienne Aguado (responsable du Département cinéma du Moulin d’Andé) ; Monique Carcaud-Macaire (maître de conférence en cinéma et audiovisuel, Université Paul-Valéry Montpellier) ; Nadège Hasson (productrice, Dominant 7), Dominique Welinski (Pierre Grise Distribution); Richard Djoudi (producteur, Kinok Films), Alexandre Mallet-Guy (producteur, distributeur, Memento Films).

http://www.cinemed.tm.fr/cgi-bin/new.pl? ...


• > Rencontres CNC - SACD

Le CNC et la SACD proposent aux auteurs et aux jeunes professionnels de l'audiovisuel, du cinéma et du multimédia un cycle de cinq rencontres sur l'année 2006/2007.
L'objectif de ces rencontres est d'apporter un éclairage sur les dispositifs de soutien aux auteurs dans le processus de création et de production.
A chaque séance et sous l'angle d'une thématique choisie, deux ou trois auteurs présentent leur parcours. Chaque témoignage est accompagné de l'intervention de professionnels : producteurs, responsables de structures ou de fonds d'aide qui ont permis aux auteurs de mener à bien leur projet.
Les Rencontres sont organisées alternativement au CNC ou à la SACD et feront l'objet de comptes-rendus diffusés sur le site internet des deux organismes.

Le passage au premier long métrage, mardi 24/10/06, 14h, CNC

Comment faire son 1er long métrage en sortant d'une école de cinéma, après avoir écrit ou réalisé des courts métrages, en ayant bénéficié d'une aide ou d'un prix ?

Ecrire pour la télévision : les nouvelles écritures pour la fiction ?, lundi 11/12/06, 14h, SACD

Témoignages d'auteurs ayant bénéficié d'une formation au CEEA, du fonds d'aide à l'innovation audiovisuelle ou ayant vécu une expérience professionnelle, et de producteurs de nouvelles séries.
Un état des lieux sur les tendances impulsées par les chaînes sera proposé en fin de séance.

Animation et Télévision : écrire pour quels publics ?, mercredi 07/0207, 14h, CNC

Un jeune auteur, un auteur confirmé, un producteur et un responsable d'une école spécialisée en animation feront part de leurs expériences.

La notion de dramaturgie dans les jeux vidéo : les spécificités de l'écriture, jeudi 05/04/07, 14h, CNC

Intervention d'un auteur sortant d'une école spécialisée et de son directeur qui évoqueront les métiers liés à ce secteur. Un auteur, un producteur et un agent artistique témoigneront de leur parcours personnel.

Les nouveaux formats / les nouveaux supports de diffusion: formats très courts, téléphonie mobile…, mardi 05/06/07, 14h, SACD

Producteurs et auteurs témoigneront des spécificités de ces nouvelles pratiques.

www.cnc.fr
www.sacd.f


• > Festival du Cinéma Méditerranéen de Montpellier: rencontres

A l'occasion de sa 28ème édition, le Festival du Cinéma Méditerranéen de Montpellier organisera plusieurs rencontres, dont sa traditionnelle bourse d'aide au développement, bien sûr, mais aussi:

Jeudi 2 novembre: Colloque Presse et festivals de cinéma

Quels rapports entre les médias et l’ensemble des festivals ? Tous les festivals sont-ils légitimes ? Tous défendent-ils vraiment les causes auxquelles ils se disent voués ? Et en contrepartie la presse doit-elle trier, peut-elle le faire, et selon quels critères ? Pour animer les débats, deux figures de la presse cinéma : Jean-Michel Frodon, directeur des Cahiers du cinéma et Serge Siritzki, rédacteur en chef fondateur de l’hebdomadaire professionnel Ecran total.

Jeudi 2 novembre: Colloque Filmer en région

Cette rencontre s’adresse aux producteurs régionaux et aussi à des producteurs parisiens qui tournent en région et à tous les acteurs de la filière cinéma en région. Présentation de l’association Languedoc-Roussillon Cinéma. Etat des lieux de la production et des tournages en région. Rôle de l’accueil de tournage. Vers une décentralisation des tournages ? Passerelles entre accueil de tournages et politique publique de l’audiovisuel et du cinéma.

Lundi 30 octobre: Journée du scénario

Autour d'une rencontre avec Jean-Claude Carrière et de la projection de deux films dont il est le scénariste :
Liza, de Marco Ferreri, et Cet obscur objet du désir, de Luis Buñuel.

Discussion animée par François Amy-de-la-Bretèque

www.cinemed.tm.f


• > Rencontres cinématographiques de Dijon: programme

Organisées par L'ARP, la Ville de Dijon et la Région Bourgogne, les Rencontres Cinématographiques de L'ARP ont pour finalité l'échange d'informations et la définition d'objectifs communs pour les Auteurs-Réalisateurs-Producteurs de l'ensemble des pays européens.

Cette manifestation, rendez-vous annuel des réalisateurs et professionnels du cinéma européen, est également un lieu de rencontre avec les plus éminents représentants de l'industrie cinématographique américaine.

Les prochaines Rencontres Cinématographiques de Dijon auront lieu du 26 au 29 octobre prochains et seront présidées par Costa Gavras.

Voici le programme:
Vendredi 27 octobre à 14h30
Impératifs économiques et liberté de création

Samedi 28 octobre à 10h00
Le développement de la vidéo à la demande en Europe, point d'ancrage d'un bouleversement des modes de diffusion du cinéma ?

Samedi 28 octobre à 14h30
Quelles règles dans la nouvelle économie du cinéma ?

Dimanche 29 octobre à 10h00
Quoi de neuf du côté de la technologie ?
Définir la haute définition

http://www.larp.fr/rubrique.php3?id_rubr ...


• > Inscriptions ouvertes au Berlinale Coproduction Market

Les candidatures sont ouvertes en vue de l'inscription aux 4ème Berlinale Coproduction Market qui se tiendra à Berlin du 11 au 13 février 2007, parallèlement au marché et au festival international du film de Berlin.

Les sociétés de production en quête de partenaires de coproduction peuvent soumettre leurs projets jusqu'au 2 novembre 2006. Les projets éligibles doivent avoir un budget compris entre 2 millions et 10 millions € dont au moins 30% du financement doit être en place.

Les producteurs des projets sélectionnés auront l'opportunité de rencontrer individuellement des coproducteurs potentiels, des fonds publics et privés, des distributeurs et des agents de vente. L'an dernier, plus de 1000 entretiens individuels de ce type ont eu lieu à la Chambre des Représentant, un immeuble situé en face du marché du film.

Tous les détails sur le site de la Berlinale
www.berlinale.de/en/filmmarkt/co- ...

Source: www.cfwb.be/mediadesk


• > Forum de coproduction avec l’Europe centrale et orientale

Dans le cadre du Festival de Gand, le MEDIA Desk Vlaanderen organise ce 18 octobre une rencontre de coproduction centrée sur les pays d’Europe centrale et orientale.

Grâce à la coopération des MEDIA Desks, des ambassades et des instituts du film de Pologne, de Hongrie et de Tchéquie, les professionnels intéressés pourront bénéficier d’un panorama de l’industrie de ces nouveaux pays membres de l’UE ainsi que des opportunités qui y sont offertes en matière de coproduction.

Pour participer, envoyez un mail à greet@mediadesk-vlaanderen.be, comportant vos noms et adresses ainsi que le nombre de personnes souhaitées. Copie à mediadesk.Belgique@cfwb.be

Source: www.cfwb.be/mediadesk


• > Un cinéma belge "transgenres", par Alain Lorfèvre pour La Libre Belgique

Alain Lorfèvre a rencontré Olivier Masset-Depasse qui présentait Cages en compétition au Festival du Film de Rome.

Il y a une chose dont le cinéma belge peut se réjouir : c'est de rester présent dans tous les grands festivals. Mieux : cette année 2006 aura vu de nouveaux noms prendre le chemin des premières internationales : après Martine Doyen et son Komma à Cannes, Joachim Lafosse et Nue propriété à Venise, c'est au tour d'Olivier Masset-Depasse d'arriver au tout nouveau festival de Rome avec Cages, son premier long métrage, projeté en compétition ce 17 octobre. "Un festival à neuf millions d'euros qui décide de miser sa compétition sur des premiers ou des deuxièmes films c'est quand même remarquable", constate, enthousiaste, ce D'Artagnan relooké par Tarantino. Prix du public au dernier festival de Namur - bon présage - Cages a été aussi très apprécié au festival de Toronto, fin septembre, au point que trois agents se disputent déjà ce jeune talent qu'on avait repéré chez nous avec les courts métrages Chambre froide et Dans l'ombre.

Action psychologique

S'il passe un peu du côté de la lumière dans Cages, dont les extérieurs, somptueux, ont été tournés sur la Côte d'Opale du côté du Cap Blanc-Nez pour suivre la lutte désespérée d'Eve (Anne Coesens), victime d'un bégaiement psychogène suite à un accident, pour sauver son couple avec Damien (Sagamore Stévenin). À partir de ce drame, Olivier Masset-Depasse livre un "film d'action psychologique" comme il le définit lui-même, parvenant à nous rendre tangibles les tréfonds de l'âme de ses protagonistes, personnages entiers et passionnés, comme lui.

"Chaque film est un questionnement sur moi-même, une maturation. Adolescent, je me ressentais comme un être hypersensible tombé dans la jungle. J'ai fait des trucs extrêmes sur un plan personnel mais j'ai fini par transformer l'excès en quelque chose de constructif. C'est pour ça que j'utilise souvent le handicap physique comme métaphore de l'âme des personnages." Si les thèmes sont similaires, le style varie, brasse les genres. "J'aime aller dans des registres différents. Un peu comme Kubrick, toute prétention mise à part. Mon prochain film sera de nouveau un mélange de genres, un polar sentimental. J'adore les films de genre, les séries B. En ce sens je suis proche de Fabrice du Welz (ndlr : Calvaire). Nous partageons cette idée que les films B vont plus loin que les autres. Ils osent plus, ils sont plus riches."

Lui aussi : le début de Cages, fulgurant, ne lâche pas Eve, le personnage d'Anne Coesens, son actrice fétiche. "C'est mon vrai alter ego féminin. On a développé pas mal de choses en commun. Il y a une complicité rare entre nous, comme avec mon chef opérateur, Tommaso Fiorilli. Anne, c'est quelqu'un que j'ai envie de filmer." Plus loin, le jeune réalisateur s'autorise avec le soutien inconditionnel de son producteur, un panoramique à l'hélicoptère. Puis nous enferme avec son couple dans un café qu'on croirait sorti d'un épisode de Twin Peaks de David Leach. Filme encore les corps avec une sensualité sans égale dans le cinéma belge.

Influences "plic-ploc"

"Mes influences sont un peu plic-ploc. Côté esthétique, j'ai été marqué au début par l'expressionnisme allemand : Lang, Murnau, puis Bergman pour la profondeur des personnages. Pour la sensorialité, je citerai Wong Kar-Wai ou David Lynch. Et j'aime bien le baroque d'un Kusturica ou d'un Gilliam. Mais je ne peux pas non plus nier l'influence de la BD. C'est de là que je viens. Il y a aussi des influences picturales, comme Bacon, Ensor, Bosch. Bacon, c'est un vrai sensoriel. C'est mon obsession."

Malgré quelques petites failles d'écriture, Cages éblouit précisément par sa maîtrise, sa technique au service d'une vision très personnelle. Le fruit d'un travail d'équipe au sein d'une famille construite au fil des courts-métrages. "Avec mon producteur Jacques-Henri Bronckart, on a une unité de pensée et d'âme sur la façon de faire un film. Il me pousse dans des extrêmes, dans mes lubies. Ma phrase, c'est : "va là où tu as peur". S'il sent que je dois aller plus loin, il me pousse dans cette direction. J'ai la chance d'être entouré de personnes avec qui je travaille depuis dix ans maintenant. Le processus devient naturel entre nous. Ce sont des amis mais que je considère d'abord tous, individuellement, comme des génies. Sans eux, le film serait faible. Je suis peut-être le metteur en scène, mais ce sont eux qui transforment l'essai." On saura samedi si le jury romain, présidé par Ettore Scola, sera séduit.

http://www.lalibre.be/article.phtml?id=5 ...


• > "Nos cinéastes sont-ils heureux?", enquête sur le cinéma belge sur www.cinergie.be

Olivier Lecomte a rencontré 6 cinéastes belges qui comptent pour les interroger sur la façon dont ils ressentent leur métier aujourd'hui en Belgique. Extraits:

"Dans les festivals étrangers, nos cinéastes francophones ont la cote. On vante l’originalité et l’audace de leurs films. Mais le public belge reste frileux devant leur côté inclassable. Et le marché appelle de plus en plus au formatage. Alors, heureux, nos cinéastes ?

Ils tournent à tout prix. Avec ou sans budget. Avec ou sans vedettes. A la fois sprinters et coureurs de fond, ils savent travailler dans l’urgence ou garder l’élan pendant les longues années nécessaires au montage financier de leurs films. Ils ont un point commun : prôner un cinéma personnel où se bousculent les genres, la réalité et la fiction. Ils s’interrogent aussi sur leur métier, ses joies et ses peines, et sur l’avenir du cinéma, comme en témoigne la publication du Manifeste du cinéaste de Frédéric Sojcher aux éditions du Rocher qui questionne les enjeux actuels de cette profession si particulière et, quoi qu’on en dise, mal connue. Nous avons rassemblé, autour de l’auteur du Manifeste et de Vincent Lannoo, l’actuel président de l’ARRF, les auteurs de plusieurs films belges actuellement en salles ou attendus dans les prochains mois : Alain Berliner, Joachim Lafosse, Guillaume Malandrin, Pierre-Paul Renders. Quels obstacles rencontrent-ils dans leur parcours du combattant ? Comment résistent-ils à la tyrannie du prime time ? Leur passion à concrétiser leurs rêves sera-t-elle contagieuse ?

- « La clé de la réussite pour un cinéaste, sa qualité première, c’est son opiniâtreté, son endurance… » affirme Sojcher…

Alain Berliner : Il faut un psychisme en béton armé ! Quand on débute, on ne se rend pas compte que la vie d’un cinéaste est faite autant de vides que de pleins. Au bout du compte, les films qui voient le jour ne représentent que le sommet de l’iceberg. Un cinéaste doit avoir plusieurs casseroles sur le feu et profiter de chaque période de transition pour faire avancer tel ou tel projet.

Frédéric Sojcher : Un cinéaste doit être capable de mettre la bonne énergie au bon moment. On peut avoir un projet qui dort dans un tiroir mais, si une opportunité se présente, on le réveille en fanfare.

(...)

- Comment vivez-vous l’étape du tournage ?

Guillaume Malandrin : On se bat pendant cinq ans pour arriver sur un tournage. Donc, c’est forcément le plaisir, malgré les angoisses, les doutes, la pression du temps et les frustrations : on rêve d’un plan magnifique mais c’est impossible parce que le soleil se couche et qu’on doit changer le décor le lendemain demain. Mais parfois, on a du bol. Pour Ca m’est égal si demain n’arrive pas, on peut penser que le plan où le père et le fils marchent sur la crête de la colline alors que le bouillard se lève peu à peu dans la vallée a nécessité de longues heures de patience. En fait, on l’a bouclé en vingt minutes. On avait fait les repérages et le jour j, les conditions météorologiques se sont révélées idéales. Sur un tournage, on attrape beaucoup de choses au vol. Pour Où est la main de l’homme sans tête, le scénario a été réécrit plusieurs fois, mais je ne veux pas que le tournage soit une simple photocopie. Il faut recréer l’aventure du récit sur le plateau.

Joachim Lafosse : Un tournage peut aussi être un cauchemar… agréable. C’est sur le long terme que ça prend son sens, pour l’incroyable aventure collective que cela représente. Rassembler autant d’énergies humaines, tous ces désirs qui s’opposent. En principe, ça ne peut pas marcher. C’est un truc de dingue. Et pourtant les gens sont prêts à recommencer à chaque fois cette utopie. Parce que faire un film Ca rend heureux.

Pierre-Paul Renders : Mon carburant, c’est le pacte de confiance qu’on essaie d’établir sur un tournage. Cela dit, le réalisateur n’aura jamais la même insouciance que l’équipe. C’est « son » film, il en a la responsabilité totale. Le réalisateur est comme un hôte après une soirée réussie : il est content mais exténué parce qu’il a veillé à ce que tout le monde ait à boire et à manger en suffisance.

- Cela change-t-il la donne de faire appel à une vedette comme Isabelle Huppert (Nue propriété) ou Cécile De France (Où est la main de l’homme sans tête) ?

Guillaume Malandrin : Pour Où est la main…, j’avais choisi Cécile De France à la fin de l’écriture du scénario. Elle venait de finir L’auberge espagnole. Après, sa carrière a décollé, elle est devenue de plus en plus bankable, tout en restant à fond partante pour mon film. Mais ça n’a pas changé grand-chose pour le financement. Le budget est resté modeste : 1,2 millions. Une vedette ne suffit pas nécessairement pour rendre le film plus attractif aux yeux des financiers. Nous avons reçu le soutien de la RTBF mais on a aussi démarché auprès des télévisions françaises, sans résultat. Elles n’étaient pas intéressées, malgré la présence de Cécile. Quand elle fait des comédies, les chaînes sont partantes mais quand il s’agit d’un drame psychanalytique, ça les laisse de glace.

Joachim Lafosse : Le choix d’Isabelle Huppert pour Nue propriété, je n’avais même pas osé l’exprimer. Au départ, le film a été financé sans elle. J’avais deux films derrière moi et le scénario de Nue propriété a été écrit avant ces films qui, en gros, coûtaient 100.000 euros. Ca faisait plus de six ans que j’essayais de monter Nue propriété. On n’avait que l’aide de la Communauté française et de la RTBF, soit 420.000 euros. J’ai dit au producteur : on fait avec, on y va. A six semaines du tournage, Huppert entre en jeu et accepte de travailler largement en-dessous de son salaire habituel. En trois semaines, on a plus que doublé le budget. Tout d’un coup, on a eu Canal+, Cinécinéma, Wallimage, plus le tax shelter… C’est dans le rapport à la star, qu’on se rend compte qu’il existe un marché. Tout change. Mais le scénario, lui, n’a pas changé !


- Comment parvenez-vous à faire concorder vos choix artistiques avec le budget dont vous disposez ?

Alain Berliner : Il faut savoir préserver l’essentiel, ne pas compromettre l’intégrité artistique du film. Couper dans les dépenses est possible pour certains types de films, pas pour d’autres. Parfois, le compromis de production ne se voit pas, on trouve une idée brillante qui permet de faire des économies. Le premier devis de J’aurais voulu être un danseur était 50% plus cher que le budget final. J’ai revu mes ambitions à la baisse mais en gardant à l’esprit qu’on ne peut pas descendre en dessous d’un certain budget quand on fait une comédie musicale, avec des chorégraphies, etc. J’ai cherché à trouver un équilibre entre les exigences du genre et l’argent dont je disposais. Je parle d’une famille où les hommes veulent devenir danseurs. On y voit des scènes très quotidiennes d’entraînement mais d’autres où les personnages se rêvent danseurs. Pour ces envolées dans l’imaginaire, le style est nettement plus « hollywoodien », donc plus cher.

(...)

- Parlons boutique : l’introduction du tax shelter a-t-elle permis d’accélérer le montage financier des films ?

Alain Berliner : L’intérêt du tax shelter est de se baser uniquement sur des arguments économiques. La question du contenu du film n’intervient pas. On ne subit donc aucune pression. Pour J’aurais voulu…, le tax shelter s’est avéré une aide appréciable, vu le coût relativement élevé du film : 5,5 millions. Comme on a bénéficié du tax shelter belge, anglais et luxembourgeois, cela représente un casse-tête chinois pour mon producteur ! Mais l’effet positif est là, indéniablement.

- Quelles pressions subissez-vous de la part des coproducteurs télé ? Est-il vrai, comme l’affirme Le Manifeste, que la télé « ne roule que pour elle-même » ?

Pierre-Paul Renders : Je suis d’accord et j’ajouterai : en plus, elle roule mal. La télé ne se rend pas compte qu’il y a un vrai potentiel avec le caractère atypique de nos films. Et puis, il y a certains blocages. Je sais que la RTBF avait tiqué devant le titre Une liaison pornographique de Frédéric Fonteyne. Ils voulaient le changer en Une liaison p…

Frédéric Sojcher : La logique télévisuelle n’est pas la même que la logique cinématographique. Parfois les deux logiques peuvent se rencontrer. Mais il existe aussi des films qui sont indiffusables et infinançables par une chaîne généraliste, alors qu’ils peuvent connaître une belle carrière en salles. La télé reste le domaine du consensuel, surtout en prime time. Certains films, par contre, veulent perturber le spectateur, le bousculer, lui faire partager une expérience-limite… De manière plus globale, la télé devrait mieux assurer la défense de notre cinéma. Dans la plupart des pays du monde, des films nationaux passent à une heure de grande écoute sur la première chaîne. Côté francophone, quand on propose aux responsables télé de mettre une fois par mois un film belge en prime time, on vous prend pour un extraterrestre. Il faut aussi faire la distinction entre la critique et le journalisme. Un critique doit rester totalement libre de son jugement. Mais pour les chaînes de télé publiques, il y a un devoir de journalisme. Puisque le cinéma belge existe, il faut le relayer dans des émissions informatives. Les flamands font ça naturellement, y compris dans des émissions de divertissement où, en prime time, des acteurs et des réalisateurs sont invités. Quand leurs films sortent en salles, le public, qui a déjà fait connaissance avec eux, a sa curiosité aiguisée.

Joachim Lafosse : Le danger est alors que les gens ne vont plus voir les films pour eux-mêmes mais pour le côté vaguement people des cinéastes. On pactise alors avec ce qu’on dénonce.

Vincent Lannoo : L’ARRF, en partenariat avec la Fédération des auteurs, négocie constamment avec la RTBF pour augmenter la part allouée à la création. L’enveloppe représente un peu moins de 1% du budget alors que chez France 2 ou France 3, c’est 19%. On voudrait dans un premier temps arriver à 2,5 %, puis à 7%. Ca fait deux ans qu’on se bat là-dessus. Si on n’aboutit pas, on pourra dire qu’on a une télé commerciale d’état… qui doit alors être financée par le privé !

Alain Berliner : Par rapport à l’époque de Ma vie en rose, les négociations avec les chaînes de télé se sont durcies. Dans les années 90, on discutait uniquement, chez Canal + ou TF1, avec les gens chargés de la coproduction ou du préachat. Après, ils faisaient part de leur décision à la programmation. Aujourd’hui, cette dernière a beaucoup plus son mot à dire. Vu la part grandissante prise par les télés dans le financement des films, un réalisateur de cinéma doit penser d’emblée à faire aussi une œuvre de télévision bonne pour le prime time. Pour les comédies, les polars, etc., ça ne pose pas problème. Pour les films singuliers, c’est une autre paire de manches ! Ils ne rentrent pas à priori dans la case choisie par les programmateurs. Aujourd’hui, on a le choix entre faire du film d’auteur pur et dur à très petit budget ou du cinéma grand public avec des stars. Si on tombe entre les deux, ça devient compliqué. D’autant plus que le nombre de films proposés aux chaînes est en constante augmentation. Elles peuvent faire leur marché tranquillement parmi la manne de projets qui leur sont soumis. Elles ont le choix et elles vous le disent très clairement. J’en ai eu la preuve avec J’aurais voulu être un danseur qui est à la fois un drame et une comédie musicale. En France, il y a eu des réticences du côté des programmateurs télé. Le film semblait hors-cadre, hors-case. Je pensais que le mélange apportait une richesse et cela s’est révélé être plutôt un handicap.

(...)

- Le « no budget film », qui s’est généralisé ces dernières années (Folie Privée, Ordinary Man, Parabola…), est-il une réponse viable face aux carences du système traditionnel de production ?

Vincent Lannoo : J’ai lancé la « vague » du no budget film avec Strass. Je ne défend pas ce genre de cinéma précaire mais, à certains moments, on ne peut plus rester inactif, il faut « filmer à tout prix ». Des copains cinéastes parlaient de faire des films sans argent. Je me suis : OK, j’y vais ! Mais on ne savait pas si on parviendrait au bout du tunnel, si le film allait réellement prendre forme. Par contre, pour Ordinary Man, c’était beaucoup plus prémédité. Je me suis lancé avec une vraie conception de ce que pouvait représenter un tournage sans argent. Disons-le tout net : je me suis planté dans mes attentes. Il y avait moins l’envie d’apprendre, plus l’envie de faire un coup.

- La reconnaissance festivalière est-elle devenue indispensable pour un cinéaste belge ?

Frédéric Sojcher : La plupart des cinéastes belges ont été découverts ou ont pu rebondir grâce aux festivals étrangers. C’est hallucinant de voir le nombre de réalisateurs de la communauté française sélectionnés dans des festivals renommés : Montréal, Angers, Venise, Cannes…. Cette situation est assez unique au monde, vu l’exiguïté de notre pays et le petit nombre de films tournés annuellement. Le risque est qu’on attende systématiquement d’un nouveau film d’être retenu dans un festival, ce qui est impossible. Mais l’intérêt des festivals l’emportent largement sur le côté pervers de cet effet-vitrine. Notre cinéma a besoin de ce lieu de contre-pouvoir – la critique indépendante en est un autre – où ne règne pas la loi du marché.


Joachim Lafosse : Un festival permet aussi à un auteur de garder le contrôle de son film. Pour Nue propriété, le fait d’avoir une star comme Isabelle Huppert au générique, fait qu’une multitude de gens veulent protéger leur investisement et donner leur avis. J’ai vécu un conflit sur le montage mais j’ai présenté « ma » version du film aux selectionneurs de Venise et leur soutien m’a donné du poids. Après, je n’ai plus eu d’ennui.

Alain Berliner : On constate quand même aujourd’hui, dans les festivals prestigieux, une radicalisation de la sélection vers un cinéma d’auteur pur et dur. Le réalisateur se retrouve alors face à un paradoxe : on lui demande de faire des entrées en salles, par rapport à la visibilité en télé, au tax shelter, à Wallimage qui veut du retour sur recettes, etc. Ce qui est parfaitement normal. Mais on veut aussi que le film gagne la Palme d’or, l’oscar du meilleur film étranger… Or cette manière de gagner sur les deux tableaux, ne convient qu’à un certain type de films.

(...)

- Après l’embellie des années 90, le public francophone semble à nouveau bouder les films belges. Comment renouer le contact ?

Pierre-Paul Renders : Il faut faire un vrai travail d’éducation sur le long terme, recréer un public et un circuit de distribution positionné fortement vers le cinéma d’auteur. Pour ma génération, l’initiation au cinéma commençait très tôt, avec le ciné-club du collège. Cela formait le goût. Il existe aujourd’hui des initiatives, par exemple le Prix des lycéens organisé par la Communauté française où on demande aux étudiants d’écrire la critique d’un film. Il faudrait multiplier ce genre de démarche. J’ai été dans une école où les élèves ont découvert cinq films belges récents et ils étaient agréablement surpris. Ce qui vaut pour le cinéma belge, vaut pour l’ensemble des cinémas « différents ».

Joachim Lafosse : Avec le public, c’est un peu comme dans une histoire d’amour : ce n’est jamais acquis. Il faut continuellement l’appeler à plus de curiosité, dire et redire que le rapport au film ne doit pas se limiter à une espèce de pulsion comparable à l’achat d’un paquet de pop-corn. Derrière un film, il y a un désir, du sens qui se crée. En plus, le cinéma, c’est un truc incroyable. Tout le monde paie le même prix pour son ticket. Quand on va au Comme chez soi plutôt qu’au McDo, on voit la différence d’addition. Au cinéma, pour 7 euros, on peut avoir le Comme chez soi. Alors, essayez-le au moins une fois. Au début, ça aura peut-être un drôle de goût… mais qui peut devenir très agréable. Et votre désir va se réveiller ! J’ajouterai que la qualité d’un cinéaste ne découle pas du hasard mais résulte d’un travail de longue haleine. Les frères Dardenne ont été suivi dès leurs débuts par la Communauté française. On leur a permis de s’installer dans la durée. Ils ont fait un premier film qui n’a pas marché, puis un second et enfin La Promesse. Promouvoir la qualité, c’est aussi reconnaître le droit à l’erreur, le droit d’aborder des choses complexes et de ne pas y arriver du premier coup. Avant son premier succès, Jaco Van Dormael a essayé différentes formes de récit dans ses courts métrages. Pour progresser, un peintre doit peindre. Un cinéaste, il faut qu’il tourne.

Frédéric Sojcher : Le fond du débat, c’est de savoir si on se trouve dans une logique culturelle ou économique. La force du cinéma belge francophone, c’est de défendre un cinéma d’auteurs. Certains, comme Jaco Van Dormael, ont obtenu un large succès populaire. D’autres ont fait des films qui n’ont pas rencontré le public mais qui ont été reconnus par les festivals ou par la critique. La marque de fabrique de notre cinéma, c’est d’être porté par des singularités. Aucun film ne rentre dans un moule : c’est notre force, sur le plan artistique, et notre faiblesse, d’un point de vue économique. Le risque serait de vouloir aller vers une industrialisation du cinéma, vers une logique de marché. Cette logique serait d’autant plus absurde, qu’elle est vouée à l’échec : le marché belge est trop exigu. Et si on vise au-delà, on entre dans le système des coproductions, avec des acteurs et financiers étrangers, au risque de perdre son identité. On a aujourd’hui en Belgique un équilibre entre l’aide primordiale de la Communauté française et des aides dont la logique est strictement économique, comme le tax shelter ou les fonds régionaux de type Wallimage. Il faut maintenir, mieux, consolider cet équilibre. Si on supprimait demain l’aide de la Communauté et de la RTBF, on irait droit à la catastrophe.

- Que répondriez-vous à ceux qui prétendent que le cinéma est un luxe qui coûte cher ?

Frédéric Sojcher : Qu’ils ont tout faux ! Ce n’est pas un luxe pour un pays d’avoir son cinéma. Parce que l’homme, de tous temps, a éprouvé le besoin de raconter des histoires. Parce qu’un pays vit par son imaginaire. Et le cinéma est l’ambassadeur privilégié de cet imaginaire car c’est un art populaire. Il est dramatique de voir que certains pays n’ont pas de cinématographie. Une communauté qui ne se projette pas dans ses fictions est vouée à disparaître. Il faut dépasser le débat corporatiste, le petit monde du strass et des paillettes. L’enjeu est beaucoup plus fondamental.

Propos recueillis par Olivier Lecomte.

Intégralité de l'entretien: http://www.cinergie.be/article.php?actio ...


• > 10e festival international des scénaristes, 4e rencontre européenne de l’écriture pour l’image: appel à candidatures

Le 10e festival international des scénaristes et les 4e rencontre européenne de l’écriture pour l’image auront lieu
à Bourges du 28 mars au 1 avril 2007

Auteurs et Scénaristes européens et francophones.
Vous cherchez un petit coin de lumière. Le regard d’un producteur, d’un scénariste ou d’un auteur/réalisateur confirmé sur votre projet de scénario. Le Forum européen des auteurs de fiction et le Forum européen des auteurs de documentaire sont là pour vous.

Votre plume frémit ! Vous cherchez à vous confronter à votre imaginaire ! Le marathon du court-métrage vous donne 48 heures pour écrire un scénario d’une dizaine de pages avec l’aide de professionnels. Attention prêt, inscrivez-vous !

Dates limites de dépôt des dossiers:
Forum de fiction et marathon - le 15 novembre 2006
Forum de documentaire - le 1 décembre 2006

Bulletin d’inscription à retirer sur le site Internet.
www.scenarioaulongcourt.com


• > Festival International du Film Francophone de Namur: Palmarès

Le Festival International du Film Francophone de Namur s'est achevé le 6 octobre dernier, consacrant le film libanais Falafel de Michel Kammoun.

Voici l'intégralité du palmarès:

Jury officiel fiction

- Bayard d’Or du Meilleur Film: Falafel de Michel Kammoun (Liban)
- Prix Spécial du Jury: Le papier sera bleu (Hartia va fi albastra) de Radu Muntean (Roumanie)
- Bayard d’Or de la Meilleure Comédienne: Mélanie Laurent pour le film Je vais bien, ne t’en fais pas de Philippe Lioret (France)
- Bayard d’Or du Meilleur Comédien: Cyril Troley pour le film Mon frère se marie de Jean-Stéphane Bron (Suisse/ France)
- Bayard d’Or de Meilleur Scénario: Jean-Stéphane Bron & Karin Sudan pour le film Mon frère se marie de Jean-Stéphane Bron (Suisse/ France)
- Bayard d’Or de la Meilleure Composition Musicale: Toufic Farroukh pour la musique du film Falafel de Michel Kammoun (Liban)
- Bayard d’Or du Meilleur Court métrage: De sortie de Thomas Salvador (France)

Jury Officiel – Documentaire

- Bayard d’Or du Meilleur Documentaire: Rwanda, les collines parlent de Bernard Bellefroid (Belgique)

Jury Emile Cantillon

- Bayard d’Or de la Meilleure Première Oeuvre: Un jour d’été de Franck Guérin (France)
Une mention a été décernée au film L’étoile du soldat de Christophe de Ponfilly (France)

Le Prix du Jury Junior

- Prix du Jury Junior: Cages d’Olivier Masset-Depasse (Belgique/ France)

- Prix du Public de la Ville de Namur: Cages d’Olivier Masset-Depasse (Belgique/ France)

- Prix Ciné & FX: Rêves de poussière de Laurent Salgues (France/ Québec/ Burkina Faso)

- Prix de la Meilleure Photographie: Crystel Fournier pour le film Rêves de poussière de Laurent Salgues (France/ Québec/ Burkina Faso)

Compétition Court Métrage de la Communauté française de Belgique

- Prix du Meilleur Court métrage de la Communauté française de Belgique: En fanfare de Véronique Jadin (Belgique)
- Prix du Court métrage – Studio l’Equipe: Michigan d’Olivier Burlet (Belgique)
- Prix du Court Métrage – LTI: Révolution de Xavier Diskeuve (Belgique)
- Prix de la Meilleure Photographie pour un court métrage: Raphaël Jamar pour le film Ange de Nikolas List (Belgique)

PLus d'infos sur le site du festival: www.fiff.be


• > Festival des Cinémas d'Afrique du pays d'Apt: programme

Le Festival des Cinémas d'Afrique du pays d'Apt se tiendra du 7 au 12 novembre 2006.

Voici les films présentés:
- Bamako, Abderrahmane Sissako (Mali)
- Lâche-moi, j’ai 51 frères et soeurs, Dumisani Emmanuel Phakathi (Afrique du Sud)
- Aimé Césaire, le masque des mots, Sarah Maldoror (Guadeloupe)
- Nosaltres, Moussa Touré (Sénégal)
- Octobre, Abderrahmane Sissako (Mauritanie)
- La Vie sur terre, Abderrahmane Sissako (Mauritanie/ Mali/ France)
- En attendant le bonheur (Heremakono), Abderrahmane Sissako (Mauritanie)
- Rostov-Luanda, Abderrahmane Sissako (Mauritanie)
- La symphonie marocaine, Kamal Kamal (Maroc)
- Sotigui Kouyaté, un griot moderne, Mahamat-Saleh Haroun (Tchad)
- Moolaadé, Ousmane Sembène (Sénégal)
- Daratt, Mahamat Saleh Haroun (Tchad)
- Lettre à Senghor, Samba Félix Ndiaye (Sénégal)
- Dunia, Jocelyne Saab (Egypte/ Liban)
- Sometimes in April, Raoul Peck (Haïti)
- Keïta, l’héritage du griot, Dani Kouyaté (Burkina-Faso)
- Bab’Aziz (Le prince qui contemplait son âme), Nacer Khémir (Tunisie)

http://www.africapt-festival.fr/


• > 28ème Cinemed, Festival du Cinéma Méditerranéen de Montpellier: programme

Cinemed revient pour la 28ème sur la production cinématographique annuelle des pays de la Méditerranée.

Au programme cette année, parmi les productions francophones:

Longs métrages compétition
- La Route des pastèques, Branko Schmidt (Croatie, 2006)
- Poste frontière, Rajko Grlic (Croatie/ Bosnie-Herzégovine/ Macédoine, 2006)
- Sempre vivu !, Robin Renucci (France, 2006)
- Le Dernier homme, Ghassan Salhab (France/ Liban, 2006)
- Les Arêtes du cœur (Tiza Oul), Hicham Ayouch (Maroc, 2006)
- Le Papier sera bleu, Radu Muntean (Roumanie, 2006)

Longs métrages panorama
- Singes en hiver, Milena Andonova (Bulgarie/ Allemagne, 2006)
- Les Yeux volés, Radoslav Spassov (Bulgarie/ Turquie, 2005)
- Ce qu'Iva a filmé le 21 octobre 2003, Tomislav Radic (Croatie, 2005)
- Le Mammouth Pobalski, Jacques Mitsch (France, 2005)
- Les Sirènes de l'Egée, Nikos Perakis (Grèce, 2005)
- Le Cœur du monstre, Renos Haralambidis (Grèce, 2005)
- Marilena de la P7, Cristian Nemescu (Roumanie, 2006)
- Tertium Non Datur, Lucian Pintilie (Roumanie, 2006)

Courts métrages compétition
- TIR, Radoy Nikolov (Bulgarie, 2005)
- Quelle bonne journée !, Sherif Elbendary (Egypte, 2006)
- Les Volets, Lyèce Boukhitine (France, 2005)
- La Traversée, Maëva Poli (France, 2006)
- Dans le rang, Cyprien Vial (France, 2006)
- A plus..., Fouad Alaywan (Liban/ Suisse, 2006)
- Le Défunt, Rachid El Ouali (Maroc, 2006)
- Heavy metal drummer, Toby MacDonald, Luke Morris (Maroc/ Royaume-Uni, 2005)
- La Lampe au chapeau, Radu Jude (Roumanie, 2006)
- Perversions, Wissem Tlili (Tunisie, 2006)

Courts métrages panorama
- Les Baies d'Alger, Hassen Ferhani (Algérie/ France, 2006)
- Taxirat, Jani Bojadzi (Bulgarie/ République de Macédoine, 2005)
- Maison de chair, Rami Abdul Jabbar (Egypte, 2005)
- Ligne verte, Laurent Mareschal (France, 2005)
- Bonne nuit Malik, Bruno Danan (France, 2006)
- L'Etoile de mer, Caroline Deruas (France, 2006)
- A l'ombre du voile, Arnaud Demuynck (France/ Belgique, 2006)
- Conte de quartier, Florence Miailhe (France/ Canada, 2006)
- Moi, ma sœur et la "chose", Kaouther Ben H'nia (Tunisie/ France, 2006)

Documentaires compétition
- Deux sœurs, Jasna Krajinovic (Belgique, 2005)
- Ces filles-là, Tahani Rached (Egypte, 2006)
- Voyage en sol majeur, Georgi Lazarevski (France, 2006)

Documentaires panorama
- Pick Up, Lucía Sánchez (France, 2005)
- Slimane Azem, une légende de l'exil, Rachid Mérabet (France, 2005)
- Welcome to Beyrouth, Fouad Elkoury (France, 2005)
- Luntano - Loin, Alessandra Celesia (France, 2006)
- Closing your Eyes, Robin Hunzinger (France, 2006)
- Gens de la Vallée du Jiu, Gheorghe Sfaiter (Roumanie, 2005)
- Les Batailles de Troie, Krassimir Terziev (Suisse/ Allemagne, 2005)

Le festival propose également de nombreuses rencontres professionnelles, ainsi que sa Bourse d'aide au développement.

Plus d'infos: www.cinemed.tm.f


• > 11es Rencontres du cinéma francophone en Beaujolais: programme

Les 11es Rencontres du cinéma francophone en Beaujolais se tiendrton du 14 au 22 octobre 2006. Voici les films programmés:

- La Raison du plus faible, Lucas Belvaux, Belgique
- Bamako, Abderrahmane Sissako, Mali
- Meurtrières Patrick Grandperret, France
- Dans Paris, Christophe Honoré, France
- L'Homme de sa vie, Zabou Breitman, France
- Komma, Martine Doyen, Belgique
- Barakat!, Djamila Saharaoui, Algérie
- La Couleur des mots, Philippe Blasband, Belgique
- Je m'appelle Elisabeth, Jean-Pierre Améris, France
- La Californie, Jacques Fieschi, France
- Coeurs, Alain Resnais, France
- Azur zt Asmar, Michel Ocelot, France
- C.R.A.Z.Y., Jean-Marc Vallée, Canada

Plus d'infos sur www.cinespikfrench.com


• > Cinemarabe: programme

Cinemarabe, le Festival du Film arabe de Fameck, se tiendra du 11 au 22 octobre 2006.

Voici les productions francophones proposées:
- Le Cerf Volant, Randa Chahal Sabbag, Liban
- A Perfect Day, Joana Hadjitomas et Khalil Joreige, Liban
- Halim, Chérif Arafa, Egypte
- Bab Aziz, Nacer Khemir, TunisieZemmouri, France/ Algérie
- Dunia, Jocelyne Saab, Liban
- Indigènes, Rachid Bouchareb, France/ Algérie
- L'Immmeuble Yacoubian, Marwan Hamed, Egypte
- La Trahison, Philippe Faucon, France/ Algérie
- La Symphonie Marocaine, Kamal Kamal, Maroc
- Azur et Asmar, Michel Ocelot, France
- Barakat!, Djamila Sahraoui, Maroc
- Bin El'Widyene, Khaled W. Barsaoui, Tunisie
- El Manara, Belkacem Hadjadj, Algérie
- Massaker, Monika Borgmann, Liban
- Le Pain Nu, Racgid Benhadj, Algérie/ France/ Italie
- Quo Vadis?, Samir Abdallah, Egypte
- Juanité de Tanger, Farida Benlyazid, Maroc
- Casablanca, Casablanca, Farida Benlyazid, Maroc
- Zaïna, cavalière de l'Atlas, Bourlem Guerdjou, Maroc
- Douar de femmes, Mohamed Chouikh, Algérie
- Marock, Laila Marrakchi, Maroc
- Ici et là, Mohamed Ismaïl, Maroc
- Toi Waguih, Namir Abdel Messeeh, Egypte/ France
- Bled Number One, Rabah Ameur-Zaïmeche, Algérie

www.cinemarabe.org


• > Festival International du Film de Gand: programme

Le Festival International du Film de Gand se tiendra du 11 au 21 octobre 2006. Voici quelques productions francophones sélectionnées:

Compétition officielle
- Le Parfum, Tom Tykwer, France/ Espagne/ Allemagne
- Heaven’s Doors, Swel Noury & Imad Noury, Maroc
- Slumming, Michael Glawogger, Autriche/ Suisse
- Transylvania, Tony Gatlif, France

Cinémas du monde
- Grounding, Michael Steiner & Peter-Christian Fueter, Suisse

L'intégralité de la sélection sur le site: www.filmfestival.be


• > Festival International du Film d'Aubagne: appel à candidatures

Le Festival International du Film d'Aubagne (26-31 Mars 2007) soutient la jeune création cinématographique et la création musicale pour l'image.

Le festival organise 2 compétitions:
- Longs métrages : les premières et deuxièmes oeuvres de tout genre cinématographique (fiction, documentaire, experimental, animation), comportant impérativement une musique originale, sont acceptées.

- Courts métrages : sont acceptées les premières, secondes ou troisièmes œuvres de moins de 30 minutes. Tous les genres
cinématographiques sont représentés (fiction, documentaire,
experimental, animation) dès lors que les films présentent une musique originale ou un traitement particulier de la bande sonore.

Date limite pour inscrire un court métrage : 30 Octobre 2006.
Date limite pour inscrire un long métrage : 15 Novembre 2006.

www.cineaubagne.com


• > Regards sur Haïti à Bruxelles: programme

Regards sur Haïti se déroulera du 26 au 29 octobre 2006 à Bruxelles.

Première république Noire et la seule au monde à avoir acquis son indépendance suite à une révolte des esclaves, Haïti est aussi le seul pays francophone indépendant d'Amérique Latine. « Regards sur Haïti » propose une découverte de ce pays, emblématique de la rencontre historique et culturelle entre l’Afrique, l’Europe, les Caraïbes et l’Amérique, au travers de ses productions cinématographiques.

Malgré des moyens bien en deçà de ceux dont disposent les réalisateurs européens ou américains, le cinéma haïtien se montre de plus en plus dynamique. Durant la période allant du mois d’avril à juin 2006, au moins trois films conçus et réalisés par des Haïtiens ont eu du succès dans des Festivals internationaux dont le "Brooklyn International Film Festival". Le Festival International du Film Haïtien de Montréal organisé en septembre 2006 met également à l'honneur la production cinématographique de ce pays trop souvent perçu à travers une image de « pauvreté », de « médiocrité » et de « dépendance ».

C'est particulièrement à travers les films-documentaires que la production cinématographique haïtienne démontre sa pertinence. Ces documentaires constituent des miroirs, des témoignages, des chapitres d’une vie quotidienne, culturelle, sociale, économique et politique.

Etalé sur quatre jours, le programme permettra la découverte d'une production originale autour d'une culture riche mais encore méconnue. Outre la projection de films et de documentaires qui aborderont des thématiques aussi variées que les arts et la littérature, le vaudou, l'histoire, la santé, les droits de l'homme, etc, des rencontres, des expositions, et des concerts sont prévus.

Plus d'infos: http://perso.infonie.be/easy/rsh%20pr ...


• > Festival International du Film de Fribourg/Appel à participation

Vous êtes cinéaste africain. Cet appel à participation peut vous intéresser. Vous avez jusqu'au 15 novembre pour envoyer votre candidature.

Le Festival international de films de Fribourg se donne pour objectif de promouvoir des films de qualité comme contribution à la diversité cinématographique et culturelle en Suisse et en Europe. Dans cette perspective, le Festival sélectionne essentiellement des films d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine. Pour encourager la distribution des films sélectionnée, les distributeurs, exploitants de salles et critiques sont invités au Festival.

Sections :

La sélection officielle comprend une compétition ouverte aux longs métrages de fiction et documentaires. Le Festival organise des sections hors compétition, panoramas et rétrospectives pour des films inédits ou peu diffusés en Suisse (fiction et documentaire ou animation, qu’il s’agisse de courts, moyens ou longs métrages). Le Festival propose également une programmation à l’intention des établissements scolaires et universitaires et publie un catalogue détaillé. Il organise des débats avec les cinéastes, à l’intention du public, de la presse et des professionnels présents.
Conditions de participation :

Afin d’être éligible pour la sélection, les films doivent être soumis jusqu’au 15 novembre 2006.

www.fiff.ch




 Pays a la une  
  • > Le cinéma en Haïti

"Le cinéma en Haïti" par Arnold Antonin et Joël Lorquet

1.- L'apparition du cinéma

L'historiographie haïtienne sur le cinéma est très limitée. On ne connaît qu'un numéro double de la revue de l'Institut Français d'Haïti « Conjonction », sorti en 1983, consacré au cinéma , un livre d'Arnold Antonin, paru au cours de la même année à Caracas (Venezuela), intitulé Matériel pour une préhistoire du cinéma haïtien et un article du même auteur dans le livre de Guy Hennebel et de Alfonso Gumucio Dagrón, paru en 1981 sous le titre de Cinéma de l’Amérique Latine. D'ailleurs, bon nombre d’informations publiées dans « Conjonction » proviennent de cet article. Les auteurs nous ont révélé par la suite qu’ils n’avaient pas pris le risque de citer Arnold Antonin dans leur bibliographie à cause de la dictature des Duvalier.

Presqu'en même temps que dans tous les autres pays du monde, le cinématographe fait son apparition en Haïti. Le 14 décembre 1899, un représentant du cinématographe Lumière effectue la première projection publique au petit Séminaire. Le lendemain, ce même représentant, Joseph Filippi, de passage en Haïti, filme un incendie à Port-au-Prince.

On dispose encore, dans les archives américaines de la Library of Congress des Etats-Unis d'Amérique, de nombreuses images en mouvement de la période de l'occupation de 1915-1934, représentant les actions des marines et les cérémonies officielles.

On peut retrouver encore des images en mouvement tournées en Haïti sur les soins de santé, l'agriculture ou des scènes de la vie sociale, dont le carnaval est le moment privilégié, dans les archives de la Library of Congress également ou à Pathé-Ciné.

Les premières projections continues, après le passage du représentant des frères Lumière, ont lieu à partir de 1907 au Grand Hôtel de Pétion-Ville, puis au Parisiana, situé au Champ de Mars, à partir de 1914. Le Parisiana a été la première grande salle de cinéma et de théâtre (environ 500 places) qui a existé dans le pays.

En 1933, le Ciné Eden ouvre ses portes au Cap-Haïtien. L'année suivante, c'est le tour du Paramount à Port-au-Prince et en 1935 celui du Rex Théâtre.

Ricardo Widmaïer, pionnier de la radio l'a été aussi pour le cinéma. C'est lui qui assure au début des années 50 la réalisation et la projection au Ciné Paramount des actualités filmées. Il a son propre laboratoire à Port-au-Prince où il développe, en noir et blanc et en couleurs, ses films tournés en 16 mm. Il produit avec Edouard Guilbaud : Moi, je suis belle. Jean Dominique, auteur du commentaire, prête également sa voix à la narration. Le son est assuré par Herby Widmaïer qui n'a alors que 15 ans.
Bien qu'il n'y ait pas de recherches systématiques et donc d'informations précises et documentées à ce sujet, il a eu des reportages filmés sur des sujets variés (ciné-variétés) jusqu'à la prise du pouvoir par François Duvalier en 1957. Emmanuel et Edouard Guilbaud réalisent de nombreux reportages sur les évènements politiques et sportifs jugés les plus importants, sous la direction de Ricardo Widmaïer très souvent.

2.- Le cinéma que voient les Haïtiens

Si la production cinématographique locale est pratiquement inexistante, les Haïtiens
cependant vont au cinéma. Dans les années 60, les spectateurs avaient encore le choix entre des films produits par des réalisateurs italiens et français. Mais au fur et à mesure, malgré des espaces offerts sporadiquement par l'Institut Français, le cinéma hollywoodien, et pas le meilleur, a envahi les écrans. Pendant tout le régime Duvalier, une stricte surveillance est exercée sur les films projetés de peur qu'ils ne véhiculent des idées subversives. Par exemple, la Fièvre monte à El Pao, de Luis Bunuel, a été vite enlevé des salles. Fort souvent les Westerns et les films inspirés des arts martiaux chinois représentaient les seuls choix offerts au public.

Dans les années 80, le groupe Maxence Elisée apparaît sur le marché haïtien du cinéma. Cette corporation antillaise a permis au public haïtien d'avoir accès aux films à succès réalisé en France et aux versions françaises des films américains.

Aujourd'hui, ce groupe, devenu groupe « Loisirs S.A. », domine la distribution et l’exploitation du cinéma en Haïti et possède la plupart des salles de spectacle du pays, notamment les trois plus grandes, l'Impérial ( 5 salles), le Capitol (4 salles), le Rex Théâtre et le Paramount. C’est grâce à lui qu’on peut voir sur le grand écran actuellement les productions haïtiennes, fictions et documentaires aussi.

Le sort des haïtiens qui veulent voir du cinéma sur le petit écran n’est pas réjouissant. Bien que le pays vive encore à l'heure de la radio (194 stations à travers le pays), beaucoup de nouvelles chaînes de télévisions (18 au total) ont fait leur apparition, soit 7 à la Capitale et 11 en province. La production locale étant inexistante, ces « télévisions» ne font que relayer, soit directement ou en différé, des programmes captés, à partir d'antennes paraboliques, des chaînes américaines ou canadiennes, qui déversent fort souvent en anglais toutes sortes d'images en provenance du premier monde. Quant à la télévision d’Etat elle n’a de pareille nulle part ailleurs pour son style et le genre de propagande qu’elle diffuse.

3.- Le cinéma que font les Haïtiens

3.1.- Le cinéma de 1'intérieur.
Pendant la dictature des Duvalier, la production d'images en mouvement a été d'une extrême pauvreté à l'intérieur du pays. Vu les contraintes technologiques et financières de la production cinématographique, il n'est pas étonnant que dans un pays où tous les indicateurs socio-économiques marchent à rebours, que les cinéastes, à de rares exceptions près, n'arrivaient pas à réaliser des films.

C'est ainsi que se produisent, en tout et pour tout, pendant les 28 ans de la dictature des Duvalier, seulement trois films: Un moyen métrage: Map palé nèt (1976), version
créole de la pièce de Jean Cocteau, Le bel indifférent réalisé par Raphaël Stines ; Olivia long métrage (1977) réa1isé par Bob Lemoine. Celui-ci tente la réalisation d'un autre film mais qui n'est jamais exhibé. Rassoul Labuchin réalise Anita (1980), qui a connu un grand succès à l'époque, grâce à la diffusion qu'en a fait le Ciné-Club Point- de -Vue créé à la même époque qui, malheureusement, ne dura pas longtemps. Olivia a été tourné en 35 mm et les deux autres en 16mm.

Malheureusement après la chute des Duvalier, la production n'a pas été plus abondante, loin de là. Pas un seul film n'a été réalisé depuis lors à l'intérieur du pays, à moins qu'on abolisse la distinction entre film sur support pellicule (acétate) et vidéo. Dans ce domaine, il y a eu plusieurs réalisations sur lesquelles nous reviendrons.

3.2.- Le cinéma militant et de la diaspora

C’est dans la diaspora qu'apparaît avec vigueur un cinéma de dénonciation et de lutte contre la dictature. D'abord avec les films documentaires d'Arnold Antonin notamment:
Les Duvalier sur le banc des accusés (1973, 25 mm, noir et blanc).
Haïti le chemin de la liberté (1974, long métrage de 120 mm, noir et blanc). Le film, parrainé par la célèbre revue Les Cahiers du Cinéma, lance le cinéma haitien au niveau international et est présenté encore aujourd’hui comme un film culte. ( Festival du cinéma haïtien, Paris 2001.).
Les Duvalier condamnés (1975, moyen métrage, 40mn, 16mm, noir et blanc).
Art naïf et répression en Haïti (1975, moyen métrage, couleurs).
Un tonton macoute peut-il être un poète? (1980, moyen métrage, 16mm, 40mn, couleurs)
Le droit à la parole (1981, moyen métrage, 20 mm, 16mm. couleurs).

Il faut également signaler le documentaire intitulé: Canne amère (1983, long métrage réalisé par Paul Arcelin, 1975, 16mm, couleurs).

Ces films gagnent de nombreux prix et sont projetés dans de nombreux festivals internationaux.


C'est à la chute des Duvalier qu'apparaît un nouveau cinéma militant. Celui-ci n’est plus fait exclusivement de documentaires mais de film de fiction aussi: c'est celui de Raoul Peck qui réalise, entre autres:
Haitian Corner (1989, 109 minutes, 16mm, couleurs, fiction).
Lumumba ou la mort du prophète. doc.
L'homme sur les quais sélectionné officiellement au Festival de Cannes de
1993.(1992, 105 mm, 35mm, couleurs, fiction).
Desounen (1994, 52 minutes, 16mm, couleurs).
Et récemment la fiction : Lumumba qui connaît un grand succès en Afrique et aux Etats-Unis.

D'autres films méritent également d'être mentionnés:
Ayisyen leve kanpe (1982, court métrage réalisé par Haïti fïlm. Couleurs, documentaire).
Nou tout se refijye (1983. court métrage réalisé par Willy Exumé.)
Se mèt Kò (1990, court métrage, 16mm, couleurs, réalisé par Patricia Benoit).

Un cinéaste haïtien, Roland Paret, résidant alors au Canada,a réalisé 1ui aussi de nombreux court métrages sur des sujets divers. Il faut citer Michèle Lemoine et Elsie Hass à Paris également
La plupart des films sont réalisés par des auteurs d'origine ou de nationalité haïtienne mais sont souvent tournés avec des équipes et des financements étrangers

3.3.- Vidéo et cinéma.

La création et la production d'images dans les conditions sociales et économiques d'Haïti semblent pouvoir trouver une issue dans les médias légers et en particulier dans la vidéo. En effet, de nombreux producteurs indépendants, à côté de la télévision, qui continue à produire très peu, réalisent des tournages, en vidéo, de films de fiction ou des documentaires en un nombre qui dépasse nettement la production cinématographique proprement dite.

Arnold Antonin lui-même, depuis son retour en 1986, dans une première période, n’a réalisé que des vidéos institutionnelles ou éducatives, exception faite d'un court métrage sur Port-au-Prince intitulé: La troisième guerre mondiale a déjà eu lieu (1996). A partir de 1999, il se lance avec l’équipe du Centre Pétion-Bolivar, dont Oldy Auguste (caméra et montage) et Mathieu Painvier, assistant de production, dans la réalisation d’une série de documentaires, portraits de travailleuses des couches populaires du pays et petits musées personnels de figures emblématiques de l’art haitien comme Tiga, Cédor, Albert Mangonès, André Pierre, Patrick Vilaire, Marithou. A partir d’un texte de Gary Victor, il met en film la pièce satirique : Piwouli et le zenglendo en 2001.

De nombreux vidéastes travaillent sur le terrain soit comme producteurs, soit comme cameramen, soit comme monteurs. Quelques-uns uns travaillent aussi comme réalisateurs. Il faudrait citer parmi eux des noms comme; Mario Delatour, Jean Fabius, Claude Mancuso, Jean-Pierre Grasset, Richard Sénécal, Rachel Magloire, Patrick Barthélémy, Karl Lafontant, Laurence Magloire.. etc.

Raynald Delerme et Jean Gardy Bien-Aimé ont produit et réalisé plusieurs longs métrages de fiction vidéo qui ont été projetés dans les salles de cinéma de Port-au-Prince et des principaux chefs-lieux de province avec un succès étonnant. Tout comme plus récemment : Réginald Lubin et Richard Sénécal

Parmi les films-vidéo réalisés par Raynald Delerme on peut citer:
Founérailles (1988, réalisé d'après un scénario de Théodore Beaubrun et avec
Théodore Beaubrun (Languichatte). PVS/Polycarpe Vidéo Studio).
Shérico S.A. No 1 (1989)
Les gens de bien (1995, réalisé d'après un scénario de Jean-Gardy Bien-Aimé)
Languichatte au XXème siècle, feuilleton télévisé avec Théodore Beaubrun

De Jean-Gardy Bien-Aimé, on peut citer :
Le Cap à la une (1993. Arc-en-Ciel Vidéo Production).
Cicatrices (1997. Arc-en-Ciel Vidéo production).
Millionaire par erreur (2003)

De Frédéric Surpris :
Les gens d'ici
Chéri, je t'aime (1998)

On peut citer également un film vidéo réalisé par Raphaël Stines Kraze lanfè, avec un acteur de la farce populaire Jessifra. Ce comédien connaît un énorme succès auprès du public pour son imitation de l'accent jugé pittoresque des habitants du Nord du pays.Les vidéos de ses œuvres théâtrales, filmées sans aucun effort de tournage ou de montage, ont un succès inégalable surtout dans la diaspora.
Raphaël Stines a été également le réalisateur d'un feuilleton télévisé intitulé Pè Toma et récemment de Bouqui nan paradi, à partir de la pièce de Fouché..

De Réginald Lubin :
La peur d’aimer

De Richard Sénécal :
Barricades

4.- Succès commercial ou succès artistique

Le cinéma haïtien, pauvre du point de vue technique et artistique, est très peu compétitive face aux productions étrangères. Des pesanteurs de tout ordre se dressent sur le chemin d'une production de qualité. La création audio-visuelle en Haïti n'est pas de toute évidence à la hauteur de la réputation de la création plastique. D'ailleurs on peut même se poser la question suivante: Haïti, n'est-il pas un pays d'oralité ? Qu'y vient alors chercher le cinéma? Cependant le public haïtien, avide de ses propres images, semble répondre clairement à cette interrogation.

Au prime abord on a envie de souligner surtout le manque de qualité des feuilletons et des vidéos réalisés et de les opposer à un cinéma d'art et d'essai qui serait le cinéma documentaire ou de fïction politique et militant de certains créateurs haïtiens. Et si le cinéma haïtien était pourtant fondamentalement ces fïctions tournées en vidéo dans la veine de la farce populaire ou du vaudeville avec toutes leurs lacunes techniques et esthétiques? Et si ce cinéma primitif, ingénu et kitch, inspirés souvent de stéréotypes et d’histoires à l’eau de roses n’était pas le typique navet mais la condition pour l’éclosion d’un cinéma populaire de masse ?

Aujourd'hui, l'hybridation des technologies et la multimédiatisation des produits facilitent la production et empêchent une nette distinction entre cinéma et vidéo. En effet, le genre de productions auquel nous faisions référence auparavant est devenu le plus abondant sinon le seul existant depuis la chute de la maison des Duvalier et c'est celui qui attire les foules. Seule la superproduction Titanic (1998) a recueilli plus d'entrées que la vidéo intitulée Cicatrices produite localement par Jean Gardy Bien-Aimé et projeté dans les différentes salles de cinéma du pays. Il faudrait éviter le dilemme cinéma éducatif et culturel d'une part et cinéma de masse de l’autre , pour se poser la question: quelles sont les productions vraiment représentatives du travail des faiseurs d'images dans ce pays? Est-il possible aujourd'hui de tirer parti des spécificités haïtiennes face aux identités transnationalisées et d'arriver en puisant dans l'imaginaire collectif, en profitant de l'immense « no man's land » qui unit la réalité et la fiction dans notre pays, afin de faire un cinéma de qualité où le spectateur haïtien, même le cultivé, s'y retrouve réellement et avec joie?

N'est-ce-pas Julio Garcia Espinoza qui rêvait d'un cinéma imparfait qui ferait de ses propres limitations techniques la force et la raison de sa créativité? En fait, en Haïti, nous courons le risque de faire des pesanteurs matérielles de sévères limites à la créativité et à la recherche esthétique.

5.- Caractéristiques de la production cinématographique en Haïti

Il y a une faible préparation technique et artistique dans les milieux de la production et de la réalisation. La plupart des techniciens et des artistes, y compris les acteurs, se forment sur le tas. Ils sont obligés de s'attarder à résoudre des problèmes techniques, faute de formation, au lieu de s'occuper des problèmes de création. Le professionnalisme est donc quasiment absent. Il n'existe pas de préparation dans l'organisation économique de la production en Haïti. Il n'existe pas encore de législation sur le cinéma dans le pays. L'Etat ne manifeste jusqu'à présent aucun intérêt pour la production cinématographique. Il n'y a pas de cinémathèque ni d'école de cinéma. Aucune subvention n'est prévue à aucun niveau en vue d'appuyer la production d'images. En revanche les réalisateurs sont obligés de payer des espaces pour la diffusion de leurs œuvres à la télévision; une télévision d'ailleurs qui, jusqu'à présent, tout comme l'Etat, semble être plus préoccupée à organiser l'oubli de la mémoire. Finalement, la critique et les pratiques cinéphiliques sont pratiquement inexistantes; la seule critique se résume à la publicité, à des articulets commandités dans les journaux à la sortie des produits ou à quelques rares articles toujours très descriptifs.

6.- Les films étrangers sur Haïti

La liste serait bien longue si on devait mentionner également les films étrangers, documentaires et de fiction, inspirés de la réalité haïtienne sur support pellicule ou vidéo réalisés par des cinéastes, des vidéastes ou des chaînes de télévisions sur Haïti. Méritent
peut-être d'être retenus, entre autres :
Le classique : The divine horsemen, the living gods of Haiti (1963), de Maya Deyren.
Les comédiens (1965) par Peter Glenville (production britannique), d'après le roman de Graham Greene. Fiction qui se déroule dans la ténébreuse Haïti des Duvalier.
Les films de l'Institut Cubain de l'Art et de l'Industrie Cinématographique (ICAIC) :
Coumbite (1964) réalisé par le cubain Tomas Gutiérrez Alea, d'après l'œuvre romanesque de Jacques Roumain, Gouverneurs de la Rosée. Le francais, Maurice Failevic,en fera une adaptation également.
Simparele (1974) de Humberto Solas avec la chanteuse haïtienne Martha Jean-Claude.
Entre el cielo y la tierra (1979) de Manuel Octavio Gómez, toujours avec Martha Jean-Claude

Les documentaires des Français Jean-Marie Drot et Charles Najmann, ceux des Américains Jonathan Demme et Rudy Stern, Kareen Kramer, du Danois Jurgen Leth, des Canadiens Jean Daniel Laffond, Yves Langlois et Gérard Lechêne.
Tous des cinéastes étrangers qui, à titre de producteur ou de réalisateur, ont senti la nécessité de revenir plus d'une fois sur la réalité haïtienne.

N.B. Cet article est un remaniement, avec une sommaire mise-à- jour, d’un article destiné au Dictionnaire haïtien et à la revue Conjonction.
Nous publierons dans le dictionnaire une filmographie haïtienne..
Il faut ajouter désormais à l’historiographie sur le cinéma le catalogue publié par le Forum Eldorado lors du 1er Forum sur le Cinéma et l’audiovisuel. ( oct.2001).




 Evenement  
  • > Les auteurs et les producteurs face au financement des films: FIFF, 3 octobre 2006

Le 3 octobre dernier avait lieu à l'occasion du Festival International du Film Francophone de Namur l'Atelier des auteurs, sur le thème: "Les auteurs et les producteurs face au financement des films".

L'Atelier des auteurs, organisé en collaboration avec la SODEC (Québec), la SACD (France et Belgique) et la FOCAL, a invité des auteurs et des producteurs à témoigner de la façon dont ils comprennent, expérimentent et vivent ces différentes situations de financement ou d'auto-financement.

En prémices à ces témoignages, la parole a été donnée à des représentants institutionnels afin qu'ils dressent un états des lieux de la production en France, en Suisse, au Québec et en Belgique.

Etaient présents autour de la table:
- Luc Déry, Micro-scope, producteur Congorama, Québec
- Philippe Falardeau, Congorama, réalisateur, Québec
- Luc Jabon, scénariste, Président du comité belge de la SACD, modérateur
- Joachim Lafosse, réalisateur Ca rend heureux et Nue Propriété, Belgique
- Vincent Lannoo, Président de l’ARRF, réalisateur d’Ordinary Man, Belgique
- Myriam Lenoble, Directrice Générale Adjointe. du Service Général de l’Audiovisuel et des Multimédias de la Communauté française de Belgique
- Joëlle Levie, directrice générale du cinéma et de la production télévisuelle
- Pierre-Alain Meier, Thelma Films, producteur, Suisse
- Noël Mitrani, réalisateur, Sur la trace d’Igor Rizzi, Québec
- Pierre-Paul Renders, réalisateur, Comme tout le monde, Belgique
- Pascal Rogard, Directeur Général de la SACD, France
- Christophe Rossignon, Lazennec, producteur de Je vais bien ne t’en fais pas, France
- Joseph Rouschopp, Tarantula, producteur Nue Propriété, Belgique
- Samuel Tilman, Eklektik Productions, producteur Ca rend heureux, Belgique
- Olivier Wötling, Directeur adjoint, CNC, France

Compte-rendu d'Aurore Engelen à télécharger ci-dessous



Compte-rendu [68 Ko]