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Lettre d'information n°32, juin 2007
 
 
 
 
 
"Pour moi, le cinéma est un enseignement permanent, une sorte d’école du soir, d’école de soi."

Sembène Ousmane, l'aîné des anciens, le patriarche du cinéma africain, nous a quittés le 9 juin dernier. Vous trouverez quelques-uns des nombreux hommages qui lui ont été rendus dans les rubriques "A la Une" et "Vu dans la press". www.cinemasfrancophones.org s'associe à la douleur de sa famille, ainsi qu'à celle du cinéma mondial. Que la terre lui soit légère...

Alors que l'ensemble de la planète francophone pleure la disparition de Sembène Ousmane, l'émergence annoncée du cinéma roumain trouve son accomplissement dans la palmarès cannois. Déjà largement remarqué ces trois dernières années, le nouveau cinéma roumain a définitivement inscrit sa trace dans la filmographie mondiale des années 2000 en remportant la Palme d'Or et le Prix Un certain regard lors du dernier festival de Cannes. Après La Mort de Monsieur Lazarescu ou encore 12h08 à l'est de Bucarest, c'était ainsi au tour de 4 mois, 3 semaines et 2 jours et California Dreamin' d'enflammer le coeur des festivaliers et des professionnels.

Pendant ce temps, les équiopes du Bureau de Liaison du Cinéma de l'Espace Francophone et du Festival International du Film Francophone de Namur préparent activement la 4ème édition du Forum francophone de production. L'opportunité pour les participants de mettre toutes les chances de leur côté pour la réussite de leur projet en rencopntrant trois jours durant des experts en termes de production, bien sûr, mais aussi de réalisation, de scénario et de distribution. Tout cela en progfitant du cadre du festival namurois pour rencontrer nombre de producteurs francophones. L'appel à candidatures sera clôturé le 30 juin 2007, alors n'hésitez pas à consulter la rubrique "Evènements" pour consulter le règlement du forum, et le cas échéant, remplir et renvoyer votre fiche de candidature.

Enfin, découvrez les échos de la presse cannoise dans la rubrique "Cuisine et dépendances". Bonne lecture!

LES INFOS PAR CATEGORIES


A LA UNE
    Cannes 2007: palmarès!
    "Sembène le mécréant" par Olivier Barlet
    Naissance du European Film Commissions Network


ECHOS-PHONIE
    La Lituanie rejoint Eurimages
    Bruxelles prolonge le régime des aides à la production
    Nouveau programme de soutien à la numérisation pour Eurimages
    Ateliers d'Angers: participants
    Bilan du CNC 2006
    Tax-shelter : les producteurs contre-attaquent grâce à ING
    Lauréats du Prix Hohoa 2007


COMMISSIONS DE SELECTION
    Fonds Images Afrique: résultats de la commission de juin 2007
    Sodec: aide aux producteurs privés
    Commission du Film Communauté française de Belgique: résultats de la 1ère session 2007
    Greenhouse: appel à candidatures pour les documentaristes méditerranéens
    12e Fonds d’aide au développement du scénario du Festival du Film d'Amiens: appel à candidature
    Résultats de la commission "Images de la diversité" du CNC
    Appel à candidature: i2i audiovisuel
    Appel à candidature: Prix du meilleur projet de film documentaire sur les droits humains et la liberté de la presse.
    Cinéma en mouvement 3


RENCONTRES PROFESSIONNELLES
    Leçon de cinéma, Newton Aduaka, Cannes, 22 mai 2007
    Forum sur le cinéma africain, "Tous les Cinémas du Monde", Cannes 2007
    "Intervention des fonds européens et des télévisions européennes dans la production des films du Sud" par Olivier Barlet pour www.africultures.com
    "VoD contre cinéma ?", après-midi de l'Observatoire Européen de l'Audiovisuel


VU DANS LA PRESSE
    Hommages à Sembène Ousmane
    Entretien (fleuve) avec Emile Abossolo Mbo, par Olivier Barlet pour www.africultures.com
    "Newton Aduaka, de la science à l'art", par Baba Diop, pour Sud Quotidien
    "L'Afrique boycottée ?" , Renaud de Rochebrune revient sur le Festival de Cannes pour Jeune Afrique
    "Une aubaine pour le cinéma roumain" dans Courrier International
    Le cinéma français semble en péril vu de Suisse, dans Le Temps
    Entretien avec Monsieur Mohamed Nour Farahat, Directeur du Bureau permanent de la protection du droit d'auteur
    " Scorsese sous le charme de Nass El Ghiwane "
    Insolence et pudeur de l'Orient féminin au Festival de Cannes
    Recontres avec les producteurs francophones de Producers on the Move


INFOS FESTIVALS
    Au programme en juillet...
    festival du Film Européen de Bruxelles: programme
    Paris Cinéma: programme
    Festival du Court Métrage de Tanger: Programme
    Festival International du Film de Durban: programme
    Songes d'une nuit DV: programme
    Docusur: appel à candidatures
    Africa in Motion Film Festival: appel à candidatures



LES INFOS PAR REGIONS


AFRIQUE
    Appel à candidature: Prix du meilleur projet de film documentaire sur les droits humains et la liberté de la presse.
    Entretien (fleuve) avec Emile Abossolo Mbo, par Olivier Barlet pour www.africultures.com
    "L'Afrique boycottée ?" , Renaud de Rochebrune revient sur le Festival de Cannes pour Jeune Afrique
    Entretien avec Monsieur Mohamed Nour Farahat, Directeur du Bureau permanent de la protection du droit d'auteur
    " Scorsese sous le charme de Nass El Ghiwane "
    Festival du Court Métrage de Tanger: Programme


AMERIQUES
    Sodec: aide aux producteurs privés


EUROPE
    Cannes 2007: palmarès!
    Naissance du European Film Commissions Network
    La Lituanie rejoint Eurimages
    Bruxelles prolonge le régime des aides à la production
    Nouveau programme de soutien à la numérisation pour Eurimages
    Ateliers d'Angers: participants
    Bilan du CNC 2006
    Tax-shelter : les producteurs contre-attaquent grâce à ING
    Lauréats du Prix Hohoa 2007
    Commission du Film Communauté française de Belgique: résultats de la 1ère session 2007
    12e Fonds d’aide au développement du scénario du Festival du Film d'Amiens: appel à candidature
    Résultats de la commission "Images de la diversité" du CNC
    Appel à candidature: i2i audiovisuel
    Forum sur le cinéma africain, "Tous les Cinémas du Monde", Cannes 2007
    "VoD contre cinéma ?", après-midi de l'Observatoire Européen de l'Audiovisuel
    Le cinéma français semble en péril vu de Suisse, dans Le Temps
    Recontres avec les producteurs francophones de Producers on the Move
    festival du Film Européen de Bruxelles: programme
    Paris Cinéma: programme
    Songes d'une nuit DV: programme




EVENEMENT

    4ÈME FORUM FRANCOPHONE DE LA PRODUCTION: APPEL À CANDIDATURES
 


CUISINES ET DEPENDANCES DES CINEMAS FRANCOPHONES

    REVUE DE PRESSE CANNOISE
 




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 Categories  
A la une   
  • > Cannes 2007: palmarès!

Cocorico francophone sur la Croisette: la palme revient à 4 mois, 3 semaines et 2 jours de Cristian Mungiu, adoubant ainsi une jeune génération, et l'indéniable vitalité du cinéma roumain, reconnaissance d'ailleurs doublée par le Prix Un certain Regard décerné (à titre malheureusement posthume) à Cristian Nemescu pour California Dreamin'. On le voyait venir, mais cette fois c'est confirmée: les roumains sont les nouveaux rois du monde (cinématographique).

Notons également que le palmarès n'a pas souri aux réalisateurs confirmés qui venaient tester leur dernier cru sur la Croisette: que ce soit Tarantino, Kusturica, Fincher, Wong Kar Waï ou les Coen (à la surprise générale d'ailleurs concernant ces derniers), tous sont repartis bredouille. La seule "figure" cannoise à avoir tiré son épingle du jeu des prix est Gus Van Sant, lauréat du Prix exceptionnel du 60ème, pour "sa carrière", et accessoirement pour Paranoïd Park, sa dernière livraison.

Au petit jeu des pronostics, le jury a certainement surpris son monde en ne suivant pas le vote des festivaliers, acquis aux Chansons d'Amour de Christophe Honoré. Les autres favoris, eux, ont été récompensés, en ordre dispersé.

Voici le palmarès:
- Palme d'or : 4 mois, 3 semaines et 2 jours de Cristian Mungiu, Roumanie
- Grand Prix : La Forêt de Mogari (Mogari no Mori) de Naomi Kawase, Japon
- Prix du 60e anniversaire (prix spécial) : Gus Van Sant et Paranoïd Park, Etats-Unis
- Prix d'interprétation féminine : Jeon Do-yeon dans Secret Sunshine (Corée)
- Prix du scénario : Fatih Akin pour De l'autre côté, Allemagne
- Prix de la mise en scène : Julian Schnabel pour Le Scaphandre et le Papillon, France
- Prix d'interprétation masculine : Konstantin Lavronenko pour Le Bannissement d'Andreï Zviaguintsev, Russie
- Prix du jury ex aequo : Persepolis, de Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud, France, et Stellet Licht (Lumière silencieuse), de Carlos Reygadas, Mexique
- Caméra d'or : Meduzot (Les Méduses), de Etgar Keret et Shira Geffen, Israel (Semaine de la critique)
- Palme d'Or du court-métrage : Ver Llover d'Elisa Miller (Mexique)

Cannes, ce sont aussi de nombreux prix, que voilà, en dehors du palmarès officiel:

Quinzaine des Réalisateurs
- Prix Regards Jeunes, remis à un 1er ou à un 2ème long-métrage: Control d’Anton Corbijn
- Prix Label Europa cinéma, Control d’Anton Corbijn
- Prix Art et Essai: Garage de Lenny Abrahamson
- Prix SACD du meilleur court-métrage francophone: Même pas Mort de Claudine Natkin (France)

Semaine internationale de la Critique
- XXY de Lucia Puenzo
- Prix de la SACD: Meduzot de Etgar Keret et Shira Geffen
- Grand Prix Canal + du meilleur court-métrage: Madame Tutli-Putli de Chris Lavis et Maciek Sczerbowski.

Jury FIPRESCI
- Prix de la Critique Internationale: 4 Mois, 3 Semaines et 2 Jours du Roumain Cristian Mungiu, Compétition Officelle; La Visite de la Fanfare d'Eran Kolirin, Un certain regard; Elle s'appelle Sabine de Sandrine BonnaireSemaine de la Critique.

- Prix du Jury œcuménique: De l’autre Côté de Fatih Akin

- 26ème Prix de la Jeunesse: La Visite de la Fanfare d’Eran Kolirin

- Prix de l'Education nationale: 4 Mois, 3 Semaines et 2 Jours du cinéaste roumain Cristian Mungiu.

- Prix France-Culture 2007: le réalisateur cambodgien Rithy Panh.


• > "Sembène le mécréant" par Olivier Barlet

Parmi les nombreux hommages rendus de toutes parts à Sembène Ousmane, voici le portrait dressé par Olivier Barlet pour www.africultures.com

L'Eléphant a eu une rage de dents, comme on dit en Côte d'Ivoire : le doyen des cinémas d'Afrique nous a quittés dans la nuit du samedi 9 juin 2007 à l'âge de 84 ans, des suites d'une longue maladie qui l'avait empêché de participer au Fespaco 2007. Portrait-hommage de celui qui se définissait lui-même comme un mécréant.



Rien ne prédisposait le jeune Ousmane à devenir le maître du cinéma africain. Sa famille, des pêcheurs de Zinguichor n'étaient ni nobles ni fortunés. Mais lorsqu'il naît en 1923, la Casamance vient juste d'être « pacifiée », après trois siècles de résistance active. Il grandit ainsi dans un monde dominé mais qui ne cesse de lutter pour son émancipation. Sembène fera écho à cette tradition de lutte dans son roman O pays, mon beau peuple (1957) et son film Emitaï (1971), inspiré du refus de la reine Aline Sitoe Diatta de s'acquitter de l'impôt en riz levé par les colons français.
La violence coloniale, Sembène s'y oppose dès son jeune âge. Sa gifle légendaire à son maître d'école pour protester contre une accusation non-fondée alors qu'il n'a que 15 ans le ramène à la dureté de la vie de pêcheur : « A la suite de mon renvoi, mon père m'a appris à pêcher et à fumer la pipe. » Formé à l'école de la vie, il sera maçon puis mécanicien à Dakar. En 42, il est mobilisé dans le 6è régiment d'Artillerie coloniale et découvre en Afrique et en Europe d'autres facettes de la colonisation. Revenu à Dakar en 46, il participe à la grève des cheminots du Dakar-Niger qu'il décrira plus tard avec brio dans Les Bouts de bois de Dieu (1960). Boat-people avant l'heure, il s'embarque clandestinement pour la France en 48, et devient docker à Marseille. Il se syndicalise à la CGT et entre au parti communiste en 1950. Il y restera jusqu'à l'indépendance du Sénégal.
Son engagement pour la lutte des classes, il le situe dans la culture : « Pousser les hommes à réfléchir sur leurs conditions d'existence ». Il prend parti dans son écriture, décrit son expérience de travailleur immigré dans Le Docker noir (1956) ou les hésitations d'un médecin africain voulant conserver les acquis de la médication traditionnelle dans L'Harmattan (1963). Mais il se rend vite compte de la faible influence de la littérature africaine en Afrique : « Le livre est limité par le pouvoir d'achat. L'image touche directement les gens, ce que ne peut pas le livre ». (1) Cette prise de conscience est un tournant : après une formation aux studios Gorki de Moscou, il tourne Borom Sarret en 1962. En 19 minutes de la journée dramatique d'un « bonhomme charrette » de Dakar, il réalise une sorte de manifeste de ce qu'allait devenir le cinéma africain : la mise en scène de gens simples plutôt que de héros, le choc entre l'ancien et le nouveau, la dénonciation de la corruption, des pouvoirs et des élites. Il inaugure un programme : partir à la reconquête de l'espace africain et des valeurs pouvant soutenir l'indépendance. Le cinéma, disait-il, devrait être « l'école du soir » de la jeunesse africaine.
Ecole de la contestation, son cinéma s'attaque aux corruptions des pouvoirs, à la nouvelle bourgeoisie, à la bureaucratie. Niaye (1965) décrit l'hypocrisie des chefs coutumiers, Le Mandat (1968), qui décrypte les rouages pipés de la société sénégalaise à travers les déboires d'un homme ordinaire pour toucher un mandat venu de France, est un appel à « changer tout cela », tandis que Xala (1976) montre, à travers un bourgeois qui ne peut « consommer » son nouveau mariage, l'impuissance des privilégiés à résoudre les problèmes du pays.
Ecole de l'émancipation, ses films témoignent de sa préoccupation face à la situation de la femme. La Noire de... (1966) est une extraordinaire méditation sur l'asservissement à travers le destin tragique d'une femme de ménage embauchée par des Blancs. Dans Emitaï et Ceddo (1978), il met en scène des femmes libératrices. « En Afrique, me disait-il, ce n'est pas la femme qu'il faut libérer mais c'est la femme qui doit libérer l'homme ! » Telle fut sa vie et ce sera le sujet de ses derniers films. En 2000, avec Faat Kiné, il débute une trilogie sur « l'héroïsme au quotidien », dont les deux premiers volets sont consacrés à la condition de la femme africaine. Le troisième, La Confrérie des Rats, était encore en préparation. Faat Kiné est une personnalité moderne qui élève seule ses enfants après que son mari l'ait abandonnée. Le second volet, Moolaade (2003), épique et puissant, fera le tour du monde. Quatre fillettes fuient l'excision et trouvent refuge auprès de Collé Ardo (Fatoumata Coulibaly), qui leur offre l'hospitalité (le moolade) malgré les pressions du village et de son mari. Bel hommage à l'engagement d'une vie, le film remporte le prix du meilleur film étranger décerné par la critique américaine, le prix Un Certain Regard au festival de Cannes, le prix spécial du jury au festival international de Marrakech, etc.
Ecole de la démystification, ses films orchestrent un rejet violent de tout embrigadement religieux. Aucune religion n'y échappe : l'animisme quand il justifie la démission face aux exigences du colon dans Emitaï, l'islam quand il se fait hégémonique dans Ceddo, le maraboutisme charlatan dans Xala etc.
Sembène se définit lui-même comme un mécréant et l'inscrit en lettres rouges sur sa maison de Dakar ! Il milite contre vents et marées pour l'indépendance, la libération et l'unité africaine, et son message ne varie pas d'un poil. Il s'adresse à son peuple et se déclare peu concerné par le succès de ses films au Nord : « L'Europe n'est pas mon centre ! »
Avec Guelwaar (1992) qui s'oppose farouchement à l'aide occidentale, il livre une réflexion pour les générations à venir. Mais son constat est amer : « Après 40 ans d'indépendance, c'est la jungle ! » Loin d'être défaitiste, il témoigne d'un impressionnant espoir de changement et cite volontiers la phrase du philosophe Alain : « Le pessimisme est un mouvement d'humeur, l'optimisme une volonté ».
Cet espoir, il le fonde sur l'affirmation d'une indépendance africaine : « Sous la pression des médias, les Africains qui n'ont que boule de manioc à la main se mettent à parler eux-mêmes de mondialisation ! » En filmant la tragédie des tirailleurs assassinés au Camp de Thiaroye (1988) par l'armée française qui refusait de leur payer leur dû, Sembène convoque l'histoire pour affirmer une mémoire, celle des peuples opprimés qui puisent dans leur culture la dignité d'exister.
Le festival de Cannes lui rendait hommage en 2005 en lui demandant de tenir la prestigieuse leçon de cinéma réservée chaque année à un grand réalisateur du cinéma mondial. (2) Fidèle à lui-même, il ne se départit pas de son franc-parler. Il déclarait notamment : « Je souhaite qu'il y ait des ruptures entre les francophones et la France. Les textes signés ne sont pas valables. Quand vous partagez un lit avec quelqu'un, dites-lui où se trouve votre abcès. » Cela n'empêchera pas la France de lui décerner l'année suivante la Légion d'honneur. Sembène, lui, continuait de rêver de dépeindre au cinéma la vie de Samory Touré, souverain mandingue du Wassoulou qui avait combattu la colonisation - un film avec figurants et costumes nécessitant un budget qu'il ne put jamais réunir.
Dans ses conseils aux jeunes cinéastes du Média Centre de Dakar, (3) il insistait sur la nécessité de l'apprentissage : « Apprendre, toujours apprendre ! Même à mon âge, je continue d'apprendre. » Nous aussi, nous n'avons cessé d'apprendre de lui. C'est un baobab qui s'est couché, le premier grand cinéaste d'Afrique, militant infatigable, pionnier et porte-parole, pour beaucoup un père, pour d'autres le symbole d'une époque, en tout cas un précurseur. Son caractère était légendaire, exigeant comme il l'était pour lui-même, craint par les acteurs mais qui les fascinait tout autant. Un créateur. Un extraordinaire mécréant.

Extraits d'entretiens

Sembène et la commémoration de l'esclavage

Aurez-vous envie de commémorer les 150 ans de l'abolition de l'esclavage ?
Qui va la commémorer ? Sous quel angle ? Qu'est-ce que l'Europe va bien pouvoir commémorer ? L'arrêt de l'horreur ? Les rois l'ont restaurée, la République l'a continuée... L'Abbé Grégoire ? Il a été candidat à Saint-Louis mais n'a pas été élu. C'est aux Africains de faire l'analyse de la période de l'esclavage. Même cela, on est en train de leur ravir ! Jusqu'à quel degré des Africains ont-ils participé à cette pratique ? Et le monde arabe ? Elle se pratique encore : des enfants qu'on va vendre clandestinement ! Je voudrais que les Africains aient le courage de l'analyse, mais sans donner la parole à l'Occident : qu'il ne soit que témoin.

De même que le prêtre de Ceddo n'a jamais la parole...

Sa présence suffit ! Avec son accoutrement, on sait qu'il est là. Pourquoi le faire parler ? Pour dire quoi ?

Jacques Lang a indiqué qu'il faudrait que l'Occident demande pardon...

Le Pape est venu à Gorée pour demander pardon : c'est déjà fait ! Pourquoi les Occidentaux passent-ils leur temps à demander pardon ? Au nom de qui ? Je dis aux Africains : vous pouvez pardonner mais vous ne pouvez pas oublier. C'est la culture d'absolution occidentale qui fait demander pardon. Je ne les crois pas ! Les Africains ont été les complices à tous les niveaux de cette chaîne de l'esclavage, mais quand vous dites ça, ils se fâchent !

Vous n'avez pas l'impression que les choses sont mûres aujourd'hui pour que ces questions soient posées ?

L'homme et toujours mûr s'il sait faire travailler sa pensée. Cela voudrait dire qu'hier nous n'étions pas mûrs. Après-demain, on sera pourris alors ?

Sembène et l'écriture

Travaillez-vous d'abord sur le livre ou sur le film ?

Je travaille sur les deux et c'est ce qui est difficile. L'un agit sur l'autre. Je travaille par exemple depuis une semaine sur une petite scène. Sur le plan littéraire, c'est gagné mais sur le plan cinématographique, j'y travaille encore car c'est difficile : quelques secondes à trouver. Ce n'est plus de l'émotion : c'est un cadre mathématique pour arriver à dire les choses. Tout en gardant en tête que je m'adresse au paysan du Sénégal comme à celui du Limpopo !
Qu'est-ce qui est le plus difficile : écrire ou filmer ?
Filmer est très difficile : outre le travail du scénario, il faut courir trouver l'argent, les acteurs, les costumes, procéder aux répétitions. Alors que pour écrire, tout se passe dans ma tête : j'ai le décor que je veux, les acteurs, l'expression, les qualificatifs que je veux.

Et quel est votre film préféré ?

Le prochain que je vais faire !

Les liens vers tous les articles consacrés à Sembène Ousmane sur Africultures: http://www.africultures.com/index.asp?me ...


• > Naissance du European Film Commissions Network

Les commissions pour le cinéma européennes ont décidé de s'unir en une association qui siègera à Bruxelles afin de se rencontrer régulièrement, d'échanger des expériences et de promouvoir les initiatives conjointes.

La proposition a été formulée lors de la première assemblée du European Film Commissions Network (EuFCN), qui vient de se tenir à Cannes et à laquelle ont participé 50 commissions. Le programme complet du European Film Commissions Network sera défini après l'élection du conseil de direction, l'automne prochain.

Parmi les activités à entreprendre proposées au cours de l'assemblée, on peut citer : des réunions d'échange, la mise en place d'instruments d'information destinés aux producteurs, le partage d'expériences pratiques, des études de marché, une présence commune lors d'événements importants. L'association devra en outre porter à l'attention de la Commission européenne, des institutions publiques et des représentants de l'industrie du cinéma l'important impact économique qu'a le travail des commissions.

Source: www.cineuropa.org




Echos-phonie   
  • > La Lituanie rejoint Eurimages

Depuis la fin du mois de mai, la Lituanie est devenue le trente-troisième État-membre d'Eurimages, fonds de soutien à la coproduction, la distribution et l'exploitation du cinéma européen mis en place par le Conseil de l'Europe.

Le représentant lituanien au Conseil d'Eurimages est le cinéaste Audrius Stonys, également membre de l'Union des réalisateurs lithuaniens. Sa suppléante est la productrice établie Uljana Kim, membre de l'Association lithuanienne des producteurs indépendants.

“C'est une opportunité merveilleuse pour tous les producteurs lituaniens que d'adhérer à Eurimages parce que l'industrie du film lithuanienne recueille très peu d'aides publiques (1,8M € pour l'ensemble du secteur) et aucun soutien des diffuseurs. Faire partie du Programme MEDIA et maintenant d'Eurimages est essentiel pour nous permettre de produire des projets", souligne Kim.

La Lituanie, qui est pourtant le plus grand des trois États baltes, est le plus petit en termes de production cinématographique. Trois films seulement y ont été produits en 2006, dont You am I, produit par Kim pour Kristijonas Vildžiūnas et projeté dans la section Un Certain Regard de Cannes 2006.

Source: Annika Pham pour www.cineuropa.org


• > Bruxelles prolonge le régime des aides à la production

Aujourd'hui, la Commission européenne a adopté un texte prolongeant jusqu'au 31 décembre 2009 l'application des règles actuelles relatives au financement public des oeuvres cinématographiques et audiovisuelles. Le texte en question confirme les règles mises en place en 2001 et 2004 afin d'encourager l'industrie du cinéma européenne.

Neelie Kroes, commissaire à la concurrence, a expliqué : "Notre objectif est d'assurer que le contrôle des aides publiques continue de garantir des conditions optimales et équitables pour la création artistique et culturelle dans le secteur du cinéma et de l'audiovisuel de l'Union".

"La décision de ce jour, qui suit de près l'accord Télévision sans frontières, offre aux Etats membres et aux investisseurs la sécurité juridique nécessaire pour continuer à investir dans les films, les séries télévisées et d'autres oeuvres audiovisuelles européens", a ajouté Viviane Reding, commissaire européenne aux Médias et à la Société d'information.

"Cette décision, a expliqué Reding, montre à toutes les parties concernées les mesures à prendre en vue de la définition des règles futures, afin d'améliorer encore l'équilibre entre le défi de promouvoir la diversité et la nécessité de renforcer la compétitivité de l'industrie de l'audiovisuel".

La prorogation décidée aujourd'hui signifie que la Commission continuera à appliquer les critères actuels pour évaluer la compatibilité des programmes d'aides publiques des États-membres. Ces critères, très favorables à l'industrie, ont été établis dans la "communication sur le cinéma" de 2001 et étendus en 2004 pour une expiration prévue à la fin du mois de juin 2007. Le régime confirmé aujourd'hui pour durer jusqu'en 2009 devra prendre en compte les résultats d'une étude indépendante sur l'impact économique et culturel des réquisits existants concernant la "territorialisation", clause qui oblige les producteurs de certains pays à dépenser une partie du budget du film dans l'État qui lui fournit des aides.

La Commission consent aux États membres d'imposer cette clause jusqu'à 80% du budget total des films, ce qui signifie que les producteurs sont libres de dépenser au moins 20% du budget en dehors du pays financier sans subir de réduction des aides. Selon la Commission, cette clause est justifiée par la nécessité de préserver les talents locaux. Les résultats préliminaires de l'étude sus-mentionnée seront examinés à Bruxelles le 6 juillet 2007 ; les résultats définitifs seront fournis à la fin de l'année.


• > Nouveau programme de soutien à la numérisation pour Eurimages

A compter de la prochaine date limite fixée au 27 août 2007, les producteurs ayant bénéficié du soutien d'Eurimages à la coproduction pourront déposer une demande de soutien à la numérisation.

Le programme de soutien à la numérisation concerne la production d'un master numérisé au format 2K destiné à la projection numérique en salles, à la vidéo à la demande, à la diffusion par satellite et sur internet en haute résolution.

Les producteurs de films soutenus par Eurimages peuvent déposer une demande de soutien à la numérisation dès l'achèvement de la copie zéro. Le montant maximum de ce soutien est de 10 000 € ou de 80% du coût total de numérisation (Règles de soutien).

http://www.coe.int/T/DG4/Eurimages/Defau ...


• > Ateliers d'Angers: participants

Nés à l’initiative de Jeanne Moreau, les Ateliers d’Angers s’adressent à de jeunes réalisateurs ayant à leur actif un ou plusieurs courts métrages et se préparant à réaliser leur premier long métrage de fiction.
Cette formation est destinée à leur apporter un soutien décisif au moment de leur passage du court au long métrage.

Ils accueilleront du 15 au 22 juillet les participants suivants:
- Mehdi Ben Attia (Tunisie) pour Le Fil, Mille et une productions
- Guillaume Brac (France) pour Un cas isolé, Kazak Productions
- Agnès Feuvre (France) pour Entre chien et loup, Why Not Productions
- Nicolas Guicheteau (France) pour Eden Roc, Shellac Sud
- Show Chun Lee (Taïwan) pour Shangai Belleville, Charivari
- Teddy Lussi (France) pour Un vrai gitan, Kazak Productions
- Nicolas Provost (Belgique) pour L'Envahisseur, Versus Production

http://www.premiersplans.org/premierspla ...


• > Bilan du CNC 2006

Véronique Cayla a présenté lors du dernier Festival de Cannes le bilan du CNC pour l'année 2006.

Les faits marquants sont les suivants:
- En 2006, la part de marché des films français s’établit à 44,7 %. Elle n’avait pas été aussi élevée depuis 1984. Pour la première fois depuis 1986, les films français réalisent plus d’entrées que les films américains. La fréquentation totale progresse de 7,6 % par rapport à 2005 et atteint
188,67 millions d’entrées. Les Bronzés 3 – amis pour la vie occupe la première place au box-office 2006.
- 203 films de long métrage ont obtenu l’agrément du CNC au cours de l’année 2006, soit 37 films de moins que l’année précédente et le même nombre de films qu’en 2004. Depuis 2001, le niveau annuel de la production française oscille autour de 205 films agréés dont 170 d’initiative française.
- En 2006, 4 082 heures de programmes audiovisuels bénéficient du soutien financier accordé par le CNC (+4,5%). Cette hausse du volume produit profite à l’animation (+151 heures) et au spectacle vivant (+80 heures).
- En 2006, 589 films sont distribués en première exclusivité, soit 7,1 % de plus qu’en 2005. Cette hausse est notamment imputable aux films américains (+25 films).

L'intégralité du Bilan est consultable à l'adresse suivante: http://www.cnc.fr/Site/Template/T8.aspx? ...


• > Tax-shelter : les producteurs contre-attaquent grâce à ING

Si plus de 35 millions d'euros ont été levés grâce à la législation du tax-shelter depuis sa création, les producteurs ont souvent manifesté leurs inquiétudes, regrettant que cet argent n'ait pas plus servi aux talents et à l'industrie du cinéma belge. Sont visées les dérives engendrées par les sociétés intermédiaires, qui, outre la perte de nombreux capitaux, ont stimulé le système vers la rentabilité des investissements au détriment du secteur audiovisuel.

Pour travailler sans faire appel à ces sociétés intermédiaires, certains, comme Les Films du Fleuve et Versus Production se sont associés pour créer leur propre société intermédiaire, Inver Invest. D'autres recherchent eux-mêmes leurs investisseurs. Mais voilà que sous l'impulsion des deux unions de producteurs, représentées par Patrick Quinet pour les francophones (Artémis Productions) et Peter Bouckaert du côté flamand (MMG NV), la banque belge ING lance avec Tax Shelter Partners, le premier produit bancaire en la matière, qui devrait être opérationnel en septembre 2007. Il s'agit du « premier produit financier issu des producteurs avec le partenariat d'une banque» saluait Peter Brouckaert tandis que Patrick Quinet en soulignait l'importance : «un outil nécessaire pour que l'audiovisuel belge respire un peu et évite les dérives».

Tax Shelter Partners, société coopérative composée de représentants de la banque ING et de membres du secteurs audiovisuel, sera donc une double interface, intermédiaire entre les investisseurs et les producteurs. La banque belge, en proposant ce nouveau produit bancaire à ses clients, sert d'opérateur, garantit les prêts et autres investissements et permet de minorer toutes sortes de déperditions d'argent dues aux mouvements financiers. Et du côté des professionnels, c'est le soulagement : ils ne perdront plus les droits de leurs films et pourront continuer, sans exclusivité, à faire appel de leurs côtés à d'autres investisseurs. Surtout, et c'est sans doute le point le plus marquant de cette initiative, ING Belgique et Tax Shelter Partners seront soumis à une charte déontologique qui prévoit une sélection en fonction de critères objectifs et non artistiques, le respect d'un certain nombre de conditions pour bénéficier du système, la réduction des frottements financiers, la transparence des opérations... Chacun devrait ainsi avoir sa chance, quelque soit la viabilité ou la rentabilité du projet, qu'il s'agisse d'un film d'art et essai ou d'un film commercial.

Source: Anne Feuillère pour www.cineuropa.org


• > Lauréats du Prix Hohoa 2007

Pour la cinquième année, RFO organisait le concours du meilleur scénario de fiction de court-métrage d’Outre-mer : Les HOHOA. Les lauréats ont été proclamés à l'occasion du dernier Festval de Cannes.

Lauréats 2007:
- Heiremu Pinson pour Mother and son (Polynésie)
- Nadia Charlery pour Ti coq (Martinique)

Prix spéciaux du jury:
- Michaël Gammalame pour Heures d’ici et de là-bas (Guadeloupe)
- Gary Pierre-Victor pour Négropolitains (Guadeloupe)

Plus d'infos sur: http://litteratures-outre-mer.rfo.fr/ ...




Commissions de selection   
  • > Fonds Images Afrique: résultats de la commission de juin 2007

23 dossiers ont été présentés dans la catégorie " Cinéma" lors de la commission de juin 2007 du Fonds Images Afrique, dont 10 ont été retenus :

Aide à la réécriture
- Viva Riva, Djo Munga, Suka, RD Congo

Aide à la production
- Pim Pim Tché, Jean Odoutan, Tabou Tabac Film, Bénin
- Bayiri, Pierre Yaméogo, Les Films de l’Espoir, Burkina Faso (après réécriture)
- Hôtel Teranga, Henri Henriol, La Case a Film, Sénégal
- Kuumba Teen Bii, le secret du puits, Oumar Balla Ndiaye, Waww Studio, Sénégal

Expertise en scénarisation
- En attendant le Vote, Missa Hebie, Faso Film, Burkina Faso
- Kuumba Teen Bii, le secret du puits, Oumar Balla Ndiaye, Waww Studio, Sénégal

Aide à la finition
- Nothing but the thruth, Devenish Ross, Jazz Spirit, Afrique du Sud
- Mah Saah-Sah (Bamoun Love), Daniel Kamwa, DK7 Communications, Cameroun
- Paris à tout prix, Joséphine Ndagnou, Soba Film, Cameroun
- Europe by road, Joseph Ubaka Ugochukwu, Karr Ressources, Nigeria

Plus d'infos: http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/actions ...


• > Sodec: aide aux producteurs privés

La Société de développement des entreprises culturelles (SODEC) complète son aide financière aux producteurs privés de longs métrages de fiction pour l’exercice 2007-2008 en assurant un soutien à huit (8) projets supplémentaires.
Voici la liste des cinq films en français et des trois films en anglais.

Films de langue française
- Dans une galaxie près de chez vous
Le capitaine Patenaude et son équipe nous entraînent dans leur quête d'une nouvelle planète pour héberger les Terriens. Humour rafraîchissant, absurde et purement québécois. Produit par Zone 3, scénarisé par Pierre-Yves Bernard et Claude Legault, réalisé par Philippe Gagnon et distribué par TVA Films.
- Le Grand Départ
Une comédie de mœurs signée Claude Meunier, qui en assure également la réalisation. Jean-Paul, 53 ans, pense qu'il peut complètement refaire sa vie, sans être poursuivi par ses démons du passé. Produit par Cinémaginaire et distribué par Alliance Atlantis Vivafilm.
- Il faut prendre le taureau par les cornes
Fred Pellerin, célèbre conteur de Saint-Élie-de-Caxton, nous raconte les déboires du pauvre Babine persécuté par le Curé Neuf. Un conte féérique aux accents à la fois modernes et paysans. Une réalisation de Luc Picard, produit par Cité-Amérique et distribué par Alliance Atlantis Vivafilm.
- Léo Huff
La vie d’un simple employé de bureau bascule lorsqu’il s'éprend d'une jeune femme sensuelle et délurée. Un film noir, écrit et réalisé par Sylvain Guy. Produit par GPA Productions et Christal Films pour le Québec et par Productions Grana pour le Nouveau-Brunswick.
- Polytechnique
Ce film sonde les tenants de la tragédie de "Polytechnique" et souhaite toucher le public par-delà le strict souvenir qu'il en garde. Scénarisé par Jacques Davidts et Denis Villeneuve, celui-ci en assumera la réalisation. Produit par Remstar et distribué par Alliance Atlantis Vivafilm.

Films de langue anglaise
- A Perfect Light
L’histoire d’une petite fille de quatre ans ayant perdu sa mère dans un accident de voiture. Cette adaptation de « Ponette », film réalisé par Jacques Doillon en 1996, est écrite par Billy MacKinnon et réalisée par Gillies MacKinnon. Entièrement tourné au Québec, il s'agit d'une coproduction tripartite Québec, France, Royaume Uni, produite et distribuée par Christal Films.
- Out of Z
Ce nouveau film de Manon Briand pose la question suivante : « Où vont les femmes pour atteindre l'orgasme? ». Son héroïne, une détective privée, réussira-t-elle à débusquer ce lieu mythique? Une production Max Films, une distribution TVA Films .
- Plainsong
À la suite du décès de son grand-père, une jeune femme tente de reconstituer la vie et la pensée de son aïeul. Une adaptation du roman éponyme de Nancy Huston, qu'elle co-scénarise avec Marcel Beaulieu et réalisée par Léa Pool. Co-produite par Zingaro Film (Québec) et Seven 24 Films (Alberta) et distribuée par Christal Films.

L’importance des investissements de la SODEC en 2007-2008, dont l’apport de 10 millions de dollars supplémentaires alloués au budget d’aide à la production de longs métrages, confirme la volonté gouvernementale de soutenir la production cinématographique de façon significative et d’assurer le dynamisme de l’industrie.

Pour l’exercice 2008-2009, l’échéance pour le dépôt des premières demandes d'aide à la production de longs métrages du secteur privé a été fixée au 12 novembre 2007.

http://www.sodec.gouv.qc.ca/medias_commu ...


• > Commission du Film Communauté française de Belgique: résultats de la 1ère session 2007

La Commission de sélection du film de la Communauté française de Belgique a annoncé les projets soutenus pour la 1ère session 2007. En voici la liste

Longs métrages, Aides à l’écriture
- Les chemins de la mémoire, (long métrage documentaire), José-Luis Penafuerte
Production : Man's Films Productions
- Je me tue à le dire, Xavier Seron
- Le miracle du lapin ressuscité, (long métrage de fiction), Damien Chemin
- Katanga, mineral business, Thierry Michel
Production : Les Films de la Passerelle
- Au-delà des dunes, (long métrage de fiction), Vincent Engel et Frédéric Dumont
Production : Dragons Films
- Fatwa, (long métrage de fiction), Mahmoud Ben Mahmoud

Longs métrages, Aides à la production
- Les Barons, (long métrage de fiction), Nabil Ben Yadir
Production : Entre Chien et Loup, Samsa Films, Liaison Cinématographique
- Le sel de la mer, (tournage terminé), Annemarie Jacir
Production : Tarantula
- Vents de sable, femmes de roc, (long métrage documentaire), Nathalie Borgers
Entre Chien et Loup, Liaison Cinématographique, Lotus Film (AT)
- Rumba, (tournage été-automne 2007), (long métrage de fiction), Fiona Gordon, Bruno Romy et Dominique Abel
Production : Courage mon Amour Films, RTBF, MK2 SA
- Séraphine, (tournage prévu en juin 2007), (long métrage de fiction), Martin Provost
Production : Climax Films (BE), France 3 Cinéma (FR), TS Production (FR)
- Vinyan, (long métrage de fiction), Fabrice Du Welz
Production: One Eyed
- Elève libre, (tournage à partir du 03 septembre), (long métrage de fiction), Joachim Lafosse
Production : Versus production, Mact Production, Ryva, Inver Invest

Courts métrages
- Un ami de Giacometti, Elisabeth Montlahuc
Production : Ambiances… JRM Production (FR)
- Karcher, Florent Sauze
Production : MGV Productions, Fondation Jacques Gueux
- En compagnie de la poussière, Jacques Molitor
Production : Frakas Productions
- Hudûd, Federico Ariu
Production : Amicam
- Harragas, Grégory Lecocq
Production: Ultime Razzia Productions
- La Vita Nuova, Arnaud Demuynck
Production : La Boîte, ...Productions
- J'y étais, le muret, Rodrigo Litorriaga

Production : Tarantula Belgique
- Les manches noires, Willy Kempeneers
Production : Studio Kemp

Documentaires, Aides au développement
- Loin de Rome, Mathias Desmarres
Production : Dragons Films
- Engage-toi…!?, Thomas Van Zuylen
Production : Ryva SPRL
- Le marquage du temps, Philippe Vandendriessche
Production : Les Films de la Mémoire
- Ex-Voto, Caroline D'hondt
Production : Cobra Films
- Volontaire, Sylvie Bonsangue
Production : Basta Cosi!
- Une vie contre l'oubli, Jérôme Laffont
Production : Sourat Films, CBA
- La seconde fugue d'Arthur Rimbaud, Patrick Taliercio
Production : Shonagon Films
- La Besa de Luce, Turi Finocchiaro et Nathalie Rossetti
Production : Tribu Films, Les Productions du Lagon, la RTBF
- Bailixiang, parfum d'une fleur lointaine, Aya Tanaka
Production : Cobra Films
- La chambre de Damien, Jasna Krajinovic
Production : Dérives

Films expérimentaux
- Pouchkine et compagnie, Marie André
Production :Cinquième Quartier asbl
- Vers les icebergs, Xavier Christiaens
Producteur : Ostrov asbl , WIP

Détails des résultats à l'adresse suivante: http://www.cfwb.be/av/


• > Greenhouse: appel à candidatures pour les documentaristes méditerranéens

Les documentaristes intéressés par la réalisation de documentaires longs métrages ont l'opportunité de poser leur candidature avant le 15 juillet 2007, en vue de participer à un programme de développement unique.

Pour sa deuxième édition, le projet Greenhouse commence à présent un programme intensif d'une durée d'un an comprenant trois séminaires de quatre jours chacun à destination des jeunes documentaristes et producteurs en herbe des pays MEDA: Algérie, Autorité palestinienne, Egypte, Israël, Jordanie, Liban, Maroc, Syrie, Tunisie et Turquie.

Une équipe d'experts internationaux et méditerranéens sélectionneront un maximum de 12 projets portés par 24 producteurs/réalisateurs, deux pour chacun des projets sélectionnés, pour participer au programme.

Les séminaires de Greenhouse aborderont tous les aspects de la réalisation de documentaires susceptibles d'être portés au grand écran. Chacun des projets participant sera suivi grâce à des sessions individuelles de tutorat directement accessibles sur le site Internet du projet si bien qu'à la fin de l'année, les participants disposeront d'un véritable projet de production entièrement développé. Ceci comprendra un scénario développé, un budget international détaillé, un plan financier ainsi qu'un plan stratégique de marketing et de distribution. Cette offre sera présentée à l'industrie cinématographique européenne et méditerranéenne ainsi qu'à des festivals internationaux.

Les candidats doivent être originaires et résidents d'un pays MEDA. Chaque couple de réalisateur/producteur devra participer aux trois séminaires sur une période d'un an. Le projet soumis pourra se trouver à n'importe quelle étape de développement, y compris au début de la phase de tournage.

Les participants sélectionnés se verront attribués une bourse qui couvrira les frais d'inscription, leurs frais de transport, d'hébergement ainsi que de nourriture durant les séminaires.

Le date de clôture des candidatures à été fixée au 15 juillet 2007.

Plus d'infos: http://www.euromedaudiovisuel.net/newsde ...


• > 12e Fonds d’aide au développement du scénario du Festival du Film d'Amiens: appel à candidature

L’aide au développement du scénario du Festival international du film d’Amiens a un objectif: financer le développement de l’écriture des meilleurs projets de long-métrage du Sud et aider les auteurs à encore mieux défendre leur projet. La 12ème édition se tiendra les 14 et 15 novembre prochains.

L’ensemble des projets reçus sera soumis à un comité de pré-sélection composé des responsables du Fonds d’aide au développement du scénario et de lecteurs professionnels.

Les 15 à 20 projets sélectionnés seront défendus par les auteurs/réalisateurs, accompagnés de leurs producteurs, devant un jury international de professionnels du cinéma - particulièrement compétents dans le domaine des co-productions avec les pays du Sud - et en présence d’un public de professionnels principalement composé de producteurs, distributeurs, organismes de financement...

Après avoir entendu tous les projets sélectionnés, le jury annoncera la liste des quatre projets dont le développement sera financé.

La date limite d'inscription est fixée au 31 août 2007.

PLus d'infos sur: http://www.filmfestamiens.org/spip.php?r ...


• > Résultats de la commission "Images de la diversité" du CNC

Parmi les œuvres présentées par le CNC, ayant obtenu préalablement une aide sélective du Centre, les projets suivants ont été retenus par les membres de la commission

Au titre d’une aide complémentaire à l’écriture
- Droit de cité, série audiovisuelle de Jean-Michel Dissard et Lamia Guellati

Au titre d’une aide complémentaire au développement
- Carte de séjour, fiction cinématographique de Mohamed Camara (Films Alyne)
- Cuisines sociales, documentaire audiovisuel de Lise Leboeuf et Eléonore Gachet (Umédia)
- La Réparation, documentaire cinématographique de Laurence Petit-Jouvet (Athenaïse)
- Promesses et mensonges, documentaire cinématographique de Claude Mouriéras (Agat Films)
- Terrain miné, fiction cinématographique de François Rossini (22 Juillet)
- Trottoir chagrin, fiction cinématographique de Luc Saint Eloi (Beta Prod) ;

Au titre d’une aide complémentaire à la production
- Aliker, fiction cinématographique de Guy Deslauriers (Kréol Productions)
- Au cœur de la folie, documentaire cinématographique de Roshane Saidnattar (PMP Morgane)
- Entre les murs, fiction cinématographique de Laurent Cantet (Haut et Court)
- L’agneau, fiction cinématographique de Thomas Bardinet (Les films de la Capucine)
- Le Pays à l’envers, documentaire cinématographique de Sylvaine Dampierre (Atlanfilms)
- Louise Michel dans le 93, documentaire audiovisuel de Marion Lary (Neri Productions)
- Poussières d’école, documentaire cinématographique de Malek Bensmail (Unlimited)
- Un si beau voyage, fiction cinématographique de Khaled Ghorbal (Yoko Films)

Au titre d’une aide complémentaire à la distribution
- Sempre Vivu, fiction cinématographique de Robin Renucci (Shellac/Agora Films);

Concernant les projets présentés par le CNC, la commission a donc émis 16 avis favorables et proposé une décision pour un montant de 445 600 €.

Lors de cette séance, 24 demandes au total ont ainsi été retenues sur l’ensemble des projets présentés par le CNC et l’agence nationale pour la cohésion sociale et l’égalité des chances (ACSÉ), pour un montant global de plus de 775 000 €.

http://www.cnc.fr/Site/Template/T11.aspx ...


• > Appel à candidature: i2i audiovisuel

L'appel EACEA 11/2007 - i2i audiovisuel est paru. Destiné à faciliter l'accès des entreprises de production indépendantes européennes aux financements accordés par les banques et les institutions financières, il subventionne une partie partie du coût des assurances, de la garantie de bonne fin et des frais bancaires.

Le montant global de l'enveloppe pour cet appel s'élève à 1 million d'euros. Le montant minimum de la contribution MEDIA s'élève de 5000 euros par projet à 50.000 euros, dans la limite de 50% des coûts éligibles. Sont concernés tous les projets de fiction (50' minimum), d'animation (24') documentaire (25') s'ils ont une participation européenne significative et dont le ou (les) contrats d'assurance, de bonne fin ou de financement ont été signés entre le 1er janvier et le 30 juin 2007 (si le contrat est antérieur, seuls seront pris en compte les coûts à partir du 1er janvier 2007). Le premier jour du tournage ne peut avoir eu lieu avant le 1er janvier 2007.

Dans le cadre de cet appel, une même société peut soumettre au maximum deux projets.

Les soutiens sont attribués en fonction d'une grille de points accordés aux projets selon différents critères : avoir bénéficié d'un soutien au développement MEDIA Plus, d'un crédit de financement bancaire, provenir d'un pays à faible capacité audiovisuelle ou d'un pays de l'élargissement, présenter une réelle dimension européenne (coproduction), avoir un vrai potentiel de distribution international…

La date limite de dépôt de candidature est le 6 juillet 2007.

Plus d'infos: http://ec.europa.eu/information_socie ...


• > Appel à candidature: Prix du meilleur projet de film documentaire sur les droits humains et la liberté de la presse.

L'association SEMFILMS Burkina, organisatrice du festival « ciné droit libre », porte à la connaissance des cinéastes et étudiants en cinéma et journalisme qu'elle lance un prix qui récompense le meilleur projet de film documentaire sur les droits humains et la liberté de la presse. D'une valeur de deux Millions Cinq Cent Mille (2.500.000) Francs CFA, ce prix vise à soutenir la production du meilleur projet qui sera retenu. Il sera remis lors de la troisième édition du festival « Ciné Droit Libre » qui se tiendra du 4 au 8 juillet 2007 à Ouagadougou.

Le règlement intérieur du prix peut être téléchargé sur le site web : www.semfilms.bf ou demandé par courriel à semfilms@semfilms.bf

Le délai de dépôt des dossiers de candidature est fixé au 25 juin 2007. Les dossiers peuvent être proposés par courriel à l'adresse : semfilms@semfilms.bf ou déposés sous plis fermé avec la mention « concours du meilleur projet documentaire sur les DH et la LP » au Secrétariat du Centre Culturel français Georges Méliès.

www.semfilms.bf


• > Cinéma en mouvement 3

Le Festival International du Film de Donostia–San Sebastián, le Festival International du Film d’Amiens et le Festival International de Films de Fribourg ont lancé en septembre 2005 Cinéma en Mouvement, un nouveau rendez-vous professionnel annuel pour les cinéastes du Maghreb et des pays africains de langue portugaise.

Cinéma en Mouvement 3 aura lieu à San Sebastián le lundi 24 septembre 2007, et présentera deux nouveautés importantes :
- Le programme sera composé exclusivement de longs métrages en fin de tournage ou en phase de post-production.
- Cinéma en Mouvement sera ouvert à des nouvelles cinématographies : désormais des réalisateurs d’Egypte, Jordanie, Liban, Palestine et Syrie pourront présenter leurs candidatures au même titre que ceux d’Algérie, Maroc, Tunisie et les pays africains lusophones.

Avec Cinéma en Mouvement, nous continuons d’explorer de nouvelles voies permettant de faire aboutir des films non encore terminés et de servir de pont efficace entre professionnels, entreprises et institutions de ces pays d’Afrique, Moyen Orient, Europe et Amérique latine.

Les réalisateurs et/ou producteurs des films sélectionnés auront la possibilité de défendre leurs films auprès des professionnels de tous les secteurs, inscrits au Sales Office de San Sebastian.

Cinéma en Mouvement propose :
- un espace spécifique aux professionnels de ces pays dans le cadre du Festival de San Sebastian et de son Sales Office, pour mieux mettre en lumière leurs activités ;
- une dimension européenne de ce rendez-vous par une étroite collaboration avec les festivals d'Amiens (France) et Fribourg (Suisse), ainsi que le partenariat avec des institutions espagnoles, françaises, suisses et portugaises;
- une opportunité pour les films en fin de tournage et en post-production d’aller de l'avant jusqu'au public en combinant projections exclusivement réservées aux professionnels et aides matérielles accordées par les industries techniques ;
- des nouvelles perspectives de diffusion et contacts entre l’Afrique et l’Amérique latine en partenariat avec le Festival de Cinéma Africain de Tarifa.

Plusieurs aides concrètes sont prévues dans le cadre de Cinéma en Mouvement 3:
- Un des films proposés recevra du CNC français la somme de 15.000 euros destinée à sa post-production en Europe. Des prestations de mixage à hauteur de 15.000 euros seront offertes par l’auditorium de mixage Mactari à Paris. Titra Film offrira le sous-titrage français et Mikros Image une prestation en post-production à définir en fonction des besoins concrets du film choisi. Le Festival d’Amiens, enfin, offrira une copie 35mm.
- Un des films proposés recevra le Prix de Swiss Effects et Kodak Suisse consistant en un kinescopage (transfert du support numérique à une copie 35 mm, dont la valeur approximative est de 30.000 euros). Titra Film offrira le sous-titrage français. Le Festival de Fribourg, quant à lui, offrira une copie 35mm du film.
- Le Centre Cinématographique Marocain proposera une prestation en post-production à définir en fonction des besoins concrets du film choisi.
- Les cinéastes invités à présenter leurs films à Cinéma en Mouvement auront la possibilité de faire partie ensuite de deux tournées annuelles, l’une en Amérique latine, organisée par les festivals de San Sebastian et Tarifa, et l’autre dans le réseau international de l’Institut Cervantes.

Date limite d’inscription des candidatures et réception du matériel au Festival International du Film de Donostia-San Sebastián: 13 juillet 2007

www.sansebastianfestival.com/2007 ...




Rencontres professionnelles   
  • > Leçon de cinéma, Newton Aduaka, Cannes, 22 mai 2007

Le pavillon des Cinémas du Sud accueillait cette année deux leçons de cinéma, toutes deux édifiantes en leur genre. Si l'équipe de www.cinemasfrancophones.org a pu assister à celle de Newton Aduaka, dont vous trouverez une retranscription ci-dessous, nous n'avons malheureusement pas pu assister à celle de Gaston Kaboré, dont nous essaierons de trouver un compte-rendu pour la prochaine lettre d'information. Vous trouverez également dans la section "Vu dans la presse" un complément à la retranscription ci-dessous avec un article de Baba Diop pour Sud Quotidien.

Je suis parti à Londres pour devenir ingénieur. Je répondais ainsi à la « prédiction » de mes parents, qui m’ont prénommé ainsi en hommage à Isaac Newton. Pourtant, mon rêve était de faire de la musique.

En arrivant à Londres, j’ai retrouvé un ami passionné de cinéma. Je l’ai accompagné un peu par hasard à un entretien à la Film School de Londres. Ces quelques minutes ont produit chez moi une véritable révélation, et tout a trouvé un sens : la musique, la physique, le cinéma… Le cinéma rassemble tout ces domaines, en les cristallisant dans l’invention. La physique me passionnait, mais je ne me voyais pas travailler toute ma vie dans un bureau. Le cinéma m’a offert la créativité, et m’a permis d’aller au-delà de la rigidité de la connaissance et de la compréhension.

Ma vie a changé, je suis devenu une nouvelle personne. J’ai attrapé le virus du cinéma, c’est devenu une véritable obsession. J’allais à l’école avec des gens qui voulaient faire du cinéma depuis toujours, et j’ai dû rattraper mon retard en termes de corpus. J’ai commencé à visionner le plus possible. Le fait d’étudier dans une école internationale, où les étudiants venaient de partout sur la planète, m’a permis de m’ouvrir aux cinémas du monde, de découvrir des choses plus substantielles que le cinéma hollywoodien de l’époque. Je voulais tout savoir et tout comprendre, et me suis imposé un régime intégral de cinéma. Aujourd’hui, j’ai gardé cette obsession, et je cherche toujours à tout comprendre.

A l’école, j’étais tombé amoureux du son, même si au fond de moi je souhaitais être réalisateur. C’était une période compliquée pour moi, je me rendais compte que dans le monde professionnel, contrairement à ce qui se passait à l’école, on n’avait plus le luxe de tourner et d’écrire. L’école, c’est une sorte d’atelier géant, où l’on peut s’exercer. A l’issue de l’apprentissage, on doit envoyer un scénario aux chaînes de télévision, et les réponses de ces dernières, voire l’absence de réponse de ces dernières nous renvoient vite à la réalité. La transition entre le monde doré de l’école et la vraie vie est rude. On se retrouve tout seul pour faire face à l’industrie.

J’aimais la musique, et j’ai décidé de devenir ingénieur du son. J’ai commencé par participer à de petits documentaires, notamment avec une association, Migrant Media, qui s’intéressait à la problématique des migrants. J’ai compris à cette occasion que le cinéma pouvait être un outil au service des gens qui n’ont pas de voix. J’étais sur les plateaux de cinéma, mais je ne réalisais pas moi-même. Jean-Pierre Bekolo a alors entendu parler de moi, et m’a demandé de travailler sur Quartier Mozart. C’était un véritable challenge pour moi : un tournage en Afrique, en extérieur, dans une grande ville. Il allait falloir faire preuve de beaucoup d’imagination en termes de son. Pour moi, la prise de son doit être propre, pas trop parasitée, tout en rendant compte fidèlement de la réalité.

Avant de réaliser mon premier court métrage, On the Edge, j’ai beaucoup gambergé. J’avais entamé deux projets de courts métrages, que je n’avais jamais finis. J’étais en fait effrayé, j’écrivais beaucoup, et les refus que je recevais me donnaient de bonnes excuses pour ne pas tourner. J’ai pris conscience des mes envies et possibilités à un moment propice. Tout un mouvement se développait aux Etats-Unis, c’était un peu la revanche des indépendants, notamment avec la création de Sundance. Il s’agissait d’un mouvement collectif, qui rejetait l’aspect systématiquement commercial de Hollywood, qui s’engageait politiquement. Spike Lee notamment a été une véritable source d’inspiration pour moi, j’ai trouvé des modèles. Au Royaume-Uni, on ne s’intéressait pas aux cinéastes noirs. Pour les trouver, il fallait regarder en dehors de l’histoire officielle du cinéma.

A Noël 1995, j’ai décidé de prendre ma vie en main. Pour la première fois depuis longtemps, je suis retourné au Nigeria. J’ai tourné un court métrage, et j’ai tout de suite enchaîné sur un long. J’ai créé ma propre société de production, Granite Films.

Jean-Pierre Garcia : Quel est votre point de vue en tant que réalisateur ?

En tant que créateur, mon point de vue est celui d’un réalisateur africain de la diaspora. C’est de là que je parle. De fait, cela a informé mon point de vue sur la société anglaise. Les fictions qui y étaient faites ignoraient complètement l’existence des noirs. Ils étaient comme des arrière-pensées, jamais présents à l’écran. J’ai voulu m’intéresser à l’origine de la colère qui irradiait au sein de cette communauté. Pour moi, il s’agissait d’une colère née en interne. Cette violence était générée par la frustration. J’ai tourné Rage et On the Edge au Royaume-Uni, chez les ex-colons, qui se révélés ne pas avoir vraiment tiré un trait sur leur passé. J’avais l’impression que la société ne voulait voir que la violence des jeunes noirs, mais ne s’intéressait pas à ses causes. Ni aux jeunes noirs en tant que personnes. Le plus haut taux de suicide en Grande-Bretagne se trouve chez les jeunes hommes noirs, ce qui est révélateur de la détresse dans laquelle ils se trouvent. J’ai voulu illustrer l’intériorité de ce problème, ses sources psychologiques. J’ai voulu montrer que la violence est une conséquence directe de l’incapacité doublée de l’impossibilité d’exprimer ses frustrations. C’est une forme d’autodestruction, dérivant directement des systèmes d’éducation. Quand on n’encourage pas un jeune, quand on tue ses rêves à la racine…

Jean-Pierre Garcia : Vous avez déclaré : « Si je ne fais pas attention, le cinéma va briser mon cœur si je fais un autre film ».

Je suis extrêmement perfectionniste, et j’éprouve souvent de la frustration de ne pas pouvoir faire tout ce que je souhaite. Au commencement d’un projet, tout est très cérébral. Mais le cinéma reste un domaine très émotionnel, où l’on touche des zones de soi-même qu’il est souvent plus confortable d’ignorer.

Jean-Pierre Garcia : On retrouve dès On the Edge des éléments constitutifs de votre œuvre, comme la mémoire de l’Afrique, les troubles familiaux…

La mémoire est quelque chose d’assez insaisissable, qui vous joue des tours, qui triche. Particulièrement les souvenirs de votre maison, de votre lieu d’origine. On a l’impression, sans que ce soit raisonnable, qu’on pourrait être heureux là-bas, que c’est le seul endroit. L’origine, la maison, c’est romantique. Pourtant, quand je pensais cela, ironiquement, la guerre civile déchirait le Nigeria. Je joue avec mes souvenirs, mais mes souvenirs eux aussi jouent avec moi. Dans ce film, les images du passé sont en couleurs, alors que le présent est filmé en noir et blanc. La couleur évoque le « bon vieux temps », pourtant, c’est une mémoire sélective, romancée… Le présent lui est représenté dans toute sa brutalité, en noir et blanc. Ce film est à la base de tout mon travail. On y retrouve également une religion omniprésente, malfaisante. Cette religion, c’est le colonialisme, qui est encore présent dans la terre et dans les esprits. Ma caméra suit les émotions de mes personnages, les accompagne dans leurs mouvements. Certains des personnages évitent de regarder la réalité en face. Dans ces moments, tout se fige. Je ne fais pas de prédécoupage en amont, de liste de plans nettement déterminés. Tout ce qui m’intéresse, c’est de savoir combien de scènes je dois tourner chaque jour, à partir de là, sur le plateau, je travaille avec le directeur photo et les acteurs.

Jean-Pierre Garcia : J’aimerais que vous nous en disiez un peu plus sur votre travail avec les acteurs.

Le travail avec les acteurs, c’est l’étape ultime de la réalisation. Mon background de cinéma, c’est le néo-réalisme, un cinéma débarrassé de l’égo du réalisateur, avec une réelle empathie pour les gens, pour les personnages qui le peuplent. Pour Ezra, nous avons répété pendant 3 semaines. On déconstruit tout, on met nos âmes à nu. On essaie d’atteindre notre propre vision de la vérité. Les acteurs doivent certes s’ouvrir à la vision du réalisateur, mais le réalisateur doit faire de même. C’est une route à double voie. Tous les aspects techniques de la réalisation sont au service des personnages, des performances des acteurs. Je m’éloigne ainsi par exemple de la tradition du film noir, qui reste très rigide dans ses codes. Je suis un chasseur d’âmes. J’essaie de créer un espace où l’on arrive à se retrouver soi-même, on l’on travaille sans a priori.

Mariame Ndiaye (actrice dans Ezra)

Newton m’a engagée pour travailler avec lui alors qu’il ne m’avait jamais vue jouer. Nous avions juste discuté 10mn ensemble ici à Cannes. Il m’a fait totalement confiance. La base de notre travail, c’est de comprendre comment le personnage en arrive à ressentir de telles émotions. Il laisse à chaque acteur sa propre façon de travailler, sa voie pour trouver le chemin qui l’amènera au plus près de son personnage.

Emile Abossolo Mbo (acteur dans Ezra et Funeral)

Newton et moi avons la même façon de concevoir le métier d’acteur. Les acteurs vivent dans le cauchemar des autres. On nous dit ce qu’on doit penser, manger, dire, être. Etre un acteur, c’est chercher sa propre manière de rêver son monde, de se concevoir, de trouver sa vérité. Il s’agit d’aller au-delà des clichés. L’acteur est quelqu’un qui agit, pas qui subit. Un acteur, c’est tout sauf un politicien.

Jean-Pierre Garcia : Vous avez un rapport au son très particulier. Dans Ezra, la violence passe essentiellement par la bande-son, pas tant par l’image.

Le son n’est pas seulement là pour illustrer ou accompagner l’image. Il lui apporte une nouvelle dimension. Les musiques ont un langage, une parole. Elles amènent un contrepoint, ou illuminent une émotion. C’est une façon abstraite de créer des sensations. La bande-son de Ezra est composée à 90% de sons graves, il y a peu de mélodies. Le son est un espace où existent les images. Je ne cherche pas à souligner la violence, je la déteste. Mais je ne peux pas renier son existence, alors je lui apporte un contrepoint. Le son, c’est ce qui traduit les sentiments du réalisateur. Mes scénarios sont très précis, très méticuleux, mais ils sont relativisés, remis en cause au moment du tournage. On découvre de nouvelles choses, on change certaines options. Tout est toujours en mouvement, malléable. On cherche et on trouve constamment. Quand on écrit, on est dans le bi-dimensionnel, mais quand on tourne, on entre soudain dans le multi-dimensionnel. On se laisse aller aux expériences, aux ressentis. La rigueur revient lors du montage. Sur le plateau, on peut vivre des scènes, les créer. Le scénario y est une matière brute qu’il faut travailler.

Propos recueillis par Aurore Engelen

• > Forum sur le cinéma africain, "Tous les Cinémas du Monde", Cannes 2007

A l’occasion de la journée consacrée à l’Afrique dans la section « Tous les cinémas du monde » qui soufflait sa troisième bougie, un forum était organisé afin d’éclairer le public sur les conditions de la création cinématographique en Afrique, à travers les témoignages des quatre réalisateurs sélectionnés, et des représentants des principaux bailleurs de fonds européens des cinémas africains. Le public, essentiellement composé de jeunes cinéphiles venus découvrir avec intérêt et passion des cinémas qui leur étaient pour l’essentiel jusque là inconnus, a donc pu profiter de quelques réflexions éclairées sur la réalité des cinémas africains d’aujourd’hui.

Le coordinateur de la section, Serge Sobczynski, a justifié l’entorse faite à la règle (la section met généralement à l’honneur des pays, et non des continents), en expliquant que les productions nationales africaines ne permettaient pas nécessairement de monter une programmation (on notera d’ailleurs que l’Afrique du Sud, le Maroc et la Tunisie, les pays les plus prolifiques, si l’on excepte l’Egypte et le Nigeria, ont déjà eu droit aux honneurs de la section), mais qu’il est cependant crucial d’ouvrir une fenêtre aux cinématographies de ce continent. Il a d’ailleurs suggéré que la journée Afrique de « Tous les cinémas du monde » pourrait devenir un rendez-vous récurrent.

Place aux intervenants :

Jean-Pierre Garcia (Directeur du Festival International du Film d’Amiens et Directeur de publication du Film Africain et du Film du Sud)

A l’origine de tout film, d’où qu’il vienne, on retrouve un homme ou une femme de cinéma, qui veut dire sur l’écran sa créativité. Cette intention doit trouver les moyens de sa réalisation, et plus précisément, ceux financiers et techniques de produire le film. Il faut donc investir ou trouver de l’argent. Or, dans la plupart des pays africains, et plus particulièrement en Afrique subsaharienne, il est extrêmement difficile de trouver des financements locaux assez déterminants pour lancer le processus de production, si l’on excepte l’Afrique du Sud. Les réalisateurs et les producteurs sont donc amenés à chercher des ressources ailleurs, dans les pays voisins pour tout ce qui est matériel et possibilités techniques, et le plus souvent en Europe pour les financements en tant que tels.

Zeze Gamboa (O Heroi, Angola)

Chaque pays africain a ses spécificités, l’Afrique n’est pas un pays, mais un continent, on a donc plusieurs cultures, et les conditions de tournage sont corrélatives à ces différences.

L’Angola a acquis son indépendance en 1975, après des années d’un gouvernement marxiste qui soutenait institutionnellement le cinéma, et y consacrait donc des ressources financières. Cet état de fait s’est prolongé jusqu’en 1984. En 1992, le pays a connu ses premières élections libres. Une réflexion sur le soutien au cinéma a été engagée, et a pris de nombreuses années avant de déboucher sur un soutien concret. En 2002, pour la première fois depuis presque deux décennies, 3 longs métrages ont pu être produits avec de l’argent angolais, qui complétait des fonds attribués par la France et l’Union Européenne. L’un des trois projets a même réussi à obtenir de l’argent auprès de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), alors que l’Angola ne fait pas partie de l’OIF, ce qui n’était pas mon cas, j’étais donc très jaloux ! Cet argent nous a permis de compléter des budgets.

Ne crions cependant pas victoire, car depuis, il n’y a pas encore eu d’autres films. L’Angola pourrait soutenir de façon plus proactive le cinéma. N’oublions que le pays retire des ressources certaines de l’exploitation du pétrole. Soutenir le cinéma, c’est avant tout une question de volonté politique. J’ai le sentiment qu’avec ma caméra, je peux agacer, titiller le pouvoir. Elle a peut-être même plus de pouvoir qu’une mitraillette, car elle touche des choses plus profondes.

Pour en revenir au soutien au cinéma tel qu’il existait dans les années 70, il était le fruit d’une politique marxiste, le fait d’un parti unique qui visait à voir son idéologie traduite sur le grand écran. De fait, les cinéastes étaient contraints de s’autocensurer pour obtenir l’argent de l’état. Aujourd’hui, nous n’avons plus cet argent, mais nous sommes beaucoup plus libres de nous exprimer. Le grand chantier aujourd’hui, c’est de convaincre nos états de mettre en place de réelles politiques de soutien à l’audiovisuel.

Gahité Fofana (Un matin bonne heure, Guinée)

Le principal problème auquel nous sommes confrontés en Guinée, c’est qu’il n’y a pas d’industrie du cinéma. De fait, il n’y a ni techniciens, ni matériel. Il n’y a pas non plus de formation. Nous aussi, nous sommes en attente d’une réelle politique nationale de soutien au cinéma.

Question à Zeze Gamboa

Lorsque les marxistes étaient au pouvoir, y’avait-il des techniciens suffisamment formés pour soutenir l’industrie ?

Zeze Gamboa

Pendant la période marxiste, des techniciens français et européens issus de la Nouvelle Vague venaient soutenir la création cinématographique en Angola. Cela impliquait de fait une culture cinématographique. Aujourd’hui, des techniciens brésiliens viennent travailler en Angola, mais ces techniciens sont plus aguerris aux techniques télévisuelles, à l’esthétique des telenovellas. Du coup, on a des techniciens formés pour la télévision, mais pas pour le cinéma. A cet égard, nous sommes dans la même situation que la Guinée.

Mohamed Amin (journaliste « héros » de Mo and Me de Roger Mills et Murad Rayani, Kenya)

Le Kenya est dans une situation très différente. Il s’agit de l’un des pays les plus développés en termes d’industrie cinématographique. Pourtant, ce n’est pas du fait de la cinématographie locale, mais plutôt parce que le Kenya attire de nombreux tournages étrangers. Hollywood raffole de nos paysages. Le problème, c’est que les équipes de tournage américaines n’emploient évidemment pas les techniciens locaux. Elles ne croient pas en nos compétences.

De même, nos relations avec notre gouvernement sont très différentes. Au contraire de ce que je viens d’entendre, nous essayons de faire en sorte qu’il soit le moins possible impliqué dans le financement de nos productions. Leur participation compromettrait sans coup férir la qualité de nos productions, car le pays est gangrené par la corruption, et une ingérence politique serait à coup sûr source d’interférences dans notre créativité, et notre liberté d’expression. Nous serions contraints à créer de véritables véhicules pour leur propagande.

Nous travaillons donc auprès du gouvernement à d’autres niveaux. Nous ne cherchons pas à obtenir d’aide financière, par contre, nous tentons de faire faciliter l’importation de matériel, l’accès au territoire d’équipes de tournage étrangères. Nous demandons des concessions, des licences d’importation.

L’important, c’est que je pense que les africains sont mieux placés que quiconque pour faire des films dans et sur leur propre continent. Nous connaissons le terrain et le système, et pouvons donc en tirer profit.

Globalement, l’industrie locale s’élève à 2 à 3 millions de $ investis par an dans la production, si l’on excepte les tournages étrangers, bien sûr.

Jean-Pierre Garcia

C’est vrai qu’il y a autant de cas que de pays. C’est souvent lié à la situation politique. La Guinée sort d’une dictature, l’Angola d’une guerre civile… Gahité nous expliquait qu’il doit faire appel à des techniciens venus d’autres pays, parfois voisins comme le Burkina Faso ou le Sénégal.

Le Burkina Faso justement a une vraie tradition cinématographique, qu’un festival comme le Fespaco démontre tous les deux ans. Pourtant, c’est un petit pays, pas franchement riche. On y trouve des formations (IRIS, Imagine), une réelle volonté politique, des critiques de cinémas, des techniciens. Le Sénégal a lui aussi une tradition forte de cinéma, notamment avec son doyen Sembène Ousmane. Ce sont des pays importants pour le continent sur le plan cinématographique.

La Côte d’Ivoire était elle aussi bien placée il y a encore quelques années. Pourtant, le matériel audiovisuel devient vite obsolète, surtout dans des conditions climatiques telles que celles que l’on trouve en Afrique, et la Côte d’Ivoire, qui n’a pas renouvelé son stock, est déjà dépassée.

Pour continuer le tour d’horizon, le Cameroun et le Gabon ont eux aussi des productions régulières. Des pays comme la Centrafrique ou le Rwanda voient leur production se développer grâce aux nouveaux outils numériques. Bien sûr, il y a l’exemple sud-africain, dont nous reparlerons sûrement. L’Angola a mené une véritable politique productiviste dans les années 80, notamment en produisant des films ethnologiques sur les bushmans aujourd’hui oubliés. La guerre a balayé ce travail.

Question à Mohamed Amin

Si les films d’Afrique de l’Ouest sont parfois distribués dans les salles d’art et essai en France, on y voit beaucoup plus rarement les productions anglophones. Est-ce que ceux-ci sont distribués dans les pays occidentaux anglophones comme les Etats-Unis ou le Royaume-Uni ?

Mohamed Amin

Non, on ne voit quasiment rien, ni aux Royaume-Uni ni aux Etats-Unis. Nos films sont essentiellement vus localement, et notre plus gros problème, c’est bien de les distribuer à l’extérieur de notre territoire. C’est d’ailleurs la première fois que l’on voit un film kenyan à Cannes. Nous devons mettre en place un réel circuit de distribution, même sur notre propre continent. Si nous importons des films africains, cela ne va pas dans les deux sens.

Question à Zeze Gamboa

Zeze, êtes-vous satisfait de la diffusion de vos films en Afrique et en Europe ?

Zeze Gamboa

Le problème en Afrique, c’est qu’il y a très peu de salles. Dans mon pays en Angola, c’est l’Eglise qui rachète les salles pour les réaménager. Elles sont devenues un enjeu immobilier trop lourd à assumer pour les exploitants. La situation est complexe également dans les autres pays. Il faut repenser et reconstruire le circuit d’exploitation. En dehors du continent, ce n’est pas facile non plus. Le monopole des USA sur le marché est dur à concurrencer. Pour les films angolais, le public « naturel » en Europe serait le Portugal, mais c’est vraiment un petit marché, où les USA ont une mainmise quasi totale. Pensez-donc, si la France a déjà du mal à s’imposer, qu’est-ce que ça peut bien être pour nous !

François Belorgey (service audiovisuel, Ministère français des Affaires Etrangères)

Le vrai nœud du problème, c’est la circulation, la diffusion et l’exploitation des films. Pourtant, on note une vraie attente du public africain, qui a une soif d’images africaines. Au Burkina, les 15 salles qui subsistent le font car elles proposent des images locales, des fictions de proximité. Le succès des films produits par Boubakar Diallo par exemple, témoigne de la possible rentabilité économique du secteur. Mais la diffusion reste satellitaire, et est gangrenée par le piratage. Dans les autres pays, la plupart des salles ferment ou sont en train de fermer. Le problème n’est pas tant de construire un nouveau circuit, mais de maintenir l’existant. Et la seule solution pour cela, c’est que de vraies politiques internationales soient mises en place. Soulignons par exemple l’action de la Nu Metro, qui est en train de construire des multiplexes dans les pays anglophones, dans le but d’y diffuser des films américains. On pourrait imaginer que les états francophones autorisent la construction de tels multiplexes, tout en mettant en place une politique de quotas, qui obligerait ces multiplexes à passer 10 ou 20% d’images africaines.

Mohamed Amin

Je fais partie du conseil d’administration de la Nu Metro au Kenya. Ils ont d’ailleurs distribué mon film pendant 7 semaines. Ils mènent une politique d’encouragement du cinéma africain. Au Kenya, ils ont créé le African Film Club, à l’occasion duquel sont montrés des films africains au moins une fois par mois. Les profits générés sont doublés, et réinvestis dans un fonds destiné aux jeunes réalisateurs.

Mais le problème des salles de la Nu Metro, c’est qu’elles s’adressent à un marché élitiste, à la haute classe moyenne. Et ce que veut ce public, en général, ce sont des films d’Hollywood, ou de Bollywood au Kenya. Or, nous devons trouver le moyen d’atteindre le grand public, les masses. La Nu Metro est une entreprise capitaliste, dont le but est de générer des revenus, et ne va donc pas travailler en ce sens. Nous devrions nous concentrer sur des cinémas plus ruraux, pourquoi pas ambulants, pour toucher toutes les populations.

Questions de la salle

1)Je ne connais pas beaucoup, voire pas du tout le cinéma africain. En voyant le film de Gahité Fofana, Un matin bonne heure, j’y ai ressenti une grande humanité, et une grande naïveté (je dis ça au sens positif), un élan très positif, malgré le drame, qui prend réellement le spectateur aux tripes. Peut-être que cet impact est en partie dû aux manques de moyens, qui pousse à chercher un langage plus direct, et plus émotif.

2)Je connais un peu le cas du Burkina Faso. Le problème, c’est que l’on tend vers une privatisation de la culture, et on se demande si les états africains vont résister à ce mouvement. Chaque année, on voit de moins en moins de films africains à Cannes. Je me souviens que dans les années 90 je me régalais de nombreuses découvertes. Une section leur était dédiée. Je voudrais insister sur l’importance de ces interfaces au sein de festivals comme Cannes, de la visibilité qu’elles offrent aux cinémas généralement ignorés.

Cheik Fantamady Camara (Il va pleuvoir sur Conakry, Guinée)

Ces questions ont un fort écho chez les africains. Je pense que l’Afrique doit se libérer, au moins à 50% de cette dépendance culturelle et financière, se libérer de l’Occident. L’argent destiné au cinéma ne l’est pas pour des raisons artistiques, mais pour des raisons politiques. Les créateurs ne sont pas vraiment les récipiendaires, c’est plus une question de politique culturelle, voire de coopération. Bref, aujourd’hui, le cinéma sur le plan mondial est un business, et nous devons entrer dans ce mouvement, considérer le cinéma comme une industrie. Nos états n’ont pas encore compris que la culture est une industrie, qu’elle peut être génératrice d’emplois, et donc de développement économique. On se pose les mêmes questions depuis 20 ans dans les colloques, on y apporte les mêmes réponses. Aujourd’hui, il faut évoluer.

Il faut aussi être fiers de nos productions lorsqu’elles le méritent. Les sélectionneurs de Cannes ne choisissent pas les films à la légère, ils ont un regard pointu de cinéphage et de cinéphile. Nos films ont de la valeur, pourtant, en les décrivant comme « africains », on a l’impression que ça les dévalorise instantanément. Ce n’est pas la France qui doit travailler, trouver des solutions. C’est nous. Si tout ce que nous demandions à la France, nous le demandions, l’exigions de nos états, peut-être trouverions-nous des solutions. Nous devrions par exemple avoir notre propre stand ici à Cannes, faire nous-mêmes notre promotion, et être fiers de nos productions. Quand on fait tous les jours l’aumône auprès de quelqu’un, il finit par se lasser.

Richard Boidin (service de l’audiovisuel, MAE)

Le tableau n’est pas forcément aussi dramatique que ce qu’on pourrait laisser entendre. Merci d’ailleurs au Festival de Cannes d’offrir l’opportunité de découvrir ces films, et c’est un vrai plaisir de voir que le public est au rendez-vous.

Je parle ici au nom du MAE en disant que je suis d’accord avec les propos de Cheik Fantamady Camara. Notre aide a vocation à disparaître. C’est son but ultime. Quand le pavillon des Cinémas du Sud disparaîtra, et sera remplacé par des stands nationaux, c’est que notre pari sera réussi, car l’Afrique sera devenue autonome. Des exemples comme celui du Maroc où des fonds de soutien existent sont encourageants. Chaque peuple a le droit inaliénable de fabriquer et diffuser ses propres images. Ce qui est grave, c’est que les états ne suivent pas, et on ne parle pas ici forcément d’argent. Le soutien doit déjà se faire sur le plan législatif. La France n’est qu’une rustine, les solutions réelles ne viendront pas du Nord.

Serge Sobczynski

On constate un fait marquant, présent dans de nombreux pays, c’est la fragilité des économies. On remarque également que les tournages étrangers ne sont pas systématiquement structurants pour les industries locales. Ils n’amènent malheureusement que peu de travail pour les techniciens locaux. Cela est même parfois réellement problématique, comme au Maroc par exemple, où le fait que les USA emploient des techniciens marocains a fait considérablement grimpé l’échelle des salaires, ce qui implique aujourd’hui que les productions marocaines n’ont pas forcément les moyens d’employer les techniciens habitués à ces salaires.

Mohamed Amin

Toute entreprise est facteur de risques, mais si on ne tente rien, on n’a rien. Nous devons à tout prix garder à l’esprit que le cinéma, c’est aussi du business. Si on accepte de l’argent de nos gouvernements, on doit considérer cela comme un échange commercial, c’est que l’on est apte à fournir un produit dont les gouvernements ont besoin. Il faut améliorer la qualité des productions locales, et si cela coûte plus cher, et bien c’est sûrement le prix à payer.

Frédéric Bouilleux (Organisation internationale de la Francophonie)

La question que l’on est en droit de se poser, c’est « Que faire pour sortir du cycle infernal des colloques ? » On connaît les solutions, du moins certaines, et pourtant rien n’est fait. Je voudrais souligner une fois encore la réelle importance de la mise en place de politiques nationales proactives dans le domaine de l’audiovisuel. L’OIF, à son niveau, va essayer de faire levier, de profiter de son envergure politique pour convaincre les chefs d’état africains d’œuvrer en ce sens. Nous oeuvrons dans le domaine de la persuasion. Cela n’a l’air de rien, et pourtant, c’est crucial. Nous répétons encore et encore les mêmes choses, c’est une question de pédagogie. Nous nous sommes battus pour imposer le droit à la diversité culturelle. C’est bien, c’est déjà un pas décisif, mais maintenant, il faut l’honorer. De notre côté, nous pouvons contribuer à former le personnel, fournir les outils nécessaires pour la création de politiques nationales. Nous voulons accompagner les états dans ces démarches plutôt que de continuer à distribuer des aumônes. Aujourd’hui, le seul colloque viable serait « Les subventions, et après ? »

Question de la salle

1)Il y a d’autres façons de créer des images. On a Nollywood depuis quelques années au Nigeria, et maintenant, on assiste au développement de Riverwood à Nairobi. Il s’agit de productions vidéo qu’on ne voit pas dans les festivals internationaux, mais qui connaissent une large diffusion localement. Ces producteurs ne recherchent pas de subventions, leur chaîne de production tient quasiment en 10 jours, de l’écriture à la fabrication des copies. Riverwood, ce sont au moins 20 sociétés qui rentabilisent leur investissement initial en un mois. Il s’agit de petits films, qui coûtent 3 à 4.000€. C’est une autre possibilité de production audiovisuelle.

Zeze Gamboa

On note le même phénomène dans de nombreux pays africains, mais on parle ici de vidéo, pas de cinéma. Or, le cinéma a certaines exigences que ce format de production vidéo ne respecte pas. On ne doit pas balayer du revers de la main les subventions. C’est une façon de financer le cinéma, même le cinéma américain est subventionné. Nous aimerions pouvoir travailler dans des conditions normales, et pas en être réduit à tourner en vidéo. Nos états ont une responsabilité en la matière. Nollywood, cela reste un phénomène local. Moi, je vise l’universel.

Cheik Fantamady Camara

Tout cela est finalement assez simple à comprendre. Chacun suit les pas de son papa, et l’Afrique francophone a été élevée au cinéma subventionné, ce qui n’est pas forcément le cas des anglophones. On pourrait se débrouiller en tournant des films dans notre quartier, mais ce n’est pas ce à quoi nous avons été habitués. Aujourd’hui, le Nigeria est à Cannes. C’est une reconnaissance, et une voie parmi tant d’autres. Pas forcément la seule.

Propos recueillis par Aurore Engelen

• > "Intervention des fonds européens et des télévisions européennes dans la production des films du Sud" par Olivier Barlet pour www.africultures.com

Olivier Barlet a assisté pour www.africultures.com à la table ronde sur les fonds européens et des télévisions européennes dans la production des films du Sud. Voici sa retranscription:

Destinée à donner des informations et répondre aux questions sur tous les fonds et la façon dont ils aident les cinématographies du Sud, cette table ronde était organisée au festival de Cannes 2007 par le ministère français des Affaires étrangères et animée par Jacques Bidou dans le cadre du Pavillon des Cinémas du Sud. Les intervenants représentent successivement Arte, TV5, la chaîne allemande ZDF, l'Organisation Internationale de la Francophonie, le World Cinema Fund, Open Doors, Visions Sud-Est et Ibermedia. On en trouvera ci-dessous l'exacte retranscription.



I) PRESENTATION DES FONDS.

Jacques Bidou: Souad Hussein, bonjour.

Souad Houssein: Bonjour. Je représente l'OIF (Organisation Internationale de la Francophonie). Je suis originaire de Djibouti, un petit pays coincé dans la corne de l'Afrique qui, malheureusement, ne produit pas de films. Cela me permet d'être ici sans parti pris. Je gère un fond d'aide à la production, le Fonds Francophone de Production Audiovisuelle du Sud. Il a à peu près 20 ans ; nous avons donc un recul par rapport à la gestion de ce mécanisme. Il a subi beaucoup de modifications et de réorientations qui lui ont permis d'être davantage à l'écoute des effets économiques dans les pays concernés. Au départ, nous avons soutenu des films dont la définition du cinéma africain était la nationalité du réalisateur. Aujourd'hui, nous avons d'autres préoccupations davantage économiques. Ce fond permet d'offrir à la cinématographie des pays du Sud, qui comprend la zone Afrique-Caraïbes-Pacifique, l'Asie du Sud-Est, le Maghreb et Moyen-Orient. Nous sommes censés couvrir une très large zone géographique francophone. Nous soutenons la production de courts métrages, moyens métrages mais aussi fictions et documentaires. Nous intervenons également sur la télévision.

JB: La francophonie est-elle une notion large ? Pourriez-vous nous citer des pays francophones qui pourraient nous surprendre ?

SH: Oui. Tout le monde sait qu'Haïti est francophone mais peu de gens savent que Sainte Lucie et Saint-Domingue aussi.

JB: Et le Cambodge ?

SH: Tout à fait. Le Laos et le Vietnam de même.
Ce sont des pays où on a un jour parlé français.
Voilà ! (Rires)

JB: Continuons avec Meinolf Zurhorst.

Meinolf Zurhost: Bonjour. Je suis responsable du cinéma à Arte/ZDF. Je fais la même chose qu'Arte France Cinéma fait à Paris, sauf que nous n'avons pas le même budget que nos amis français. Notre premier critère est la qualité d'un projet ; nous n'avons pas de quotas. Nous investissons beaucoup dans les coproductions, généralement européennes. J'ai fait des préachats avec des pays du Sud, pour l'instant avec l'Amérique Latine. Je laisse tout ce qui est francophone à mes amis français et je m'occupe du reste du monde, ce qui est déjà beaucoup !

JB: Vous n'avez pas de problèmes pour convaincre la direction de la chaîne d'investir dans les cinématographies du Sud ?

MZ: Cela dépend des projets. Pour l'instant, rien ne m'a été refusé.

JB: Combien de films par an soutenez-vous ?

MZ: En général, tous confondus, il y a huit coproductions par an ainsi qu'un nombre de préachats différent chaque année (de cinq à dix environ). Il y a d'autres unités à la ZDF à Arte qui s'occupent également de la fiction pour la télévision. De temps en temps, avec la coopération d'un laboratoire pour les premiers et deuxièmes films, trois à cinq films de plus par an sont soutenus. Au total, nous pouvons compter environ quinze films par an.

JB: Pouvez-vous nous donner un exemple de film du Sud qui vous laisse un souvenir fort ?

MZ: En ce moment, je travaille beaucoup avec l'Amérique Latine, le Mexique et le Brésil. J'ai beaucoup aimé un des films qui est passé à Berlin cette année.

JB: Passons à Åsa Larson du Göteborg Film Festival.

Asa Larson: Bonjour. Nous avons un fonds avec le gouvernement suédois qui soutient les projets en développement et en postproduction. Nous soutenons également l'éducation, la formation et l'instauration d'équipement technique. Nous travaillons avec les pays du Sud depuis 1998 et avons soutenu 64 projets jusqu'ici ainsi qu'une douzaine d'ateliers de formations.

JB: Quelle est votre politique ?

AL: Trouver un maximum de projets intéressants. Nous n'avons aucune limite en ce qui concerne les sujets. Nous cherchons surtout parmi les jeunes femmes réalisatrices ; ce n'est pas un but en soi mais nous essayons d'aider ceux qui auront le plus de difficultés à trouver un soutien.

JB: À présent, passons la parole à Mme Bianca Taal qui représente le Hubert Bals Fund.

Bianca Taal: Bonjour. Le Hubert Bals Fund fait partie du Rotterdam Film Festival. Nous travaillons de la même manière que le Göteborg Film Fund. Nous soutenons des projets des pays du Sud, en les aidant dans le développement de leur scénario et en postproduction. Récemment, nous avons créé une nouvelle catégorie qui soutient les films dans l'étape de la production. Ces films sont des films à petit budget, en numérique. Nous avons deux séries de sélection par an. Nous y sélectionnons environ trente projets. Nous soutenons aussi la distribution dans ces pays-là pour y faire projeter les films.

JB: Vincenzo Bugno du World Cinema Fund-Berlinale…

Vincenzo Bugno: Bonjour. Je travaille pour le World Cinema Fund pour l'Allemagne et pour l'Italie. Nous avons commencé notre activité en 2004. Nous soutenons la production en Amérique Latine, en Afrique, au Moyen-Orient et en Asie Centrale. À partir d'août 2007, la région Caucasienne et l'Asie du Sud-Est seront ajoutés à cette liste. Depuis 2004, nous avons soutenu environ trente projets, dont certains projets de distribution en Allemagne. Nous avons reçu 650 dossiers de candidature sur deux ans : un bon nombre étant donné que nous ne travaillons que sur les scénarios. Nous avons eu beaucoup de films soutenus financièrement par le World Cinema Fund, en compétition dans plusieurs festivals internationaux. Par exemple, El otro, un film argentin de Julio Chavez, qui était Lauréat au Festival international du film de Berlin. À Cannes, nous avons aussi soutenu le film mexicain de Carlos Reygadas, Batalla en el cielo.
Je m'occupe aussi d'un autre projet, Open Doors. Ce n'est pas vraiment un fonds. Le but est de sélectionner douze projets pour un atelier de coproduction à Locarno. Nous nous concentrons sur une géographie différente tous les ans. L'année dernière, nous avons travaillé sur l'Asie du Sud-Est et cette année, sur les pays du Machreck (l'Israël, la Palestine, la Jordanie, la Syrie, l'Iraq et l'Égypte). Nous sommes partenaire avec le Swiss Development Agency : nous disposons de 40 000 euros pour la production de deux projets que nous aurons choisis. Même chose avec le Centre International de la Cinématographie, avec une bourse de 10 000 euros.

JB: Suzanne Laverdière de TV5…

Suzanne Laverdière: Bonjour. Je suis à la direction des programmes de TV5 Monde. Je suis ici pour vous présenter ce que TV5 fait mais je suis aussi en attente de commentaires de votre part. Jusqu'ici, TV5 diffuse du cinéma sur une base très régulière. Nous présentons des films francophones. Nous nous sommes aperçus que le rôle que l'on jouait n'était pas maximisé et que très souvent, les films que nous diffusons à l'international ne sont pas contextualisés. Les gestes que l'on pose pour faire connaître des cinématographies, des auteurs, des films, tombent à plat. On m'a donc confié la mission de définir une vraie politique cinéma pour TV5, pour faire en sorte que la chaîne soit une vitrine culturelle mais également qu'elle permette la commercialisation des films en faisant en sorte de faire connaître des scénaristes, des réalisateurs, des producteurs et des acteurs. Jusqu'ici, TV5 a fait beaucoup de préachats et d'achats de films destinés à la diffusion mondiale, pour la plupart. Mais il arrive qu'on décide quand même de s'impliquer dans un projet pour permettre une diffusion continentale. Par exemple, une diffusion sur l'Europe uniquement ou sur l'Amérique Latine. Tous les projets dont nous faisons l'acquisition doivent être en français puisque le mandat de TV5 est de faire la promotion de la langue française à travers le monde.

JB: Je passe la parole à Johannes Gehringer de l'Union Européenne, un fond pour les pays ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique).

Johannes Gehringer: Bonjour. Je travaille à la Commission Européenne. Je m'occupe des fonds pour les pays subsahariens. La commission apporte son soutien depuis vingt ans. À présent, avec ses partenaires, elle a décidé d'un nouveau programme qui est aujourd'hui géré par la secrétaire du groupe ACP. Nous avons des fonds pour un montant de 6,5 millions d'euros et nous organiserons sûrement des réunions sur les deux prochaines années pour connaître les propositions. Nous soutenons la production de films pour le cinéma et la télévision, la distribution et la promotion ainsi que la formation. Nous cherchons à soutenir les industries audiovisuelles locales dans les pays ACP et à aider la communication entre les pays pour mieux distribuer. Notre principal objectif est de développer les entreprises. Nous visons à mieux partager les fonds dans les pays ACP, non pas uniquement dans les pays francophones comme nous le faisions auparavant.

JB: David Melo de Ibermedia

David Melo: Bonjour. Ce fond a été formé par dix-sept pays, dont six sont présents ici. Les dix-sept pays sont tous d'Amérique Latine, à part le Portugal et l'Espagne. Chaque pays donne de l'argent au fonds tous les ans, ce qui nous permet de distribuer tous les ans cinq millions de dollars. Nous fêtons notre dixième anniversaire cette année. Nous avons soutenu la coproduction de 248 projets, le développement de 250 projets, la distribution de 200 projets et la création de 35 programmes de formation. Nous avons un concours au mois de février et de juin : nous cherchons des projets coproduits par deux pays d'Amérique Latine et auquel peut participer à 30 % tout autre pays du monde. La majorité de nos films sont sortis dans le pays de leur plus grand coproducteur mais nous avons des problèmes pour les faire projeter dans les autres pays. Nous visons donc à renforcer la distribution en Amérique Latine et sur d'autres marchés dans le monde. Je vous invite à venir assister aux marchés des coproductions à Guadalajara en mars, au festival de film de Cartagena, à Lima en août ou en juillet et à La Havane en novembre ou décembre.

JB: Walter Ruggle du fonds suisse Visions Sud-Est…

Wlater Ruggle: Bonjour. Je suis responsable de Trigon Film, une association qui distribue les films du Sud et de l'Est depuis vingt ans. Il y a deux ans, avec le festival de Fribourg et celui de Nyons, nous avons fondé ce fond Visions Sud-Est qui soutient des documentaires et des films de fiction dans la production et postproduction. Nous avons soutenu une dizaine de films par an. L'idée de base est bien sûr la qualité ; nous avons entre 80 et 100 demandes par an. Nous visons les films destinés au grand écran. Nous recherchons aussi des thématiques intéressantes pour l'échange dans le monde car nous pensons que la situation du monde peut s'améliorer avec une meilleure connaissance de celui-ci.

JB: Ginette De Matha du Fonds Sud Cinéma…

Ginette de Matha: Bonjour. Ce fond a été créé il y a 22 ans. Il est abondé par le ministère de la Culture via le CNC et par le ministère des Affaires étrangères pour un montant d'environ 2,4 millions d'euros par an. Cela permet d'aider la production d'environ 30 à 40 films qui sont sélectionnés par une commission de professionnels indépendants dans lequel siègent aussi bien des professionnels du Nord que du Sud. La qualité prime ; les projets viennent de tous les continents. Notre conception du Sud est extrêmement extensive. Ces projets sont soumis à l'état de scénario et sont sélectionnés par la suite. Il y a aussi une petite partie du fonds affectée à de l'aide à la postproduction. Voici quelques exemples de films à Cannes auquels le fond a participé : Ezra, Caramel, El baño del papa… L'année dernière, il y avait Summer Palace, Voiture de luxe, Le hamac paraguayen

JB: Michel Reilhac pour Arte France Cinéma…

Michel Reilhac: Bonjour. Je dirige le cinéma pour la partie française d'Arte. Nous investissons dans environ vingt films de fiction par an pour une moyenne d'environ 320 000 à 330 000 euros par film. Sur ces 20 films coproduits, une dizaine représente des coproductions étrangères, qui peuvent aussi bien être africaines qu'asiatiques ou sud-américaines. Les critères de choix des films ne sont pas absolument fixés ; nous nous intéressons aux films qui montrent une réelle démarche d'auteur et qui sont en cohérence avec la culture d'origine du réalisateur. Les critères objectifs sont les suivants : en tant qu'auteur étranger, vous devez passer par un coproducteur français ; le scénario doit être une version finale. Nous n'avons plus de date limite pour le dépôt des projets.

JB: Christian Tison, responsable cinéma au ministère des Affaires étrangères…

Christian Tison: Bonjour. Le fond Images Afrique est un outil spécialement destiné à soutenir les films d'Afrique subsaharienne. C'est une aide directe à la production d'environ 80 à 90 000 euros et nous avons la possibilité de soutenir une quinzaine de longs-métrages par an. La commission est constituée de professionnels du Nord et du Sud qui déterminent les projets choisis. Nous lançons cette année un plan d'appui à la production de courts-métrages en Afrique Subsaharienne. Arte est d'ailleurs partenaire.

II) QUESTIONS.

Il apparaît que la condition inévitable pour pouvoir soumettre sa candidature à un fonds est d'avoir un coproducteur. Avez-vous des conseils avant de se rendre à un festival de films ? Avez-vous une liste de coproducteurs potentiels que l'on pourrait approcher avant d'envoyer notre candidature?

Vincenzo Bugno : Je répondrai à cette question du point de vue du World Cinema Fund. Vous pouvez nous soumettre votre projet avec un producteur originaire du pays du projet ou avec un partenaire allemand. Si vous n'avez pas de partenaire allemand, nous pouvons vous aider à en trouver un. Au WCF, nous travaillons avec des producteurs allemands mais notre budget doit être dépensé à l'étranger.

Et pour l'Union européenne?

Johannes Gehringer : Le bénéficiaire de nos subventions peut être producteur dans un pays ACP autant qu'européen. Nous ne demandons pas à ce qu'il y ait absolument un coproducteur européen et nous encourageons les coproductions entre pays du Sud.

Jacques Bidou : Chaque fonds a une politique différente. Très souvent, c'est de l'argent public et il est compliqué de le voir se faire gérer loin. Effectivement, cela implique la contradiction d'obliger à travailler avec un producteur du pays qui émet le fond. Ce n'est pas le cas pour tout le monde. En tant que producteur, je trouve votre question complexe. La coproduction est par définition le cauchemar de tout producteur. Trouver des bons producteurs, être en situation de confiance et d'harmonie avec eux, est toujours complexe. Le problème est surtout un problème de réseau. Les formations de producteurs au niveau européen et international, qui ne sont pas extrêmement prenantes (peut-être trois semaines par an) sont très intéressantes pour constituer des réseaux.

Michel Reilhac : Recommander un producteur est une très grosse responsabilité. Une coproduction est un mariage et nous ne voulons pas porter la responsabilité en cas de désaccord. Cela arrive très souvent. Je pense que le choix du coproducteur doit être pris en prenant en compte la facilité de communication avec la personne, la similitude dans les envies et les projets…Votre propre réseau vous aidera énormément. Malheureusement, il est déjà arrivé que deux coproducteurs ne s'entendent pas, qu'ils arrêtent de se parler et que nous soyons obligés de servir d'intermédiaire. Souvent, ces tensions détériorent même la relation entre un directeur et son équipe. Chez Arte, nous sommes donc réticents à donner des noms de coproducteurs que nous approuvons car cela impliquerait que ceux qui ne sont pas sur la liste sont de mauvais coproducteurs. Ce serait faux car il faut raisonner au cas-par-cas. Vous pouvez obtenir des listes de coproducteurs aux festivals mais le mieux est de trouver quelqu'un dans votre propre réseau.

Walter Ruggle : Faites attention si vous signez des contrats. Nous connaissons quelqu'un qui avait obtenu de l'argent d'un fonds qui exigeait d'avoir un coproducteur et le coproducteur a empoché plus d'argent que le pays du fonds. En Amérique Latine, par exemple, certains ne peuvent pas faire autrement car c'est impossible de vendre son film soi-même. Soyez vigilants par rapport à ce que vous signez quand vous travaillez en tant que coproducteur avec un fonds.

Y a-t-il un filtre qui peut rassurer les gens à aller dans la production et s'investir autant qu'il le faut ?

Michel Reilhac : À Arte, nous avons choisi de ne pas recommander de producteurs puisque, déontologiquement, nous considérons que nous devons travailler avec tout le monde et que nous pouvons nous être trompés sur un film. Par contre, lorsqu'un producteur étranger vient nous voir avec une liste de noms et nous demande de commenter les possibilités, nous entrons dans ces conversations en conseillant certaines personnes qui seront peut-être plus compatibles avec son projet. Nous ne nous autorisons pas à faire des jugements de valeur mais des opportunités qui nous paraissent pouvoir être optimisées auprès des producteurs.

Johannes Gehringer : Pour nous, c'est important que le projet soit bien dirigé. Nous avons eu quelques problèmes avec des projets. C'est arrivé que la maison de production fasse faillite ou que la somme initialement prévue pour le projet, égale à la subvention, soit dépassée. Dans une coproduction, quand nous donnons plus de 100 000 euros, le bénéficiaire ne peut pas toujours récupérer la liste de toutes les transactions faites par les coproducteurs. Nous avons créé un mécanisme pour que les professionnels de l'industrie cinématographique aient accès à des conseils en matière de droits. Le but est de diminuer le nombre de litiges.

Bonjour, je suis un cinéaste originaire du sud de l'Inde. Si je présente un projet à un fonds et que je dépasse le budget qu'ils m'ont donné, partageront-ils avec d'autres fonds ou refuseront-ils mon projet ? Puis-je soumettre ma candidature à plusieurs fonds en même temps ?

Jacques Bidou : À peu près tous les fonds représentés ici sont des fonds sélectifs, qui n'ont pas d'automaticité. Les commissions choisissent les projets. Les critères qui ont été évoqués sont la qualité, la lisibilité, et l'identité. Dans votre question, il y en a une autre : ces fonds sont très sollicités et encombrés. Les fonds ont-ils décidé de trouver plus d'argent, de partager ou ont-ils une autre solution ?

Bianca Taal : Il arrive qu'avec le Hubert Bals Fund, nous partagions un projet avec un autre fonds. C'est déjà arrivé avec le Göteborg Fund. Je pense au contraire que le nombre élevé de candidatures est un bon signe puisqu'il reflète la hausse de production de films du Sud. En ce qui concerne l'argent des fonds, nous cherchons bien sûr à en proposer plus mais il faut trouver cet argent et la plupart des fonds ont des problèmes avec leur ministère.

David Melo : À Ibermedia, nous avons des règles en ce qui concerne la participation des équipes artistiques et techniques à un film. Souvent, nous ne pouvons pas financer des projets entièrement donc nous sommes ouverts au partenariat entre les fonds.

Souad Houssein : Au niveau du Fonds francophone audiovisuel du Sud, nous sommes aussi arrivés à un tournant. Nous avons constaté la baisse budgétaire. Nous avons toujours la même zone géographique de 37 pays et nous n'y toucherons pas. La demande a aussi augmenté : nous avions 150 dossiers par an en 1999 mais 300 demandes en 2007. Tout cela nous amène à réviser le mode de fonctionnement et les critères du fond. Nous avons plusieurs pistes : séparer le fonds télévision du fonds cinéma ou prendre plus de risques, ce qui implique de donner plus.

Isabelle Gamiette: Bonjour, je m'appelle Isabelle Gamiette. Je participe à l'organisation du festival FEMI (Festival international Femme et Cinéma) en Guadeloupe. La Guadeloupe est un département français, en même temps situé au cœur de la Caraïbe. Pour la Grande Caraïbe, quels sont les dispositifs ? Dans quels fonds rentrent-ils ?

Ginette De Matha : Les fonds représentés ici, y compris le Fonds Sud Cinéma, s'adressent à des cinéastes de pays étrangers du Sud. Dans votre cas, le système d'aide qui peut s'appliquer à des cinéastes français résidant en Guadeloupe ou ailleurs sur le territoire français, est le système d'aide français. Le conseil que je donnerais à un cinéaste qui cherche à financer son film, c'est le principe du tour de table : il faut s'adresser aux banques, aux fonds ou autres institutions. À moins d'avoir un film à très petit budget ou un généreux donateur privé, vous ne pourrez pas faire votre film avec une source unique de financement. Il faut prendre son courage à deux mains et faire le tour de tous les fonds.

Jacques Bidou : Cependant, les films peuvent se faire avec très peu d'argent aujourd'hui. Il faut penser à comment défendre la création avec moins d'argent. De même, comment protéger les films contre l'argent ? En ce moment, je produis un film palestinien avec huit pays du Sud coproducteurs, pour 850 000 euros et deux ans et demi de travail. Beaucoup de gens ici soutiennent ce type d'initiative. Telle est la situation actuelle : une accumulation de travail de tour de table, avec de moins en moins d'argent. Restent quelques survivants de la télévision qui continuent à défendre ces cinématographies ; il n'y a pas toujours beaucoup de possibilités. Le tour de table est donc de plus en plus encombré ; par de très grands cinéastes qui plus est. Voyez Abderrahmane Sissako, membre du jury cannois, petit cinéaste mauritanien-malien : même les cinéastes comme lui ont les mêmes difficultés que les autres à trouver le moyen de faire des films engagés, importants, de ces cinématographies.

Abderrahmane Sissako : Je trouve anormal que les fonds baissent. La question est la suivante : comment faire pour qu'ils augmentent ? Il y a une envie de faire de plus en plus de films ; davantage de gens viennent au cinéma. Comment toutes ces institutions qui défendent ces cinématographies comptent-elles agir ? Je pense qu'il faut les aider. Il y a un manque de mobilisation dans le monde du cinéma. D'ailleurs, le cinéma est souvent un travail solitaire ; il faut se battre ensemble.

Christian Tison : Je ne suis pas persuadé que l'argent des fonds baisse. Le véritable problème semble être l'encombrement des demandes et surtout le retrait de l'argent du marché.

Abderrahmane Sissako : Ce n'est pas le chiffre qui baisse, mais à partir du moment où les demandes augmentent, nous pouvons considérer qu'il y a moins d'argent.

Vincenzo Bugno : Au World Cinema Fund, nous avons mis en place une stratégie pour le partage des fonds. Notre budget n'est pas très élevé donc nous avons décidé de soutenir moins de projets mais avec plus d'argent.

Bianca Taal : À l'Hubert Bals Fund, nous raisonnons différemment. Nous essayons de soutenir le maximum de projets. Cela implique que la contribution au projet diminue mais nous pensons que le soutien au fonds peut servir de catalyseur pour que d'autres offrent un financement.
Pour chaque fonds, quelle est la contrepartie du financement?

Jacques Bidou : Pour les diffuseurs, la contrepartie est bien évidemment le film et l'antenne qui rapportent à leur tour.

Vincenzo Bugno : En ce qui nous concerne, nous ne demandons rien. Les films sont libres ; nous ne possédons pas les droits des films que nous avons soutenus. Nous n'imposons pas la participation au programme Bernilane. Si le film a énormément de succès dans l'avenir, nous récupérerons néanmoins une petite part de l'argent récolté.

Walter Ruggle : En ce qui nous concerne, nous ne demandons rien ; nous proposons juste la distribution en Suisse au projet que nous soutenons.

David Melo : Chez Ibermedia, nous avons quatre modalités : la coproduction est un prêt qu'il faut rembourser si le film est un succès au point d'avoir récolté la même somme que le prêt. Jusqu'ici, un seul film a dû redonner l'argent au fonds. En développement, l'argent est un prêt ; si le film arrive à être produit, le prêt doit être remboursé. S'il ne l'est pas, il faut rembourser 25 % du prêt. Les formations ne sont pas remboursables et en distribution, cela fonctionne comme pour la production.

Johannes Gehringer : L'Union Européenne réclame un justificatif des dépenses. Nous demandons aussi des droits de projection non-commerciaux afin de montrer librement les films dans le cadre d'événements organisés par les bureaux locaux de l'Union Européenne dans le monde. Cependant, il est arrivé qu'un producteur nous demande de ne pas montrer son film au cours d'un événement car il venait de sortir et il ne voulait pas que nous intervenions dans sa stratégie de distribution. Nous avons bien évidemment respecté sa demande.

Åsa Larson : Nous demandons à ce que le film passe en avant-première en Scandinavie et que nous soyons en possession des droits pour la Scandinavie pendant cinq ans. Toutefois, si le producteur trouve un autre distributeur, nous le laissons libre de ses actions. Dernièrement, nous demandons au producteur de venir nous rendre visite à Göteborg avec son film !

Bianca Taal : Quand nous apportons notre soutien à postproduction, généralement sous la forme de 25 000 euros, nous demandons les droits pour la Belgique et les Pays-Bas en retour. Notre but n'est pas de nous faire de l'argent sur le dos des producteurs. Si jamais nous faisons du bénéfice grâce à un film, le producteur recevra immédiatement de l'argent. Nous aimons aussi être mentionnés dans le générique mais ce n'est pas obligatoire ! (Rires)

Ginette De Matha : Pour le Fonds Sud Cinéma, nous souhaitons pouvoir présenter les films dans le circuit culturel non-commercial français et étranger, après deux ans d'exploitation commerciale, pendant une période de sept ans. Nous avons aussi des obligations d'investissement en France mais je vous renvoie au règlement du Fonds.

Souad Houssein : Pour l'OIF, nous estimons que trois ans après la vie commerciale du film, nous pouvons en disposer à des fins non-commerciales pour le promouvoir à travers les manifestations que nous organisons.

Joëlle Levie: Je suis directrice générale du cinéma et de la télévision à la SODEC (Société de développement des entreprises culturelles), un organisme de financement de films longs métrages, courts métrages et documentaires. Nous soutenons des coproductions, notamment impliquant les pays du Sud au même titre que deux ou trois projets d'Allemagne. Il y a des dépenses obligatoires au Québec. Pour accéder au fonds, il faut que le producteur ait un intérêt chiffré d'un distributeur pour une distribution au Québec. Il faut qu'à peu près 75% des dépenses québécoises soient dépensées au Québec.

Je m'adresse aux diffuseurs : avez-vous l'impression qu'il est possible aujourd'hui de réengager des combats pour ouvrir des fenêtres sur ces cinématographies sur nos antennes ? S'il y avait davantage de possibilités de distribution et de vision, cela aiderait au financement. Avez-vous déjà engagé ce débat parfois ?

Meilnof Zurhorst : Oui, nous avons ce débat constamment avec les chefs de la programmation. Nous arrivons toujours à montrer les films que nous voulons montrer sur Arte. La télévision allemande diffuse rarement des films africains ; au cinéma, les rares films africains sont du sud de l'Afrique. Le dernier était Tsotsi. L'Allemagne est un marché assez fermé pour les films étrangers. Tous les ans, les cinémas diffusent au maximum trois films sud-américains mais les droits ne sont pas achetés par la télévision. Nous avons un système de chaînes de télévision régionales. Depuis cette année, nous avons trois chaînes et seulement deux ont le budget pour acheter ces films.

Vous sentez-vous sous pression en ce qui concerne la barrière des langues ? Y a-t-il des problèmes pour le sous-titrage et le doublage ?

Meinolf Zurhorst : Non, car en Allemagne, tous les films sont doublés. Toutefois, nous tentons de revenir au sous-titrage car nous manquons d'argent. Le marché du film allemand est peut-être le plus fermé et le plus complexe. Arte ZDF cherche à montrer le maximum de ces films étrangers en Allemagne.

Michel Reilhac : Malheureusement, les films d'auteur sont repoussés hors du marché. Nous devons essayer de trouver d'autres moyens de diffusion : le multimédia ou internet. Il y a un an, Arte a créé son propre département VOD (Vidéo on Demand) qui n'a pas de poids économique pour l'instant mais qui représente l'avenir. Nous n'échapperons pas à cette transformation. Je travaille actuellement sur la question. Cependant, d'un point de vue purement économique, je ne me fais pas trop d'illusions. Nous sommes dans une nouvelle ère. Les prochaines cinq années vont être difficiles.

Le diffuseur devra endosser un rôle de promoteur pour ces films d'auteur.

Michel Reilhac : Oui, mais nous savons qu'il y a de la demande pour ces films. Comment pouvons-nous fédérer ces petits marchés ? C'est un de nos défis. Par exemple, plusieurs entreprises réfléchissent en ce moment à la façon dont on pourrait créer des sites web qui permettraient à n'importe quel individu dans le monde de visionner des films d'auteur. Le problème reste la barrière de la langue.

Suzanne Lavardière : Michel vient de décrire la réalité de TV5 actuellement. La plus grande partie des téléspectateurs de TV5 ne parle pas français ; ils sont francophiles. Nous diffusons à travers le monde et toute notre programmation est présentée en français avec douze langues de sous-titrage pour rejoindre les publics locaux. Cette question de la programmation n'est plus une question du cinéma africain, belge ou suisse, elle se pose aussi pour le cinéma français. Actuellement, nous aimerions créer une complémentarité entre l'antenne et d'autres supports de diffusion pour rejoindre, par exemple, la diaspora francophone autour du monde. La place du sous-titrage et du doublage est importante pour notre antenne. Nous avons une préoccupation du marché. Les opérateurs qui transportent le signal de TV5 à travers le monde, le câble ou le satellite, nous obligent à avoir une certaine pénétration sur le marché pour maintenir le signal. En travaillant avec eux, avec cette programmation diversifiée et le sous-titrage, toutes ces préoccupations font en sorte que des développements sont en cours. Nous nous sommes associés avec Joost début juin avec certains types de programmes produits par TV5. Notre objectif est de faire en sorte que sur une telle plateforme, on puisse aller vers d'autres types de programmes en partenariat avec les producteurs et les distributeurs.

Les fonds peuvent-ils et veulent-ils financer les documentaires ?

Bianca Taal : Nous nous intéressons essentiellement aux longs-métrages de fiction et aux documentaires destinés au grand écran. Aux Pays-Bas, il existe une autre organisation, le Jan Vrijman Fund, qui fonctionne sur le modèle du Hubert Bals Fund mais qui est rattaché au festival de documentaires à Amsterdam.

Johannes Gehringer : L'Union Européenne continuera à soutenir les documentaires destinés au petit et au grand écran. Dans l'avenir, nous soutiendrons aussi les documentaires sous forme de séries pour la télévision. Ils doivent aussi être de la même longueur qu'un long-métrage.

David Melo : Pour Ibermedia, une partie de notre fonds est consacrée au développement et à la coproduction des documentaires.

Michel Reilhac : Nous cofinançons trois documentaires longs-métrages par an chez Arte pour le cinéma. Chez Arte Allemagne aussi.

Joëlle Levie : À la SODEC, nous finançons du documentaire : documentaires télé et longs métrages. Nous gérons une quarantaine de documentaires par an, dont à peu près quatre longs-métrages. L'année dernière, nous avons ouvert notre programme d'aide à la distribution pour soutenir celle-ci sur les nouvelles plates-formes. Curieusement, nous n'avons reçu aucune demande.

Christian Tison : Le Fonds Sud Cinéma soutient également le long-métrage documentaire pour le cinéma.

Walter Ruggle : À chaque sélection, nous soutenons au moins un documentaire. Trigon Films a été créé en 1986. C'est aujourd'hui un fonds qui distribue des films d'Afrique, d'Amérique et d'Asie. Au jour d'aujourd'hui, nous avons une collection de 250 films qui sont projetés en Suisse, en Autriche et en Allemagne. Notre problème est que les films du Sud et de l'Est ne sont pas soutenus dans leur distribution s'ils ne sont pas des coproductions européennes. Ils sont donc en compétition avec le cinéma européen ou suisse qui est soutenu dans sa distribution et dans son exportation. Notre défi est de préserver des niches pour tous ces films.

Sanvi Panou : Je suis surpris de constater l'absence des diffuseurs français car comme vous savez, le cinéma du Sud écrit, produit et réalise à 90 % en langue française. Peu de producteurs font des films sans télévision. En France, nous nous trouvons depuis longtemps dans une impasse où l'échelle publique occulte complètement cette diversité. Je sais que cette question ne s'adresse pas nécessairement à ces intervenants, mais une chose est sûre : la télévision publique française doit rencontrer les cinéastes du Sud pour qu'il y ait une véritable représentation de notre cinématographie dans nos salles. Nous avons la chance d'avoir Images d'Ailleurs qui diffuse quinze films du Sud par semaine mais c'est un acte symbolique. Arte consacre à peu près dix films à l'étranger : je trouve ces diffusions symboliques de la nécessité d'impliquer les télévisions dans nos productions. On nous dit qu'il faut avoir un outil partenariat, mais cet outil réduit le cinéma du Sud à se retrouver dans des couloirs isolés. Depuis dix ans, aucun grand prix du Fespaco n'a été diffusé, ni en salle, ni à la télévision. C'est scandaleux. Il faut que les diffuseurs soient plus présents pour que cette diversité soit réellement une réalité. En tant que représentants de la Guilde des Réalisateurs et des Producteurs, nous allons continuer cette action pour que cette diversité soit plus représentative.

Souad Houssein : Je suis tout à fait d'accord. Il est grand temps que les télévisions françaises se mettent à côté des cinémas du Sud, notamment du cinéma africain, car il y a une histoire et un partage. Il y a des populations qui évoluent et qui voyagent, qui parlent cette langue et qui y sont attachés. Il faut absolument valoriser ce lien historique. Aujourd'hui, on nous parle de diversité culturelle ; la diversité culturelle, ce n'est pas uniquement le regard entre l'intérieur et l'extérieur, ça se passe aussi au niveau de l'intérieur. La France doit se regarder avec des yeux différents et elle doit refléter les attentes des téléspectateurs français qui sont issus de beaucoup de pays d'Afrique. À l'OIF, nous avons aussi ces interrogations. Nous nous sommes demandés si les télévisions devaient être parmi le tour de table des décideurs et notamment de la commission de sélection. Nous pensons qu'Arte, un des partenaires du cinéma africain, devrait être aussi membre de notre commission. Il y a un vrai besoin de synergie. Beaucoup d'énergie est dépensée pour des projets qui, finalement, ne bénéficieront pas des moyens suffisants pour exister. Nous sommes en train de nous pencher sur la question et nous vous proposerons quelque chose de crédible dans les mois à venir.

Jacques Bidou : Je suis étonné de votre étonnement ! Les chaînes de télévision publiques françaises sont très occupées à Cannes, à part Arte qui a trouvé le temps de se joindre à nous. Je rajouterai aussi que vos remarques concernent toutes les cinématographies, pas seulement le cinéma africain. Nous pouvons même parler du cinéma indépendant en général.
Un mot de la fin ?

Ginette De Matha : Je vous remercie tous très chaleureusement d'être venu et d'avoir donné votre avis sur ce sujet très important. Nous avons oublié de vous dire que lorsque nous lancerons ce fonds d'aide au court-métrage en Afrique, il sera géré par le Festival des trois continents à Nantes.

http://www.africultures.com/index.asp?me ...


• > "VoD contre cinéma ?", après-midi de l'Observatoire Européen de l'Audiovisuel

Plus de 350 professionnels du cinéma se sont rassemblés dans le Palais des Festivals de Cannes pour assister à l'aprés-midi de l'Observatoire européen de l'audiovisuel sur la vidéo à la demande qui a eu lieu samedi 19 mai. C'était un record de fréquentation par rapport aux précédents ateliers organisés par l'Observatoire à Cannes, dû à un sujet " chaud " pour le marché du film de cette année ".

Aviva Silver, Chef d'unité du Programme MEDIA de la Commission européenne, a ouvert le débat en apportant son sentiment sur les opportunités que la vidéo à la demande offrira aux producteurs et aux nouveaux projets potentiels. À propos du titre de la conférence, Mme Silver a fait observer qu'il mettait en opposition la vidéo à la demande et le cinéma alors que " la vidéo à la demande pour le cinéma " aurait été une formulation plus juste. Elle a abordé les inévitables influences que cette nouvelle méthode de distribution aura sur la chaîne de valeurs et a affirmé que " le programme MEDIA a toujours été proche des ayant droits ". Elle a conclu qu'il serait nécessaire de tenir compte du numérique et des nouvelles opportunités qu'il allait offrir pour l'avenir.

Susan Newman-Baudais, du Département Informations sur les marchés et les financements de l'Observatoire, a présenté le traditionnel tour d'horizon de la fréquentation des salles de cinéma de l'année dernière. La fréquentation avait globalement augmenté en 2006, a-t-elle fait remarquer, par rapport à une année 2005 décevante. Elle a démontré que, sur les 50 dernières années, le développement de nouvelles technologies a clairement influencé les chiffres de la fréquentation. La question clé concerne évidemment les chiffres qui seront enregistrés en 2007.

Un nouveau rapport, intitulé Vidéo à la demande en Europe, a ensuite été présenté par André Lange, responsable du Département Informations sur les marchés et les financements de l'Observatoire, et Laure Kaltenbach, Chef du bureau des évaluations économiques, Direction du développement des médias (DDM). Ce rapport a été rédigé par NPA Conseil, en coopération avec l'Observatoire et la DDM. André Lange a déclaré qu'avec plus de 150 services opérationnels en Europe, la vidéo à la demande existe en tant que véritable secteur du marché même si l'absence globale de données rend difficile l'estimation de sa véritable importance. En revanche, on peut espérer que sur le long terme, l'effet de " longue traîne " de la vidéo à la demande bénéficiera aux films européens.

Laure Kaltenbach a souligné que " 70 % des contenus les plus recherchés sur Yahoo sont des contenus protégés par les droits d'auteur ". Le moment était venu de laisser la place à la partie juridique de la conférence. Francisco Cabrera-Blazquez, du Département Informations juridiques de l'Observatoire, a abordé la question de l'utilisation des DRM gestion numérique des droits dans ce domaine. Stef Van Gompel, de l'Institut du Droit de l'Information d'Amsterdam, a parlé de la distribution des œuvres orphelines en vidéo à la demande. Il a souligné que, selon une enquête conduite par l'Association des Cinémathèques européennes, " plus de 50 000 titres issus des archives européennes peuvent être considérées comme des œuvres orphelines ".



Ruth Hieronymi, Députée au Parlement européen et Présidente de l'intergroupe sur la politique audiovisuelle, a présenté l'état d'avancement de la directive Télévision sans frontières. Elle a indiqué que la révision de cet instrument juridique arrive " juste à temps " et que ce soutien européen aux services non linéaires représentera " une chance pour tous les producteurs de l'UE ". Elle a également insisté sur le devoir d'assurer une bonne interopérabilité entre l'ensemble des services proposés, celle-ci étant actuellement insuffisante.

Compte-rendu de Thierry Leclercq pour le Mediadesk de la Communauté française de Belgique, www.cfwb.be/mediadesk




Vu dans la presse   
  • > Hommages à Sembène Ousmane

Hommages à Sembène Ousmane dans la presse internationale, à télécharger ci-dessous.


Hommages à Sembène Ousmane [100 Ko]
 


• > Entretien (fleuve) avec Emile Abossolo Mbo, par Olivier Barlet pour www.africultures.com

Olivier Barlet a rencontré lors du dernier Festival de Cannes Emile Abossolo Mbo, omniprésent acteur camerounais (jugez plutôt, cesz derniers temps: Les Saignantes, Juju Factory, Ezra, Si le vent soulève les sables...).

Voici quelques extraits de cet entretien fleuve:

Vous faites partie aujourd'hui des acteurs qui jouent beaucoup, que le cinéma sollicite. Comment cela se passe-t-il pour vous à ce moment de votre carrière ? Pouvez-vous faire le choix de vos rôles ? Est-ce encore difficile pour vous d'être un acteur noir en France aujourd'hui ?

Pour moi, ça n'a jamais été difficile car pour moi, être acteur, c'est d'abord être quelqu'un qui agit. Qui choisit d'agir au lieu de subir, de ne pas subir pour pouvoir mieux agir. Donc quand je ne tourne pas, que je ne joue pas au théâtre ou au cinéma, je suis en train d'écrire, de me promener dans la ville dans laquelle je suis (que ce soit Paris ou la province) pour observer, regarder les gens, pour apprendre la musique, le rythme, la pulsation de l'endroit où je me trouve. Je vis en France depuis un certain temps : c'est donc cet endroit que j'apprends à connaître, et les gens qui y vivent, les gens qui vivent en France.
Je préfère dire ça plutôt que ‘les Français' parce que quand on dit ‘les Français', on a tendance à exclure ceux qui ne sont pas Français. Alors que la beauté de la France est qu'elle est ouverte à toutes formes de passages, de croisements, à condition (c'est ce qui est marqué sur le drapeau, je crois) que ce soient des croisements faits d'intelligence. Pour moi, c'est surtout cela que veut dire « Liberté, égalité, fraternité », la possibilité de se rencontrer, se présenter, se raconter les uns aux autres et d'apprendre à faire des choses ensemble. Cette pulsation-là en France m'intéresse et quand je ne suis pas en train de tourner, ou de jouer sur un petit plateau de théâtre (je dis petit plateau par rapport au grand plateau de la vie), je suis sur un grand plateau en train d'apprendre, de m'exercer, de m'imprégner, d'absorber, et je pense que c'est une très grande partie du travail de l'acteur. Donc je suis tout le temps en train de travailler.

Mais vous avez aussi la chance de rencontrer des metteurs en scène, des réalisateurs.

Oui, sur le travail concret de faire un film ou une pièce, j'ai eu beaucoup de chance parce que j'ai travaillé beaucoup au théâtre avec de très grands metteurs en scène : Jacques Michet, Gilles Chavassieu, Luis Pasqual, Peter Brook…. J'ai fait Avignon trois fois, dont une fois en 1996 à la Cour d'Honneur, où je jouais La Tragédie du Roi Christophe, dans le rôle du Roi. Au cinéma, j'ai eu la chance de travailler dans des séries américaines : Highlander, Young Indiana Jones parce que je parle anglais et peux donc jouer en anglais. J'ai aussi travaillé dans un film de Jean-Claude Brisseau, Les Savates du Bon Dieu. Quand je ne fais pas de longs-métrages, j'investis mon énergie et mon envie de jouer dans des courts-métrages avec des amis, qui ne sont pas payés mais où j'exerce mon métier d'acteur. J'essaie d'être sans arrêt en mouvement.

(...)

Les films que nous avons cités tout à l'heure, dans lesquels vous avez joué récemment, sont des films qui sont soit tournés par des réalisateurs africains, soit se déroulent en Afrique. Avez-vous accès à d'autres films sans rapports forcés avec l'Afrique ? Cela vous intéresse-t-il d'aller dans cette direction ou préférez-vous creuser une relation avec une origine ?

Je préfère creuser une relation avec une origine. Pas du tout par Afro-centrisme et par repli identitaire - qui est appelé communautarisme de nos jours. Car pour moi le métier d'acteur est un métier inclusif, où on ne parle ni de couleur de peau, ni de sexe, ni de taille, de poids. Or malheureusement, pour le moment, beaucoup de réalisateurs occidentaux, en France surtout, ont encore tendance, par ignorance, paresse ou volonté négative (même si je ne crois pas) à avoir peur de la prise de risque. Car on met tellement de temps à faire un film qu'on entend beaucoup de gens dire « mais les acteurs noirs ne sont pas bankeable, sont-ils capables de tenir un rôle ? ». Il y a encore, à mon avis, trop de séquelles de la colonisation, de l'esclavage où un Noir ne sait faire que courir, jouer au football, danser parce que ça au moins c'est inné mais quand il s'agit de réfléchir, il faudrait qu'il renaisse. Et puis ils se demandent « Qu'est-ce que la ménagère de cinquante ans va penser ? ». Je dis ça alors que je suis un des acteurs qui a le plus de chance. Je joue dans une série, Plus belle la vie : la ménagère de cinquante ans s'en fout que je sois un Noir, que j'ai le crâne rasé ou que je viens du Cameroun. Ce qu'elle voit, c'est que j'interprète Damien, le père de Rudy, et qu'on m'appelle ‘le papa de Rudy' et pas ‘le Negro'. Les producteurs qui pensent comme ça se plantent complètement. Ils font une erreur imbécile en coupant la France de sa source même, de sa vitalité, qui est l'accueil de la quintessence de l'humanité au cœur de cette volonté de sceller les droits de l'homme.
Et donc, oui, je privilégie l'Afrique, parce que c'est là-bas que je trouve encore, pour le moment, cette soif, cette quête de se comprendre, se raconter, se mettre au monde, de rêver son monde, avec ses limites, ses défauts et ses qualités. Ce que j'aime dans les tempéraments africains, c'est que je trouve beaucoup plus de volonté de vivre, d'envie de partager et de générosité, que de haine, de revanche. Beaucoup de gens ont longtemps trouvé qu'en Afrique, les gens avaient un tempérament très bon enfant donc ils pensent que « il est noir donc on peut lui faire n'importe quoi parce que de toute façon, ils sont toujours en train de rigoler ». Je suis désolé mais les gens qui pensent comme ça sont bêtes, stupides et méchants car pour moi, ce n'est pas de l'enfantillage mais simplement du désir de paix. On a subi suffisamment de guerres pour se dire que ce qui est à privilégier, c'est d'abord la vie. La vie inclut donc le besoin de vivre et la vie, c'est tout sauf la guerre. C'est construire, vivre en paix, c'est communiquer, faire avec au lieu de faire contre, partager au lieu de se battre, faire ensemble au lieu de diviser. Tout cet énorme potentiel philosophique essentiel d'amour de la vie m'intéresse énormément. S'il y a un cinéma que le monde va découvrir et avoir du bonheur à rencontrer, c'est le cinéma africain. Et je voudrais faire partie intégrante de cette émergence-là. Je ne voudrais pas rater ce train-là. Ce qui ne veut pas dire que je ne continue pas à travailler avec des réalisateurs occidentaux, Nord-Américains, quand ils veulent. Mais le choix des sujets est toujours pour moi un peu caricatural, limité et superficiel. Est-ce par peur, paresse ou ignorance ? Si c'est par ignorance, il faut qu'on se parle entre frères humains. Je crois savoir que vous, vous êtes quelqu'un qui a un contact avec l'Afrique qui est justement de cet ordre-là.

Est-ce que ce n'est pas la difficulté de sortir d'un certain nombre de paradigmes qui se sont, comme le dit Achille Mbembe, ossifiés lorsque les Etats s'en sont emparé : le nationalisme africain, les tentatives de relecture du marxisme à travers le socialisme africain ou les variantes du panafricanisme ? N'est-ce pas la difficulté mondiale de reconfigurer tout cela aujourd'hui, sortir d'une logique nativiste pour aller vers une nouvelle poétique qui respecte mieux l'être humain ? N'est-ce pas cela la difficulté de la création africaine, comme d'une grande partie de la création mondiale ?

C'est là qu'est le problème fondamental et comme dans chaque problème, il y a la réponse à l'intérieur, au cœur de la question qu'on se pose. Cette ossification vient encore une fois de ce que j'appelle toujours le cauchemar des autres. C'est-à-dire qu'on a pensé l'Afrique pour l'Afrique, on a pensé les frontières africaines, on a pensé les pays qu'on a rebaptisés, les prénoms africains, la manière de concevoir Dieu. Tout ça a été pensé de l'extérieur et imposé à l'Africain et on a été gavés comme des oies avec ça. Par contre, ce que je trouve formidable est toute cette base d'amour de la vie, de poésie centrée sur l'amour de l'humain, la compréhension de ce que j'appelle l'égoïsme positif. Ce n'est pas une valeur morale : se mettre ensemble est de l'égoïsme positif, c'est du pragmatisme absolu. Et si je fais seul, je n'y arriverai pas. Comme disaient nos grands-mères et grands-pères, « un bâton est facile à casser, deux bâtons sont faciles à casser, trois c'est déjà un peu plus difficile etc. Et cent bâtons liés ensemble sont absolument impossibles à casser ». C'est aussi simple que ça. Et heureusement, tout ça est dans chaque rue d'Afrique, dans l'état de famine le plus totale, dans la misère la plus absolue. Je pourrais raconter des anecdotes absolument impossibles. Quand on voit les clandestins qui prennent les bateaux et qui traversent pour arriver ici, quand on les interroge, leurs phrases sont parfois dignes des philosophes les plus virtuoses, de Gandhi ou Martin Luther King et ce sont pourtant souvent des gens qui n'ont pas été à l'école. Pour moi, tout est là, il suffit de baigner dedans, de se rappeler d'où l'on vient.
L'Afrique a encore ce privilège-là, rien n'est scindé, la guerre totale entre les riches et les pauvres n'est pas encore complètement accomplie ; pour chaque riche qui est multimilliardaire, il a 150000 cousins qui sont au village, pauvres, donc il ne peut pas nier qu'il est de là, qu'il peut se détacher de ça. Les couches sociales et spirituelles sont encore perméables. Tout peut encore circuler, avec une puissance inouïe. C'est dans ce terreau-là que j'ai envie de puiser. C'est ce qui m'a permis de conserver une écriture qui ne ressemble à aucune autre, et une manière de jouer qui est mienne. Car je suis un tissage, un métissage de tout ça. Pas seulement entre la culture africaine et occidentale, mais entre les différentes manières de voir le monde, spirituo-religieuse, socialo-technique ou politique. Car il y a de la politique en Afrique. Il y a une manière de concevoir le monde qui est là et qui est démocratico-possible. Simplement, comme ce n'est pas à la télévision ou à la radio à Paris, New York ou à Londres, on a l'impression que ça n'existe pas mais moi je sais que ça existe, je sais où les trouver et c'est une source qui est un véritable océan de poésie, d'amour de l'humanité. Et c'est sans parler des contes, des proverbes, de tout ce qui a été légué par les gens qui sont passés là. Il ne suffirait pas d'une vie pour exploiter ça, il en faudrait des milliards. Et tant que c'est là, ça ne peut pas être difficile, surtout avec les moyens numériques d'aujourd'hui. On est en train de s'interviewer avec un petit magnétophone extrêmement plat alors qu'à l'époque il aurait fallu un énorme Nagra avec un gros micro (Rires) ! C'est un avantage, on peut tous les deux aller n'importe où et faire une interview. Tant qu'il y aura des gens qui voudront mettre ça au service de cet immense océan d'énergie constructive qui existe en Afrique, alors tout va bien. Quel que soit le temps que ça prend.

L'intégralité de l'entretien ici:
http://www.africultures.com/index.asp?me ...


• > "Newton Aduaka, de la science à l'art", par Baba Diop, pour Sud Quotidien

Baba Diop a assisté à la leçon de cinéma de Newton Aduaka le 22 mai dernier à Cannes. Voici son compte-rendu, paru dans Sud Quotidien (Dakar).

En donnant à son fils le nom de Newton, le père du cinéaste nigérian Aduaka Newton espérait faire de son fils un grand scientifique mais le cours de la vie en a décidé autrement.

Newton Aduaka, est devenu porte drapeau de la renaissance d'un 7iéme art que grignote à belles dents la «vidéo kleenex» ces productions qui alimentent les boutiques des marchés et coin de rue de Lagos , Abuja etc... Newton Aduaka est au festival de Cannes où son film Ezra, étalon de Yennenga - Fespaco 2007 est présenté à la semaine de la critique.

Il ponctue ses mots par des gestes et dans sa voix se dégage toute la passion qui l'anime. Un feu intérieur fait bouillir son imagination. Newton Aduaka aime le cinéma parce qu'un film est une à "uvre totale composée de lumières, de son, de musiques et surtout d'imaginaire.

« Mon père voulait faire de moi un ingénieur électronicien mais j'étais plutôt attiré par la musique. A 13 ans j'étais membre d'un groupe de musiciens en herbe et nous avions même enregistré des morceaux. Je pratiquais la musique en cachette parce que mes parents ne devaient pas le savoir » Aujourd'hui Newton Aduaka avoue la crainte qu'il avait de devenir ingénieur et de rester bloqué toute une journée dans un bureau. Il aura fallu la ténacité d'un ami, féru de cinéma pour faire basculer son coeur dans le monde des images en mouvement.

C'est ce monde imaginaire qu'est le film qui l'a séduit plus que le reste. Adieu donc la musique et que vogue le cinéma. Aduaka choisit de s'inscrire dans une école de cinéma londonienne qui avait la particularité d'accueillir des étudiants des quatre coins du monde. Un brassage bénéfique qui lui ouvrait grandes les portes de la connaissance du cinéma mondial. Pendant trois années, il va s'enfermer dans sa bulle de cinéma, consommant les films après film avec un appétit d'ogre: « Quand on arrive dans une école de cinéma dit il et que l'on trouve des étudiants qui à 8 ans étaient déjà passionnés de films et qui connaissaient presque l'histoire du cinéma du bout des doigts , il y a de quoi être intimidé. Il me fallait rattraper mon retard ». L'école de cinéma était un cocon pour lui et tous les autres étudiants car l'institution leur donnait la possibilité de travailler dans le son, les images, la réalisation,la réalisation, la technique et que les projets se réalisaient avec aisance.
Ce n'est qu'une fois, le diplôme en poche que Newton Aduaka se rendit compte que le monde du travail avait une logique différente de celle de l'école parce qu'il vous imposait un choix et ne vous permettait de rester le réalisateur homme orchestre de l'école. Les projets de film qu'il écrivait et adressait à des producteurs ne rencontraient pas d'écho. Le découragement mêlé à de la peur commençait à s'installer. Il fallait se secouer et regardait du coté des grands réalisateurs noirs américain de la trempe d'un Spike Lee. De retour au Nigeria, Aduaka fonde sa propre société de production. Sa rencontre avec le camerounais Jean Pierre Bekolo lui offre l'occasion de travailler sur Quartier Mozart, un film qui atteste de la nouvelle vision des réalisateurs africains nourris au lait de la vidéo clip. Le travail que Newton réalise sur le son est époustouflant.

Aujourd'hui, auteur de Rage, Funeral, On the Edge, Aicha et Ezra, Newton Aduaka laisse entrevoir son univers filmique. Enfant de la guerre du Biafra, il déteste la violence et le mensonge qui la légitime, n'empêche qu'il la filme avec une telle subtilité qu'il finit par en accentuer le visage hideux. Cinéaste de la diaspora puisque ayant vécu plusieurs années à Londres et aujourd'hui à Paris, ses personnages portent en eux une certaine frustration qui engendre révolte, violence, autodestruction résultat d'une non reconnaissance des potentialités et des dispositions des noirs africains vivant à l'étranger. Parce qu'on ne offre la possibilité de s'exprimer dans des domaines qui épanouissent leur personnalité, ils développent une violence pathologique qui peut aller jusqu'au suicide.

Newton Aduaka est un réalisateur méticuleux mais qui sur un plateau de tournage se permet des fantaisies en s'écartant de son scénario car il a conscience qu'il n'est qu'une matière brute qu'il faut modeler en ajoutant des scènes non prévues ou en retirer d'autres. Newton ne travaille ni avec un story board ou autres indications qui définissent le nombre de prises pour une scène ou un plan. Il est intuitif et perfectionniste. Son travail avec les comédiens repose sur un contrat de confiance qui commence par se dévêtir de tout préjugé pour aller chercher au fond de soi même le vrai visage du personnage que l'on incarne sans recourir à une technique de jeu ou s'adosser contre des clichés. Le résultat dans Ezra qui a nécessité trois semaines de répétition pour donner la possibilité à chaque comédien de construire son personnage est saisissant. Le son pour lui n'est pas qu'accompagnement il traduit les émotions de chaque personnage et anticipe ou se pose en contre point.

http://fr.allafrica.com/stories/20070 ...


• > "L'Afrique boycottée ?" , Renaud de Rochebrune revient sur le Festival de Cannes pour Jeune Afrique

Depuis une décennie, le Festival boude les films subsahariens et, dans une moindre mesure, maghrébins. Pour de bonnes et de moins bonnes raisons.

« Aucun film africain n’a été sélectionné en compétition pour la Palme d’or depuis dix ans. Est-ce un délit de faciès lié à la couleur de nos images ? » À quelques jours de la clôture du Festival de Cannes, la Guilde africaine des réalisateurs et producteurs s’est insurgée contre ce qui lui apparaît comme une sorte de boycottage du continent par les sélectionneurs de la plus grande manifestation cinématographique mondiale.

Le 24 mai, lors d’une conférence de presse dans l’enceinte du Palais des festivals, les responsables de la Fédération panafricaine des cinéastes (Fepaci) s’étaient, eux aussi, montrés fort préoccupés par cette absence prolongée.

Si leur charge a été moins violente, quoique aussi explicite, que celle de leurs confrères, c’était sans doute en raison de la présence du président du Festival, Gilles Jacob, lequel avait tenu à les accueillir en personne dans ses locaux et à les assurer de sa volonté de « tout faire pour aider le cinéma africain ».

Reste à savoir si cet « oubli » désormais quasi systématique de l’Afrique noire - le Maghreb étant à peine mieux traité - n’est pas tout simplement la conséquence de la faiblesse quantitative, technique et artistique de la production africaine récente. C’est ce que laisse entendre la direction du Festival, qui, dans un communiqué, estime que « lorsqu’il n’y a pas de films, c’est toujours le signe que le cinéma ne va pas bien dans une région ». L’argument - qui n’est certes pas sans fondement - nous avait déjà été opposé, l’an dernier, par Thierry Frémaux, le responsable de la sélection. Faire de la « discrimination positive pour l’Afrique » lui paraissait une attitude indigne. Soit, mais on a quand même peine à croire que, depuis une décennie, aucun film subsaharien n’était digne de la sélection.

À preuve, depuis à peine trois ans, l’Afrique a remporté un Oscar à Hollywood et un Ours d’or au festival de Berlin (dans les deux cas avec des films sud-africains), ainsi qu’un Grand Prix du jury à la Mostra de Venise (pour Daratt, du Tchadien Mahamat Saleh Haroun). L’an dernier à Cannes, Bamako, d’Abderrahmane Sissako, a été très favorablement accueilli par la critique et le public, mais n’a eu droit qu’à une projection hors compétition. Même chose, l’année précédente, pour le Moolaadé de Sembène Ousmane.

De plus, et c’est peut-être la goutte d’eau qui a fait déborder le vase, Gilles Jacob a passé commande cette année, pour le 60e anniversaire de la manifestation, de 33 films de trois minutes à 35 réalisateurs (2 d’entre eux sont cosignés par des frères, les Coen et les Dardenne), dont aucun n’est originaire d’Afrique subsaharienne, seul Youssef Chahine représentant le continent. Un « casting » que, outre les Africains, de nombreux professionnels présents à Cannes jugent pour le moins discutable.

Interrogé par nos soins, le président du Festival répond, de manière évasive, que l’Afrique est malgré tout présente dans ce film collectif par le biais de la contribution de Wim Wenders (qui met en scène une séance de cinéma en plein air, au cœur du continent). Devant notre perplexité, il ajoute qu’un réalisateur africain aurait fort bien pu participer à cette œuvre, « par exemple quelqu’un comme Souleymane Cissé », mais qu’en raison du format indépassable du film, de nombreux grands noms du cinéma, sans considération d’origine géographique, ont dû être écartés. D’autres projets collectifs du même type seront réalisés dans les années à venir, « certainement avec un ou plusieurs cinéastes d’Afrique noire », explique Gilles Jacob. Acceptons-en l’augure.

Il est certain qu’après avoir été à la mode dans les années 1980 et 1990, le cinéma d’Afrique noire a aujourd’hui perdu l’essentiel de sa « visibilité » internationale. Il souffre d’un « déficit d’attention », selon le bel euphémisme du cinéaste burkinabè Gaston Kaboré. D’autant que plusieurs de ses figures « historiques », comme Cissé ou Idrissa Ouédraogo, ne tournent plus de longs-métrages pour le grand écran depuis de nombreuses années.

Le plus grave est que, sauf exception, la situation risque de ne pas vraiment s’améliorer à très court terme. À Cannes, l’Afrique est non seulement absente de la compétition pour la Palme d’or, mais de toutes les autres sélections, en particulier de la Semaine de la critique (consacrée aux premiers films) et des diverses compétitions réservées aux courts-métrages, là où se prépare l’avenir. Par chance, la montée en puissance de la technologie numérique, en abaissant sensiblement le coût des tournages, devrait aider la production africaine à retrouver un certain dynamisme. Surtout si les États africains, seuls ou en se regroupant, prennent conscience de l’importance de créer et de diffuser leurs propres images. Quant aux effets de mode, on sait qu’ils sont par nature changeants. Mais à quelle échéance ?

http://www.jeuneafrique.com/jeune_afriqu ...


• > "Une aubaine pour le cinéma roumain" dans Courrier International

Le film roumain Quatre mois, trois semaines et deux jours de Cristian Mungiu, drame sur un avortement à la fin de l'ère Ceaucescu, a remporté la Palme d'or au festival de Cannes. Cette fiction très ancrée dans le réel était favorite dès les premiers jours du festival. Florentina Cuiverca, journaliste culturelle au quotidien roumain Evenimentul réagit "à chaud" après l'annnonce du résultat.

Que signifie cette Palme pour la cinéma roumain ?

C'est un triomphe. La première Palme pour un long-métrage roumain ! Par le passé, les cinéastes roumains avaient obtenu trois Palmes, mais seulement pour des courts-métrages. D'abord, c'est une confirmation de l'existence d'une jeune génération de cinéastes roumains. Depuis des années, ils essaient de mettre leurs idées en film et ensuite de les montrer au monde. C'est un exploit car il est très difficile de réaliser des films dans mon pays. L'argent public vient du Centre national de la cinématographie, qui a cultivé pendant longtemps des relations troubles avec quelques cinéastes privilégiés mais sans talent. Cette année, le CNC roumain a refusé le nouveau scénario de Cristi Puiu, lauréat du prix Un certain regard en 2005 avec La Mort de Dante Lazarescu. Le cinéaste a déclaré publiquement qu'il ne demanderait plus jamais l'argent de ce fonds public. Cette Palme d'or permettra que certaines portes s'ouvrent à l'étranger pour les cinéastes roumains, puisque, dans notre pays, il n'existe pas de structures de production suffisantes.

Peu de moyens donc, mais comment expliquez-vous alors le succès des films roumains dans les festivals, notamment à Cannes ?

En dehors du talent des jeunes cinéastes comme Radu Muntean (Le papier sera bleu) ou Corneliu Porumboiu, qui a gagné l'année dernière la Caméra d'or à Cannes avec 12h08 – A l'est de Bucarest, ou encore Cristian Nemescu, mort accidentellement en novembre dernier, dont le film California Dreaming a gagné le prix Un certain regard cette année, je crois que ce cinéma montre un monde peu connu en Occident. Beaucoup de ces jeunes cinéastes parlent de la révolution roumaine, mais souvent les spectateurs roumains sont lassés de voir encore un film sur le communisme. Mais les auteurs se délivrent ainsi d'une époque qui les a tant tourmentés. Ces cinéastes ont vécu leurs plus belles années de jeunesse sous le communisme. Alors, ils parlent de ces souvenirs-là. Leurs films ne sont pas directement politiques, mais, comme la politique fait partie de notre vie quotidienne depuis toujours, elle est le background de leurs histoires, très liées à la réalité.

Que pensez-vous de Quatre mois, trois semaines et deux jours de Cristian Mungiu ?

Ce film a eu un impact émotionnel très fort sur les femmes roumaines qui ont vécu cette époque-là, mais plus largement il nous parle du compromis et d'une solidarité très spéciale qui règne entre les deux filles. Le film est admirablement construit et, en même temps, très naturel, comme si la caméra témoignait d'une vérité qui n'est pas jouée. On n'a pas l'impression de voir des acteurs mais des gens ordinaires. J'ai aimé que le réalisateur souligne les traits de caractère des personnages sans les juger, sans ajouter de moralité. Même l'image d'un fœtus, a priori insupportable, m'est apparu dans le contexte du film comme une partie de la réalité. A mes yeux, Mungiu a totalement mérité ce prix.

Propos recueillis par Marcus Rothe

http://www.courrierinternational.com/art ...


• > Le cinéma français semble en péril vu de Suisse, dans Le Temps

Thierry Jobin dans son article "Cinéma français, la crise" revient sur la situation actuelle complexe de l'industrie cinématographique française.

Le 60e Festival de Cannes s'ouvre sur un paradoxe: alors que la moitié des films en compétition sont coproduits par la France, le cinéma français, lui, traverse une crise profonde. En apparence, le conte de fées continue. Il suffit de compulser les détails de production des films présentés à Cannes: les deux tiers des œuvres de la compétition sont produits ou coproduits par la France; toutes sections confondues, près de la moitié des films de toutes origines n'existeraient pas sans l'argent et la cinéphilie hexagonaux.

Quant aux films qui portent les couleurs bleu-blanc-rouge en concours, ils sont prometteurs, appétissants même, et démontrent le rare niveau d'exigence de cette cinématographie. Une Vieille Maîtresse de Catherine Breillat, film historique d'après un récit de Jules Barbey d'Aurevilly; Les Chansons d'amour de Christophe Honoré sur les conséquences d'un tragique événement dans la vie d'un jeune homme; Persepolis, l'adaptation fabriquée à Paris de la bande dessinée de l'Iranienne Marjane Satrapi par elle-même, sur son enfance durant la révolution islamique de 1979; et Le Scaphandre et le papillon de l'artiste polyvalent Julian Schnabel où Mathieu Amalric joue le journaliste Jean-Dominique Baudy, malheureusement célèbre pour s'être retrouvé complètement paralysé, victime d'un «locked-in syndrome», après un accident vasculaire. Bref, le bon cinéma, le cinéma qui cherche et parfois trouve de nouvelles voies, le cinéma qui aborde tous les sujets sans tabou n'existerait probablement pas sans la France.

Un péril grave

Mais Cannes est une île. Dans la réalité, le cinéma français est actuellement en péril. La rupture, signalée avec force et courage par la réalisatrice Pascale Ferran lors de la dernière cérémonie des Césars, est sur le point d'être consommée entre des films commerciaux de plus en plus riches et des films ambitieux de plus en plus pauvres. Pourquoi? Parce que le système de production hexagonal s'est vicié au point d'exclure les films que d'aucuns nomment «du milieu», autrement dit les films d'auteur comme, autrefois, ceux de Maurice Pialat, François Truffaut ou Jacques Rivette, cinéastes qui avaient les moyens de leurs ambitions et qui ont fait la réputation de la France. Qui ont plutôt perpétué cette réputation installée dès Jean Renoir ou René Clair et qui ont toujours défendu le cinéma, au-delà de sa dimension industrielle, comme espace de liberté et d'innovation.

Le péril qui menace le cinéma français, mais aussi toutes les cinématographies qui survivent grâce à la France (y compris les films suisses romands coproduits), est la conséquence de plusieurs phénomènes paradoxaux. Pas plus tard que mardi, par exemple, une dizaine d'organisations de réalisateurs, producteurs, distributeurs, exploitants, responsables de festivals et critiques de cinéma réclamaient, dans une tribune publiée par Le Monde, un «encadrement» du nombre de copies de longs métrages au nom de la «diversité». La Suisse connaît bien ce problème et n'a encore rien envisagé pour le résoudre sinon une risible «autorégulation» de la branche: les films les plus commerciaux sortent en quantité tellement considérable et sur tant d'écrans qu'il n'y a plus d'espace pour les films plus fragiles. Le paradoxe est là: pourquoi se plaindre puisque cette mécanique produit, en Europe et dans le monde entier, un nombre d'entrées supérieur aux années précédentes?

L'industrie a dévoyé le système

En fait, les systèmes de soutien au cinéma, tels qu'ils avaient été mis en place en France puis imités par d'autres pays, ont trop bien marché. Leurs effets ont fini par se dévoyer. Aides, quotas, fonds de soutien ou les fameuses Soficas (investissements privés): tous ces systèmes d'aide fonctionnaient sur le principe, pratiqué en Suisse aussi, qui consiste à intervenir sur des volumes financiers et des pourcentages, au lieu de s'intéresser à des valeurs artistiques. Dans un premier temps, ces interventions ont aidé les films les plus ambitieux, originaux et créatifs. Et puis, l'industrie s'est mise à en récupérer les mécaniques, qu'il s'agisse de la télévision ou des producteurs de cinéma qui se sont multipliés sur le dos des obligations de financement du cinéma par les télévisions.

Et, pour le confort des uns et des autres, tout le système s'est soudain plié à l'idée de faire des films qui ne répondent qu'à une seule norme, sans aucun risque artistique. Pourquoi chercher autre chose puisque chacun récupère, de manière régulière, les fruits sonnants et trébuchants d'une politique qui ne visait surtout pas à produire cet effet-là?

Toute construction réglementaire, tout système d'aide est forcément lié à une époque et ne peut prétendre être gravé dans le marbre pour l'éternité. Mis en place durant la première partie des années 1980, le système français s'est peu à peu mis à mouliner dans son coin au point de créer, imperceptiblement, davantage d'effets pervers que d'effets bénéfiques. Et certains, tel Jean-Michel Frodon, directeur des Cahiers du cinéma, craignent que la réaction ne soit déjà tardive: «Il y a peu, Jacques Rivette servait au moins d'alibi à un dispositif qui permettait de produire ensuite un film de Patrice Leconte. Le problème actuel, c'est qu'au lieu de produire deux films de Leconte pour un film de Rivette, on préfère produire trois films de Leconte.»

Cet article est complété par une interview de Jean-Michel Frodon, et un texte de Pascale Ferran: http://www.letemps.ch/template/recherche ...


• > Entretien avec Monsieur Mohamed Nour Farahat, Directeur du Bureau permanent de la protection du droit d'auteur

Entretien avec Monsieur Mohamed Nour Farahat, Directeur du Bureau permanent de la protection du droit d'auteur, Conseil supérieur de la culture, Egypte sur www.euromedaudiovisuel.net

Pouvez-vous nous donner un aperçu de la situation que connaît le cinéma aujourd'hui en Egypte?

Je ne suis peut-être pas tout à fait à même de vous donner une opinion technique de la situation que connaît le cinéma en Egypte étant donné que je suis un expert juridique et non en cinéma. Cependant, il est certain que le cinéma se portait bien mieux il y a 30 ou même 50 ans. D'autres experts tels que Samir Farid ou bien Ahmed Saleh, qui étaient présents au Festival du Film de Cannes sont plus informés que moi à ce sujet. Je suppose, en tous les cas, que la montée des attitudes islamiques fondamentalistes, entres autres, ont eu un impact sur cette situation.

Qui gère l'industrie cinématographique en Egypte aujourd'hui?

Les personnes qui s'occupent de l'industrie cinématographiques sont des professionnels du cinéma ou des hommes d'affaire. Certains d'entres eux sont très intéressés par la promotion de l'industrie, mais d'autres ont de l'argent et veulent l'investir sans se préoccuper des valeurs morales et professionnelles. Ces gens veulent gagner de l'argent. Je pense que le rôle de l'état est très important. Le gouvernement égyptien a joué un rôle décisif dans les années soixante, soixante-dix. A cette époque, Naguib Mahfouz, le célèbre écrivain égyptien était le Directeur de la Fondation pour le Soutien du Cinéma. Beaucoup de bons films ont été produits parce que le gouvernement ne cherchait pas directement à faire de l'argent mais préférait promouvoir l'industrie cinématographique. Aujourd'hui, le gouvernement n'est plus aussi présent dans le secteur. Il s'est retiré de beaucoup de domaines dans lesquels il était actif dans les années soixante au nom du Libéralisme économique.

Quelle est la situation actuelle concernant la piraterie en Egypte?

En ce qui concerne la propriété intellectuelle, nous souffrons en grande partie à cause de la piraterie. Comme vous le savez certainement, même en période de crise, l'Egypte est l'un des plus gros pays producteurs de films de la région et les films peuvent être copiés à partir de la télévision, des cassettes vidéo et des salles de cinémas et peuvent être distribués de façon illégale. L'Egypte est un état partie de nombreuses conventions internationales. Nous avons un cadre légal concernant la protection, mais nous n'avons pas de système collectif, c'est à dire un système de gestion collective qui serait capable de récupérer l'argent dû aux producteurs par ceux qui piratent, à l'intérieur aussi bien qu'à l'extérieur du pays. En Egypte, je suis le Directeur du Bureau permanent de la protection du droit d'auteur au Conseil supérieur de la culture. Nous pensons mettre en place une société de gestion collective et une autre pour toute la région arabe.

A Cannes, vous avez participé à la présentation de la toute nouvelle base de données sur le droit d'auteur cinématographique du Programme Euromed Audiovisuel. Quelle est votre impression? Pensez-vous qu'il s'agit d'un outil utile pour la région?

Bien sûr! La démonstration de Michel Gyory, l'expert juridique du Programme Euromed Audiovisuel II, était excellente. D'un point de vue professionnel il est maintenant beaucoup plus facile pour l'utilisateur d'obtenir l'information qu'il recherche. Comme je l'ai évoqué pendant le séminaire, la chose la plus importante est que l'information soit vivante. Nous devons l'actualiser de façon régulière. J'ai suggéré d'encourager les contributions des autorités concernant les amendements législatifs étant donné que la loi est en constante évolution. De nombreuses décisions pourraient encore paraître dans le futur.

Etant donné que la base de données sera utile aux professionnels et pour le développement de l'industrie, comment l'Egypte va t'elle conscientiser les professionnels de l'existence de cet outil?

Les professionnels du secteur tels que les avocats, les juges ou encore les institutions concernées doivent être au courant de l'existence de cet outil. Ils ne doivent pas seulement en être conscient, ils doivent également savoir s'en servir!

http://www.euromedaudiovisuel.net/newsde ...


• > " Scorsese sous le charme de Nass El Ghiwane "

Le réalisateur américain Martin Scorsese a réitéré, mardi soir, toute son admiration pour le film marocain Transes, mis en scène par Ahmed Al-Maanouni et produit par Izza Genini, en présentant ce long métrage dans la section «Cine Classic» au 60e Festival de Cannes.

Ce film, qui retrace l'itinéraire géographique et culturel du groupe Nass El-Ghiwane, «m'a beaucoup inspiré et sa musique m'a même obsédé». Il a également souligné qu'au-delà d'un film de musique, ce long métrage «révèle vraiment l'universalité culturelle, un pays et un contenu social». «Pendant mon enfance, j'ai été nourri de films venus du monde entier», a-t-il dit, faisant remarquer qu'il a ainsi «découvert l'Inde avec Satyajit Ray et d'autres pays comme l'Italie, l'Angleterre et le Maroc à travers leur cinéma»
Scorsese, qui a qualifié Nass El-Ghiwane de «Rolling Stones de l'Afrique», s'était même inspiré de la musique ensorcelante du groupe pour son film La dernière tentation du Christ. Par ailleurs, le cinéaste américain a lancé le même jour une «Fondation mondiale pour le cinéma».

Le but de cette fondation est la restauration des chefs- d'œuvre «négligés» du patrimoine cinématographique.Au moment du lancement de ce projet, plusieurs cinéastes appartenant à différents pays ont été aux côtés du grand Scorsese. Il s'agit entre autre du cinéaste malien Souleymane Cisse, du Mexicain Alejandro Gonzalez Inarritu, de l'Italien Ermanno Olmi, du Brésilien Walter Salles, du Britannique Stephen Frears, du Mauritanien Abderrahmane Sissako, du Turc Fatih Akin, du Chinois Wong Kar-wai et du Marocain Ahmed Maânouni. Tous ces artistes ont accepté en effet de participer à ce projet.

Arme de ce combat: la restauration de «films négligés» issus des cinq continents, des «films célèbres qui ne sont plus projetés et dont il n'existe pas de vidéo ou des films inconnus à découvrir», selon Scorsese. Ce travail constituera la mission première de la fondation, qui dispose déjà d'une liste d'une dizaine de films candidats à la restauration.

Avant son lancement officiel, la nouvelle structure s'est déjà penchée sur trois oeuvres dont la version rénovée est présentée dans le cadre du 60e Festival de Cannes. Le travail réalisé sur Transes, le célèbre long métrage d'Ahmed Maânouni, réalisé en 1981, Limite, film brésilien de 1931 et Padurea Spanzuratilor, film roumain de 1964, préfigure l'action que la fondation souhaite mener. «Tous les metteurs en scène qui souhaitent nous rejoindre sont les bienvenus», a lancé Scorsese, qui a lui-même entamé dans les années 1990 un combat opiniâtre pour la restauration des vieux films américains à travers un partenariat similaire avec des réalisateurs tels que Clint Eastwood ou Sydney Pollack.

Avec ce patient travail cinématographique et historique, les réalisateurs de la fondation ont l'ambition de contribuer aux progrès des relations entre les peuples. «Plus on devient familier d'autres cultures grâce au cinéma, plus on participe à l'amélioration de la compréhension politique», assure le réalisateur américain. Reste à assurer la diffusion de ces films rares.

La fondation compte sur les DVD, les festivals internationaux, les cinémathèques, sans désespérer des propriétaires de salles de cinéma.

Source: www.lematin.ma, dépêche MAP/ AFP


• > Insolence et pudeur de l'Orient féminin au Festival de Cannes

L'Orient des femmes, partagées entre désirs d'émancipation et contrainte sociale, inspire les films de deux réalisatrices libanaises présentés à la Quinzaine des réalisateurs du Festival de Cannes.

Un institut de beauté de quartier, ses clientes de tous âges qui livrent leurs grandes joies et petites peines aux employées à l'oreille attentive: le cadre du film Caramel de Nadine Libaki n'est pas sans rappeler le Venus Beauté institut de la réalisatrice française Tonie Marshall.

Mais les Vénus de Libaki vivent à Beyrouth, dans une société libanaise toujours corsetée où le salon de beauté devient, plus qu'ailleurs, le lieu où la condition des femmes se dévoile. "Même si le Liban paraît moderne et ouvert, l'attachement aux traditions reste très fort. Le regard de l'autre demeure pesant, tout comme le poids du remord, de la culpabilité. Les femmes cherchent leur identité. J'ai voulu parler de ce combat", a expliqué à l'AFP la réalisatrice de 32 ans dont c'est le premier film.

Le salon "Si belle" emploie Layale, 30 ans, célibataire vivant chez ses parents qui se débat dans une relation avec un homme marié. Son amie Nisrime prépare son mariage avec un garçon musulman qui ignore qu'elle n'est plus vierge. Rima, 24 ans, découvre son trouble pour une mystérieuse cliente brune.

Jamale, effrayée à l'idée de vieillir, ruse pour faire croire qu'elle n'est pas ménopausée. "Ce ne sont pas des femmes tristes, elles essaient de surmonter les situations dramatiques par la dérision. Pour moi ce sont des battantes", témoigne la réalisatrice qui adopte le ton de la comédie douce-amère.

A la rébellion, ses héroïnes préfèrent la souplesse, quitte à en passer par la soumission. "Elles s'adaptent, elles rusent, elle essaient intelligemment de faire ce qu'elles ont envie de faire. Dans ces pays là, je ne crois pas que la révolte soit toujours une solution", estime la réalisatrice qui applique le précepte à son propre travail: sa caméra ne saisit que regards, caresses, frôlements, pudique face à tout geste plus explicite.

Autant de précautions dont ne s'embarasse pas Danielle Arbid, 37 ans. Elle signe avec Un homme perdu son deuxième long-métrage après de nombreux documentaires et films courts. La révolte, une rageuse quête de soi mènent la réalisatrice depuis son départ à 17 ans d'un Liban où elle se sentait "enfermée".

Son film s'attache aux pas de deux hommes eux aussi en rupture de ban: Thomas est photographe. Il parcourt les bars à filles de toute la planète - le sexe comme approche charnelle du réel. En route pour la Jordanie, il croise Fouad, amnésique en errance qu'il entraîne dans ses vagabondages nocturnes.

Danielle Arbid révèle l'Orient underground, celui des boîtes de nuit, des bars louches, des hôtels de passe où les hommes s'ennivrent et les femmes se donnent sans tabou. "Certains se diront, +tiens, on n'imaginait pas qu'il y a là-bas ce genre de femme qui couchent la première fois+. Tant mieux si je casse une image d'épinal", a confié la réalisatrice à l'AFP.

Pour tourner les scènes de sexe, crues, tendues, parfaitement maîtrisés, la réalisatrice a fait appel à une actrice du cinéma porno (Yasmine Lafitte) mais s'est laissée surprendre par l'aisance de ses deux actrices libanaises qui "n'avaient jamais tourné nues", progressivement délivrées de leurs appréhensions.

Loin de toute vision "exotique" du monde arabe, Danielle Arbid filme des "filles de là-bas qui baisent comme partout. Au lit, tout finit par se ressembler".

Source: www.limage.info, dépêche AFP


• > Recontres avec les producteurs francophones de Producers on the Move

Les membres de l'EFP (European Film Promotion) ont fait leur choix : 21 producteurs venant de toute l'Europe se sont réunios cette année dans le cadre du programme Producer on the Move organisé pendant le Festival de Cannes (16-27 mai). Les participants sont des producteurs qui entament leurs carrières internationales et ont attiré l'attention par l'excellence et l'ambition de leurs travaux. Cette initiative destinée à promouvoir les jeunes producteurs est soutenue financièrement par le Programme MEDIA de l'Union européenne, les organisations membres de l'EFP et des sponsors.

Rencontres avec les représentants français, belge et suisse, sur www.cineuropa.org

Sylvie Pialat, France, par Fabien Lemercier

Co-scénariste des plusieurs films de son mari, le cinéaste Maurice Pialat, notamment de Police et Van Gogh, Sylvie Pialat a également adapté pour lui le roman Sous le soleil de Satan, (Palme d'or à Cannes en 1987). Fondatrice des Films du Worso en 2004, elle compte à son actif la production de quatre longs métrages de fiction: Meurtrières de Patrick Grandperret et La Faute à Fidel de Julie Gavras sortis l’an dernier en salles , ainsi que Nuage de Sébastien Betbeder et Cortex de Nicolas Boukhrief qui seront à l’affiche à l’automne prochain. Et Le section Cannes Classics du Festival 2007 présentera une autre de ses productions : le documentaire Maurice Pialat, l’amour existe.

Qu’est-ce qui vous a décidé à vous lancer dans la production ?
Je connaissais ce domaine car nous avions une société de production avec Maurice et nous avons travaillé main dans la main avec Daniel Toscan du Plantier. Mais à la mort de Maurice se posait simplement la question de savoir comment j’allais gagner ma vie. La décision a d’abord été de rester dans le cinéma. Ensuite j’avais l’impression que c’était dans le domaine de la production que je pouvais être utile. J’ai donc démarré avec le documentaire Un voyage chez les Woodabés.

Quelle est la philosophie de production des Films du Worso ?
J’essaye de faire ce métier en restant du côté des auteurs sans être effrayé par les aspects financiers. La capacité de production de la société est de deux films par an maximum. Car nous sommes petits et nous avons envie de le rester. Mais je n’ai abandonné aucun projet jusqu’à présent : ils sont tous allés jusqu’au tournage et à la sortie. C’est cela, ma vision du travail d’un producteur : emmener les films un par un, ne pas être un VRP avec 36 projets à la fois. Même si je vis les mêmes affres que tous les producteurs indépendants, j’ai bénéficié au départ d’un gros coup de pouce de Gaumont. J’étais jeune dans le métier, mais mon passé rendait difficile le fait de commencer à zéro, c’est-à-dire ne pas payer les auteurs, ne compter que sur les aides publiques... J’ai donc cherché un partenaire et Gaumont a été là. Même s’il ne s’agissait pas de sommes énormes, cela m’a permis de lancer des projets un peu ambitieux.

Comment choisissez-vous le projets ?
Les quatre longs que j’ai produit sont très différents. Ce sont les rencontres avec des cinéastes qui me décident. Je pense qu’il y a aujourd’hui beaucoup de metteurs en scène qui ont besoin d’interlocuteurs de cinéma, qui leur parlent de leurs films. Je trouvais que Patrick Grandperret manquait au cinéma français, j’avais produit un de courts de Sébastien Betbeder avant son premier long, ensuite Nicolas Boukhrief est arrive avec un sujet, puis Alain Guiraudie dont Le roi de l’évasion devrait être tourné en août. Et je produis aussi les films suivants de ces cinéastes comme Julie Gavras qui entrera en tournage en 2008.

Comment réagissez-vous à votre désignation comme Producer On The Move 2007 ?
J’exerce depuis peu de temps, donc c’est une reconnaissance importante. Le cinéma est un bon moyen pour engager l’Europe. J’ai failli coproduire Cortex avec la Belgique et j’aimerais bien travailler avec l’Espagne pour le Guiraudie. Aujourd’hui, que les sujets soient contemporains ou historiques, cela me paraît inévitable de travailler avec d’autres pays européens. Les pays de l’Est notamment sont fascinants sur le plan cinématographique avec des réalisateurs comme Bela Tarr par exemple et la Roumanie est un creuset de cinéastes exceptionnel. Et la France avec son système de soutien à la production énorme par rapport à d’autres pays européens n’est pas toujours assez ouverte contrairement aux Suédois ou aux Danois qui sont de vrais citoyens de l’Europe.

Samuel Tilman, Belgique, Anne Feuillère

Venus d'horizons aussi divers que l'économie, le théâtre ou l'histoire, Nicolas de Borman, Stephane Heymans et Fabrizio Rongione forment avec Samuel Tilman le quatuor très éclectique de la société Eklektik Productions, passée à l'étape suivante de son développement avec Ça rend heureux de Joachim Lafosse.

Qu'est-ce qui caractérise Eklektik Productions ?
D'abord, un lien à l'Afrique à travers nos documentaires et nos métiers. Stéphane, qui a suivi une filière économique comme Nicolas, travaille chez Médecins Sans Frontières. J'ai fais une thèse en Histoire et des documentaires, l'un avec Nicolas. Fabrizio, lui a fait le Conservatoire, nous nous sommes rencontrés à l'université où nous avons commencé à écrire ensemble pour le théâtre. Nous avons des parcours, des domaines d'activités et de compétences très différents. Du même coup, l'éventail de nos projets est très large. Comme aucun d'entre nous ne dépend financièrement de la structure, nous gardons un certain recul par rapport à notre profession et le plaisir de fonctionner au coup de cœur. Il y a ensuite notre envie de raconter des histoires d'ici et de maintenant, qui nous ressemblent et questionnent notre génération. Comment avoir encore des idéaux et des projets de vie à trente ans est aussi une vraie question, à la base de notre travail.

Comment s'est passé le passage au long métrage ?
Fabrizio a rencontré Joachim qui attendait de l'argent pour Nue Propriété. Lui aussi a le goût du risque et l'envie d'avoir des interlocuteurs de son âge. Nous avons très vite décidé d'écrire sans attendre de financements, en se donnant la possibilité d'arrêter à chaque étape du processus si nous n'étions pas satisfaits. Une cohérence s'est mise en place entre ce que nous racontions et ce qui se passait au niveau de la production, entre le contenu du film et son élaboration. Quand on s'est dit qu'on allait tourner Ça rend heureux, tout est allé très vite. C'était pour nous le moment de la prise de risque financière, nous n'étions pas sûrs de boucler le budget. Cela n'a fonctionné que parce qu'il y a, à la base de notre structure, cette liberté, cette souplesse.

Quels sont les projets d'Eklektik ?
Un autre long métrage est en développement Mobil-Home, écrit par François Pirot et Jean-Benoit Ugeux. François a coécrit Nue Propriété, réalisé un court métrage, Retraite, dans lequel jouait Jean-Benoît, qui lui-même écrit pour le théâtre tout en étant comédien. De nouveau, le sujet, nous correspond bien, une comédie d'abord joyeuse puis plus sombre de trentenaires en crise, plus citoyenne que politique, l'histoire de deux trentenaires dans un petit village, des sortes de "Tanguy" autonomes, entre deux étapes de leurs existences, qui vont vouloir partir faire le tour du monde avec leur mobil home, mais qui n'iront pas plus loin que le bas du village (rires). A Cannes, nous pourrions trouver des partenaires francophones, tout en gardant la porte ouverte à d’autres types de coproductions. Cela rendrait le projet plus confortable même si nous pouvons très bien imaginer un petit budget, un peu de tax-shelter… Mais l'enjeu pour nous est désormais d'entrer en coproduction. Cannes est un gros plus pour rencontrer des producteurs de notre génération, multiplier des contacts, mettre en place un réseau…

Quels sont vos projets personnels ?
Je suis en train de finir un court métrage, Voie de garage, une comédie assez légère. Mais comme je suis vraiment autodidacte, j'ai envie de passer par un autre court avant de réaliser le long métrage que je suis en train d'écrire et qui me tient à cœur. Ce que j'adore dans Eklektik, c'est cette possibilité de m'enrichir au contact de tous ces projets, ces univers très différents. Cela me questionne par rapport à ce que je veux raconter.

Elena Tatti, Suisse, Françoise Deriaz

Cofondatrice de la société Box Productions basée près de Lausanne, Elena Tatti a produit avec son associé, Thierry Spicher, le premier long métrage de fiction de Jean-Stéphane Bron, Mon frère se marie. Home, projet de la jeune réalisatrice suisso-française Ursula Meier, elle aussi très prometteuse, est actuellement sur le métier.

Quels chemins avez-vous empruntés jusqu’à la production?
J’ai une formation en économie, en philosophie et j’ai 38 ans. Pendant mes études, j’ai travaillé pour le Festival de Locarno et collaboré au Festival de Fribourg pour la sélection des films du Sud. Avant de créer la société Box Productions avec Thierry Spicher, il y a deux ans et demi, nous avons commencé à produire les films d’une artiste contemporaine, Elodie Pong, qui tourne depuis deux ans un documentaire intitulé Contemporary.

Quels genres de films souhaitez-vous produire?
Les films d’auteur de fiction ou documentaires pour le cinéma. Des œuvres qui proposent une réflexion et une ouverture sur le monde n’excluant pas toute forme de divertissement.

L’année dernière, Ursula Meier et Box Productions avaient présenté le projet de film Home à l’Atelier du Festival de Cannes. Les retombées ont-elles été positives?
Ursula Meier, qui a notamment réalisé un téléfilm remarqué pour Arte (Des épaules solides, 2002), jouit déjà d’une bonne réputation internationale, mais cette vitrine cannoise a permis de «labelliser» le projet et d’ouvrir des perspectives en termes de financement, de distribution et de ventes internationales. En revanche, l’influence sur la production n’a pas été décisive, puisque les coproducteurs belge (Denis Delcampe, Need Productions et français (Denis Freyd, Archipel 35) étaient déjà associés au projet. Denis Freyd, pour mémoire, est notamment le coproducteur des frères Dardenne.

Où, quand et avec quels comédiens Home va-t-il être tourné?
Pour des raisons artistiques – et non pas financières – le tournage a été «délocalisé» en Bulgarie. C’est là que nous avons trouvé le paysage idéal et l’indispensable tronçon d’autoroute désaffecté qui sert de décor au film. Le tournage va démarrer cet été.

Qu’attendez-vous du programme Producers on the Move?
J’ai déjà participé à ACE (Ateliers du cinéma européen); ces rencontres internationales sont extrêmement vivifiantes, notamment pour élargir son horizon, étoffer son réseau de contacts internationaux ou encore échanger des expériences avec des collègues confrontés à d’autres réalités que celles de la Suisse.

Qu’avez-vous en commun avec les Suisses qui ont participé Producers on the Move tels que Xavier Ruiz, Lukas Hobi, Tiziana Soudani et Christof Neracher?
Je suis proche de Christoph Neracher, qui représentait la Suisse l’année dernière. Comme moi, il évolue dans une jeune société de production (Hugofilm Zurich) qui cherche à développer plusieurs projets simultanément dans une structure où travaillent plusieurs producteurs. Box Productions espère aussi à terme concentrer le maximum de forces et de compétences dans une même structure pour renforcer le développement de projets et la production.

www.cineuropa.org




Infos festivals   
  • > Au programme en juillet...

Du 20 juin au 1er juillet
Durban International Film Festival (Afrique du Sud)
www.ukzn.ac.za/cca/Durban_Interna ...

Du 26 juin au 1er juillet
Festival du Film Indépendant de Lille (France)
http://kdiffusion.free.fr

Du 29 juin au 7 juillet
Karlovy Vary Film Festival (République Tchèque)
www.kviff.com

Du 29 juin au 7 juillet
Festival du Film Européen de Bruxelles (Belgique)
www.fffb.be

Du 29 juin au 8 juillet
Zanzibar International Film Festival (Tanzanie)
www.ziff.or.tz

Du 3 au 8 juillet
NIFF, Festival International du Film Fantastique, Neufchâtel (Suisse)
www.niff.ch

Du 3 au 17 juillet
Paris Cinéma (France)
www.pariscinema.org

Du 4 au 9 juillet
Festival International du Documentaire de Marseille (France)
www.fidmarseille.org

Du 5 au 8 juillet
Festival International de Films de Résistances de Foix (France)
www.cine-resistances.f


• > festival du Film Européen de Bruxelles: programme

Le Festival du Film Européen de Bruxelles se tiendra du 29 juin au 7 juillet prochains.

Voici les productions francophones que vous pourrez y retrouver:

Compétition officielle
- California Dreamin', Cristian Nemescu, Roumanie
- Does it Hurt? The First Balkan Dogma, Aneta Lesnikovska, Macédoine/ Pays-Bas
- Iska's Journey, Csaba Bollók, Hongrie
- Madonnen, Maria Speth, Allemagne/ Belgique
- Nos Retrouvailles, David Oelhoffen, France
- Pas Douce, Jeanne Waltz, Suisse/ France
- Voleurs de chevaux, Micha Wald, Belgique/ France/ Canada

Avant-premières
- Ceux qui restent, Anne Le Ny, France
- Mon Colonel, Laurent Herbiet, France/ Belgique
- La Tête de Maman, Carine Tardieu, France
- 13m², Barthélemy Grossmann, France

Révélations
- Ce que je sais de Lola, Javier Rebollo, France/ Espagne
- Susbtitute, Fred Poulet & Vikash Dhorasoo, France
- La Vraie Vie est Ailleurs, Frédéric Choffat, Suisse

Cinédécouvertes
- Avant que j'oublie, Jacques Nolot (France)
- Brand upon the Brain!- La France, Serge Bozon (France)
- Meduzot, Etgar Keret & Shira Geffen (Israël, France)
- Tout est pardonné, Mia Hansen-Love (France


• > Paris Cinéma: programme

La 5ème édition de Paris Cinéma se tiendra du 3 au 14 juillet 2007. Outre les compétitions et les panoramas, le festival proposera un focus sur le cinéma libanais. Voici le programme du focus Liban:

Focus Liban

- Rétrospective Joanna Hadjithomas et Khalil Koreige:
Autour de la maison rose (Al bayt al zaher), Don't Walk, Khiam, Rondes (Barmé), Le Film perdu (El film el mafkoud), Cendres (Ramad), A Perfect Day (Yawmon Akhar), Open the Door, please

- Rétrospective Danielle Arbid: Seule avec la guerre, Aux frontières, Dans les champs de bataille (Maarek Hob), Raddem (Démolition), Conversation de salon 1-2-3, Nous - Nihna

- Coup de projecteur Waël Noureddine: Chez nous à Beyrouth, Ce sera beau - From Beirut with Love, July Trip


- Panorama fiction: A Perfect Day, de Joana Hadjithomas, Khalil Joreige; Bosta l'autobus (Bosta), de Waël Noureddine; Caramel de Nadine Labaki; Le Cerf-volant (Tayyara min waraq) de Randa Chahal Sabbag; Le Dernier homme (Atlal) de Ghassan Salhab; Dunia (Kiss Me Not on the Eyes) de Jocelyne Saab; Falafel de Michel Kammoun; Final Cut (The Final Cut) de Omar Naïm; Lila dit ça de Ziad Doueri; Quand Maryam s'est dévoilée (Lama hikyet Mariam) de Assad Fouladkar; Zozo de Josef Farès

- Panorama court métrage: After Shave, Beyrouth après rasage de Hany Tamba; Après l'orage (After the Storm) de Leila Kanaan; L’Armée des fourmis de Wissam Charaf; Beyrouth de Joseph Ghosn; Chairs to share de Khaled Ramadan; Le Chewing-gum rouge (Al Ilka Hamra) de Akram Zaatari; Dancing was the only Way of Avoiding Deafness de Jean-Noël Aoun, Anthony Abou Khalifé; De la guerre de Ninar Esber; Empreinte (1) de Nadim Asfar; Hizz Ya Wizz de Wissam Charaf; Le Liban en automne de Nadim Tabet; Mon ami Imad et le taxi de Olga Nakkas, Hassan Zbib; Neuf ans plus tard (Nine Years Later) de Dima El-Horr; Prêt-à-porter de Imm Ali, Dima El-Horr; Qu'elle est belle la mer de Sabine El Chamaa; Rawane's Song de Mounira Al Sohl; Safe Sound de Ziad Antar; St Michel Beach de Ziad Saad; Van Express de Elie Khalifé; Wa de Ziad Antar; Sauver la face (Saving Face) de Jalal Toufic; Tambourro de Ziad Antar; Un cercle autour du soleil de Ali Cherri; Un héros ne meurt jamais (El Batal Mabi Mout) de Wissam Charaf

- Panorama documentaire: '67 Borders de Shane Davey, Talal Khoury; BerlinBeirut de Myrna Maakaron Behnke; Chroniques de Beyrouth : vérités et mensonges (Beirut Diaries : Truth, Lies and Videos) de Mai Masri; Cinéma de guerre au Liban de Hady Zaccak; Le Liban à travers le cinéma (Loubnan min khilal es cinema) de Hady Zaccak; Liban - Guerre de Rania Stephan; La Petite histoire des Juifs du Liban de Yves Turquier; Rond-point Chatila de Maher Abi Samra; Slippage de Ali Cherri; Sous le ciel lumineux de son pays natal de Franssou Prenant; Temps mort de Sirine Fattouh; Un voyage (A Journey) de Lamia Joreige

- Panorama animation: 1001 Jours de Georges Khoury; Le Baiser de Chadi Aoun; Greyscale de Amin Dora; Noir sur blanc de Sabine El Chamaa; Ahawa de Chadi Aoun; The Big Fall de Antoine Waked; Jibraltar de Ghassan Halwani; Le Trou (The Hole) de Rabih Gebeile

Plus d'infos sur http://www.pariscinema.org/


• > Festival du Court Métrage de Tanger: Programme

Le Festival du Court Métrage de Tanger se tiendra du 25 au 30 juin 2007. Voici les films francophones retenus:

- WINDOWS XP de Ujkan Hysaj, Albanie
- EL BAB de Yasmine Chouikh, Algérie
- BABEL de Khaled L. Benïssa, Algérie
- AIREPORT A VENDRE de Simon Farmakas, Chypre
- PHARMAKON de Loakim Mylonas, Chypre
- DE MAIN EN MAIN de Marco Valic, Croatie
- BASTION de Zdravko Mustac, Croatie
- SON HOMME de Ayten Amin, Egypte
- L'HONNEUR DE LA PROFESSION de Rami Ismat, Egypte
- PAS COMME LES AUTRES de Amir Ramsis, Egypte
- BONNE NUIT MALIK de Bruno Danan, France
- DECROCHE de Manuel Schapira, France
- BONBON AU POIVRE de Marc Fitoussi, France
- L'ATTENTE de Steve Krikris, Grèce
- LA MAISON AUX OLIVIERS de Thouly Dosion, Grèce
- CIRQUE DE VIE de Maria Lafi, Grèce
- UN CONT DE CHEHRAZADE de Rami Kodeih, Liban
- LA LECON NUMERO CINQ de Philippe Skaff, Liban
- ET LA VIE CONTINUE de Leila Triqui, Maroc
- FIN DE MOIS de Mohamed Mouftakir, Maroc
- MANNEQUIN de Bousselham Eddaif, Maroc
- 1/2 (UN DEMI) de Slobodan Maksimovica, Slovénie
- BONNE CHANCE, NEDIM de Marco Santic, Slovénie
- MOI, MA SOEUR ET LA CHOSE de Kaouther Ben H'nia, Tunisie
- ORDURE de Lotfi Achour, Tunisie
- LE RENDEZ-VOUS de Sarra Abidi, Tunisie

A noter également que le festival proposera un panorama de courts métrages marocains.

PLus d'infos sur: http://www.ccm.ma/5fcmmt/filmtg4.html ...


• > Festival International du Film de Durban: programme

Le Festival International du Film de Durban se tiendra du 20 juin au 1er juillet en Afrique du Sud. Voici les films francophones présents dans ses nombreuses sections:

Longs métrages en compétition
- African Paradise, Sylvestre Amoussou (Bénin/ France)
- Armin, Ognjen Svilicic (Croatie/ Allemagne/ Bosnie-Herzégovine)
- Bamako, Abderrahmane Sissako (France/ Mali)
- Elvis Pelvis, Kevin Aduaka (UK/ France)
- Ezra, Newton Aduaka (France/ Nigeria/ Autriche)
- Juju Factory, Balufa Bakupa Kanyinda (RD Congo)
- Kinshasa Palace, Zeka Laplaine (France/ RD Congo)

Panorama longs métrages
- 2 Days in Paris, Julie Delpy, France/ Allemagne
- Avida, Benoit Delepine et Gustave Kerven, France
- Billo, Il Grand Dakhaar, Laura Muscardin, Italie/ Sénégal
- The Cathedral, Harrikrisna Anenden, Maurice
- Indigènes, Rachid Bouchareb, France/ Algérie/ Maroc
- Dos it Hurt? The First Balkan Dogma, Aneta Lesnikovska, Macedoine/ Pays-Bas/ Kosovo
- Rêves de Poussière, Laurent Salgues, France/ Canada/ Burkina Faso
- Daratt, Mahamat-Saleh Haroun, France/ Belgique/ Tchad/ Autriche
- Eden, Michael Hofmann, Allemagne/ Suisse
- Le Secret de ma mère, Ghyslaine Côté, Canada
- Irina Palm, Sam Garbarski, Belgique/ Allemagne/ Luxembourg/ UK/ France
- L'Héritage, Temur and Gela Babluani, Georgie/ France
- Making Of, Nouri Bouzid, Tunisie/ France/ Allemagne/ Maroc
- Paris je t'aime, Collectif, France
- Pas Douce, Jeanne Waltz, France/ Suisse
- Si le vent soulève les sables, Marion Hänsel, Belgique/ France
- Taxidermia, Gyorgy Palfi, Hongrie
- Vendredi ou un autre jour, Yvan Le Moine, Belgique/ France
- Wolfsbergen, Nanouk Leopold, Belgique/ Pays-Bas

Documentaires
- The Boy Inside, Marianne Kaplan, Canada
- El Ejido, la loi du profit, Rhalib Jawad, Belgique
- Saphira, Alain Rakotoarisoa, Madagascar
- Somminker, Thierry Hoarau, Reunion
- Coup de foudre, Jean Ratefi arison, Madagascar
- Ting Kapela, Ralph Lablache de Charmoy et Jean-Claude Pascal Mahoune, Seychelles
- Mahaleo, César Paes et Raymond Rajaonarivelo, France/ Madagascar
- Moi, Cyprien et les autres, Jean-Baptiste Dumont, Belgique
- Radiant City, Gary Burns et Jim Brown, Canada
- Les Réfugiés de la PLanète Bleue, Hélène Choquette et Jean-Philippe Duval, Canada/ France
- Shakti Timeless, Partho Sen Gupta, France
- Surya, Laurent Van Lancker, Belgique
- Unrepentant, Louie Lawless, Canada
- Youssou'n Dour: retour à Gorée, Pierre-Yves Borgeaud, Suisse/ Luxembourg
- The Bicycle, Katerina Cizek, Canada

Courts Métrages
- Bully Beef, Wendy Morris, Belgique/ Afrique du Sud
- Coucou Clock, Cailleau Francois, France
- Le Griot de Dapore, Jaap van Heusden, Burkina Faso/ Pays-Bas
- Créole Paradoxe, Franck Alfi revic, Reunion
- Mora Mora, Jean Heriniaina Rakotoarison, Madagascar
- Le Jour se lève... puis se couche, Jiva Eric Razafindralambo, Madagascar
- Tourment, Tovoniaina Rasoanaivo, Madagascar
- I Met the Walrus, Josh Raskin, Canada
- Kadogo, Daniel Lamberts, Belgique
- A Love Letter to My Country, Thierry Dushimirimana, Rwanda
- Messaoud, Omar Mouldouira, Maroc
- Piece of Heaven, Kuba Czekaj, Pologne
- The T-Sirt, Hossein Martin Fazeli, République Tchèque

Tout le programme sur le site du festival: http://www.ukzn.ac.za/cca/DIFF_2007.h ...


• > Songes d'une nuit DV: programme

Les 8èmes Rencontres Internationales autour du film d’essai numérique Songes d'une nuit DV se tiendront du 13 au 19 juin 2007 à Paris et à Saint Denis.

Les rencontres réunissent une sélection de films inédits en provenance de Belgique, France et Afrique ainsi que cette année d’Israël, Palestine et Liban.

Voici les films francophones qui seront projetés à cette occasion:
-Le Cercle des Noyés de Pierre Yves Wandeweerd, Belgique, doc
- L’an prochain à Jérusalem de Myriam Aziza, France/Israël, doc
- Sédition populaire d’Antonio Hébrard, fiction, France
- Il va pleuvoir sur Conakry de Cheick Fantamady Camara, Guinée/ France, fiction
- 13m2 de Barthélémy Grossmann, France, fiction
- … Et tremble d’être heureux de Paul Vecchiali, fiction, France
- Casa de Ali Benkirane, Maroc/ France,CM
- Slimane Azem, une légende de l’exil de Rachid Merabet, doc
- Zad Moultaka de Leïla Kilani, doc, France
- La Bataille d’Alger d’Yves Boisset, France/ Algérie, doc
- Le Brahmane du Komintern de Vladimir Léon, France, doc
- Lettre à ma sœur de Habiba Djahnine, Algérie, doc
- Bonne à vendre de Dima Al-Joundi, France/ Liban, doc
- Hier encore de Rima Samman, Liban/ France, fiction
- Thomas Sankara, l’homme intègre de Robin Shuffield, France/ Belgique, doc
- Questions à la terre natale de Samba Félix N’Diaye, Sénégal, doc
- Ezra de Newton I. Aduaka, Nigéria/ France, fiction
- Juju Factory de Balufu Bakupa Kanyinda, Congo/ Belgique, fiction
- Sounou Sénégal de Jean Pierre Lenoir, France/ Sénégal, doc
- Un couple inséparable ? La France et l’Afrique sous la 5ème république de Jean-Michel Djian, France, doc
- Le cinéma de M. Lonsdale d’Emmanuel Barnault, France, doc
- Nosaltres de Moussa Touré, Sénégal, doc
- L’homme orchestre de Nicolas Moncadas, France/ Bénin, doc
- Margem Atlantica de Ariel de Bigault, Afrique/ Portugal/ France, doc
- Mémé Chapeau de Cathy Neimark, France, doc
- Une jeunesse étrangère de Marion Stalens, France, doc
- July Trip de Waël Noureddine, Liban, doc
- Arafat, mon frère de Rachid Masharawi, Liban, doc
- Chroniques de Beyrouth de Maï Masri, Liban, doc
- Avertade do Gato de Jeremy Hamers, Belgique, doc
- Stella de Vanina Vignal, France, doc
- L’or des Younga de Boubakar Diallo, Burkina Faso, fiction
- L’avenir dure longtemps d’Emmanuelle Mougne, France, doc
- Algérie, tours, détours de Leïla Morouche et Oriane Brun Moschetti, Algérie/ France, doc,
- L’Amazone candidate de Sanvi Panou, doc, Bénin
- Maudit soit l’exil de Eid De Gaulle, Liban/ Brésil, doc
- Invitation à quitter la France de Marion Stalens, France, doc
- Regards de femmes de Michel Amarger, France, doc
- Cabale à Kaboul de Dan Alexe, Belgique

http://www.altermedia.org/


• > Docusur: appel à candidatures

L’Edition 2007 du Festival International du Film DOCUmentaire de SUR (DOCUSUR), consacre son cycle spécial de cette année au Sénégal. Il aura lieu à SUR aux Iles Canaries, en Espagne du 10 au 17 novembre 2007.

A cet effet, les organisateurs ont porté leur choix sur le distributeur indépendant de films cinématographiques et télévisuels Johnny Spencer Diop, pour l’organisation et la coordination à partir de Dakar, de cette grande rencontre.

Par ailleurs David Baute, responsable de l’organisation du cycle Sénégal séjournera à Dakar du 1er au 8 juin 2007. A cette occasion. Il aura à rencontrer la presse culturelle, les professionnels du secteur, de même, fera des visites de travail dans certaines structures du cinéma et de l’audiovisuel.

Il est demandé aux professionnels du secteur, à travers ce communiqué de bien vouloir proposer leurs films documentaires très rapidement. Des fiches d’inscriptions ainsi que des informations complémentaires sont à leur disposition via le site web du festival : www.docusur.es, avec possibilité de contact par email :
- maria @docusur.es, pour Mme Maria Graces, jefa de produccion DOCUSUR
- diopspen@yahoo.fr, pour Johnny Spencer Diop à Dakar.

Pour faciliter l’envoi des copies DVD, parallèlement à leur inscription, un groupage est prévu afin que les copies en DVD puissent être remises à Monsieur BAUTE dès son arrivée à Dakar.

D’autre part, devant les difficultés que vit le cinéma sénégalais, notamment la fermeture des salles, d’où l’exclamation généralisée hors de nos frontières : incroyable mais vrai, Dakar sans salle de cinéma ! Johnny Spencer Diop lance un vibrant appel aux professionnels du secteur du cinéma et de l’audiovisuel à une mobilisation parfaite, de même au Président Abdoulaye Wade, Protecteur des Arts et des Artistes, pour une réussite totale de la participation de nos lions de l’image et du son, ainsi que l’application en urgence du plan de relance des salles de cinéma proposé depuis avril 2006 car, sans la volonté politique, le bout du tunnel sera toujours trop loin.

www.docusur.es


• > Africa in Motion Film Festival: appel à candidatures

Le Africa in Motion Film Festival d'Edimbourgh lance un appel à candidatures pour les courts métrages et les documentaires de réalisateurs africains vivant en Afrique ou à l'étranger. Le but est de mettre en avant les jeunes générations de créateurs africains.

La date limite de submission des copies est fixée au 31 mai 2007. Les copies doivent être en anglais ou sous-titrées en anglais.

Le festival se tiendra du 18 au 27 octobre 2007.

Plus d'infos sur www.africa-in-motion.org.uk/index ...




 Regions  
Afrique   
  • > Appel à candidature: Prix du meilleur projet de film documentaire sur les droits humains et la liberté de la presse.

L'association SEMFILMS Burkina, organisatrice du festival « ciné droit libre », porte à la connaissance des cinéastes et étudiants en cinéma et journalisme qu'elle lance un prix qui récompense le meilleur projet de film documentaire sur les droits humains et la liberté de la presse. D'une valeur de deux Millions Cinq Cent Mille (2.500.000) Francs CFA, ce prix vise à soutenir la production du meilleur projet qui sera retenu. Il sera remis lors de la troisième édition du festival « Ciné Droit Libre » qui se tiendra du 4 au 8 juillet 2007 à Ouagadougou.

Le règlement intérieur du prix peut être téléchargé sur le site web : www.semfilms.bf ou demandé par courriel à semfilms@semfilms.bf

Le délai de dépôt des dossiers de candidature est fixé au 25 juin 2007. Les dossiers peuvent être proposés par courriel à l'adresse : semfilms@semfilms.bf ou déposés sous plis fermé avec la mention « concours du meilleur projet documentaire sur les DH et la LP » au Secrétariat du Centre Culturel français Georges Méliès.

www.semfilms.bf


• > Entretien (fleuve) avec Emile Abossolo Mbo, par Olivier Barlet pour www.africultures.com

Olivier Barlet a rencontré lors du dernier Festival de Cannes Emile Abossolo Mbo, omniprésent acteur camerounais (jugez plutôt, cesz derniers temps: Les Saignantes, Juju Factory, Ezra, Si le vent soulève les sables...).

Voici quelques extraits de cet entretien fleuve:

Vous faites partie aujourd'hui des acteurs qui jouent beaucoup, que le cinéma sollicite. Comment cela se passe-t-il pour vous à ce moment de votre carrière ? Pouvez-vous faire le choix de vos rôles ? Est-ce encore difficile pour vous d'être un acteur noir en France aujourd'hui ?

Pour moi, ça n'a jamais été difficile car pour moi, être acteur, c'est d'abord être quelqu'un qui agit. Qui choisit d'agir au lieu de subir, de ne pas subir pour pouvoir mieux agir. Donc quand je ne tourne pas, que je ne joue pas au théâtre ou au cinéma, je suis en train d'écrire, de me promener dans la ville dans laquelle je suis (que ce soit Paris ou la province) pour observer, regarder les gens, pour apprendre la musique, le rythme, la pulsation de l'endroit où je me trouve. Je vis en France depuis un certain temps : c'est donc cet endroit que j'apprends à connaître, et les gens qui y vivent, les gens qui vivent en France.
Je préfère dire ça plutôt que ‘les Français' parce que quand on dit ‘les Français', on a tendance à exclure ceux qui ne sont pas Français. Alors que la beauté de la France est qu'elle est ouverte à toutes formes de passages, de croisements, à condition (c'est ce qui est marqué sur le drapeau, je crois) que ce soient des croisements faits d'intelligence. Pour moi, c'est surtout cela que veut dire « Liberté, égalité, fraternité », la possibilité de se rencontrer, se présenter, se raconter les uns aux autres et d'apprendre à faire des choses ensemble. Cette pulsation-là en France m'intéresse et quand je ne suis pas en train de tourner, ou de jouer sur un petit plateau de théâtre (je dis petit plateau par rapport au grand plateau de la vie), je suis sur un grand plateau en train d'apprendre, de m'exercer, de m'imprégner, d'absorber, et je pense que c'est une très grande partie du travail de l'acteur. Donc je suis tout le temps en train de travailler.

Mais vous avez aussi la chance de rencontrer des metteurs en scène, des réalisateurs.

Oui, sur le travail concret de faire un film ou une pièce, j'ai eu beaucoup de chance parce que j'ai travaillé beaucoup au théâtre avec de très grands metteurs en scène : Jacques Michet, Gilles Chavassieu, Luis Pasqual, Peter Brook…. J'ai fait Avignon trois fois, dont une fois en 1996 à la Cour d'Honneur, où je jouais La Tragédie du Roi Christophe, dans le rôle du Roi. Au cinéma, j'ai eu la chance de travailler dans des séries américaines : Highlander, Young Indiana Jones parce que je parle anglais et peux donc jouer en anglais. J'ai aussi travaillé dans un film de Jean-Claude Brisseau, Les Savates du Bon Dieu. Quand je ne fais pas de longs-métrages, j'investis mon énergie et mon envie de jouer dans des courts-métrages avec des amis, qui ne sont pas payés mais où j'exerce mon métier d'acteur. J'essaie d'être sans arrêt en mouvement.

(...)

Les films que nous avons cités tout à l'heure, dans lesquels vous avez joué récemment, sont des films qui sont soit tournés par des réalisateurs africains, soit se déroulent en Afrique. Avez-vous accès à d'autres films sans rapports forcés avec l'Afrique ? Cela vous intéresse-t-il d'aller dans cette direction ou préférez-vous creuser une relation avec une origine ?

Je préfère creuser une relation avec une origine. Pas du tout par Afro-centrisme et par repli identitaire - qui est appelé communautarisme de nos jours. Car pour moi le métier d'acteur est un métier inclusif, où on ne parle ni de couleur de peau, ni de sexe, ni de taille, de poids. Or malheureusement, pour le moment, beaucoup de réalisateurs occidentaux, en France surtout, ont encore tendance, par ignorance, paresse ou volonté négative (même si je ne crois pas) à avoir peur de la prise de risque. Car on met tellement de temps à faire un film qu'on entend beaucoup de gens dire « mais les acteurs noirs ne sont pas bankeable, sont-ils capables de tenir un rôle ? ». Il y a encore, à mon avis, trop de séquelles de la colonisation, de l'esclavage où un Noir ne sait faire que courir, jouer au football, danser parce que ça au moins c'est inné mais quand il s'agit de réfléchir, il faudrait qu'il renaisse. Et puis ils se demandent « Qu'est-ce que la ménagère de cinquante ans va penser ? ». Je dis ça alors que je suis un des acteurs qui a le plus de chance. Je joue dans une série, Plus belle la vie : la ménagère de cinquante ans s'en fout que je sois un Noir, que j'ai le crâne rasé ou que je viens du Cameroun. Ce qu'elle voit, c'est que j'interprète Damien, le père de Rudy, et qu'on m'appelle ‘le papa de Rudy' et pas ‘le Negro'. Les producteurs qui pensent comme ça se plantent complètement. Ils font une erreur imbécile en coupant la France de sa source même, de sa vitalité, qui est l'accueil de la quintessence de l'humanité au cœur de cette volonté de sceller les droits de l'homme.
Et donc, oui, je privilégie l'Afrique, parce que c'est là-bas que je trouve encore, pour le moment, cette soif, cette quête de se comprendre, se raconter, se mettre au monde, de rêver son monde, avec ses limites, ses défauts et ses qualités. Ce que j'aime dans les tempéraments africains, c'est que je trouve beaucoup plus de volonté de vivre, d'envie de partager et de générosité, que de haine, de revanche. Beaucoup de gens ont longtemps trouvé qu'en Afrique, les gens avaient un tempérament très bon enfant donc ils pensent que « il est noir donc on peut lui faire n'importe quoi parce que de toute façon, ils sont toujours en train de rigoler ». Je suis désolé mais les gens qui pensent comme ça sont bêtes, stupides et méchants car pour moi, ce n'est pas de l'enfantillage mais simplement du désir de paix. On a subi suffisamment de guerres pour se dire que ce qui est à privilégier, c'est d'abord la vie. La vie inclut donc le besoin de vivre et la vie, c'est tout sauf la guerre. C'est construire, vivre en paix, c'est communiquer, faire avec au lieu de faire contre, partager au lieu de se battre, faire ensemble au lieu de diviser. Tout cet énorme potentiel philosophique essentiel d'amour de la vie m'intéresse énormément. S'il y a un cinéma que le monde va découvrir et avoir du bonheur à rencontrer, c'est le cinéma africain. Et je voudrais faire partie intégrante de cette émergence-là. Je ne voudrais pas rater ce train-là. Ce qui ne veut pas dire que je ne continue pas à travailler avec des réalisateurs occidentaux, Nord-Américains, quand ils veulent. Mais le choix des sujets est toujours pour moi un peu caricatural, limité et superficiel. Est-ce par peur, paresse ou ignorance ? Si c'est par ignorance, il faut qu'on se parle entre frères humains. Je crois savoir que vous, vous êtes quelqu'un qui a un contact avec l'Afrique qui est justement de cet ordre-là.

Est-ce que ce n'est pas la difficulté de sortir d'un certain nombre de paradigmes qui se sont, comme le dit Achille Mbembe, ossifiés lorsque les Etats s'en sont emparé : le nationalisme africain, les tentatives de relecture du marxisme à travers le socialisme africain ou les variantes du panafricanisme ? N'est-ce pas la difficulté mondiale de reconfigurer tout cela aujourd'hui, sortir d'une logique nativiste pour aller vers une nouvelle poétique qui respecte mieux l'être humain ? N'est-ce pas cela la difficulté de la création africaine, comme d'une grande partie de la création mondiale ?

C'est là qu'est le problème fondamental et comme dans chaque problème, il y a la réponse à l'intérieur, au cœur de la question qu'on se pose. Cette ossification vient encore une fois de ce que j'appelle toujours le cauchemar des autres. C'est-à-dire qu'on a pensé l'Afrique pour l'Afrique, on a pensé les frontières africaines, on a pensé les pays qu'on a rebaptisés, les prénoms africains, la manière de concevoir Dieu. Tout ça a été pensé de l'extérieur et imposé à l'Africain et on a été gavés comme des oies avec ça. Par contre, ce que je trouve formidable est toute cette base d'amour de la vie, de poésie centrée sur l'amour de l'humain, la compréhension de ce que j'appelle l'égoïsme positif. Ce n'est pas une valeur morale : se mettre ensemble est de l'égoïsme positif, c'est du pragmatisme absolu. Et si je fais seul, je n'y arriverai pas. Comme disaient nos grands-mères et grands-pères, « un bâton est facile à casser, deux bâtons sont faciles à casser, trois c'est déjà un peu plus difficile etc. Et cent bâtons liés ensemble sont absolument impossibles à casser ». C'est aussi simple que ça. Et heureusement, tout ça est dans chaque rue d'Afrique, dans l'état de famine le plus totale, dans la misère la plus absolue. Je pourrais raconter des anecdotes absolument impossibles. Quand on voit les clandestins qui prennent les bateaux et qui traversent pour arriver ici, quand on les interroge, leurs phrases sont parfois dignes des philosophes les plus virtuoses, de Gandhi ou Martin Luther King et ce sont pourtant souvent des gens qui n'ont pas été à l'école. Pour moi, tout est là, il suffit de baigner dedans, de se rappeler d'où l'on vient.
L'Afrique a encore ce privilège-là, rien n'est scindé, la guerre totale entre les riches et les pauvres n'est pas encore complètement accomplie ; pour chaque riche qui est multimilliardaire, il a 150000 cousins qui sont au village, pauvres, donc il ne peut pas nier qu'il est de là, qu'il peut se détacher de ça. Les couches sociales et spirituelles sont encore perméables. Tout peut encore circuler, avec une puissance inouïe. C'est dans ce terreau-là que j'ai envie de puiser. C'est ce qui m'a permis de conserver une écriture qui ne ressemble à aucune autre, et une manière de jouer qui est mienne. Car je suis un tissage, un métissage de tout ça. Pas seulement entre la culture africaine et occidentale, mais entre les différentes manières de voir le monde, spirituo-religieuse, socialo-technique ou politique. Car il y a de la politique en Afrique. Il y a une manière de concevoir le monde qui est là et qui est démocratico-possible. Simplement, comme ce n'est pas à la télévision ou à la radio à Paris, New York ou à Londres, on a l'impression que ça n'existe pas mais moi je sais que ça existe, je sais où les trouver et c'est une source qui est un véritable océan de poésie, d'amour de l'humanité. Et c'est sans parler des contes, des proverbes, de tout ce qui a été légué par les gens qui sont passés là. Il ne suffirait pas d'une vie pour exploiter ça, il en faudrait des milliards. Et tant que c'est là, ça ne peut pas être difficile, surtout avec les moyens numériques d'aujourd'hui. On est en train de s'interviewer avec un petit magnétophone extrêmement plat alors qu'à l'époque il aurait fallu un énorme Nagra avec un gros micro (Rires) ! C'est un avantage, on peut tous les deux aller n'importe où et faire une interview. Tant qu'il y aura des gens qui voudront mettre ça au service de cet immense océan d'énergie constructive qui existe en Afrique, alors tout va bien. Quel que soit le temps que ça prend.

L'intégralité de l'entretien ici:
http://www.africultures.com/index.asp?me ...


• > "L'Afrique boycottée ?" , Renaud de Rochebrune revient sur le Festival de Cannes pour Jeune Afrique

Depuis une décennie, le Festival boude les films subsahariens et, dans une moindre mesure, maghrébins. Pour de bonnes et de moins bonnes raisons.

« Aucun film africain n’a été sélectionné en compétition pour la Palme d’or depuis dix ans. Est-ce un délit de faciès lié à la couleur de nos images ? » À quelques jours de la clôture du Festival de Cannes, la Guilde africaine des réalisateurs et producteurs s’est insurgée contre ce qui lui apparaît comme une sorte de boycottage du continent par les sélectionneurs de la plus grande manifestation cinématographique mondiale.

Le 24 mai, lors d’une conférence de presse dans l’enceinte du Palais des festivals, les responsables de la Fédération panafricaine des cinéastes (Fepaci) s’étaient, eux aussi, montrés fort préoccupés par cette absence prolongée.

Si leur charge a été moins violente, quoique aussi explicite, que celle de leurs confrères, c’était sans doute en raison de la présence du président du Festival, Gilles Jacob, lequel avait tenu à les accueillir en personne dans ses locaux et à les assurer de sa volonté de « tout faire pour aider le cinéma africain ».

Reste à savoir si cet « oubli » désormais quasi systématique de l’Afrique noire - le Maghreb étant à peine mieux traité - n’est pas tout simplement la conséquence de la faiblesse quantitative, technique et artistique de la production africaine récente. C’est ce que laisse entendre la direction du Festival, qui, dans un communiqué, estime que « lorsqu’il n’y a pas de films, c’est toujours le signe que le cinéma ne va pas bien dans une région ». L’argument - qui n’est certes pas sans fondement - nous avait déjà été opposé, l’an dernier, par Thierry Frémaux, le responsable de la sélection. Faire de la « discrimination positive pour l’Afrique » lui paraissait une attitude indigne. Soit, mais on a quand même peine à croire que, depuis une décennie, aucun film subsaharien n’était digne de la sélection.

À preuve, depuis à peine trois ans, l’Afrique a remporté un Oscar à Hollywood et un Ours d’or au festival de Berlin (dans les deux cas avec des films sud-africains), ainsi qu’un Grand Prix du jury à la Mostra de Venise (pour Daratt, du Tchadien Mahamat Saleh Haroun). L’an dernier à Cannes, Bamako, d’Abderrahmane Sissako, a été très favorablement accueilli par la critique et le public, mais n’a eu droit qu’à une projection hors compétition. Même chose, l’année précédente, pour le Moolaadé de Sembène Ousmane.

De plus, et c’est peut-être la goutte d’eau qui a fait déborder le vase, Gilles Jacob a passé commande cette année, pour le 60e anniversaire de la manifestation, de 33 films de trois minutes à 35 réalisateurs (2 d’entre eux sont cosignés par des frères, les Coen et les Dardenne), dont aucun n’est originaire d’Afrique subsaharienne, seul Youssef Chahine représentant le continent. Un « casting » que, outre les Africains, de nombreux professionnels présents à Cannes jugent pour le moins discutable.

Interrogé par nos soins, le président du Festival répond, de manière évasive, que l’Afrique est malgré tout présente dans ce film collectif par le biais de la contribution de Wim Wenders (qui met en scène une séance de cinéma en plein air, au cœur du continent). Devant notre perplexité, il ajoute qu’un réalisateur africain aurait fort bien pu participer à cette œuvre, « par exemple quelqu’un comme Souleymane Cissé », mais qu’en raison du format indépassable du film, de nombreux grands noms du cinéma, sans considération d’origine géographique, ont dû être écartés. D’autres projets collectifs du même type seront réalisés dans les années à venir, « certainement avec un ou plusieurs cinéastes d’Afrique noire », explique Gilles Jacob. Acceptons-en l’augure.

Il est certain qu’après avoir été à la mode dans les années 1980 et 1990, le cinéma d’Afrique noire a aujourd’hui perdu l’essentiel de sa « visibilité » internationale. Il souffre d’un « déficit d’attention », selon le bel euphémisme du cinéaste burkinabè Gaston Kaboré. D’autant que plusieurs de ses figures « historiques », comme Cissé ou Idrissa Ouédraogo, ne tournent plus de longs-métrages pour le grand écran depuis de nombreuses années.

Le plus grave est que, sauf exception, la situation risque de ne pas vraiment s’améliorer à très court terme. À Cannes, l’Afrique est non seulement absente de la compétition pour la Palme d’or, mais de toutes les autres sélections, en particulier de la Semaine de la critique (consacrée aux premiers films) et des diverses compétitions réservées aux courts-métrages, là où se prépare l’avenir. Par chance, la montée en puissance de la technologie numérique, en abaissant sensiblement le coût des tournages, devrait aider la production africaine à retrouver un certain dynamisme. Surtout si les États africains, seuls ou en se regroupant, prennent conscience de l’importance de créer et de diffuser leurs propres images. Quant aux effets de mode, on sait qu’ils sont par nature changeants. Mais à quelle échéance ?

http://www.jeuneafrique.com/jeune_afriqu ...


• > Entretien avec Monsieur Mohamed Nour Farahat, Directeur du Bureau permanent de la protection du droit d'auteur

Entretien avec Monsieur Mohamed Nour Farahat, Directeur du Bureau permanent de la protection du droit d'auteur, Conseil supérieur de la culture, Egypte sur www.euromedaudiovisuel.net

Pouvez-vous nous donner un aperçu de la situation que connaît le cinéma aujourd'hui en Egypte?

Je ne suis peut-être pas tout à fait à même de vous donner une opinion technique de la situation que connaît le cinéma en Egypte étant donné que je suis un expert juridique et non en cinéma. Cependant, il est certain que le cinéma se portait bien mieux il y a 30 ou même 50 ans. D'autres experts tels que Samir Farid ou bien Ahmed Saleh, qui étaient présents au Festival du Film de Cannes sont plus informés que moi à ce sujet. Je suppose, en tous les cas, que la montée des attitudes islamiques fondamentalistes, entres autres, ont eu un impact sur cette situation.

Qui gère l'industrie cinématographique en Egypte aujourd'hui?

Les personnes qui s'occupent de l'industrie cinématographiques sont des professionnels du cinéma ou des hommes d'affaire. Certains d'entres eux sont très intéressés par la promotion de l'industrie, mais d'autres ont de l'argent et veulent l'investir sans se préoccuper des valeurs morales et professionnelles. Ces gens veulent gagner de l'argent. Je pense que le rôle de l'état est très important. Le gouvernement égyptien a joué un rôle décisif dans les années soixante, soixante-dix. A cette époque, Naguib Mahfouz, le célèbre écrivain égyptien était le Directeur de la Fondation pour le Soutien du Cinéma. Beaucoup de bons films ont été produits parce que le gouvernement ne cherchait pas directement à faire de l'argent mais préférait promouvoir l'industrie cinématographique. Aujourd'hui, le gouvernement n'est plus aussi présent dans le secteur. Il s'est retiré de beaucoup de domaines dans lesquels il était actif dans les années soixante au nom du Libéralisme économique.

Quelle est la situation actuelle concernant la piraterie en Egypte?

En ce qui concerne la propriété intellectuelle, nous souffrons en grande partie à cause de la piraterie. Comme vous le savez certainement, même en période de crise, l'Egypte est l'un des plus gros pays producteurs de films de la région et les films peuvent être copiés à partir de la télévision, des cassettes vidéo et des salles de cinémas et peuvent être distribués de façon illégale. L'Egypte est un état partie de nombreuses conventions internationales. Nous avons un cadre légal concernant la protection, mais nous n'avons pas de système collectif, c'est à dire un système de gestion collective qui serait capable de récupérer l'argent dû aux producteurs par ceux qui piratent, à l'intérieur aussi bien qu'à l'extérieur du pays. En Egypte, je suis le Directeur du Bureau permanent de la protection du droit d'auteur au Conseil supérieur de la culture. Nous pensons mettre en place une société de gestion collective et une autre pour toute la région arabe.

A Cannes, vous avez participé à la présentation de la toute nouvelle base de données sur le droit d'auteur cinématographique du Programme Euromed Audiovisuel. Quelle est votre impression? Pensez-vous qu'il s'agit d'un outil utile pour la région?

Bien sûr! La démonstration de Michel Gyory, l'expert juridique du Programme Euromed Audiovisuel II, était excellente. D'un point de vue professionnel il est maintenant beaucoup plus facile pour l'utilisateur d'obtenir l'information qu'il recherche. Comme je l'ai évoqué pendant le séminaire, la chose la plus importante est que l'information soit vivante. Nous devons l'actualiser de façon régulière. J'ai suggéré d'encourager les contributions des autorités concernant les amendements législatifs étant donné que la loi est en constante évolution. De nombreuses décisions pourraient encore paraître dans le futur.

Etant donné que la base de données sera utile aux professionnels et pour le développement de l'industrie, comment l'Egypte va t'elle conscientiser les professionnels de l'existence de cet outil?

Les professionnels du secteur tels que les avocats, les juges ou encore les institutions concernées doivent être au courant de l'existence de cet outil. Ils ne doivent pas seulement en être conscient, ils doivent également savoir s'en servir!

http://www.euromedaudiovisuel.net/newsde ...


• > " Scorsese sous le charme de Nass El Ghiwane "

Le réalisateur américain Martin Scorsese a réitéré, mardi soir, toute son admiration pour le film marocain Transes, mis en scène par Ahmed Al-Maanouni et produit par Izza Genini, en présentant ce long métrage dans la section «Cine Classic» au 60e Festival de Cannes.

Ce film, qui retrace l'itinéraire géographique et culturel du groupe Nass El-Ghiwane, «m'a beaucoup inspiré et sa musique m'a même obsédé». Il a également souligné qu'au-delà d'un film de musique, ce long métrage «révèle vraiment l'universalité culturelle, un pays et un contenu social». «Pendant mon enfance, j'ai été nourri de films venus du monde entier», a-t-il dit, faisant remarquer qu'il a ainsi «découvert l'Inde avec Satyajit Ray et d'autres pays comme l'Italie, l'Angleterre et le Maroc à travers leur cinéma»
Scorsese, qui a qualifié Nass El-Ghiwane de «Rolling Stones de l'Afrique», s'était même inspiré de la musique ensorcelante du groupe pour son film La dernière tentation du Christ. Par ailleurs, le cinéaste américain a lancé le même jour une «Fondation mondiale pour le cinéma».

Le but de cette fondation est la restauration des chefs- d'œuvre «négligés» du patrimoine cinématographique.Au moment du lancement de ce projet, plusieurs cinéastes appartenant à différents pays ont été aux côtés du grand Scorsese. Il s'agit entre autre du cinéaste malien Souleymane Cisse, du Mexicain Alejandro Gonzalez Inarritu, de l'Italien Ermanno Olmi, du Brésilien Walter Salles, du Britannique Stephen Frears, du Mauritanien Abderrahmane Sissako, du Turc Fatih Akin, du Chinois Wong Kar-wai et du Marocain Ahmed Maânouni. Tous ces artistes ont accepté en effet de participer à ce projet.

Arme de ce combat: la restauration de «films négligés» issus des cinq continents, des «films célèbres qui ne sont plus projetés et dont il n'existe pas de vidéo ou des films inconnus à découvrir», selon Scorsese. Ce travail constituera la mission première de la fondation, qui dispose déjà d'une liste d'une dizaine de films candidats à la restauration.

Avant son lancement officiel, la nouvelle structure s'est déjà penchée sur trois oeuvres dont la version rénovée est présentée dans le cadre du 60e Festival de Cannes. Le travail réalisé sur Transes, le célèbre long métrage d'Ahmed Maânouni, réalisé en 1981, Limite, film brésilien de 1931 et Padurea Spanzuratilor, film roumain de 1964, préfigure l'action que la fondation souhaite mener. «Tous les metteurs en scène qui souhaitent nous rejoindre sont les bienvenus», a lancé Scorsese, qui a lui-même entamé dans les années 1990 un combat opiniâtre pour la restauration des vieux films américains à travers un partenariat similaire avec des réalisateurs tels que Clint Eastwood ou Sydney Pollack.

Avec ce patient travail cinématographique et historique, les réalisateurs de la fondation ont l'ambition de contribuer aux progrès des relations entre les peuples. «Plus on devient familier d'autres cultures grâce au cinéma, plus on participe à l'amélioration de la compréhension politique», assure le réalisateur américain. Reste à assurer la diffusion de ces films rares.

La fondation compte sur les DVD, les festivals internationaux, les cinémathèques, sans désespérer des propriétaires de salles de cinéma.

Source: www.lematin.ma, dépêche MAP/ AFP


• > Festival du Court Métrage de Tanger: Programme

Le Festival du Court Métrage de Tanger se tiendra du 25 au 30 juin 2007. Voici les films francophones retenus:

- WINDOWS XP de Ujkan Hysaj, Albanie
- EL BAB de Yasmine Chouikh, Algérie
- BABEL de Khaled L. Benïssa, Algérie
- AIREPORT A VENDRE de Simon Farmakas, Chypre
- PHARMAKON de Loakim Mylonas, Chypre
- DE MAIN EN MAIN de Marco Valic, Croatie
- BASTION de Zdravko Mustac, Croatie
- SON HOMME de Ayten Amin, Egypte
- L'HONNEUR DE LA PROFESSION de Rami Ismat, Egypte
- PAS COMME LES AUTRES de Amir Ramsis, Egypte
- BONNE NUIT MALIK de Bruno Danan, France
- DECROCHE de Manuel Schapira, France
- BONBON AU POIVRE de Marc Fitoussi, France
- L'ATTENTE de Steve Krikris, Grèce
- LA MAISON AUX OLIVIERS de Thouly Dosion, Grèce
- CIRQUE DE VIE de Maria Lafi, Grèce
- UN CONT DE CHEHRAZADE de Rami Kodeih, Liban
- LA LECON NUMERO CINQ de Philippe Skaff, Liban
- ET LA VIE CONTINUE de Leila Triqui, Maroc
- FIN DE MOIS de Mohamed Mouftakir, Maroc
- MANNEQUIN de Bousselham Eddaif, Maroc
- 1/2 (UN DEMI) de Slobodan Maksimovica, Slovénie
- BONNE CHANCE, NEDIM de Marco Santic, Slovénie
- MOI, MA SOEUR ET LA CHOSE de Kaouther Ben H'nia, Tunisie
- ORDURE de Lotfi Achour, Tunisie
- LE RENDEZ-VOUS de Sarra Abidi, Tunisie

A noter également que le festival proposera un panorama de courts métrages marocains.

PLus d'infos sur: http://www.ccm.ma/5fcmmt/filmtg4.html ...




Ameriques   
  • > Sodec: aide aux producteurs privés

La Société de développement des entreprises culturelles (SODEC) complète son aide financière aux producteurs privés de longs métrages de fiction pour l’exercice 2007-2008 en assurant un soutien à huit (8) projets supplémentaires.
Voici la liste des cinq films en français et des trois films en anglais.

Films de langue française
- Dans une galaxie près de chez vous
Le capitaine Patenaude et son équipe nous entraînent dans leur quête d'une nouvelle planète pour héberger les Terriens. Humour rafraîchissant, absurde et purement québécois. Produit par Zone 3, scénarisé par Pierre-Yves Bernard et Claude Legault, réalisé par Philippe Gagnon et distribué par TVA Films.
- Le Grand Départ
Une comédie de mœurs signée Claude Meunier, qui en assure également la réalisation. Jean-Paul, 53 ans, pense qu'il peut complètement refaire sa vie, sans être poursuivi par ses démons du passé. Produit par Cinémaginaire et distribué par Alliance Atlantis Vivafilm.
- Il faut prendre le taureau par les cornes
Fred Pellerin, célèbre conteur de Saint-Élie-de-Caxton, nous raconte les déboires du pauvre Babine persécuté par le Curé Neuf. Un conte féérique aux accents à la fois modernes et paysans. Une réalisation de Luc Picard, produit par Cité-Amérique et distribué par Alliance Atlantis Vivafilm.
- Léo Huff
La vie d’un simple employé de bureau bascule lorsqu’il s'éprend d'une jeune femme sensuelle et délurée. Un film noir, écrit et réalisé par Sylvain Guy. Produit par GPA Productions et Christal Films pour le Québec et par Productions Grana pour le Nouveau-Brunswick.
- Polytechnique
Ce film sonde les tenants de la tragédie de "Polytechnique" et souhaite toucher le public par-delà le strict souvenir qu'il en garde. Scénarisé par Jacques Davidts et Denis Villeneuve, celui-ci en assumera la réalisation. Produit par Remstar et distribué par Alliance Atlantis Vivafilm.

Films de langue anglaise
- A Perfect Light
L’histoire d’une petite fille de quatre ans ayant perdu sa mère dans un accident de voiture. Cette adaptation de « Ponette », film réalisé par Jacques Doillon en 1996, est écrite par Billy MacKinnon et réalisée par Gillies MacKinnon. Entièrement tourné au Québec, il s'agit d'une coproduction tripartite Québec, France, Royaume Uni, produite et distribuée par Christal Films.
- Out of Z
Ce nouveau film de Manon Briand pose la question suivante : « Où vont les femmes pour atteindre l'orgasme? ». Son héroïne, une détective privée, réussira-t-elle à débusquer ce lieu mythique? Une production Max Films, une distribution TVA Films .
- Plainsong
À la suite du décès de son grand-père, une jeune femme tente de reconstituer la vie et la pensée de son aïeul. Une adaptation du roman éponyme de Nancy Huston, qu'elle co-scénarise avec Marcel Beaulieu et réalisée par Léa Pool. Co-produite par Zingaro Film (Québec) et Seven 24 Films (Alberta) et distribuée par Christal Films.

L’importance des investissements de la SODEC en 2007-2008, dont l’apport de 10 millions de dollars supplémentaires alloués au budget d’aide à la production de longs métrages, confirme la volonté gouvernementale de soutenir la production cinématographique de façon significative et d’assurer le dynamisme de l’industrie.

Pour l’exercice 2008-2009, l’échéance pour le dépôt des premières demandes d'aide à la production de longs métrages du secteur privé a été fixée au 12 novembre 2007.

http://www.sodec.gouv.qc.ca/medias_commu ...




Europe   
  • > Cannes 2007: palmarès!

Cocorico francophone sur la Croisette: la palme revient à 4 mois, 3 semaines et 2 jours de Cristian Mungiu, adoubant ainsi une jeune génération, et l'indéniable vitalité du cinéma roumain, reconnaissance d'ailleurs doublée par le Prix Un certain Regard décerné (à titre malheureusement posthume) à Cristian Nemescu pour California Dreamin'. On le voyait venir, mais cette fois c'est confirmée: les roumains sont les nouveaux rois du monde (cinématographique).

Notons également que le palmarès n'a pas souri aux réalisateurs confirmés qui venaient tester leur dernier cru sur la Croisette: que ce soit Tarantino, Kusturica, Fincher, Wong Kar Waï ou les Coen (à la surprise générale d'ailleurs concernant ces derniers), tous sont repartis bredouille. La seule "figure" cannoise à avoir tiré son épingle du jeu des prix est Gus Van Sant, lauréat du Prix exceptionnel du 60ème, pour "sa carrière", et accessoirement pour Paranoïd Park, sa dernière livraison.

Au petit jeu des pronostics, le jury a certainement surpris son monde en ne suivant pas le vote des festivaliers, acquis aux Chansons d'Amour de Christophe Honoré. Les autres favoris, eux, ont été récompensés, en ordre dispersé.

Voici le palmarès:
- Palme d'or : 4 mois, 3 semaines et 2 jours de Cristian Mungiu, Roumanie
- Grand Prix : La Forêt de Mogari (Mogari no Mori) de Naomi Kawase, Japon
- Prix du 60e anniversaire (prix spécial) : Gus Van Sant et Paranoïd Park, Etats-Unis
- Prix d'interprétation féminine : Jeon Do-yeon dans Secret Sunshine (Corée)
- Prix du scénario : Fatih Akin pour De l'autre côté, Allemagne
- Prix de la mise en scène : Julian Schnabel pour Le Scaphandre et le Papillon, France
- Prix d'interprétation masculine : Konstantin Lavronenko pour Le Bannissement d'Andreï Zviaguintsev, Russie
- Prix du jury ex aequo : Persepolis, de Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud, France, et Stellet Licht (Lumière silencieuse), de Carlos Reygadas, Mexique
- Caméra d'or : Meduzot (Les Méduses), de Etgar Keret et Shira Geffen, Israel (Semaine de la critique)
- Palme d'Or du court-métrage : Ver Llover d'Elisa Miller (Mexique)

Cannes, ce sont aussi de nombreux prix, que voilà, en dehors du palmarès officiel:

Quinzaine des Réalisateurs
- Prix Regards Jeunes, remis à un 1er ou à un 2ème long-métrage: Control d’Anton Corbijn
- Prix Label Europa cinéma, Control d’Anton Corbijn
- Prix Art et Essai: Garage de Lenny Abrahamson
- Prix SACD du meilleur court-métrage francophone: Même pas Mort de Claudine Natkin (France)

Semaine internationale de la Critique
- XXY de Lucia Puenzo
- Prix de la SACD: Meduzot de Etgar Keret et Shira Geffen
- Grand Prix Canal + du meilleur court-métrage: Madame Tutli-Putli de Chris Lavis et Maciek Sczerbowski.

Jury FIPRESCI
- Prix de la Critique Internationale: 4 Mois, 3 Semaines et 2 Jours du Roumain Cristian Mungiu, Compétition Officelle; La Visite de la Fanfare d'Eran Kolirin, Un certain regard; Elle s'appelle Sabine de Sandrine BonnaireSemaine de la Critique.

- Prix du Jury œcuménique: De l’autre Côté de Fatih Akin

- 26ème Prix de la Jeunesse: La Visite de la Fanfare d’Eran Kolirin

- Prix de l'Education nationale: 4 Mois, 3 Semaines et 2 Jours du cinéaste roumain Cristian Mungiu.

- Prix France-Culture 2007: le réalisateur cambodgien Rithy Panh.


• > Naissance du European Film Commissions Network

Les commissions pour le cinéma européennes ont décidé de s'unir en une association qui siègera à Bruxelles afin de se rencontrer régulièrement, d'échanger des expériences et de promouvoir les initiatives conjointes.

La proposition a été formulée lors de la première assemblée du European Film Commissions Network (EuFCN), qui vient de se tenir à Cannes et à laquelle ont participé 50 commissions. Le programme complet du European Film Commissions Network sera défini après l'élection du conseil de direction, l'automne prochain.

Parmi les activités à entreprendre proposées au cours de l'assemblée, on peut citer : des réunions d'échange, la mise en place d'instruments d'information destinés aux producteurs, le partage d'expériences pratiques, des études de marché, une présence commune lors d'événements importants. L'association devra en outre porter à l'attention de la Commission européenne, des institutions publiques et des représentants de l'industrie du cinéma l'important impact économique qu'a le travail des commissions.

Source: www.cineuropa.org


• > La Lituanie rejoint Eurimages

Depuis la fin du mois de mai, la Lituanie est devenue le trente-troisième État-membre d'Eurimages, fonds de soutien à la coproduction, la distribution et l'exploitation du cinéma européen mis en place par le Conseil de l'Europe.

Le représentant lituanien au Conseil d'Eurimages est le cinéaste Audrius Stonys, également membre de l'Union des réalisateurs lithuaniens. Sa suppléante est la productrice établie Uljana Kim, membre de l'Association lithuanienne des producteurs indépendants.

“C'est une opportunité merveilleuse pour tous les producteurs lituaniens que d'adhérer à Eurimages parce que l'industrie du film lithuanienne recueille très peu d'aides publiques (1,8M € pour l'ensemble du secteur) et aucun soutien des diffuseurs. Faire partie du Programme MEDIA et maintenant d'Eurimages est essentiel pour nous permettre de produire des projets", souligne Kim.

La Lituanie, qui est pourtant le plus grand des trois États baltes, est le plus petit en termes de production cinématographique. Trois films seulement y ont été produits en 2006, dont You am I, produit par Kim pour Kristijonas Vildžiūnas et projeté dans la section Un Certain Regard de Cannes 2006.

Source: Annika Pham pour www.cineuropa.org


• > Bruxelles prolonge le régime des aides à la production

Aujourd'hui, la Commission européenne a adopté un texte prolongeant jusqu'au 31 décembre 2009 l'application des règles actuelles relatives au financement public des oeuvres cinématographiques et audiovisuelles. Le texte en question confirme les règles mises en place en 2001 et 2004 afin d'encourager l'industrie du cinéma européenne.

Neelie Kroes, commissaire à la concurrence, a expliqué : "Notre objectif est d'assurer que le contrôle des aides publiques continue de garantir des conditions optimales et équitables pour la création artistique et culturelle dans le secteur du cinéma et de l'audiovisuel de l'Union".

"La décision de ce jour, qui suit de près l'accord Télévision sans frontières, offre aux Etats membres et aux investisseurs la sécurité juridique nécessaire pour continuer à investir dans les films, les séries télévisées et d'autres oeuvres audiovisuelles européens", a ajouté Viviane Reding, commissaire européenne aux Médias et à la Société d'information.

"Cette décision, a expliqué Reding, montre à toutes les parties concernées les mesures à prendre en vue de la définition des règles futures, afin d'améliorer encore l'équilibre entre le défi de promouvoir la diversité et la nécessité de renforcer la compétitivité de l'industrie de l'audiovisuel".

La prorogation décidée aujourd'hui signifie que la Commission continuera à appliquer les critères actuels pour évaluer la compatibilité des programmes d'aides publiques des États-membres. Ces critères, très favorables à l'industrie, ont été établis dans la "communication sur le cinéma" de 2001 et étendus en 2004 pour une expiration prévue à la fin du mois de juin 2007. Le régime confirmé aujourd'hui pour durer jusqu'en 2009 devra prendre en compte les résultats d'une étude indépendante sur l'impact économique et culturel des réquisits existants concernant la "territorialisation", clause qui oblige les producteurs de certains pays à dépenser une partie du budget du film dans l'État qui lui fournit des aides.

La Commission consent aux États membres d'imposer cette clause jusqu'à 80% du budget total des films, ce qui signifie que les producteurs sont libres de dépenser au moins 20% du budget en dehors du pays financier sans subir de réduction des aides. Selon la Commission, cette clause est justifiée par la nécessité de préserver les talents locaux. Les résultats préliminaires de l'étude sus-mentionnée seront examinés à Bruxelles le 6 juillet 2007 ; les résultats définitifs seront fournis à la fin de l'année.


• > Nouveau programme de soutien à la numérisation pour Eurimages

A compter de la prochaine date limite fixée au 27 août 2007, les producteurs ayant bénéficié du soutien d'Eurimages à la coproduction pourront déposer une demande de soutien à la numérisation.

Le programme de soutien à la numérisation concerne la production d'un master numérisé au format 2K destiné à la projection numérique en salles, à la vidéo à la demande, à la diffusion par satellite et sur internet en haute résolution.

Les producteurs de films soutenus par Eurimages peuvent déposer une demande de soutien à la numérisation dès l'achèvement de la copie zéro. Le montant maximum de ce soutien est de 10 000 € ou de 80% du coût total de numérisation (Règles de soutien).

http://www.coe.int/T/DG4/Eurimages/Defau ...


• > Ateliers d'Angers: participants

Nés à l’initiative de Jeanne Moreau, les Ateliers d’Angers s’adressent à de jeunes réalisateurs ayant à leur actif un ou plusieurs courts métrages et se préparant à réaliser leur premier long métrage de fiction.
Cette formation est destinée à leur apporter un soutien décisif au moment de leur passage du court au long métrage.

Ils accueilleront du 15 au 22 juillet les participants suivants:
- Mehdi Ben Attia (Tunisie) pour Le Fil, Mille et une productions
- Guillaume Brac (France) pour Un cas isolé, Kazak Productions
- Agnès Feuvre (France) pour Entre chien et loup, Why Not Productions
- Nicolas Guicheteau (France) pour Eden Roc, Shellac Sud
- Show Chun Lee (Taïwan) pour Shangai Belleville, Charivari
- Teddy Lussi (France) pour Un vrai gitan, Kazak Productions
- Nicolas Provost (Belgique) pour L'Envahisseur, Versus Production

http://www.premiersplans.org/premierspla ...


• > Bilan du CNC 2006

Véronique Cayla a présenté lors du dernier Festival de Cannes le bilan du CNC pour l'année 2006.

Les faits marquants sont les suivants:
- En 2006, la part de marché des films français s’établit à 44,7 %. Elle n’avait pas été aussi élevée depuis 1984. Pour la première fois depuis 1986, les films français réalisent plus d’entrées que les films américains. La fréquentation totale progresse de 7,6 % par rapport à 2005 et atteint
188,67 millions d’entrées. Les Bronzés 3 – amis pour la vie occupe la première place au box-office 2006.
- 203 films de long métrage ont obtenu l’agrément du CNC au cours de l’année 2006, soit 37 films de moins que l’année précédente et le même nombre de films qu’en 2004. Depuis 2001, le niveau annuel de la production française oscille autour de 205 films agréés dont 170 d’initiative française.
- En 2006, 4 082 heures de programmes audiovisuels bénéficient du soutien financier accordé par le CNC (+4,5%). Cette hausse du volume produit profite à l’animation (+151 heures) et au spectacle vivant (+80 heures).
- En 2006, 589 films sont distribués en première exclusivité, soit 7,1 % de plus qu’en 2005. Cette hausse est notamment imputable aux films américains (+25 films).

L'intégralité du Bilan est consultable à l'adresse suivante: http://www.cnc.fr/Site/Template/T8.aspx? ...


• > Tax-shelter : les producteurs contre-attaquent grâce à ING

Si plus de 35 millions d'euros ont été levés grâce à la législation du tax-shelter depuis sa création, les producteurs ont souvent manifesté leurs inquiétudes, regrettant que cet argent n'ait pas plus servi aux talents et à l'industrie du cinéma belge. Sont visées les dérives engendrées par les sociétés intermédiaires, qui, outre la perte de nombreux capitaux, ont stimulé le système vers la rentabilité des investissements au détriment du secteur audiovisuel.

Pour travailler sans faire appel à ces sociétés intermédiaires, certains, comme Les Films du Fleuve et Versus Production se sont associés pour créer leur propre société intermédiaire, Inver Invest. D'autres recherchent eux-mêmes leurs investisseurs. Mais voilà que sous l'impulsion des deux unions de producteurs, représentées par Patrick Quinet pour les francophones (Artémis Productions) et Peter Bouckaert du côté flamand (MMG NV), la banque belge ING lance avec Tax Shelter Partners, le premier produit bancaire en la matière, qui devrait être opérationnel en septembre 2007. Il s'agit du « premier produit financier issu des producteurs avec le partenariat d'une banque» saluait Peter Brouckaert tandis que Patrick Quinet en soulignait l'importance : «un outil nécessaire pour que l'audiovisuel belge respire un peu et évite les dérives».

Tax Shelter Partners, société coopérative composée de représentants de la banque ING et de membres du secteurs audiovisuel, sera donc une double interface, intermédiaire entre les investisseurs et les producteurs. La banque belge, en proposant ce nouveau produit bancaire à ses clients, sert d'opérateur, garantit les prêts et autres investissements et permet de minorer toutes sortes de déperditions d'argent dues aux mouvements financiers. Et du côté des professionnels, c'est le soulagement : ils ne perdront plus les droits de leurs films et pourront continuer, sans exclusivité, à faire appel de leurs côtés à d'autres investisseurs. Surtout, et c'est sans doute le point le plus marquant de cette initiative, ING Belgique et Tax Shelter Partners seront soumis à une charte déontologique qui prévoit une sélection en fonction de critères objectifs et non artistiques, le respect d'un certain nombre de conditions pour bénéficier du système, la réduction des frottements financiers, la transparence des opérations... Chacun devrait ainsi avoir sa chance, quelque soit la viabilité ou la rentabilité du projet, qu'il s'agisse d'un film d'art et essai ou d'un film commercial.

Source: Anne Feuillère pour www.cineuropa.org


• > Lauréats du Prix Hohoa 2007

Pour la cinquième année, RFO organisait le concours du meilleur scénario de fiction de court-métrage d’Outre-mer : Les HOHOA. Les lauréats ont été proclamés à l'occasion du dernier Festval de Cannes.

Lauréats 2007:
- Heiremu Pinson pour Mother and son (Polynésie)
- Nadia Charlery pour Ti coq (Martinique)

Prix spéciaux du jury:
- Michaël Gammalame pour Heures d’ici et de là-bas (Guadeloupe)
- Gary Pierre-Victor pour Négropolitains (Guadeloupe)

Plus d'infos sur: http://litteratures-outre-mer.rfo.fr/ ...


• > Commission du Film Communauté française de Belgique: résultats de la 1ère session 2007

La Commission de sélection du film de la Communauté française de Belgique a annoncé les projets soutenus pour la 1ère session 2007. En voici la liste

Longs métrages, Aides à l’écriture
- Les chemins de la mémoire, (long métrage documentaire), José-Luis Penafuerte
Production : Man's Films Productions
- Je me tue à le dire, Xavier Seron
- Le miracle du lapin ressuscité, (long métrage de fiction), Damien Chemin
- Katanga, mineral business, Thierry Michel
Production : Les Films de la Passerelle
- Au-delà des dunes, (long métrage de fiction), Vincent Engel et Frédéric Dumont
Production : Dragons Films
- Fatwa, (long métrage de fiction), Mahmoud Ben Mahmoud

Longs métrages, Aides à la production
- Les Barons, (long métrage de fiction), Nabil Ben Yadir
Production : Entre Chien et Loup, Samsa Films, Liaison Cinématographique
- Le sel de la mer, (tournage terminé), Annemarie Jacir
Production : Tarantula
- Vents de sable, femmes de roc, (long métrage documentaire), Nathalie Borgers
Entre Chien et Loup, Liaison Cinématographique, Lotus Film (AT)
- Rumba, (tournage été-automne 2007), (long métrage de fiction), Fiona Gordon, Bruno Romy et Dominique Abel
Production : Courage mon Amour Films, RTBF, MK2 SA
- Séraphine, (tournage prévu en juin 2007), (long métrage de fiction), Martin Provost
Production : Climax Films (BE), France 3 Cinéma (FR), TS Production (FR)
- Vinyan, (long métrage de fiction), Fabrice Du Welz
Production: One Eyed
- Elève libre, (tournage à partir du 03 septembre), (long métrage de fiction), Joachim Lafosse
Production : Versus production, Mact Production, Ryva, Inver Invest

Courts métrages
- Un ami de Giacometti, Elisabeth Montlahuc
Production : Ambiances… JRM Production (FR)
- Karcher, Florent Sauze
Production : MGV Productions, Fondation Jacques Gueux
- En compagnie de la poussière, Jacques Molitor
Production : Frakas Productions
- Hudûd, Federico Ariu
Production : Amicam
- Harragas, Grégory Lecocq
Production: Ultime Razzia Productions
- La Vita Nuova, Arnaud Demuynck
Production : La Boîte, ...Productions
- J'y étais, le muret, Rodrigo Litorriaga

Production : Tarantula Belgique
- Les manches noires, Willy Kempeneers
Production : Studio Kemp

Documentaires, Aides au développement
- Loin de Rome, Mathias Desmarres
Production : Dragons Films
- Engage-toi…!?, Thomas Van Zuylen
Production : Ryva SPRL
- Le marquage du temps, Philippe Vandendriessche
Production : Les Films de la Mémoire
- Ex-Voto, Caroline D'hondt
Production : Cobra Films
- Volontaire, Sylvie Bonsangue
Production : Basta Cosi!
- Une vie contre l'oubli, Jérôme Laffont
Production : Sourat Films, CBA
- La seconde fugue d'Arthur Rimbaud, Patrick Taliercio
Production : Shonagon Films
- La Besa de Luce, Turi Finocchiaro et Nathalie Rossetti
Production : Tribu Films, Les Productions du Lagon, la RTBF
- Bailixiang, parfum d'une fleur lointaine, Aya Tanaka
Production : Cobra Films
- La chambre de Damien, Jasna Krajinovic
Production : Dérives

Films expérimentaux
- Pouchkine et compagnie, Marie André
Production :Cinquième Quartier asbl
- Vers les icebergs, Xavier Christiaens
Producteur : Ostrov asbl , WIP

Détails des résultats à l'adresse suivante: http://www.cfwb.be/av/


• > 12e Fonds d’aide au développement du scénario du Festival du Film d'Amiens: appel à candidature

L’aide au développement du scénario du Festival international du film d’Amiens a un objectif: financer le développement de l’écriture des meilleurs projets de long-métrage du Sud et aider les auteurs à encore mieux défendre leur projet. La 12ème édition se tiendra les 14 et 15 novembre prochains.

L’ensemble des projets reçus sera soumis à un comité de pré-sélection composé des responsables du Fonds d’aide au développement du scénario et de lecteurs professionnels.

Les 15 à 20 projets sélectionnés seront défendus par les auteurs/réalisateurs, accompagnés de leurs producteurs, devant un jury international de professionnels du cinéma - particulièrement compétents dans le domaine des co-productions avec les pays du Sud - et en présence d’un public de professionnels principalement composé de producteurs, distributeurs, organismes de financement...

Après avoir entendu tous les projets sélectionnés, le jury annoncera la liste des quatre projets dont le développement sera financé.

La date limite d'inscription est fixée au 31 août 2007.

PLus d'infos sur: http://www.filmfestamiens.org/spip.php?r ...


• > Résultats de la commission "Images de la diversité" du CNC

Parmi les œuvres présentées par le CNC, ayant obtenu préalablement une aide sélective du Centre, les projets suivants ont été retenus par les membres de la commission

Au titre d’une aide complémentaire à l’écriture
- Droit de cité, série audiovisuelle de Jean-Michel Dissard et Lamia Guellati

Au titre d’une aide complémentaire au développement
- Carte de séjour, fiction cinématographique de Mohamed Camara (Films Alyne)
- Cuisines sociales, documentaire audiovisuel de Lise Leboeuf et Eléonore Gachet (Umédia)
- La Réparation, documentaire cinématographique de Laurence Petit-Jouvet (Athenaïse)
- Promesses et mensonges, documentaire cinématographique de Claude Mouriéras (Agat Films)
- Terrain miné, fiction cinématographique de François Rossini (22 Juillet)
- Trottoir chagrin, fiction cinématographique de Luc Saint Eloi (Beta Prod) ;

Au titre d’une aide complémentaire à la production
- Aliker, fiction cinématographique de Guy Deslauriers (Kréol Productions)
- Au cœur de la folie, documentaire cinématographique de Roshane Saidnattar (PMP Morgane)
- Entre les murs, fiction cinématographique de Laurent Cantet (Haut et Court)
- L’agneau, fiction cinématographique de Thomas Bardinet (Les films de la Capucine)
- Le Pays à l’envers, documentaire cinématographique de Sylvaine Dampierre (Atlanfilms)
- Louise Michel dans le 93, documentaire audiovisuel de Marion Lary (Neri Productions)
- Poussières d’école, documentaire cinématographique de Malek Bensmail (Unlimited)
- Un si beau voyage, fiction cinématographique de Khaled Ghorbal (Yoko Films)

Au titre d’une aide complémentaire à la distribution
- Sempre Vivu, fiction cinématographique de Robin Renucci (Shellac/Agora Films);

Concernant les projets présentés par le CNC, la commission a donc émis 16 avis favorables et proposé une décision pour un montant de 445 600 €.

Lors de cette séance, 24 demandes au total ont ainsi été retenues sur l’ensemble des projets présentés par le CNC et l’agence nationale pour la cohésion sociale et l’égalité des chances (ACSÉ), pour un montant global de plus de 775 000 €.

http://www.cnc.fr/Site/Template/T11.aspx ...


• > Appel à candidature: i2i audiovisuel

L'appel EACEA 11/2007 - i2i audiovisuel est paru. Destiné à faciliter l'accès des entreprises de production indépendantes européennes aux financements accordés par les banques et les institutions financières, il subventionne une partie partie du coût des assurances, de la garantie de bonne fin et des frais bancaires.

Le montant global de l'enveloppe pour cet appel s'élève à 1 million d'euros. Le montant minimum de la contribution MEDIA s'élève de 5000 euros par projet à 50.000 euros, dans la limite de 50% des coûts éligibles. Sont concernés tous les projets de fiction (50' minimum), d'animation (24') documentaire (25') s'ils ont une participation européenne significative et dont le ou (les) contrats d'assurance, de bonne fin ou de financement ont été signés entre le 1er janvier et le 30 juin 2007 (si le contrat est antérieur, seuls seront pris en compte les coûts à partir du 1er janvier 2007). Le premier jour du tournage ne peut avoir eu lieu avant le 1er janvier 2007.

Dans le cadre de cet appel, une même société peut soumettre au maximum deux projets.

Les soutiens sont attribués en fonction d'une grille de points accordés aux projets selon différents critères : avoir bénéficié d'un soutien au développement MEDIA Plus, d'un crédit de financement bancaire, provenir d'un pays à faible capacité audiovisuelle ou d'un pays de l'élargissement, présenter une réelle dimension européenne (coproduction), avoir un vrai potentiel de distribution international…

La date limite de dépôt de candidature est le 6 juillet 2007.

Plus d'infos: http://ec.europa.eu/information_socie ...


• > Forum sur le cinéma africain, "Tous les Cinémas du Monde", Cannes 2007

A l’occasion de la journée consacrée à l’Afrique dans la section « Tous les cinémas du monde » qui soufflait sa troisième bougie, un forum était organisé afin d’éclairer le public sur les conditions de la création cinématographique en Afrique, à travers les témoignages des quatre réalisateurs sélectionnés, et des représentants des principaux bailleurs de fonds européens des cinémas africains. Le public, essentiellement composé de jeunes cinéphiles venus découvrir avec intérêt et passion des cinémas qui leur étaient pour l’essentiel jusque là inconnus, a donc pu profiter de quelques réflexions éclairées sur la réalité des cinémas africains d’aujourd’hui.

Le coordinateur de la section, Serge Sobczynski, a justifié l’entorse faite à la règle (la section met généralement à l’honneur des pays, et non des continents), en expliquant que les productions nationales africaines ne permettaient pas nécessairement de monter une programmation (on notera d’ailleurs que l’Afrique du Sud, le Maroc et la Tunisie, les pays les plus prolifiques, si l’on excepte l’Egypte et le Nigeria, ont déjà eu droit aux honneurs de la section), mais qu’il est cependant crucial d’ouvrir une fenêtre aux cinématographies de ce continent. Il a d’ailleurs suggéré que la journée Afrique de « Tous les cinémas du monde » pourrait devenir un rendez-vous récurrent.

Place aux intervenants :

Jean-Pierre Garcia (Directeur du Festival International du Film d’Amiens et Directeur de publication du Film Africain et du Film du Sud)

A l’origine de tout film, d’où qu’il vienne, on retrouve un homme ou une femme de cinéma, qui veut dire sur l’écran sa créativité. Cette intention doit trouver les moyens de sa réalisation, et plus précisément, ceux financiers et techniques de produire le film. Il faut donc investir ou trouver de l’argent. Or, dans la plupart des pays africains, et plus particulièrement en Afrique subsaharienne, il est extrêmement difficile de trouver des financements locaux assez déterminants pour lancer le processus de production, si l’on excepte l’Afrique du Sud. Les réalisateurs et les producteurs sont donc amenés à chercher des ressources ailleurs, dans les pays voisins pour tout ce qui est matériel et possibilités techniques, et le plus souvent en Europe pour les financements en tant que tels.

Zeze Gamboa (O Heroi, Angola)

Chaque pays africain a ses spécificités, l’Afrique n’est pas un pays, mais un continent, on a donc plusieurs cultures, et les conditions de tournage sont corrélatives à ces différences.

L’Angola a acquis son indépendance en 1975, après des années d’un gouvernement marxiste qui soutenait institutionnellement le cinéma, et y consacrait donc des ressources financières. Cet état de fait s’est prolongé jusqu’en 1984. En 1992, le pays a connu ses premières élections libres. Une réflexion sur le soutien au cinéma a été engagée, et a pris de nombreuses années avant de déboucher sur un soutien concret. En 2002, pour la première fois depuis presque deux décennies, 3 longs métrages ont pu être produits avec de l’argent angolais, qui complétait des fonds attribués par la France et l’Union Européenne. L’un des trois projets a même réussi à obtenir de l’argent auprès de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), alors que l’Angola ne fait pas partie de l’OIF, ce qui n’était pas mon cas, j’étais donc très jaloux ! Cet argent nous a permis de compléter des budgets.

Ne crions cependant pas victoire, car depuis, il n’y a pas encore eu d’autres films. L’Angola pourrait soutenir de façon plus proactive le cinéma. N’oublions que le pays retire des ressources certaines de l’exploitation du pétrole. Soutenir le cinéma, c’est avant tout une question de volonté politique. J’ai le sentiment qu’avec ma caméra, je peux agacer, titiller le pouvoir. Elle a peut-être même plus de pouvoir qu’une mitraillette, car elle touche des choses plus profondes.

Pour en revenir au soutien au cinéma tel qu’il existait dans les années 70, il était le fruit d’une politique marxiste, le fait d’un parti unique qui visait à voir son idéologie traduite sur le grand écran. De fait, les cinéastes étaient contraints de s’autocensurer pour obtenir l’argent de l’état. Aujourd’hui, nous n’avons plus cet argent, mais nous sommes beaucoup plus libres de nous exprimer. Le grand chantier aujourd’hui, c’est de convaincre nos états de mettre en place de réelles politiques de soutien à l’audiovisuel.

Gahité Fofana (Un matin bonne heure, Guinée)

Le principal problème auquel nous sommes confrontés en Guinée, c’est qu’il n’y a pas d’industrie du cinéma. De fait, il n’y a ni techniciens, ni matériel. Il n’y a pas non plus de formation. Nous aussi, nous sommes en attente d’une réelle politique nationale de soutien au cinéma.

Question à Zeze Gamboa

Lorsque les marxistes étaient au pouvoir, y’avait-il des techniciens suffisamment formés pour soutenir l’industrie ?

Zeze Gamboa

Pendant la période marxiste, des techniciens français et européens issus de la Nouvelle Vague venaient soutenir la création cinématographique en Angola. Cela impliquait de fait une culture cinématographique. Aujourd’hui, des techniciens brésiliens viennent travailler en Angola, mais ces techniciens sont plus aguerris aux techniques télévisuelles, à l’esthétique des telenovellas. Du coup, on a des techniciens formés pour la télévision, mais pas pour le cinéma. A cet égard, nous sommes dans la même situation que la Guinée.

Mohamed Amin (journaliste « héros » de Mo and Me de Roger Mills et Murad Rayani, Kenya)

Le Kenya est dans une situation très différente. Il s’agit de l’un des pays les plus développés en termes d’industrie cinématographique. Pourtant, ce n’est pas du fait de la cinématographie locale, mais plutôt parce que le Kenya attire de nombreux tournages étrangers. Hollywood raffole de nos paysages. Le problème, c’est que les équipes de tournage américaines n’emploient évidemment pas les techniciens locaux. Elles ne croient pas en nos compétences.

De même, nos relations avec notre gouvernement sont très différentes. Au contraire de ce que je viens d’entendre, nous essayons de faire en sorte qu’il soit le moins possible impliqué dans le financement de nos productions. Leur participation compromettrait sans coup férir la qualité de nos productions, car le pays est gangrené par la corruption, et une ingérence politique serait à coup sûr source d’interférences dans notre créativité, et notre liberté d’expression. Nous serions contraints à créer de véritables véhicules pour leur propagande.

Nous travaillons donc auprès du gouvernement à d’autres niveaux. Nous ne cherchons pas à obtenir d’aide financière, par contre, nous tentons de faire faciliter l’importation de matériel, l’accès au territoire d’équipes de tournage étrangères. Nous demandons des concessions, des licences d’importation.

L’important, c’est que je pense que les africains sont mieux placés que quiconque pour faire des films dans et sur leur propre continent. Nous connaissons le terrain et le système, et pouvons donc en tirer profit.

Globalement, l’industrie locale s’élève à 2 à 3 millions de $ investis par an dans la production, si l’on excepte les tournages étrangers, bien sûr.

Jean-Pierre Garcia

C’est vrai qu’il y a autant de cas que de pays. C’est souvent lié à la situation politique. La Guinée sort d’une dictature, l’Angola d’une guerre civile… Gahité nous expliquait qu’il doit faire appel à des techniciens venus d’autres pays, parfois voisins comme le Burkina Faso ou le Sénégal.

Le Burkina Faso justement a une vraie tradition cinématographique, qu’un festival comme le Fespaco démontre tous les deux ans. Pourtant, c’est un petit pays, pas franchement riche. On y trouve des formations (IRIS, Imagine), une réelle volonté politique, des critiques de cinémas, des techniciens. Le Sénégal a lui aussi une tradition forte de cinéma, notamment avec son doyen Sembène Ousmane. Ce sont des pays importants pour le continent sur le plan cinématographique.

La Côte d’Ivoire était elle aussi bien placée il y a encore quelques années. Pourtant, le matériel audiovisuel devient vite obsolète, surtout dans des conditions climatiques telles que celles que l’on trouve en Afrique, et la Côte d’Ivoire, qui n’a pas renouvelé son stock, est déjà dépassée.

Pour continuer le tour d’horizon, le Cameroun et le Gabon ont eux aussi des productions régulières. Des pays comme la Centrafrique ou le Rwanda voient leur production se développer grâce aux nouveaux outils numériques. Bien sûr, il y a l’exemple sud-africain, dont nous reparlerons sûrement. L’Angola a mené une véritable politique productiviste dans les années 80, notamment en produisant des films ethnologiques sur les bushmans aujourd’hui oubliés. La guerre a balayé ce travail.

Question à Mohamed Amin

Si les films d’Afrique de l’Ouest sont parfois distribués dans les salles d’art et essai en France, on y voit beaucoup plus rarement les productions anglophones. Est-ce que ceux-ci sont distribués dans les pays occidentaux anglophones comme les Etats-Unis ou le Royaume-Uni ?

Mohamed Amin

Non, on ne voit quasiment rien, ni aux Royaume-Uni ni aux Etats-Unis. Nos films sont essentiellement vus localement, et notre plus gros problème, c’est bien de les distribuer à l’extérieur de notre territoire. C’est d’ailleurs la première fois que l’on voit un film kenyan à Cannes. Nous devons mettre en place un réel circuit de distribution, même sur notre propre continent. Si nous importons des films africains, cela ne va pas dans les deux sens.

Question à Zeze Gamboa

Zeze, êtes-vous satisfait de la diffusion de vos films en Afrique et en Europe ?

Zeze Gamboa

Le problème en Afrique, c’est qu’il y a très peu de salles. Dans mon pays en Angola, c’est l’Eglise qui rachète les salles pour les réaménager. Elles sont devenues un enjeu immobilier trop lourd à assumer pour les exploitants. La situation est complexe également dans les autres pays. Il faut repenser et reconstruire le circuit d’exploitation. En dehors du continent, ce n’est pas facile non plus. Le monopole des USA sur le marché est dur à concurrencer. Pour les films angolais, le public « naturel » en Europe serait le Portugal, mais c’est vraiment un petit marché, où les USA ont une mainmise quasi totale. Pensez-donc, si la France a déjà du mal à s’imposer, qu’est-ce que ça peut bien être pour nous !

François Belorgey (service audiovisuel, Ministère français des Affaires Etrangères)

Le vrai nœud du problème, c’est la circulation, la diffusion et l’exploitation des films. Pourtant, on note une vraie attente du public africain, qui a une soif d’images africaines. Au Burkina, les 15 salles qui subsistent le font car elles proposent des images locales, des fictions de proximité. Le succès des films produits par Boubakar Diallo par exemple, témoigne de la possible rentabilité économique du secteur. Mais la diffusion reste satellitaire, et est gangrenée par le piratage. Dans les autres pays, la plupart des salles ferment ou sont en train de fermer. Le problème n’est pas tant de construire un nouveau circuit, mais de maintenir l’existant. Et la seule solution pour cela, c’est que de vraies politiques internationales soient mises en place. Soulignons par exemple l’action de la Nu Metro, qui est en train de construire des multiplexes dans les pays anglophones, dans le but d’y diffuser des films américains. On pourrait imaginer que les états francophones autorisent la construction de tels multiplexes, tout en mettant en place une politique de quotas, qui obligerait ces multiplexes à passer 10 ou 20% d’images africaines.

Mohamed Amin

Je fais partie du conseil d’administration de la Nu Metro au Kenya. Ils ont d’ailleurs distribué mon film pendant 7 semaines. Ils mènent une politique d’encouragement du cinéma africain. Au Kenya, ils ont créé le African Film Club, à l’occasion duquel sont montrés des films africains au moins une fois par mois. Les profits générés sont doublés, et réinvestis dans un fonds destiné aux jeunes réalisateurs.

Mais le problème des salles de la Nu Metro, c’est qu’elles s’adressent à un marché élitiste, à la haute classe moyenne. Et ce que veut ce public, en général, ce sont des films d’Hollywood, ou de Bollywood au Kenya. Or, nous devons trouver le moyen d’atteindre le grand public, les masses. La Nu Metro est une entreprise capitaliste, dont le but est de générer des revenus, et ne va donc pas travailler en ce sens. Nous devrions nous concentrer sur des cinémas plus ruraux, pourquoi pas ambulants, pour toucher toutes les populations.

Questions de la salle

1)Je ne connais pas beaucoup, voire pas du tout le cinéma africain. En voyant le film de Gahité Fofana, Un matin bonne heure, j’y ai ressenti une grande humanité, et une grande naïveté (je dis ça au sens positif), un élan très positif, malgré le drame, qui prend réellement le spectateur aux tripes. Peut-être que cet impact est en partie dû aux manques de moyens, qui pousse à chercher un langage plus direct, et plus émotif.

2)Je connais un peu le cas du Burkina Faso. Le problème, c’est que l’on tend vers une privatisation de la culture, et on se demande si les états africains vont résister à ce mouvement. Chaque année, on voit de moins en moins de films africains à Cannes. Je me souviens que dans les années 90 je me régalais de nombreuses découvertes. Une section leur était dédiée. Je voudrais insister sur l’importance de ces interfaces au sein de festivals comme Cannes, de la visibilité qu’elles offrent aux cinémas généralement ignorés.

Cheik Fantamady Camara (Il va pleuvoir sur Conakry, Guinée)

Ces questions ont un fort écho chez les africains. Je pense que l’Afrique doit se libérer, au moins à 50% de cette dépendance culturelle et financière, se libérer de l’Occident. L’argent destiné au cinéma ne l’est pas pour des raisons artistiques, mais pour des raisons politiques. Les créateurs ne sont pas vraiment les récipiendaires, c’est plus une question de politique culturelle, voire de coopération. Bref, aujourd’hui, le cinéma sur le plan mondial est un business, et nous devons entrer dans ce mouvement, considérer le cinéma comme une industrie. Nos états n’ont pas encore compris que la culture est une industrie, qu’elle peut être génératrice d’emplois, et donc de développement économique. On se pose les mêmes questions depuis 20 ans dans les colloques, on y apporte les mêmes réponses. Aujourd’hui, il faut évoluer.

Il faut aussi être fiers de nos productions lorsqu’elles le méritent. Les sélectionneurs de Cannes ne choisissent pas les films à la légère, ils ont un regard pointu de cinéphage et de cinéphile. Nos films ont de la valeur, pourtant, en les décrivant comme « africains », on a l’impression que ça les dévalorise instantanément. Ce n’est pas la France qui doit travailler, trouver des solutions. C’est nous. Si tout ce que nous demandions à la France, nous le demandions, l’exigions de nos états, peut-être trouverions-nous des solutions. Nous devrions par exemple avoir notre propre stand ici à Cannes, faire nous-mêmes notre promotion, et être fiers de nos productions. Quand on fait tous les jours l’aumône auprès de quelqu’un, il finit par se lasser.

Richard Boidin (service de l’audiovisuel, MAE)

Le tableau n’est pas forcément aussi dramatique que ce qu’on pourrait laisser entendre. Merci d’ailleurs au Festival de Cannes d’offrir l’opportunité de découvrir ces films, et c’est un vrai plaisir de voir que le public est au rendez-vous.

Je parle ici au nom du MAE en disant que je suis d’accord avec les propos de Cheik Fantamady Camara. Notre aide a vocation à disparaître. C’est son but ultime. Quand le pavillon des Cinémas du Sud disparaîtra, et sera remplacé par des stands nationaux, c’est que notre pari sera réussi, car l’Afrique sera devenue autonome. Des exemples comme celui du Maroc où des fonds de soutien existent sont encourageants. Chaque peuple a le droit inaliénable de fabriquer et diffuser ses propres images. Ce qui est grave, c’est que les états ne suivent pas, et on ne parle pas ici forcément d’argent. Le soutien doit déjà se faire sur le plan législatif. La France n’est qu’une rustine, les solutions réelles ne viendront pas du Nord.

Serge Sobczynski

On constate un fait marquant, présent dans de nombreux pays, c’est la fragilité des économies. On remarque également que les tournages étrangers ne sont pas systématiquement structurants pour les industries locales. Ils n’amènent malheureusement que peu de travail pour les techniciens locaux. Cela est même parfois réellement problématique, comme au Maroc par exemple, où le fait que les USA emploient des techniciens marocains a fait considérablement grimpé l’échelle des salaires, ce qui implique aujourd’hui que les productions marocaines n’ont pas forcément les moyens d’employer les techniciens habitués à ces salaires.

Mohamed Amin

Toute entreprise est facteur de risques, mais si on ne tente rien, on n’a rien. Nous devons à tout prix garder à l’esprit que le cinéma, c’est aussi du business. Si on accepte de l’argent de nos gouvernements, on doit considérer cela comme un échange commercial, c’est que l’on est apte à fournir un produit dont les gouvernements ont besoin. Il faut améliorer la qualité des productions locales, et si cela coûte plus cher, et bien c’est sûrement le prix à payer.

Frédéric Bouilleux (Organisation internationale de la Francophonie)

La question que l’on est en droit de se poser, c’est « Que faire pour sortir du cycle infernal des colloques ? » On connaît les solutions, du moins certaines, et pourtant rien n’est fait. Je voudrais souligner une fois encore la réelle importance de la mise en place de politiques nationales proactives dans le domaine de l’audiovisuel. L’OIF, à son niveau, va essayer de faire levier, de profiter de son envergure politique pour convaincre les chefs d’état africains d’œuvrer en ce sens. Nous oeuvrons dans le domaine de la persuasion. Cela n’a l’air de rien, et pourtant, c’est crucial. Nous répétons encore et encore les mêmes choses, c’est une question de pédagogie. Nous nous sommes battus pour imposer le droit à la diversité culturelle. C’est bien, c’est déjà un pas décisif, mais maintenant, il faut l’honorer. De notre côté, nous pouvons contribuer à former le personnel, fournir les outils nécessaires pour la création de politiques nationales. Nous voulons accompagner les états dans ces démarches plutôt que de continuer à distribuer des aumônes. Aujourd’hui, le seul colloque viable serait « Les subventions, et après ? »

Question de la salle

1)Il y a d’autres façons de créer des images. On a Nollywood depuis quelques années au Nigeria, et maintenant, on assiste au développement de Riverwood à Nairobi. Il s’agit de productions vidéo qu’on ne voit pas dans les festivals internationaux, mais qui connaissent une large diffusion localement. Ces producteurs ne recherchent pas de subventions, leur chaîne de production tient quasiment en 10 jours, de l’écriture à la fabrication des copies. Riverwood, ce sont au moins 20 sociétés qui rentabilisent leur investissement initial en un mois. Il s’agit de petits films, qui coûtent 3 à 4.000€. C’est une autre possibilité de production audiovisuelle.

Zeze Gamboa

On note le même phénomène dans de nombreux pays africains, mais on parle ici de vidéo, pas de cinéma. Or, le cinéma a certaines exigences que ce format de production vidéo ne respecte pas. On ne doit pas balayer du revers de la main les subventions. C’est une façon de financer le cinéma, même le cinéma américain est subventionné. Nous aimerions pouvoir travailler dans des conditions normales, et pas en être réduit à tourner en vidéo. Nos états ont une responsabilité en la matière. Nollywood, cela reste un phénomène local. Moi, je vise l’universel.

Cheik Fantamady Camara

Tout cela est finalement assez simple à comprendre. Chacun suit les pas de son papa, et l’Afrique francophone a été élevée au cinéma subventionné, ce qui n’est pas forcément le cas des anglophones. On pourrait se débrouiller en tournant des films dans notre quartier, mais ce n’est pas ce à quoi nous avons été habitués. Aujourd’hui, le Nigeria est à Cannes. C’est une reconnaissance, et une voie parmi tant d’autres. Pas forcément la seule.

Propos recueillis par Aurore Engelen

• > "VoD contre cinéma ?", après-midi de l'Observatoire Européen de l'Audiovisuel

Plus de 350 professionnels du cinéma se sont rassemblés dans le Palais des Festivals de Cannes pour assister à l'aprés-midi de l'Observatoire européen de l'audiovisuel sur la vidéo à la demande qui a eu lieu samedi 19 mai. C'était un record de fréquentation par rapport aux précédents ateliers organisés par l'Observatoire à Cannes, dû à un sujet " chaud " pour le marché du film de cette année ".

Aviva Silver, Chef d'unité du Programme MEDIA de la Commission européenne, a ouvert le débat en apportant son sentiment sur les opportunités que la vidéo à la demande offrira aux producteurs et aux nouveaux projets potentiels. À propos du titre de la conférence, Mme Silver a fait observer qu'il mettait en opposition la vidéo à la demande et le cinéma alors que " la vidéo à la demande pour le cinéma " aurait été une formulation plus juste. Elle a abordé les inévitables influences que cette nouvelle méthode de distribution aura sur la chaîne de valeurs et a affirmé que " le programme MEDIA a toujours été proche des ayant droits ". Elle a conclu qu'il serait nécessaire de tenir compte du numérique et des nouvelles opportunités qu'il allait offrir pour l'avenir.

Susan Newman-Baudais, du Département Informations sur les marchés et les financements de l'Observatoire, a présenté le traditionnel tour d'horizon de la fréquentation des salles de cinéma de l'année dernière. La fréquentation avait globalement augmenté en 2006, a-t-elle fait remarquer, par rapport à une année 2005 décevante. Elle a démontré que, sur les 50 dernières années, le développement de nouvelles technologies a clairement influencé les chiffres de la fréquentation. La question clé concerne évidemment les chiffres qui seront enregistrés en 2007.

Un nouveau rapport, intitulé Vidéo à la demande en Europe, a ensuite été présenté par André Lange, responsable du Département Informations sur les marchés et les financements de l'Observatoire, et Laure Kaltenbach, Chef du bureau des évaluations économiques, Direction du développement des médias (DDM). Ce rapport a été rédigé par NPA Conseil, en coopération avec l'Observatoire et la DDM. André Lange a déclaré qu'avec plus de 150 services opérationnels en Europe, la vidéo à la demande existe en tant que véritable secteur du marché même si l'absence globale de données rend difficile l'estimation de sa véritable importance. En revanche, on peut espérer que sur le long terme, l'effet de " longue traîne " de la vidéo à la demande bénéficiera aux films européens.

Laure Kaltenbach a souligné que " 70 % des contenus les plus recherchés sur Yahoo sont des contenus protégés par les droits d'auteur ". Le moment était venu de laisser la place à la partie juridique de la conférence. Francisco Cabrera-Blazquez, du Département Informations juridiques de l'Observatoire, a abordé la question de l'utilisation des DRM gestion numérique des droits dans ce domaine. Stef Van Gompel, de l'Institut du Droit de l'Information d'Amsterdam, a parlé de la distribution des œuvres orphelines en vidéo à la demande. Il a souligné que, selon une enquête conduite par l'Association des Cinémathèques européennes, " plus de 50 000 titres issus des archives européennes peuvent être considérées comme des œuvres orphelines ".



Ruth Hieronymi, Députée au Parlement européen et Présidente de l'intergroupe sur la politique audiovisuelle, a présenté l'état d'avancement de la directive Télévision sans frontières. Elle a indiqué que la révision de cet instrument juridique arrive " juste à temps " et que ce soutien européen aux services non linéaires représentera " une chance pour tous les producteurs de l'UE ". Elle a également insisté sur le devoir d'assurer une bonne interopérabilité entre l'ensemble des services proposés, celle-ci étant actuellement insuffisante.

Compte-rendu de Thierry Leclercq pour le Mediadesk de la Communauté française de Belgique, www.cfwb.be/mediadesk


• > Le cinéma français semble en péril vu de Suisse, dans Le Temps

Thierry Jobin dans son article "Cinéma français, la crise" revient sur la situation actuelle complexe de l'industrie cinématographique française.

Le 60e Festival de Cannes s'ouvre sur un paradoxe: alors que la moitié des films en compétition sont coproduits par la France, le cinéma français, lui, traverse une crise profonde. En apparence, le conte de fées continue. Il suffit de compulser les détails de production des films présentés à Cannes: les deux tiers des œuvres de la compétition sont produits ou coproduits par la France; toutes sections confondues, près de la moitié des films de toutes origines n'existeraient pas sans l'argent et la cinéphilie hexagonaux.

Quant aux films qui portent les couleurs bleu-blanc-rouge en concours, ils sont prometteurs, appétissants même, et démontrent le rare niveau d'exigence de cette cinématographie. Une Vieille Maîtresse de Catherine Breillat, film historique d'après un récit de Jules Barbey d'Aurevilly; Les Chansons d'amour de Christophe Honoré sur les conséquences d'un tragique événement dans la vie d'un jeune homme; Persepolis, l'adaptation fabriquée à Paris de la bande dessinée de l'Iranienne Marjane Satrapi par elle-même, sur son enfance durant la révolution islamique de 1979; et Le Scaphandre et le papillon de l'artiste polyvalent Julian Schnabel où Mathieu Amalric joue le journaliste Jean-Dominique Baudy, malheureusement célèbre pour s'être retrouvé complètement paralysé, victime d'un «locked-in syndrome», après un accident vasculaire. Bref, le bon cinéma, le cinéma qui cherche et parfois trouve de nouvelles voies, le cinéma qui aborde tous les sujets sans tabou n'existerait probablement pas sans la France.

Un péril grave

Mais Cannes est une île. Dans la réalité, le cinéma français est actuellement en péril. La rupture, signalée avec force et courage par la réalisatrice Pascale Ferran lors de la dernière cérémonie des Césars, est sur le point d'être consommée entre des films commerciaux de plus en plus riches et des films ambitieux de plus en plus pauvres. Pourquoi? Parce que le système de production hexagonal s'est vicié au point d'exclure les films que d'aucuns nomment «du milieu», autrement dit les films d'auteur comme, autrefois, ceux de Maurice Pialat, François Truffaut ou Jacques Rivette, cinéastes qui avaient les moyens de leurs ambitions et qui ont fait la réputation de la France. Qui ont plutôt perpétué cette réputation installée dès Jean Renoir ou René Clair et qui ont toujours défendu le cinéma, au-delà de sa dimension industrielle, comme espace de liberté et d'innovation.

Le péril qui menace le cinéma français, mais aussi toutes les cinématographies qui survivent grâce à la France (y compris les films suisses romands coproduits), est la conséquence de plusieurs phénomènes paradoxaux. Pas plus tard que mardi, par exemple, une dizaine d'organisations de réalisateurs, producteurs, distributeurs, exploitants, responsables de festivals et critiques de cinéma réclamaient, dans une tribune publiée par Le Monde, un «encadrement» du nombre de copies de longs métrages au nom de la «diversité». La Suisse connaît bien ce problème et n'a encore rien envisagé pour le résoudre sinon une risible «autorégulation» de la branche: les films les plus commerciaux sortent en quantité tellement considérable et sur tant d'écrans qu'il n'y a plus d'espace pour les films plus fragiles. Le paradoxe est là: pourquoi se plaindre puisque cette mécanique produit, en Europe et dans le monde entier, un nombre d'entrées supérieur aux années précédentes?

L'industrie a dévoyé le système

En fait, les systèmes de soutien au cinéma, tels qu'ils avaient été mis en place en France puis imités par d'autres pays, ont trop bien marché. Leurs effets ont fini par se dévoyer. Aides, quotas, fonds de soutien ou les fameuses Soficas (investissements privés): tous ces systèmes d'aide fonctionnaient sur le principe, pratiqué en Suisse aussi, qui consiste à intervenir sur des volumes financiers et des pourcentages, au lieu de s'intéresser à des valeurs artistiques. Dans un premier temps, ces interventions ont aidé les films les plus ambitieux, originaux et créatifs. Et puis, l'industrie s'est mise à en récupérer les mécaniques, qu'il s'agisse de la télévision ou des producteurs de cinéma qui se sont multipliés sur le dos des obligations de financement du cinéma par les télévisions.

Et, pour le confort des uns et des autres, tout le système s'est soudain plié à l'idée de faire des films qui ne répondent qu'à une seule norme, sans aucun risque artistique. Pourquoi chercher autre chose puisque chacun récupère, de manière régulière, les fruits sonnants et trébuchants d'une politique qui ne visait surtout pas à produire cet effet-là?

Toute construction réglementaire, tout système d'aide est forcément lié à une époque et ne peut prétendre être gravé dans le marbre pour l'éternité. Mis en place durant la première partie des années 1980, le système français s'est peu à peu mis à mouliner dans son coin au point de créer, imperceptiblement, davantage d'effets pervers que d'effets bénéfiques. Et certains, tel Jean-Michel Frodon, directeur des Cahiers du cinéma, craignent que la réaction ne soit déjà tardive: «Il y a peu, Jacques Rivette servait au moins d'alibi à un dispositif qui permettait de produire ensuite un film de Patrice Leconte. Le problème actuel, c'est qu'au lieu de produire deux films de Leconte pour un film de Rivette, on préfère produire trois films de Leconte.»

Cet article est complété par une interview de Jean-Michel Frodon, et un texte de Pascale Ferran: http://www.letemps.ch/template/recherche ...


• > Recontres avec les producteurs francophones de Producers on the Move

Les membres de l'EFP (European Film Promotion) ont fait leur choix : 21 producteurs venant de toute l'Europe se sont réunios cette année dans le cadre du programme Producer on the Move organisé pendant le Festival de Cannes (16-27 mai). Les participants sont des producteurs qui entament leurs carrières internationales et ont attiré l'attention par l'excellence et l'ambition de leurs travaux. Cette initiative destinée à promouvoir les jeunes producteurs est soutenue financièrement par le Programme MEDIA de l'Union européenne, les organisations membres de l'EFP et des sponsors.

Rencontres avec les représentants français, belge et suisse, sur www.cineuropa.org

Sylvie Pialat, France, par Fabien Lemercier

Co-scénariste des plusieurs films de son mari, le cinéaste Maurice Pialat, notamment de Police et Van Gogh, Sylvie Pialat a également adapté pour lui le roman Sous le soleil de Satan, (Palme d'or à Cannes en 1987). Fondatrice des Films du Worso en 2004, elle compte à son actif la production de quatre longs métrages de fiction: Meurtrières de Patrick Grandperret et La Faute à Fidel de Julie Gavras sortis l’an dernier en salles , ainsi que Nuage de Sébastien Betbeder et Cortex de Nicolas Boukhrief qui seront à l’affiche à l’automne prochain. Et Le section Cannes Classics du Festival 2007 présentera une autre de ses productions : le documentaire Maurice Pialat, l’amour existe.

Qu’est-ce qui vous a décidé à vous lancer dans la production ?
Je connaissais ce domaine car nous avions une société de production avec Maurice et nous avons travaillé main dans la main avec Daniel Toscan du Plantier. Mais à la mort de Maurice se posait simplement la question de savoir comment j’allais gagner ma vie. La décision a d’abord été de rester dans le cinéma. Ensuite j’avais l’impression que c’était dans le domaine de la production que je pouvais être utile. J’ai donc démarré avec le documentaire Un voyage chez les Woodabés.

Quelle est la philosophie de production des Films du Worso ?
J’essaye de faire ce métier en restant du côté des auteurs sans être effrayé par les aspects financiers. La capacité de production de la société est de deux films par an maximum. Car nous sommes petits et nous avons envie de le rester. Mais je n’ai abandonné aucun projet jusqu’à présent : ils sont tous allés jusqu’au tournage et à la sortie. C’est cela, ma vision du travail d’un producteur : emmener les films un par un, ne pas être un VRP avec 36 projets à la fois. Même si je vis les mêmes affres que tous les producteurs indépendants, j’ai bénéficié au départ d’un gros coup de pouce de Gaumont. J’étais jeune dans le métier, mais mon passé rendait difficile le fait de commencer à zéro, c’est-à-dire ne pas payer les auteurs, ne compter que sur les aides publiques... J’ai donc cherché un partenaire et Gaumont a été là. Même s’il ne s’agissait pas de sommes énormes, cela m’a permis de lancer des projets un peu ambitieux.

Comment choisissez-vous le projets ?
Les quatre longs que j’ai produit sont très différents. Ce sont les rencontres avec des cinéastes qui me décident. Je pense qu’il y a aujourd’hui beaucoup de metteurs en scène qui ont besoin d’interlocuteurs de cinéma, qui leur parlent de leurs films. Je trouvais que Patrick Grandperret manquait au cinéma français, j’avais produit un de courts de Sébastien Betbeder avant son premier long, ensuite Nicolas Boukhrief est arrive avec un sujet, puis Alain Guiraudie dont Le roi de l’évasion devrait être tourné en août. Et je produis aussi les films suivants de ces cinéastes comme Julie Gavras qui entrera en tournage en 2008.

Comment réagissez-vous à votre désignation comme Producer On The Move 2007 ?
J’exerce depuis peu de temps, donc c’est une reconnaissance importante. Le cinéma est un bon moyen pour engager l’Europe. J’ai failli coproduire Cortex avec la Belgique et j’aimerais bien travailler avec l’Espagne pour le Guiraudie. Aujourd’hui, que les sujets soient contemporains ou historiques, cela me paraît inévitable de travailler avec d’autres pays européens. Les pays de l’Est notamment sont fascinants sur le plan cinématographique avec des réalisateurs comme Bela Tarr par exemple et la Roumanie est un creuset de cinéastes exceptionnel. Et la France avec son système de soutien à la production énorme par rapport à d’autres pays européens n’est pas toujours assez ouverte contrairement aux Suédois ou aux Danois qui sont de vrais citoyens de l’Europe.

Samuel Tilman, Belgique, Anne Feuillère

Venus d'horizons aussi divers que l'économie, le théâtre ou l'histoire, Nicolas de Borman, Stephane Heymans et Fabrizio Rongione forment avec Samuel Tilman le quatuor très éclectique de la société Eklektik Productions, passée à l'étape suivante de son développement avec Ça rend heureux de Joachim Lafosse.

Qu'est-ce qui caractérise Eklektik Productions ?
D'abord, un lien à l'Afrique à travers nos documentaires et nos métiers. Stéphane, qui a suivi une filière économique comme Nicolas, travaille chez Médecins Sans Frontières. J'ai fais une thèse en Histoire et des documentaires, l'un avec Nicolas. Fabrizio, lui a fait le Conservatoire, nous nous sommes rencontrés à l'université où nous avons commencé à écrire ensemble pour le théâtre. Nous avons des parcours, des domaines d'activités et de compétences très différents. Du même coup, l'éventail de nos projets est très large. Comme aucun d'entre nous ne dépend financièrement de la structure, nous gardons un certain recul par rapport à notre profession et le plaisir de fonctionner au coup de cœur. Il y a ensuite notre envie de raconter des histoires d'ici et de maintenant, qui nous ressemblent et questionnent notre génération. Comment avoir encore des idéaux et des projets de vie à trente ans est aussi une vraie question, à la base de notre travail.

Comment s'est passé le passage au long métrage ?
Fabrizio a rencontré Joachim qui attendait de l'argent pour Nue Propriété. Lui aussi a le goût du risque et l'envie d'avoir des interlocuteurs de son âge. Nous avons très vite décidé d'écrire sans attendre de financements, en se donnant la possibilité d'arrêter à chaque étape du processus si nous n'étions pas satisfaits. Une cohérence s'est mise en place entre ce que nous racontions et ce qui se passait au niveau de la production, entre le contenu du film et son élaboration. Quand on s'est dit qu'on allait tourner Ça rend heureux, tout est allé très vite. C'était pour nous le moment de la prise de risque financière, nous n'étions pas sûrs de boucler le budget. Cela n'a fonctionné que parce qu'il y a, à la base de notre structure, cette liberté, cette souplesse.

Quels sont les projets d'Eklektik ?
Un autre long métrage est en développement Mobil-Home, écrit par François Pirot et Jean-Benoit Ugeux. François a coécrit Nue Propriété, réalisé un court métrage, Retraite, dans lequel jouait Jean-Benoît, qui lui-même écrit pour le théâtre tout en étant comédien. De nouveau, le sujet, nous correspond bien, une comédie d'abord joyeuse puis plus sombre de trentenaires en crise, plus citoyenne que politique, l'histoire de deux trentenaires dans un petit village, des sortes de "Tanguy" autonomes, entre deux étapes de leurs existences, qui vont vouloir partir faire le tour du monde avec leur mobil home, mais qui n'iront pas plus loin que le bas du village (rires). A Cannes, nous pourrions trouver des partenaires francophones, tout en gardant la porte ouverte à d’autres types de coproductions. Cela rendrait le projet plus confortable même si nous pouvons très bien imaginer un petit budget, un peu de tax-shelter… Mais l'enjeu pour nous est désormais d'entrer en coproduction. Cannes est un gros plus pour rencontrer des producteurs de notre génération, multiplier des contacts, mettre en place un réseau…

Quels sont vos projets personnels ?
Je suis en train de finir un court métrage, Voie de garage, une comédie assez légère. Mais comme je suis vraiment autodidacte, j'ai envie de passer par un autre court avant de réaliser le long métrage que je suis en train d'écrire et qui me tient à cœur. Ce que j'adore dans Eklektik, c'est cette possibilité de m'enrichir au contact de tous ces projets, ces univers très différents. Cela me questionne par rapport à ce que je veux raconter.

Elena Tatti, Suisse, Françoise Deriaz

Cofondatrice de la société Box Productions basée près de Lausanne, Elena Tatti a produit avec son associé, Thierry Spicher, le premier long métrage de fiction de Jean-Stéphane Bron, Mon frère se marie. Home, projet de la jeune réalisatrice suisso-française Ursula Meier, elle aussi très prometteuse, est actuellement sur le métier.

Quels chemins avez-vous empruntés jusqu’à la production?
J’ai une formation en économie, en philosophie et j’ai 38 ans. Pendant mes études, j’ai travaillé pour le Festival de Locarno et collaboré au Festival de Fribourg pour la sélection des films du Sud. Avant de créer la société Box Productions avec Thierry Spicher, il y a deux ans et demi, nous avons commencé à produire les films d’une artiste contemporaine, Elodie Pong, qui tourne depuis deux ans un documentaire intitulé Contemporary.

Quels genres de films souhaitez-vous produire?
Les films d’auteur de fiction ou documentaires pour le cinéma. Des œuvres qui proposent une réflexion et une ouverture sur le monde n’excluant pas toute forme de divertissement.

L’année dernière, Ursula Meier et Box Productions avaient présenté le projet de film Home à l’Atelier du Festival de Cannes. Les retombées ont-elles été positives?
Ursula Meier, qui a notamment réalisé un téléfilm remarqué pour Arte (Des épaules solides, 2002), jouit déjà d’une bonne réputation internationale, mais cette vitrine cannoise a permis de «labelliser» le projet et d’ouvrir des perspectives en termes de financement, de distribution et de ventes internationales. En revanche, l’influence sur la production n’a pas été décisive, puisque les coproducteurs belge (Denis Delcampe, Need Productions et français (Denis Freyd, Archipel 35) étaient déjà associés au projet. Denis Freyd, pour mémoire, est notamment le coproducteur des frères Dardenne.

Où, quand et avec quels comédiens Home va-t-il être tourné?
Pour des raisons artistiques – et non pas financières – le tournage a été «délocalisé» en Bulgarie. C’est là que nous avons trouvé le paysage idéal et l’indispensable tronçon d’autoroute désaffecté qui sert de décor au film. Le tournage va démarrer cet été.

Qu’attendez-vous du programme Producers on the Move?
J’ai déjà participé à ACE (Ateliers du cinéma européen); ces rencontres internationales sont extrêmement vivifiantes, notamment pour élargir son horizon, étoffer son réseau de contacts internationaux ou encore échanger des expériences avec des collègues confrontés à d’autres réalités que celles de la Suisse.

Qu’avez-vous en commun avec les Suisses qui ont participé Producers on the Move tels que Xavier Ruiz, Lukas Hobi, Tiziana Soudani et Christof Neracher?
Je suis proche de Christoph Neracher, qui représentait la Suisse l’année dernière. Comme moi, il évolue dans une jeune société de production (Hugofilm Zurich) qui cherche à développer plusieurs projets simultanément dans une structure où travaillent plusieurs producteurs. Box Productions espère aussi à terme concentrer le maximum de forces et de compétences dans une même structure pour renforcer le développement de projets et la production.

www.cineuropa.org


• > festival du Film Européen de Bruxelles: programme

Le Festival du Film Européen de Bruxelles se tiendra du 29 juin au 7 juillet prochains.

Voici les productions francophones que vous pourrez y retrouver:

Compétition officielle
- California Dreamin', Cristian Nemescu, Roumanie
- Does it Hurt? The First Balkan Dogma, Aneta Lesnikovska, Macédoine/ Pays-Bas
- Iska's Journey, Csaba Bollók, Hongrie
- Madonnen, Maria Speth, Allemagne/ Belgique
- Nos Retrouvailles, David Oelhoffen, France
- Pas Douce, Jeanne Waltz, Suisse/ France
- Voleurs de chevaux, Micha Wald, Belgique/ France/ Canada

Avant-premières
- Ceux qui restent, Anne Le Ny, France
- Mon Colonel, Laurent Herbiet, France/ Belgique
- La Tête de Maman, Carine Tardieu, France
- 13m², Barthélemy Grossmann, France

Révélations
- Ce que je sais de Lola, Javier Rebollo, France/ Espagne
- Susbtitute, Fred Poulet & Vikash Dhorasoo, France
- La Vraie Vie est Ailleurs, Frédéric Choffat, Suisse

Cinédécouvertes
- Avant que j'oublie, Jacques Nolot (France)
- Brand upon the Brain!- La France, Serge Bozon (France)
- Meduzot, Etgar Keret & Shira Geffen (Israël, France)
- Tout est pardonné, Mia Hansen-Love (France


• > Paris Cinéma: programme

La 5ème édition de Paris Cinéma se tiendra du 3 au 14 juillet 2007. Outre les compétitions et les panoramas, le festival proposera un focus sur le cinéma libanais. Voici le programme du focus Liban:

Focus Liban

- Rétrospective Joanna Hadjithomas et Khalil Koreige:
Autour de la maison rose (Al bayt al zaher), Don't Walk, Khiam, Rondes (Barmé), Le Film perdu (El film el mafkoud), Cendres (Ramad), A Perfect Day (Yawmon Akhar), Open the Door, please

- Rétrospective Danielle Arbid: Seule avec la guerre, Aux frontières, Dans les champs de bataille (Maarek Hob), Raddem (Démolition), Conversation de salon 1-2-3, Nous - Nihna

- Coup de projecteur Waël Noureddine: Chez nous à Beyrouth, Ce sera beau - From Beirut with Love, July Trip


- Panorama fiction: A Perfect Day, de Joana Hadjithomas, Khalil Joreige; Bosta l'autobus (Bosta), de Waël Noureddine; Caramel de Nadine Labaki; Le Cerf-volant (Tayyara min waraq) de Randa Chahal Sabbag; Le Dernier homme (Atlal) de Ghassan Salhab; Dunia (Kiss Me Not on the Eyes) de Jocelyne Saab; Falafel de Michel Kammoun; Final Cut (The Final Cut) de Omar Naïm; Lila dit ça de Ziad Doueri; Quand Maryam s'est dévoilée (Lama hikyet Mariam) de Assad Fouladkar; Zozo de Josef Farès

- Panorama court métrage: After Shave, Beyrouth après rasage de Hany Tamba; Après l'orage (After the Storm) de Leila Kanaan; L’Armée des fourmis de Wissam Charaf; Beyrouth de Joseph Ghosn; Chairs to share de Khaled Ramadan; Le Chewing-gum rouge (Al Ilka Hamra) de Akram Zaatari; Dancing was the only Way of Avoiding Deafness de Jean-Noël Aoun, Anthony Abou Khalifé; De la guerre de Ninar Esber; Empreinte (1) de Nadim Asfar; Hizz Ya Wizz de Wissam Charaf; Le Liban en automne de Nadim Tabet; Mon ami Imad et le taxi de Olga Nakkas, Hassan Zbib; Neuf ans plus tard (Nine Years Later) de Dima El-Horr; Prêt-à-porter de Imm Ali, Dima El-Horr; Qu'elle est belle la mer de Sabine El Chamaa; Rawane's Song de Mounira Al Sohl; Safe Sound de Ziad Antar; St Michel Beach de Ziad Saad; Van Express de Elie Khalifé; Wa de Ziad Antar; Sauver la face (Saving Face) de Jalal Toufic; Tambourro de Ziad Antar; Un cercle autour du soleil de Ali Cherri; Un héros ne meurt jamais (El Batal Mabi Mout) de Wissam Charaf

- Panorama documentaire: '67 Borders de Shane Davey, Talal Khoury; BerlinBeirut de Myrna Maakaron Behnke; Chroniques de Beyrouth : vérités et mensonges (Beirut Diaries : Truth, Lies and Videos) de Mai Masri; Cinéma de guerre au Liban de Hady Zaccak; Le Liban à travers le cinéma (Loubnan min khilal es cinema) de Hady Zaccak; Liban - Guerre de Rania Stephan; La Petite histoire des Juifs du Liban de Yves Turquier; Rond-point Chatila de Maher Abi Samra; Slippage de Ali Cherri; Sous le ciel lumineux de son pays natal de Franssou Prenant; Temps mort de Sirine Fattouh; Un voyage (A Journey) de Lamia Joreige

- Panorama animation: 1001 Jours de Georges Khoury; Le Baiser de Chadi Aoun; Greyscale de Amin Dora; Noir sur blanc de Sabine El Chamaa; Ahawa de Chadi Aoun; The Big Fall de Antoine Waked; Jibraltar de Ghassan Halwani; Le Trou (The Hole) de Rabih Gebeile

Plus d'infos sur http://www.pariscinema.org/


• > Songes d'une nuit DV: programme

Les 8èmes Rencontres Internationales autour du film d’essai numérique Songes d'une nuit DV se tiendront du 13 au 19 juin 2007 à Paris et à Saint Denis.

Les rencontres réunissent une sélection de films inédits en provenance de Belgique, France et Afrique ainsi que cette année d’Israël, Palestine et Liban.

Voici les films francophones qui seront projetés à cette occasion:
-Le Cercle des Noyés de Pierre Yves Wandeweerd, Belgique, doc
- L’an prochain à Jérusalem de Myriam Aziza, France/Israël, doc
- Sédition populaire d’Antonio Hébrard, fiction, France
- Il va pleuvoir sur Conakry de Cheick Fantamady Camara, Guinée/ France, fiction
- 13m2 de Barthélémy Grossmann, France, fiction
- … Et tremble d’être heureux de Paul Vecchiali, fiction, France
- Casa de Ali Benkirane, Maroc/ France,CM
- Slimane Azem, une légende de l’exil de Rachid Merabet, doc
- Zad Moultaka de Leïla Kilani, doc, France
- La Bataille d’Alger d’Yves Boisset, France/ Algérie, doc
- Le Brahmane du Komintern de Vladimir Léon, France, doc
- Lettre à ma sœur de Habiba Djahnine, Algérie, doc
- Bonne à vendre de Dima Al-Joundi, France/ Liban, doc
- Hier encore de Rima Samman, Liban/ France, fiction
- Thomas Sankara, l’homme intègre de Robin Shuffield, France/ Belgique, doc
- Questions à la terre natale de Samba Félix N’Diaye, Sénégal, doc
- Ezra de Newton I. Aduaka, Nigéria/ France, fiction
- Juju Factory de Balufu Bakupa Kanyinda, Congo/ Belgique, fiction
- Sounou Sénégal de Jean Pierre Lenoir, France/ Sénégal, doc
- Un couple inséparable ? La France et l’Afrique sous la 5ème république de Jean-Michel Djian, France, doc
- Le cinéma de M. Lonsdale d’Emmanuel Barnault, France, doc
- Nosaltres de Moussa Touré, Sénégal, doc
- L’homme orchestre de Nicolas Moncadas, France/ Bénin, doc
- Margem Atlantica de Ariel de Bigault, Afrique/ Portugal/ France, doc
- Mémé Chapeau de Cathy Neimark, France, doc
- Une jeunesse étrangère de Marion Stalens, France, doc
- July Trip de Waël Noureddine, Liban, doc
- Arafat, mon frère de Rachid Masharawi, Liban, doc
- Chroniques de Beyrouth de Maï Masri, Liban, doc
- Avertade do Gato de Jeremy Hamers, Belgique, doc
- Stella de Vanina Vignal, France, doc
- L’or des Younga de Boubakar Diallo, Burkina Faso, fiction
- L’avenir dure longtemps d’Emmanuelle Mougne, France, doc
- Algérie, tours, détours de Leïla Morouche et Oriane Brun Moschetti, Algérie/ France, doc,
- L’Amazone candidate de Sanvi Panou, doc, Bénin
- Maudit soit l’exil de Eid De Gaulle, Liban/ Brésil, doc
- Invitation à quitter la France de Marion Stalens, France, doc
- Regards de femmes de Michel Amarger, France, doc
- Cabale à Kaboul de Dan Alexe, Belgique

http://www.altermedia.org/




 Evenement  
  • > 4ème Forum francophone de la production: appel à candidatures

4ème Forum francophone de la production: Ateliers d’expertises de projets en développement
APPEL A CANDIDATURES


du 28 septembre au 1er octobre 2007 dans le cadre du 22ème FIFF

organisé par le Bureau de Liaison du Cinéma de l’Espace Francophone
& le Festival International du Film Francophone de Namur

en partenariat avec la Communauté française de Belgique, l’Organisation internationale de la Francophonie, le Centre national de la cinématographie (CNC – France), la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC – Québec), l’Office fédéral de la culture suisse et le Fonds national de soutien à la production audiovisuelle du Grand Duché de Luxembourg.


1 - Présentation et objectifs

Se déroulant sur 3 jours, le Forum francophone de la production permet à des producteurs francophones, porteurs d’un projet de long métrage de fiction en développement, de bénéficier d’expertises individuelles en matière principalement de production et de réalisation.

Retrouvez sur les sites du FIFF (www.fiff.be) et du BLCEF (www.cinemasfrancophones.org), toutes les informations sur les précédentes éditions et l’évolution des projets participants.

L’objectif premier de ces ateliers de production est d’aider à la faisabilité de projets de long métrage de fiction en leur apportant une expertise dans le domaine de la PRODUCTION.

Le dossier de candidature demandé doit comprendre :
- un scénario complet,
- un dossier de réalisation,
- un dossier de production (voir détails dans le dossier de candidature et la fiche d’inscription téléchargeables sur les sites du FIFF et du BLCEF).

2 - Déroulement des ateliers de production

Vendredi 28/09 - soirée d’ouverture du FIFF
- 17h : accueil des producteurs participants et des experts
- 18h : cocktail dînatoire avec les jurys du 22ème FIFF
- 20h : gala d’ouverture du FIFF

Samedi 29/09 et dimanche 1/10 – 2 journées d’expertises
- 9h00 – 18h00 : Rencontres individuelles avec les experts. La durée de chaque expertise est de 45 minutes.
- Chaque soir, rendez-vous privilégiés et discussions libres entre les producteurs et les experts au « Bistro des pros », transformé pendant deux jours en « Bistro des producteurs ». A cette occasion, l’équipe organisatrice des ateliers écoutera les remarques des experts et des porteurs de projets quant au déroulement des ateliers et ce, afin de les communiquer aux partenaires.

Lundi 2/10
- 9h00 – 12h00 : expertise en vente et en distribution basée sur un exercice de pitch. Les porteurs de projets présentent, chacun à leur tour, leurs projets face au groupe des experts auquel s’ajoutent un acheteur, un distributeur, un vendeur international et/ou un diffuseur TV.
- 12h00 – 14h30 : cocktail dînatoire.
- 14h30 – 16h00 : discussions informelles sur les systèmes d’aide. Un document reprenant tous les systèmes d’aide existants dans TOUS les pays francophones aura été distribué dès le début des ateliers. Sur cette base, les participants pourront se renseigner auprès des partenaires et autres interlocuteurs incontournables en la matière présents. Cette séance permettra également aux partenaires de connaître les avis des participants sur les ateliers de production.
- 16h00-18h00 : débriefing général.

3 - Participants

- 10 producteurs francophones porteurs de projets de long métrage de fiction à l’étape du développement.
- 8 professionnels francophones dont l’expertise est reconnue internationalement principalement en production, en réalisation et scénarisation.
- Présence, en cours d’atelier, de plusieurs professionnels spécialisés (distributeurs, juristes, acheteurs TV, institutionnels, ...) afin de donner la possibilité aux participants d’aborder d’autres types de sujets.

4 - Conditions d’admissibilité

Les producteurs participants devront répondre aux conditions suivantes :
- Etre ressortissant de l’Espace francophone.
- Présenter un projet :
• dont le scénariste et le réalisateur sont des ressortissants de l’Espace francophone,
• ayant déjà acquis une part de financement en production ou en passe de l’avoir,
• ayant déjà reçu une aide à l’écriture (à préciser dans la fiche d’inscription).
- Seuls les dossiers de candidature complets, c’est-à-dire comportant tous les documents mentionnés dans la fiche d’inscription et toutes les annexes, seront pris en considération.

5 - Sélection des projets

Les dossiers de candidature, à télécharger sur notre site www.fiff.be, doivent nous être adressés le 30 juin 2007, au plus tard, par courriel ou par courrier postal à :
forumproduction@fiff.be
FIFF – BLCEF - Forum francophone de la production
Rue des Brasseurs, 175
B – 5000 Namur

Un comité de professionnels constitué par le BLCEF et le FIFF examinera tous les dossiers. Les partenaires des ateliers (CNC,OIF, SODEC, OFCS, Film Fund Luxembourg et CFB) assureront un rôle de relais et de conseil lors de la sélection des projets.

La liste des 10 projets participants aux ateliers 2006 sera connue le 3 août 2007. Chaque candidat sera personnellement informé du résultat.

Les dossiers sélectionnés seront envoyés aux experts mi-août, date à laquelle sera officiellement communiquée la sélection sur nos sites Internet, par une lettre d’information et un communiqué de presse.

Vous avez une question ou vous souhaitez une précision ? N’hésitez pas à nous contacter par courriel à l’adresse forumproduction@fiff.be ou par téléphone :

Bureau de Liaison du Cinéma de l’Espace Francophone
www.cinemasfrancophones.org
Tél. : +32 2 413 28 87 – Fax : +32 2 413 20 68
Contact : Carin Leclercq (port. : +32 495 85 32 73)

Festival International du Film Francophone de Namur
www.fiff.be
Tél. : +32 81 24 12 36 – Fax : +32 81 22 43 84
Contact : Arnaud Dezwaene (port. : +32 476 28 86 49)




Règlement et présentation [235 Ko]
 



Fiche d'inscription [232 Ko]
 




 Cuisines et dependances d'un film francophone  
  • > Revue de presse cannoise

Le Festival de Cannes a simultanément célébré les cinémas roumains, et consacré une journée aux cinématographies du continent africain. Vous pouvez télécharger ci-dessous une petite revue de presse internationale de ces deux aspects du festival.

Retrouvez également certains articles dans notre rubrique "Vu dans la presse".



Revue de presse cannoise [69 Ko]