La « Francophonie » est née le 20 mars 1970 avec comme devise « Egalité, Complémentarité, Solidarité ». Ceux qui l’ont créée l’ont toujours pensée comme un espace de coopération entre des pays aux niveaux économiques très contrastés. On note qu’en près de quarante années d’évolutions de ces structures, la dimension linguistique et culturelle est restée au coeur de ce vaste projet.
Aujourd’hui, au centre d’une mondialisation tous les jours plus dévorante qui exige son lot de dynamiques économiques toujours plus performantes, bâtir cette francophonie plurielle et solidaire avec une cinquantaine de pays dont la majorité est au moins bilingue et parfois même, multilingue, est un vrai casse tête. Pourtant, cette diversité culturelle des pays francophones du Nord au Sud, source de créativité et de dialogues essentiels reste un enrichissement quotidien pour tous ceux qui y participent.
Le Bureau de Liaison du Cinéma de l’Espace Francophone est né, il y a déjà vingt ans, avec cette volonté de jeter des ponts entre les professionnels, d’informer les uns et les autres, de participer à leur dialogue, à la promotion et à la circulation des productions audiovisuelles, des artistes et des techniciens. S’inscrire dans cette dynamique, contribuer à faire découvrir et se développer sur toutes les scènes internationales la richesse méconnue des œuvres des pays du Sud ou plus largement dirons-nous, des régions à faible capacité de production.
Si par exemple, la pensée africaine est aussi vieille que les peuples africains eux-mêmes, ses expressions qu’elles soient philosophiques ou artistiques ont toujours du mal à trouver leurs auditoires aux quatre coins du monde. A Londres déjà en 1900 au cours du premier congrès panafricain, le sociologue américain William E.B. Du Bois disait: «Le problème du XX ème siècle est le problème de la ligne de partage des couleurs ». Aujourd’hui, les peuples se métissent un peu plus, s’archipélisent ou se créolisent comme dans le concept du « tout monde » du Martiniquais Edouard Glissant.
Le cinéma mondial a déjà fêté son premier centenaire, les cinémas du Sud fêtent avec le souvenir de leurs indépendances, leur demi-siècle d’existence. Pourtant des statistiques récentes de l’Unesco le disent, en terme de production, le tiercé mondial n’est pas celui que l’on croit. Sur base des chiffres de l’année 2006, c’est Bollywood qui gagne avec plus de 1000 productions, suivi de près par le Nigeria, Nollywood compte en effet à son actif près de 900 films et Hollywood n’en aurait produit que 500. La France, premier pays francophone n’arrive qu’à la 6 ème place avec 200 films produits cette même année. Mais qu’en est-il de la visibilité de ces productions ?
Quant à nous, continuons à chercher les passerelles, en Communauté Française de Belgique et ailleurs. Nous essayerons d’être présent dans les principales manifestations internationales pour vous rendre compte de l’évolution des débats. Notre lettre d’info s’est allégée en 2008 mais continue en 2009 avec le soutien de Wallonie Bruxelles International. Nos dernières éditions des guides « Trait d’Union » sont téléchargeables sur ce site, dans la rubrique « Publications » et dans nos cartons, il y a encore de nombreux projets qui sommeillent.
Et puis comme le disait si bien Lao Tseu : « C’est ce qui manque qui donne la raison d’être »
Carin Leclercq, Déléguée générale du BLCEF
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